La Couleur de Dieu

 
 
 

Date et lieu

Ao�t 1865, en Arkansas.

Sujet

De retour au pays natal, � Jaspero, en Arkansas, Dylan ne retrouve que ruines et deuil. Il ne songe d'abord qu'� venger son fr�re disparu et ses parents d�nonc�s et tu�s par des gu�rilleros, mais il s'interroge bient�t sur la couleur de Dieu. Est-elle blanche ou noire puisqu'on peut emp�cher un petit enfant noir de fr�quenter l'�cole ?
Pour "ce petit gar�on... aux yeux d'oiseau perdu... cette petite main crisp�e sur la cuisse de l'homme... ces quelques cahiers serr�s sous le bras comme un vrai tr�sor � d�fendre", avec l'instituteur Dashiell Manton, Dylan se laisse embarquer corps et �me dans "l'affaire Sodom", celle d'un Noir courageux qui, fort de son bon droit, s'ent�te � conduire son fils � l'�cole, au m�pris de sa propre vie.

Pour lui, il accepte de diff�rer le temps de sa vengeance. Le vieux Rakael, d�fenseur lui aussi de l'enfant, ne se rel�vera pas, mais il aura le temps de donner son fouet au m�tis qui, lorsque justice sera faite, part d�finitivement vers le Nord, avec le Noir et sa famille. (Raymond Perrin, Dylan Stark 2, Lefrancq, 1998).

La petite histoire... D�sormais, "c'est avec ce fouet que Dylan d�fendra les plus faibles, et cet accessoire lui devient aussi indispensable que l'�tait la winchester � canon sci� de Joss Randall, le h�ros interpr�t� par Steve Mac Queen dans Au nom de la loi, la c�l�bre s�rie t�l�vis�e des ann�es 50". (Raymond Perrin, Dylan Stark 2, Lefrancq, 1998).

 

�ditions

Couverture de Pierre Joubert.

  • 1�re �dition, 1967
  • Verviers (Belgique) : G�rard & C°, 1967.
  • 18 cm, 154 p.
  • Illustrations : Pierre Joubert (couverture et int�rieures).
  • (Pocket Marabout ; 7 ; Dylan Stark 2).
  • 4�me de couv. : Lentement, Dylan d�roula le fouet et sentit la poign�e de cuir, froide au creux de sa main : il y avait les vingt pieds de lani�re tress�e, tra�nant au sol comme un serpent mort.
    Dylan sourit cruellement, pronon�a :
    - Rakaël �tait trop vieux, Omash...

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    Couverture de Michel Blanc-Dumont.

  • 2�me �dition, 1980
  • Paris : Castermann, II/1980 [impr. : avril 1980].
  • 18 cm, 187 p.
  • Illustrations : Michel Blanc-Dumont (couverture et int�rieures).
  • (L'Ami de poche ; 10).
  • ISBN : 2-203-13610-3.
  • 4�me de couv. : Apr�s avoir fait couler des torrents d'horreur, la Guerre de S�cession s'ach�ve. Les plaies ouvertes demeurent et mettront bien longtemps avant de cicatriser : quelques hommes ont d�clar� la paix comme quelques-uns avant eux avaient d�clar� la guerre.
    Et Dylan Starck, le m�tis, rentre chez lui. Pour ne rien retrouver.
    Que des ruines d�j� tass�es par le temps, l'ombre de la mort des siens, des souvenirs en fum�e, des visages d'amis vieillis et douloureux.
  • Prix : volume triple.

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    Couverture de Michel Blanc-Dumont.

  • 3�me �dition, 1997
  • in Dylan Stark 1.
  • Bruxelles (Belgique) : Lefrancq Litt�rature, 1997 [ao�t].
  • 20 cm, 828 p.
  • Illustration : Michel Blanc-Dumont (couverture).
  • (Volumes).
  • ISBN : 2-87153-376-8.
  • Texte pp. 241-365.
  • 4�me de couv. : En 1966, Pierre Pelot publie le premier de quelques 160 romans �dit�s � ce jour : La Piste du Dakota, un "western" - mais il pr�f�re dire un "roman situ� dans le cadre historique de la conqu�te de l'Ouest". Et l'appellation vaut pour la s�rie des Dylan Stark, dont le premier titre est publi� en 1967 : Quatre hommes pour l'enfer.
    Les aventures du m�tis sudiste cherokee-fran�ais vont se succ�der sur quelques ann�es suivant la Guerre de S�cession, dans une vingtaine de titres, publi�s aux �ditions Marabout ou ailleurs, ainsi qu'en feuilleton ou nouvelles dans le journal Tintin.
    Les sept titres qui composent ce volume suivent la chronologie de ces aventures. Le Vent de la col�re fut initialement publi� en marge de la s�rie, et Dylan Stark s'y cachait sous un autre nom.

