Les Irréductibles

 
 
 

Date et lieu

Du 12 novembre 1865 au 4 décembre 1865, à Mountain Grove (Missouri).

Sujet

C'est en novembre que Dylan décide l'opération la plus folle et la plus risquée. Par ruse et toujours attaché à sa vengeance, il se fait volontairement enfermer dans le redoutable camp de Mountain Grove. Après l'épreuve de la faim et des rats, il va plus loin, et, pour rejoindre à tout prix les irréductibles d'El Paso, il simule une lamentable évasion..

Quand il a rejoint son ennemi juré, il s'aperçoit que celui-ci dirige un gigantesque projet d'évasion, grâce à un tunnel laborieusement creusé jour après jour dans un terrain peu sûr. A l'heure de la liberté, pour quelques-uns seulement, que deviendra le désir de vengeance ? (Raymond Perrin, Dylan Stark 2, Lefrancq, 1998).

 

Éditions

Couverture de Pierre Joubert.

  • 1ère édition, 1967
  • Verviers (Belgique) : Gérard & C°, 1967.
  • 18 cm, 151 p.
  • Illustrations : Pierre Joubert (couverture), studio Marabout (intérieures), photo de la page 4 de couv. anonyme (La Colothèque).
  • (Pocket Marabout ; 26 ; Dylan Stark 6).
  • Plans du camp du Mountain Grove (pp. 8-9), et notes : "Camps de mort", signées P.P. (pp. 152-153).
  • 4ème de couv. : Starck serait descendu jusqu'aux enfers pour retrouver les assassins de ses parents. Alors, il se fit prendre, enfermer, enchaîner... Et c'était bien en enfer qu'il se trouvait !
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    Couverture de Michel Blanc-Dumont.

  • 2ème édition, 1981
  • Paris : Castermann, II/1981 [impr. : mai 1981].
  • 18 cm, 183 p.
  • Illustration : Michel Blanc-Dumont (couverture).
  • (L'Ami de poche ; 26).
  • ISBN : 2-203-13626-X.
  • Notes : "Camps de mort", signées P.P. (pp. 181-183).
  • 4ème de couv. : Dylan Stark connaît le nom des assassins de ses parents. Pour se venger, il est prêt à tout. Volontairement, il va se faire enfermer, emprisonner, enchaîner, pour mieux les côtoyer. Il est prêt à descendre aux enfers... et c'est bien là qu'il va se retrouver, dans un camp de travail peuplé de détenus qui payent la rançon de leur défaite et de leurs crimes, en attendant le jugement ou la mort.
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    Couverture de Michel Blanc-Dumont.

  • 3ème édition, 1997
  • in Dylan Stark 1.
  • Bruxelles (Belgique) : Lefrancq Littérature, 1997 [août].
  • 20 cm, 828 p.
  • Illustration : Michel Blanc-Dumont (couverture).
  • (Volumes).
  • ISBN : 2-87153-376-8.
  • Texte pp. 701-822.
  • Notes : "Camps de mort", signées Pierre Pelot (pp. 823-824).
  • 4ème de couv. : En 1966, Pierre Pelot publie le premier de quelques 160 romans édités à ce jour : La Piste du Dakota, un "western" - mais il préfère dire un "roman situé dans le cadre historique de la conquête de l'Ouest". Et l'appellation vaut pour la série des Dylan Stark, dont le premier titre est publié en 1967 : Quatre hommes pour l'enfer.
    Les aventures du métis sudiste cherokee-français vont se succéder sur quelques années suivant la Guerre de Sécession, dans une vingtaine de titres, publiés aux éditions Marabout ou ailleurs, ainsi qu'en feuilleton ou nouvelles dans le journal Tintin.
    Les sept titres qui composent ce volume suivent la chronologie de ces aventures. Le Vent de la colère fut initialement publié en marge de la série, et Dylan Stark s'y cachait sous un autre nom.
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  • 4ème édition, 2014
  • Paris : éditions Bragelonne, 24 février 2014.
  • (Bragelonne Classic).
  • Livre numérique.
  • 137 p.
  • ISBN : 978-2-8205-1417-2.
  • Dylan Stark a une vengeance à accomplir, et pour cela il sera prêt à aller jusqu’au bout, jusqu’à se faire interner dans le redoutable camp de Mountain Grove, véritable préfiguration des futurs camps de la mort... Il y retrouvera El Paso, le meurtrier de ses parents, son ennemi juré, en train de mettre en place justement un gigantesque projet d’évasion...
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    Première page

    Bientôt la nuit déborderait sur terre, et elle serait grise, sale, molle et visqueuse. Elle serait sur la neige comme une suie mauvaise, transformant les lointains sommets de la montagne, là-bas aux environs de Springfield, en obscures et vagues silhouettes maladroitement tracées au crayon - comme une esquisse jetée avant le travail au pinceau. La nuit comme une armée en marche coulerait, lente, inexorable, avec ses mains froides aux caresses voraces, roulée dans les plis de ses affreux sourires. Et puis ce serait le brouillard dense et opaque ; et puis il n'y aurait plus rien.

    Il frissonna, s'assura machinalement que le col de se veste était bien remonté. Il continua le geste pour vérifier l'état de son chapeau planté bas sur son front, et son bras retomba mollement. Il avait froid. Aux pieds, surtout, et ce n'était pas étonnant à en juger par la flaque boueuse dans laquelle il pataugeait. Ses piétinements avaient transformé la neige en une sale boue noirâtre. Il n'aimait pas la boue : cela lui rappelait trop la guerre.

