Paul MAHALIN

[ Epinal (88) , 17/01/ 1828 – Paris (75) , 20/03/ 1899 ]

homme de lettres

/ pseudonyme s : TRIOLET, Émile BLONDET

Auteur vosgien Biographie vosgienne

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

MAHALIN Paul.- Homme de lettres.

Membre de l’Association vosgienne de Paris.

Débarqué à Paris en 1859, M. P. Mahalin a collaboré au Messager des Théâtres, puis au Rabelais ; au Diogène avec Delvau, Amédée Roland, Claretie, d’Hervilly, Magnard ; à la Liberté avec Émile de Girardin ; au Nain Jaune avec Aurélien Scholl ; à la Rue avec Vallès ; au Mousquetaire avec Dumas père ; à la Lune et à l’Éclipse avec Gill ; au Charivari, à la Vie parisienne ; au Journal amusant.

Il est attaché, depuis 1872, à la rédaction du Gaulois où il a, par traité, un roman tous les ans.

Du temps que notre génération débutait à la vie politique, vers 1857, quand la plume nous démangeait, à nous autres les jeunes, et que, toute neuve, elle s’essayait contre l’empire, nous lisions avec passion les critiques acérées parfois, toujours piquantes, que prodiguait cette phalange de brillants écrivains, appartenant à une génération déjà plus ancienne, où figurait en belle place M. Paul Mahalin.

Mais cet enfant des Vosges ne se contentait pas de la presse courante, volante. Il possède aujourd’hui un bagage d’une quarantaine de volumes dont nous citerons :
- Les Jolies actrices (cinq séries de figurines à l’emporte-pièce) ;
- Au bout de la lorgnette, portraits d artistes et d’écrivains ;
- Les Allemands chez nous, livre qui a eu l’honneur d’être mis à l’index dans les provinces annexées ;
- Le Fils de Porthos ;
- L’Hôtellerie sanglante ;
- La Belle limonadière ;
- Les Patriotes ;
- La Filleule de Lagardère ;
- La Pointe au corps ;
- La Reine des gueux ;
- Le Duc Rouge ;
- Le Roi de la Ligue ;
- Les Barricades ;
- Les Monstres de Paris ;
- Le Dernier Valois ;
- et maints autres.

Nul ne s’est élevé plus haut dans le genre où excellait Alexandre Dumas père ; aussi lui a-t-on décerné le titre de second Alexandre.

Au théâtre, nous retrouvons son nom. Il a donné, outre une demi-douzaine de vaudevilles, Le Fils de Porthos, Valmy, La Belle limonadière, trois grands drames qui ont eu chacun plus de cent représentations. C’est en 1894 qu’a été jouée La Belle limonadière et l’on sait avec quelle vogue Nancy l’applaudissait hier.

Sergent pendant la guerre, aux francs-tireurs dits «à la branche de houx», notre concitoyen a manié le fusil aussi bien que la plume, il a pris part à toutes les affaires autour de Paris.

M. Mahalin est un enfant d’Épinal. Il est né rue du Pont, dans la maison occupée aujourd’hui par la pharmacie Lallemand. Il a fait ses études au collège de notre ville jusqu’à rhétorique, où il avait pour condisciples MM. Maud’heux, Grillot, Pellerin, Charton. Il a terminé ses études à Nancy, où ses parents étaient allés se fixer en 1856.

Pour avoir commis tant d’œuvres, M. Paul Mahalin n’est pas encore vieux : il est né en janvier 1838. Il est toujours gai, toujours jeune, toujours spirituel, et quand les neiges auront blanchi sa tête, il restera vert comme les sapins natals (Mémorial des Vosges, Nestor Denis).


1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

MAHALIN (Paul), romancier populaire et littérateur
Epinal, 1833 – Paris, mars 1899


S’il est un écrivain vosgien totalement oublié aujourd’hui mais dont la plume fut – ô combien – féconde, c’est bien de Paul Mahalin qu’il s’agit. Venu à Paris en 1861, il commence par écrire dans divers journaux de théâtre puis publie Les Galants de la couronne (1862) et des essais tels que Mémoires du bal Mabille (1864), Au bal masqué, suite de monographies sur l’Opéra, le Prado, le bal Bullier, le Casino… (1868), Le Bougeoir, lanterne des dames (1868), Les jolies actrices de Paris (1868) avec des suites de 1878 à 1884.

La guerre franco-prussienne émeut sa fibre patriotique avec Les Francs-tireurs (1871), Montretout, 19 janvier 1871 et Les Allemands chez nous : Metz, Strasbourg, Paris (1885).

A partir de 1880, il publie surtout des romans d’inspiration populaire, exploitant une veine commerciale éprouvée, celle des héros d’Alexandre Dumas ou de Paul Féval pour lesquels il imagine des épilogues interminables : Le Fils de Porthos (1883), La Filleule de Lagardère (1885)… Dans le même genre, il donne encore Les Monstres de Paris (1880), Patte de fer ou le drame du puits de Châtillon (1881), Caprice de princesse (1882), Au bout de la lorgnette (1883), La Reine des gueux (1884), Le Duc rouge (1885), L’Hôtellerie sanglante (1885), La Pointe au corps (1888), etc.

En 1877, il fait jouer un vaudeville en 3 actes, Le Carnaval de Boquillon, en collaboration avec Raoul Jolly. Quelques-uns de ses ouvrages ont paru sous le pseudonyme d’Emile Blondet et il a longtemps signé Triolet une chronique théâtrale du Gaulois.

Dans L’Hôtellerie sanglante (1885), il s’inspire de l’affaire judiciaire des « Cardinaux » qui avait eu pour cadre le village de Vittel en 1804. Selon une tradition non démontrée, il aurait été l’un des collaborateurs occultes d’Alexandre Dumas.


Bibl. : Larousse du XIXème siècle en 15 volumes et supplément.


[ Pierre Heili ]

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