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    Graphisme Pierre Huber / Frank Vriens.

  • 4�me �dition, 2006
  • Saint-Hippolyte-du-Fort : Le Navire en pleine ville, 2006 [septembre].
  • 20 cm, 207 p.
  • Illustration : Frank Vriens (couverture).
  • (Sous le vent Classiques).
  • ISBN : 2-916517-05-6
  • 4�me de couv. : Apr�s la guerre de S�cession et son cort�ge de douleur, Dylan, m�tis d'Indien aux yeux clairs, ne trouve � son retour que les ruines calcin�es de la ferme familiale. Dans sa petite ville, l'ambiance est lourde et d�l�t�re. Autour de l'�cole se joue un douloureux combat contre la s�gr�gation raciale impos�e aux enfants noirs, et les rancunes s'affrontent aux id�aux dans un climat de violence exacerb�e.
    Dylan peut-il choisir de tourner le dos � son pass�, ou de s'abandonner � venger la mort de ses parents, lorsque des causes pour lesquelles il devient juste de se battre s'imposent � lui comme une �vidence n�e de sa propre nature ? Dylan Stark est un h�ros intemporel, de ces figures qui marquent l'imaginaire par leur pr�sence et leur complexit�. Eternel insoumis, homme libre s'il en est, il est port� par l'�criture magnifique et dense de Pierre Pelot, qui a su redonner au roman d'aventure une extraordinaire dimension litt�raire.
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  • 5�me �dition, 2014
  • Paris : �ditions Milady, 10 f�vrier 2014.
  • (Milady Imaginaire).
  • Livre num�rique.
  • 143 p.
  • ISBN : 978-2-8205-1411-0.
  • Prix : 5,99 €.
  • La fin de la guerre de S�cession se vit dans la souffrance, comme l’a lui-m�me exp�riment� Dylan Stark, m�tis Indien, de retour � la ferme familiale dont il ne reste plus que des ruines calcin�es.
    D�chir� entre son envie d’abandonner le pass� derri�re lui, et le d�sir imp�rieux de venger ses parents, Dylan assiste �galement � la s�gr�gation raciale dont continuent � souffrir les enfants noirs de sa petite ville natale. N’y a-t-il pas, l� encore, un douloureux combat � mener ?
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  • 6�me �dition, 2017
  • Paris : �ditions Bragelonne, 11 janvier 2017.
  • (Bragelonne Classic).
  • Livre papier.
  • 208 p.
  • ISBN : 979-1-0281-0167-1.
  • Prix : 13,90 €.
  • La fin de la guerre de S�cession se vit dans la souffrance, comme l’a lui-m�me exp�riment� Dylan Stark, m�tis Indien, de retour � la ferme familiale dont il ne reste plus que des ruines calcin�es.
    D�chir� entre son envie d’abandonner le pass� derri�re lui, et le d�sir imp�rieux de venger ses parents, Dylan assiste �galement � la s�gr�gation raciale dont continuent � souffrir les enfants noirs de sa petite ville natale. N’y a-t-il pas, l� encore, un douloureux combat � mener ?
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    Premi�re page

    Les braises avaient fum�, et puis elles �taient mortes. Alors, elles s'�taient tass�es. Au matin, sous la ros�e elles �taient devenues des cendres bien noires, bien brillantes. Les jours avaient suivi les jours, tous pareils, et pourtant de plus en plus chauds et longs, avec un soleil qui laissait pr�voir plus de chaleur encore.

    Les cendres s'�taient tass�es. Elles �taient encore noires mais seulement par endroits : ailleurs, tout avait pris une teinte brune terreuse et rouill�e.

