Si les "calamiteux" du lieutenant Shane arrivent trop tard pour d�fendre une ville dont les habitants ont d� se d�brouiller seuls, ils vont n�anmoins servir d'escorte aux huit outlaws conduits vers Little Rock.
Pour le lieutenant Penk, son nouvel ami, et par curiosit�, Dylan est du voyage. Mais les loups sont sur la piste. Ce sont les Indiens qui tendent des pi�ges et attaquent. Les Blancs, peu nombreux, s'ils tombent dans le "nid de gu�pes", tiennent finalement bon et le convoi reprend son chemin sous des "promesses de neige". (Raymond Perrin, Dylan Stark 2, Lefrancq, 1998).





Nebucad avait dit :
- La pluie sur Siloam, par le diable ! rien de plus triste � voir !
C'�tait juste avant de monter sur la charrette, devant le magasin de Tom Shiffy. Ils �taient quatre dans le General Store, plant�s derri�re les vitres des devantures, les mains aux poches. Il y avait Tom, avec sa longue face plate de poisson hilare, qui passait le temps de ses silences � pr�parer de nouvelle plaisanteries ; Sid Shoffender - ce sacr� Sid ! - avec ses bras bless� et les souvenirs de la bataille du matin pr�ts � glisser � la moindre occasion sur ses l�vres gerc�es. Mais ces deux-l� se taisaient la plupart du temps, et, quand ils parlaient, on savait d'avance de quoi il serait question. Ce qui fait qu'ils auraient aussi bien pu �tre absents.
Le troisi�me, c'�tait Nebucad. De l'�nergie concentr�e, des cent pas, des gestes nerveux, des braillements et des �clats de rire �normes, N�bucad ! De tout l'apr�s-midi il n'avait cess� une seconde. Comme une eau qui bout. Pour lui aussi, la diversit� des propos �tait chose inconnue. Deux tremplins � sa hargne joyeuse et son exaltation : la fusillade du matin, avec la mort de J�roham et des autres, et puis son retour � Unspeakable-Town.
C'�tait toutefois au sujet de ce retour qu'il �tait le prolixe. Jeroham, six pieds sous terre maintenant, c'�tait le pass� c'�tait la m�tamorphose du pass� en histoires bien dor�es et palpitantes qu'il pourrait raconter des mois durant derri�re son bar d'Unspeakable-Town.
Et puis Dylan, le quatri�me. Il avait, lui, partag� son temps entre les comptoirs ou il s'asseyait pour �couter parler Nebucad, et les carreaux de la fen�tre suant l'averse contre lesquels il collait son nez. Plus souvent derri�re les carreaux. L�, les mains pass�es dans la ceinture de son pantalon, avec derri�re lui les �clats de voix de Nebucad, les plaisanteries de Tom et les j�r�miades d�guis�s de Sid. Plus souvent l�, pour surveiller la pluie diluvienne qui battait la ville, qui s'�coulait en rideaux opaques, � croire que tout les cordages et les poulies, l�-haut dans les cintres du ciel, �taient � jamais emm�l�s par le vent rageur.
C'avait d'abord �t� une pluie douce, une pluie de rien. Vers midi, la folie �tait venue dans le vent, hurl�e � travers toute la for�t, la montagne ; on l'avait vue avant de l'entendre, �bouriff�e comme par mille diables aux mains crochues qui brassaient les derni�res rousseurs. Partout, les arbres avaient g�mi, s'�taient tordus. A cet instant la pluie qui jusque-l� n'avait �t� qu'une pluie ordinaire s'�tait enroul�e sauvagement, � plaisir, dans les doigts de ce vent. A pleines bourrasques ! Et alors les nuages n'avaient pas attendu plus longtemps pour se d�chirer totalement, se tordre en fum�es grises et couler sur terre.