    Il jeta un coup d'œil à son cheval, laissé en arrière, sous le bois. Il était fier et heureux chaque fois qu'il regardait son cheval, ainsi, de loin et en spectateur. Pourtant, là, dans l'ombre grise et les paillettes de neige, l'animal semblait anxieux. Il piaffait, soufflait. Il avait l'air de ne pas comprendre pourquoi son maître s'obstinait à venir chaque jour à cet endroit, en lisière de forêt, demeurant là durant des heures, le regard fixé vers le nord - le regard rasant le sommet pelé de la montagne.

    L'homme pensa ainsi en regardant son cheval, et il fut triste parce qu'il croyait l'animal triste. Depuis quelques jours, il avait de drôles d'idées. Il était devenu nerveux, dormait mal ; il ne pensait qu'à une seule chose et ne paraissait être bien dans sa peau que lorsqu'il venait à cet endroit, au bord de la forêt, avec les yeux sur la barricade de bois qui galopait d'un bord à l'autre du sommet nu. Il frissonna une nouvelle fois, fit quelques pas dans la boue. Il s'arrêta à la limite du bois, à couvert sous les lourdes branches des sapins. Devant lui, la terre était toute bousculée, crevassée sous la couche blanche percée ça et là par quelque fougère ou buisson. C'était ainsi sur une centaine de pas, emmêlé dans des flocons fous qui sautillaient sans but, légers comme des plumes, remontant même parfois vers cette grisaille écœurante qui servait de ciel au soir en marche. C'était ainsi, et puis il y avait la barricade.

    Dieu ! cette barricade !

    Jamais il ne l'avait franchie, jamais il n'avait poussé plus loin que l'orée du bois. Il n'avait vu que ces pieux plantés de guingois, sans soin, pas même épointés. Et aussi les cages à sentinelles, tous les quatre-vingts pas environ, bâties rapidement elles aussi. De son poste, il n'en voyait qu'une, juste en face, en partie cachée par une brassée de buissons étriqués ; il fallait bien plisser les yeux pour apercevoir la fumée montant au dessus du toit. On entendait parfois la voix d'un soldat. Cette barricade aux pieux mal joints, branlants, ressemblait plus à une ligne jetée là comme une frontière sur une carte qu'à un obstacle.

    Il ne savait rien de ce qu'il avait derrière. Ou plutôt, il n'avait jamais vu, mais à la vérité, il savait. Sam Sobiens lui avait tracé tout le plan sur un morceau de papier. Cette palissade, qu'il avait sous les yeux était la première lorsqu'on regardait de l'extérieur ; mais c'était la dernière à franchir pour un forçat de Moutain Grove tentant l'évasion…

    Or, lui qui regardait, à la lisière du bois, il avait pris l'habitude de nommer cette palissade " la dernière ", comme s'il se fût trouvé à l'intérieur du camp. Il avait tout fait pour y pénétrer, dans ce camp, et maintenant il était trop tard pour reculer ; bientôt, il y entrerait. Tout était mis au point. Tout devait marcher comme prévu. Ce soir, il saurait.

    Cet homme-là avait pour nom Dylan Stark.

     

    Revue de presse

    Livres & Lectures

    N° 229, février 1968

    Ceux qui, depuis déjà quelque temps, suivent les livres de Pierre Pelot, ce jeune écrivain de vingt-deux ans qui vient à son tour de remporter cette année le prix des Treize avec La Couleur de Dieu, ne s'étonneront pas que Les Irréductibles (suite aux aventures de Dylan Stark) soit en tous points digne des précédents. Dur, certes, violent, mais combien sincère. Ces camps de la mort qui figuraient hélas ! déjà au programme de la guerre de Sécession évoquent pour nous, en dépit du recul du temps, bien des souvenirs cruels et proches. Ils font penser aux Souvenirs de la maison des morts de Dostoïevski. Ce qui est tout à l'honneur de notre jeune auteur.

     

    Les Livres

    N° 148, mai 1968. Raoul DUBOIS

    Dylan Stark a eu ses parents massacrés par des irréguliers sudistes, il poursuivra sa vengeance jusqu'à se faire interner dans un camp de concentration. Il retrouvera El Paso, le meurtrier de ses parents, et c'est avec lui qu'il s'évadera.

    C'est un roman assez extraordinaire par sa puissance d'évocation, par la remarquable description des deux hommes, le bandit et le vengeur rivés à la même chaîne, ensemble, dans la même volonté de s'évader. La cruauté est parfois insoutenable, mais sans aucune complaisance pour les modes du sadisme.

    C'est quand même un bon livre pour les adolescents.

     

    Madame 68

    Belgique, N° 247, août 1968

    J'aimerais dire quelques mots encore des livres pour enfants : eux aussi sont extraordinairement nombreux sans être tous de bonne qualité. Le hasard m'a fait découvrir un jeune auteur extraordinaire de fraîcheur et de générosité, un garçon qui raconte des histoires de cow-boy tout à fait passionnantes mais aussi instructives en ce sens qu'elles soulignent et critiquent la violence plutôt que de l'exalter : c'est Pierre Pelot. Si vous avez des enfants de 9 à 14 ans, offrez leur un ou plusieurs Pierre Pelot. C'est la maison Marabout qui l'édite. Voici, au moins, une indication : Dylan Stark, c'est-à-dire une série qui groupe plusieurs titres tous excellents comme Les Irréductibles, Les Loups sur la piste, Les Loups dans la ville, La Couleur de Dieu, etc…

     

     

    Page créée le vendredi 19 avril 2002.