    De la ferme, il restait peu de chose : la chemin�e de grosses pierres, massive et grise (c'�taient l�, sur la pierre, que les cendres �taient encore noires) ; un morceau de mur appuy� � cette chemin�e, et qui descendait en biais jusqu'au sol. L� il se perdait ; il se cachait entre les poutres calcin�es pointant vers le ciel ; il se fondait dans l'amas de caillasses �parpill�es � la place du plancher. Comme par miracle, on pouvait encore reconna�tre la v�randa ; c'�tait � se demander par quel hasard le feu ne l'avait pas touch�e. Elle �tait s�par�e des ruines par une tra�n�e vide et noire, avec ses planches mal jointes qui laissaient passer le gazon. D�j�, l'herbe repoussait aux alentours, et elle �tait tr�s belle, tr�s verte. Il y avait des ronces �galement, pointant l'�pine vers les murs ras�s, sur les pierre abattues. Bient�t, les ruines ne seraient plus ruines. Leur temps de t�moin muet �tait presque d�pass�. Bient�t il y aurait de l'herbe, et puis des arbustes qui pousseraient l�. Le temps de la haine serait noy�, oubli�. C'�tait au d�but d'ao�t. Depuis plus d'un mois, un soleil torride rempli d'or et d'argent s'�crasait sur la terre et colorait tout de jaune et de blanc. C'est � peine si l'ombre avait droit de cit�. Bien s�r, l'ombre �tait l�, noire et bleue, coll�e � chaque pas, � chaque chose, pr�sente et r�elle. On la voyait accroch�e au pas d'un homme ou d'une b�te, on la voyait nich�e dans les grottes de l'Ozark �tincelant, ou �tendue paresseusement au pied des rideaux d'arbres � opossums, mais on n'avait pas id�e qu'elle e�t pu apporter la fra�cheur. Au contraire, bleue et grasse comme elle l'�tait, elle ne tranchait avec le blanc aveuglant de la lumi�re que pour mieux montrer son inutilit�.

    Voil� comment c'�tait.

    La vall�e �tait �troite. Vers l'ouest, la verdeur se trouvait stopp�e par un �pais bois d'arbres � opossums - les fermiers nommant ainsi les pins d'Arkansas. Un bois sans forme qui se contentait de tra�ner. Derri�re, tout de suite, la colline blanche s'�levait. Patiemment, �tage par �tage, palier apr�s palier, la colline de pierre � chaux montait � l'assaut. Pour rien. Mais elle montait. Elle additionnait ses rang�es de pierre, ses gradins successifs, de plus en plus petits, elle noyait toute sa fatigue dans un soleil �clatant, elle se saupoudrait d'arbustes et de buissons dor�s, �a et l�, parmi les grottes noires creus�es dans la roche. Elle bouchait tout l'horizon de l'ouest � ceux de la vall�e. Elle s'�tait donn�e beaucoup de mal pour cette farce sans m�chancet� ; mais elle y �tait parvenue. Elle avait trich� un peu, s'�tait �tal�e jusqu'au sud en pointes s�ches : des petits hoquets blancs et pointus noy�s dans la verdure, au-dessus du bois, comme des h�sitations ou des forces que l'on emmagasine pour le grand assaut. Ce n'�tait pas m�chant, et la rivi�re qui suivait le bas du plateau, paresseuse au milieu des ch�nes, la rivi�re presque s�che sous le grand soleil, pardonnait. Elle faisait un petit d�tour de rien, r�lant, bien s�r, quelques bouillonnements au passage, mais par pure habitude.

    C'�tait bien, vraiment…

     

    Prix litt�raires

    Grand Prix des Treize, 1967.

    Fond� par l'Association des parents d'�l�ves de l'enseignement libre et l'Office chr�tien du livre en 1966, ce prix (qu'on dit alors �tre le "Goncourt des Jeunes")  est attribu� par un jury compos� de 13 personnalit�s repr�sentatives de l'�glise, de la Litt�rature, des Arts, des Sciences, de la Presse, de la Radio-T�l�vision, de la Famille. Trois jeunes de 11 � 14 ans en font partie (leur vote tient compte de l'avis de leur classe). Son objet est de "d�couvrir et diffuser un ouvrage comportant des r�f�rences explicites � la Foi religieuse". R�compense : treize pi�ces d'or. Seront encore s�lectionn�s : Les �toiles ensevelies en 1972, Le Hibou sur la Porte en novembre 1974, Je suis la mauvaise herbe en 1975.

     

    �pigraphe

    Le couard, c'est celui qui, dans une situation p�rilleuse, pense avec ses jambes (Ambrose Bierce).

    Il faut vivre dangereusement (Andr� Malraux).

    Quand je serai au bout de ma vie, vous sellerez mon vieux cheval, vous attacherez ma carcasse sur son dos, et vous nous placerez face � l'Ouest. Alors nous galoperons �ternellement � travers la prairie que nous aimons. (Chanson anonyme).

     

    Page cr��e le vendredi 11 janvier 2002.