Le Hibou sur la porte

 
 
 

Date et lieu

Hiver 1865, dans le Missouri.

Sujet

Dans l'hiver installé, Dylan et son compagnon Alwoy, rescapé comme lui de l'évasion de Moutain Grove, trouvent refuge dans un ranch où la superstition est encore assez forte pour que l'on cloue le hibou sur la porte afin d'écarter le malheur. Pour qui faut-il craindre ? Pour les chevaux, comme le vieux Sanan qui risque d'être abattu parce qu'il est supplanté par le jeune étalon Kindie ?

Ou pour le fils prodigue Soje qui dilapide au jeu l'argent familial, échappe à l'autorité du père et risque de plonger le ranch dans le désastre ? Mais un domaine peut vaincre le malheur quand un vieil homme redevient fier de son fils ! (Raymond Perrin, Dylan Stark 2, Lefrancq, 1998).

La petite histoire... Il s'agit du premier livre publié sous le nom de Pierre Pelot : les précédents étaient tous signés de Pierre "Pélot", avec un accent.

 

Éditions

Couverture de Pierre Joubert.

  • 1ère édition, 1967
  • Verviers (Belgique) : Gérard & C°, 1967.
  • 18 cm, 154 p.
  • Illustrations : Pierre Joubert (couverture), Henri Lievens (intérieures), Jean Ramier (photo de la page 4 de couverture).
  • (Pocket Marabout ; 34 ; Dylan Stark 7).
  • 4ème de couv. : Il ramassa le hibou mort, le plaqua sur la porte de l'écurie, tendant une aile. Il cloua. Ensuite, il s'occupa de l'autre aile. Les hommes regardaient l'oiseau mort crucifié. Ils savaient tous qu'un signe semblable est destiné à éloigner le malheur d'une maison ; et pour qu'une chose soit ainsi, il faut d'abord penser que le malheur peut venir...
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    Couverture de I. Morath.

  • 2ème édition, 1974
  • Paris : L'Amitié-G.T. Rageot, III/1974 [impr. : 25/07/1974].
  • 20 cm, 150 p.
  • Illustrations : I. Morath / Magnum (couverture), P. Petit-Roulet (intérieures), 4 photos hors texte.
  • (Bibliothèque de l'Amitié-Aventure ; 102).
  • ISBN : 2-7002-0056-X.
  • 4ème de couv. : La harde est de retour. Silencieux, les hommes sont là qui lui font une haie d'honneur. A sa tête, Sanan le vieux chef, hume l'air. Il sait qu'il commence à vieillir et tous, et Dylan, et Bindick, le savent aussi. Le voyage vers l'Est sera pourtant long et dur ; mais dans son box, splendide, Kendie le jeune étalon piaffe en attendant son heure.
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    Couverture de Michel Blanc-Dumont.

  • 3ème édition, 1982
  • Paris : Castermann, I/1982 [impr. : février 1982].
  • 18 cm, 158 p.
  • Illustration : Michel Blanc-Dumont (couverture et intérieures).
  • (L'Ami de poche ; 32).
  • ISBN : 2-203-13632-4.
  • 4ème de couv. : "J'ai acheté cet étalon à prix d'or. J'en ai besoin pour conduire la harde au nouveau pays... Je m'absente quelques jours et, quand je reviens, mon étalon saigne d'une blessure de fourche". Le vieux Cal est consterné. Propriétaire du ranch dans lequel Dylan s'est réfugié après son évasion du bagne, il ne vit que pour ses chevaux. Qui a osé s'attaquer au noble étalon du troupeau ? Que signifie ce hibou mort, crucifié sur la porte ? On dit, dans la région, qu'un tel signe est destiné à éloigner le malheur d'une maison. Sera-t-il suffisant ?
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    Couverture de Michel Blanc-Dumont.

  • 4ème édition, 1998
  • in Dylan Stark 2.
  • Bruxelles (Belgique) : Lefrancq Littérature, 1998 [janvier].
  • 20 cm, 848 p.
  • Illustration : Michel Blanc-Dumont (couverture).
  • (Volumes).
  • ISBN : 2-87153-503-5.
  • Texte pp. 23-112.
  • Notes : Étalon ou hongre, signées Pierre Pelot (pp. 111-112).
  • 4ème de couv. : ...Pierre Pelot commence le cycle Dylan Stark, dont le premier tome sera publié à la fin de l'année 1967, avec un antihéros plongé dans la Guerre de Sécession et les troubles nés d'une paix précaire. En fait, c'est surtout pendant ces années de l'après-guerre qu'on le voit évoluer, de 1865 à 1867. Ce choix d'une époque faussement paisible, aux plaies encore béantes, est dû sans doute pour une part au fait que Pelot lui-même est né dès le lendemain de la deuxième guerre mondiale, au cœur des Hautes-Vosges particulièrement meurtries ou détruites et, pour longtemps, livrées à la pénurie et bientôt au déclin économique.
    Nul doute que, pour un enfant né en 1945, - c'est juste 80 ans après 1865 ! -, l'atmosphère, les privations, les cicatrices encore vives d'un âpre conflit lourd de conséquences durables, ont laissé des traces dont on retrouve aussi la marque parmi d'autres romans plus contemporains. Quant à Dylan Stark, personnage de fiction certes, mais inséré dans un cadre géographique et historique plausible, il subit d'autant plus les séquelles d'une telle période qu'il est un métis né de mère française et de père Cherokee... (Extrait de la préface de Raymond Perrin).
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  • 5ème édition, 2014
  • Paris : éditions Bragelonne, 24 février 2014.
  • (Bragelonne Classic).
  • Livre numérique.
  • 103 p.
  • ISBN : 978-2-8205-1418-9.
  • Dylan et Alwoy ont réussi à s’évader de Mountain Grove. C’est dans un étrange ranch où l’on est encore assez superstitieux pour clouer le hibou sur la porte qu’ils vont se réfugier. Dans cette demeure se noue en réalité un véritable drame familial, autour du manque de responsabilités d’un fils qui jette l’argent par les fenêtres, et du manque de confiance que lui accorde son vieux père... Les choses peuvent-elles encore changer pour eux ?
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    Première page

