Plus loin que les docks

 
 
 

Date et lieu

3 et 4 juillet 1866, à Mobile (Alabama).

Sujet

Sur les quais de Mobile (Alabama), Dylan et Kija attendent le départ d'un des bateaux pour la Nouvelle-Orléans, bloqués au port depuis huit jours par ordre des troupes d'occupation yankees.
Ils se retrouvent au cœur d'événements racistes, qui tournent à l'émeute. "Est-on soi sans éclaboussures ?"...

La petite histoire... L'Est républicain du 5 juin 1968 indique que Pelot "vient d'achever la rédaction et la dactylographie" de ce roman et que ce douzième Dylan Stark (son vingtième roman) sera publié "en fin d'année". Ce texte sera remanié en août 1970, avant de connaître sa première publication… trente ans plus tard… En novembre 1994, rangeant sa bibliothèque, Pelot retrouve le manuscrit inédit qu'il remet à Lefrancq en 1998 : ce dernier le publie en fin de volume, sans respecter la chronologie.

 

Éditions

Couverture de Michel Blanc-Dumont.

  • 1ère édition, 1998
  • in Dylan Stark 2.
  • Bruxelles (Belgique) : Lefrancq Littérature, 1998 [janvier].
  • 20 cm, 848 p.
  • Illustration : Michel Blanc-Dumont (couverture).
  • (Volumes).
  • ISBN : 2-87153-503-5.
  • Texte pp. 739-843.
  • 4ème de couv. : ...Pierre Pelot commence le cycle Dylan Stark, dont le premier tome sera publié à la fin de l'année 1967, avec un antihéros plongé dans la Guerre de Sécession et les troubles nés d'une paix précaire. En fait, c'est surtout pendant ces années de l'après-guerre qu'on le voit évoluer, de 1865 à 1867. Ce choix d'une époque faussement paisible, aux plaies encore béantes, est dû sans doute pour une part au fait que Pelot lui-même est né dès le lendemain de la deuxième guerre mondiale, au cœur des Hautes-Vosges particulièrement meurtries ou détruites et, pour longtemps, livrées à la pénurie et bientôt au déclin économique.
    Nul doute que, pour un enfant né en 1945, - c'est juste 80 ans après 1865 ! -, l'atmosphère, les privations, les cicatrices encore vives d'un âpre conflit lourd de conséquences durables, ont laissé des traces dont on retrouve aussi la marque parmi d'autres romans plus contemporains. Quant à Dylan Stark, personnage de fiction certes, mais inséré dans un cadre géographique et historique plausible, il subit d'autant plus les séquelles d'une telle période qu'il est un métis né de mère française et de père Cherokee... (Extrait de la préface de Raymond Perrin).
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    Première page

    Ca tient à si peu. Il suffit parfois d'un simple excès de boisson pour que tout se mette en branle. C'était précisément le cas.

    Assis tous deux au bord du quai, les jambes pendantes au-dessus de l'eau boueuse où flottait une couche d'immondices, ils regardaient tomber et s'alanguir la brume du soir venu. A peine brume, sur la mer plane, mais les éclaireurs de la nuit complice se chargeaient d'y ajouter le poids nécessaire et d'en faire une alliée des barrières naturelles de l'Île Dauphin et de cette grande barre de terre en ligne presque droite qui achève le geste doucement creusé de la côte à cet endroit du Golfe, du Cap Sam Blas en est à l'île Horn en ouest. Depuis les quais de Mobile, on pouvait encore voir, comme les grimaces lourdes de souvenances trop bien enracinées, les ruines éclatées de Fort Morgan, à l'entrée de la Baie...

    Depuis un bon moment, ils ne disaient mot, les yeux plissés. Au bout de cette espèce de jetée. Le port se creusait mollement à leur gauche, et derrière eux.

    C'était l'heure du réveil sur les quais de Mobile, après l'étouffante chaleur du jour et son oeil trop grand ouvert sur le chemin des hommes. L'heure pour les tavernes et leurs cohortes de putains multicolores de s'ouvrir aux bruyants éclats des marins... et des autres.

    En vérité, c'était un signal. Un signal venu de la mer qui joue dans les premières étoiles, qui les balance et les chatouille du bout de la vague avant de s'enguirlander de leurs scintillements doubles. Un signal, et alors sur les quais se lèvent les formes déguenillées qui, tout le jour, épaves, ont bu la fraîcheur de la pierre, se sont vautrées dans l'ombre des balles de coton ; qui, pas une seule fois de toute la journée, n'ont frémi au grincement des grues et aux sirènes des clippers. Simplement reculées en retrait, grognantes, les épaves avachies, quand la chaîne des dockers s'égrenait dans leur soleil droit...

     

    Revue de presse

    L'Est Républicain

    5 juin 1968

    Il n'a pas 25 ans : c'est son 20° western

    Pierre Grosdemange, plus connu sous son pseudonyme de "Pelot", le fameux cow-boy littéraire de Saint-Maurice-sur-Moselle, vient d'achever la rédaction et la dactylographie de Plus loin que les docks.

    "C'est mon douzième Dylan Stark… et mon vingtième roman. Il sera publié en fin d'année, je pense. L'histoire se passe à Mobile (Alabama) et couvre les deux chaudes journées des 3 et 4 juillet 1866…"

    Le "Balzac vosgien du western" fête donc avec ce vingtième bouquin (alors qu'il n'a pas encore atteint la vingt-cinquième année de son âge) une sorte de jubilé.

    Il n'entend pas en rester là : son "dernier paru" - La Marche des bannis - sorti en mars, obtient un bon succès. L'un de ses livres est passé en feuilleton dans un grand magazine de jeunes…
    Et maintenant, dit-il, en avant pour La Nouvelle-Orléans. Dylan Stark, mon héros, sera au cœur du massacre "historique" .

    Bon courage, ami Frémi.

     

    La Liberté de l'Est

    23 septembre 1998. Raymond PERRIN

    L'épais volume Dylan Stark 2 réunissant les épisodes 8 à 14 des aventures du métis indien réserve deux surprises. D'abord un inédit : Plus loin que les docks, où l'on voit Dylan et son compagnon Kija, victimes d'un blocus dans le port de Mobile, doublement occupés à empêcher un assassinat politique contre un leader des droits des Noirs et à trouver un navire pour la Louisiane. Ensuite, une introduction replace enfin ces récits, publiés il y a une trentaine d'années, dans le double contexte de leur temps historique et de leur écriture.

     

    Page créée le samedi 20 avril 2002.