1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

MAHALIN Paul.- Homme de lettres.
Membre de l’Association vosgienne de Paris.
Débarqué à Paris en 1859, M. P. Mahalin a collaboré au
Messager des Théâtres, puis au
Rabelais ; au
Diogène avec Delvau, Amédée Roland, Claretie, d’Hervilly, Magnard ; à la
Liberté avec Émile de Girardin ; au
Nain Jaune avec Aurélien Scholl ; à la
Rue avec Vallès ; au
Mousquetaire avec Dumas père ; à la
Lune et à l’
Éclipse avec Gill ; au
Charivari, à la
Vie parisienne ; au
Journal amusant.
Il est attaché, depuis 1872, à la rédaction du
Gaulois où il a, par traité, un roman tous les ans.
Du temps que notre génération débutait à la vie politique, vers 1857, quand la plume nous démangeait, à nous autres les jeunes, et que, toute neuve, elle s’essayait contre l’empire, nous lisions avec passion les critiques acérées parfois, toujours piquantes, que prodiguait cette phalange de brillants écrivains, appartenant à une génération déjà plus ancienne, où figurait en belle place M. Paul Mahalin.
Mais cet enfant des Vosges ne se contentait pas de la presse courante, volante. Il possède aujourd’hui un bagage d’une quarantaine de volumes dont nous citerons :
-
Les Jolies actrices (cinq séries de figurines à l’emporte-pièce) ;
-
Au bout de la lorgnette, portraits d artistes et d’écrivains ;
-
Les Allemands chez nous, livre qui a eu l’honneur d’être mis à l’index dans les provinces annexées ;
-
Le Fils de Porthos ;
-
L’Hôtellerie sanglante ;
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La Belle limonadière ;
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Les Patriotes ;
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La Filleule de Lagardère ;
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La Pointe au corps ;
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La Reine des gueux ;
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Le Duc Rouge ;
-
Le Roi de la Ligue ;
-
Les Barricades ;
-
Les Monstres de Paris ;
-
Le Dernier Valois ;
- et maints autres.
Nul ne s’est élevé plus haut dans le genre où excellait Alexandre Dumas père ; aussi lui a-t-on décerné le titre de second Alexandre.
Au théâtre, nous retrouvons son nom. Il a donné, outre une demi-douzaine de vaudevilles,
Le Fils de Porthos,
Valmy,
La Belle limonadière, trois grands drames qui ont eu chacun plus de cent représentations. C’est en 1894 qu’a été jouée
La Belle limonadière et l’on sait avec quelle vogue Nancy l’applaudissait hier.
Sergent pendant la guerre, aux francs-tireurs dits «à la branche de houx», notre concitoyen a manié le fusil aussi bien que la plume, il a pris part à toutes les affaires autour de Paris.
M. Mahalin est un enfant d’Épinal. Il est né rue du Pont, dans la maison occupée aujourd’hui par la pharmacie Lallemand. Il a fait ses études au collège de notre ville jusqu’à rhétorique, où il avait pour condisciples MM. Maud’heux, Grillot, Pellerin, Charton. Il a terminé ses études à Nancy, où ses parents étaient allés se fixer en 1856.
Pour avoir commis tant d’œuvres, M. Paul Mahalin n’est pas encore vieux : il est né en janvier 1838. Il est toujours gai, toujours jeune, toujours spirituel, et quand les neiges auront blanchi sa tête, il restera vert comme les sapins natals (
Mémorial des Vosges, Nestor Denis).