C'�tait le premier jour de pluie � Siloam, la premi�re vraie marque de l'automne, et c'�tait ce signe r�v�lateur que Dylan avait regard� courir dans la rue. Sans presque dire un mot de tout l'apr�s-midi. Il n'avait rien � dire. A un moment, quand Hennik s'�tait amen� pour parler charrues avec Tom, Nebucad avait bien essay� de lancer quelques banalit�s. Trop banales, justement, pour d�clencher l'envie de leur donner du poids en �coutant. Ils n'avaient plus rien � se dire. Indiff�rents chacun aux pr�occupations de l'autre. Ils l'avaient toujours �t�, peut-�tre, m�me lorsqu'ils marchaient c�te � c�te contre Jeroham. Hey ! Maintenant, c'�tait fini, allez ! Nebucad �tait encore ici, mais il br�lait de repartir pour Unspeakable-Town. Sa vie, c'�tait l�-bas.
Le couard, c'est celui qui, dans une situation p�rilleuse, pense avec ses jambes (Ambrose Bierce).
Le timide a peur avant le danger, le l�che au milieu du danger, le courageux apr�s le danger (J.-P. Richter).
Fiche Marabout
Les loups, ce sont les soldats devenus hors-la-loi qui faisaient r�gner la terreur � Siloam dans Loups dans la ville. Aujourd'hui, le cauchemar est termin�, la petite cit� respire. Mais il reste une t�che difficile � remplir : escorter les prisonniers jusqu'au tribunal militaire qui les jugera. Cette lourde responsabilit� est confi�e � Shane, ex-lieutenant des Conf�d�r�s, et � Dylan Stark, lui aussi ancien officier.
Le lieutenant Mallow, des troupes r�guli�res, a-t-il bien choisi ces hommes ? On peut en douter : lorsque Shane, appel� � la rescousse, est arriv� � Siloam avec dix soldats fid�les, tout �tait termin�. Il ne l'a jamais pardonn� � Stark. C'est une longue marche de cinq jours qui commence pour ce petit contingent d�suni. Le chariot transportant les outlaws est lent et, si les Indiens ne sont pas loin, les choses ne sont pas facilit�es par Mallow qui ne veut pas se rendre compte de la situation explosive. Deux squaws ont �t� vol�es aux Indiens, disent ceux-ci. Shane pr�tend qu'elles ont �t� r�guli�rement achet�es, mais l'attaque est in�vitable : il ne suffit pas que l'on ait rendu les deux femmes � leur peuple ; l'honneur veut la punition des coupables.
Pilote
N� 419, 2 novembre 1967
Il va bient�t avoir 22 ans et c'est d�j� un ph�nom�ne. Comme Simenon, il fait ses d�buts litt�raires en Belgique. Comme Simenon, il a l'inspiration et la plume f�condes. Comme Simenon, il a le don de narration et de l'intrigue romanesque. Il a d�j� �crit une dizaine de romans, il s'appelle Pierre Pelot et il est une des fiert�s de la collection Marabout. Sp�cialiste du western, ses r�cits ont le souffle des grands espaces. Son dernier personnage : Dylan Stark (il a d� penser � Bob et � Johnny). Ses deux derniers titres : Les Loups dans la ville et Les Loups sur la piste. Les r�gles du genre sont respect�es : chevauch�es, violences, colt au saloon, sens de l'honneur et de l'amiti�, et le marshal qui aura quand m�me la peau de l'outlaw. Pierre Pelot qui trempe sa plume dans du bourbon et tue les mouches au colt, va sans doute devenir le grand romancier europ�en du Far-West.
Feuille d'avis de Neuch�tel
Suisse, 17 f�vrier 1968
Lentement, tandis que les autres surveillaient les alentours, Dylan mit pied � terre et s'avan�a tenant son cheval par la bride. L�, dans l'herbe s�che, face contre terre, Fisher et Aeron �taient �tendus. Ils n'�taient pas scalp�s, mais chacun d'eux avait trois fl�ches plant�es dans le dos. Sous le vent, les empennages tremblaient doucement
Magazine litt�raire
N� 174, juin 1981. Raymond MANUEL, page 86
Voici le cinqui�me volume (il y en a d�j� quatre nouveaux qui sont annonc�s) de la s�rie, ou plut�t du serial que Pierre Pelot a construit autour du personnage g�n�reux de Dylan Stark, � travers qui il symbolise l'Ouest et la prairie, le jeu infatigable des Indiens et des cow-boys.
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Page cr��e le mardi 8 janvier 2002. |