    Mollement, il acheva d'épandre le reste du ballot de paille, à petits coups de fourche, puis il se redressa. Un moment, il demeura ainsi, penché en avant, appuyé des deux mains sur le manche de l'outil et le regard inspectant la litière. C'était bien, bon et frais. A présent, ils pouvaient venir de la plaine enneigée, naseaux fumants et givrés, crinières folles ; ils pouvaient venir, avec leurs croupes hautes, musclées, leurs odeurs d'hiver. Ils seraient bien. On les attendait. L'écurie serait chaude et amicale, solide ; et le vent pouvait bien souffler alentour et buter dans les poutres.

    Dylan laissa fuser un soupir, puis il alla porter la fourche au fond du bâtiment, dans un angle. Là encore il s'arrêta pour jeter un coup d'œil autour de lui. Il regarda les boxes alignés et égaux, clairs, bien pourvus chacun d'une épaisse litière de paille. Un reste de jour filtrait doucement par les lucarnes percées dans le mur. On pouvait voir flotter des poussières de paille et de foin.

    Dans le fond, près de la porte, les trois chevaux s'occupaient calmement à dépouiller leurs crèches. Ils le faisaient l'un après l'autre, réguliers, les mâchoires allant au même rythme. Dylan les regarda un moment, rêveur, sans que rien sur son visage anguleux ne donne une idée de ce qu'il pensait. Il essuya machinalement la poussière qui maculait sa figure moite et se dirigea vers la sortie. Au passage, il tapota la croupe du grand cheval noir en murmurant quelques paroles douces et totalement indistinctes. L'animal seul parut comprendre, tournant vers l'homme sa grande tête fine et intelligente.

    Dylan sortie de l'écurie, referma soigneusement derrière lui la lourde porte. Comme une cire qui durcit, le froid lui tomba sur les épaules et l'obligea à dérouler ses manches de chemises retroussées. Il passa rapidement sa veste et en releva le col. Il sentit soudain les muscles noués et lourds de ses bras, et c'était une bonne fatigue ; il se rendit compte qu'il n'avait pas quitté l'écurie de tout le jour, étalant la paille dans les boxes et remplissant les crèches. Un sourire apaisé erra sur ses lèvres épaisses.

    Adossé à la porte, Dylan Stark le métis regarda la cour de la ferme, dans le froid et les paillettes de neige qui dansaient une folle sarabande. Il ne sentait plus ce froid venu du nord et des collines brunes, avec le vent. Il regardait la cour silencieuse, blanche, la cour déserte et blottie entre les écuries, la maison de ferme et les bâtiments de la bunker-house. Le troisième côté de ce carré irrégulier était ouvert à la plaine : par là viendrait la harde de chevaux et les cow-boys… Par là, Dylan était venu, lui et Alwoy, voici déjà un mois. Il se souvint, ce jour-là…

    Ils avaient galopé sans cesse, depuis leur fuite du bagne, sans se soucier du froid et de la fatigue. Sans arrêt. Ce qui comptait, c'était mettre le plus grand nombre de miles entre eux et Moutain Grove. Il avait raconté son histoire à Alwoy, pourquoi il était entré au bagne : il lui avait dit que c'était uniquement pour venger ses parents tués par El Paso. El Paso était mort, à présent, il n'était plus rien qu'un souvenir gris, une douleur plate dans la tête de Dylan. Il avait tout dit à Alwoy, et ce dernier avait suivi.

    Avec le peu d'argent que possédait Dylan, ils avaient acheté des vêtements et ils s'étaient nourris. Une chance : le complice de Mountain Grove avait bien soigné les chevaux ; pour une bouchée de pain, il avait même vendu le sien à Alwoy.

     

    Prix littéraires

    Sélection Grand Prix des Treize 1974.

    Sélection Jeunes Lecture Promotion 1975.

    Présélection 1000 Jeunes Lecteurs 1975.

     

    Épigraphe

    Le couard, c'est celui qui, dans une situation périlleuse, pense avec ses jambes (Ambrose Bierce).

     

    Page créée le vendredi 19 avril 2002.