Jacques AUDIBERTI

[ Antibes (06), 25/03/1899 – Paris (75), 10/07/1965 ]

Auteur vosgien Passage vosgien

La Fourmi (résumé) · La Fourmi (presse) · La Fourmi (Lehmann)

1899
Naissance à Antibes le 25 mars. Son père est entrepreneur de maçonnerie.

Études au collège d’Antibes, interrompues pour raisons de santé.

Employé comme greffier au tribunal de la ville, il publie des chroniques et des poèmes dans Le Réveil d’Antibes.
1924
Il "monte à Paris", travaille au Journal, puis de 1925 à 1940, au Petit Parisien.
1929
Premier recueil poétique, publié à compte d’auteur : L’Empire et la trappe.
1937
Il publie une première pièce de théâtre : L’Ampelour, et un recueil de poèmes : Race des hommes (premier prix de l’académie Mallarmé en 1938).
1938
Publication du premier roman : Abraxas.
1946
Quoat-Quoat, publiée en 1945, est montée avec succès par André Reybaz et Catherine Toth.
br> Publication de Le Mal court (montée en 1947 par Georges Vitaly).
1950
Publication d’un roman : Le Maître de Milan, et de Pucelle, pièce de théâtre.
1955
Publication de : Le Cavalier seul.
1961
Jacques Audiberti à Remiremont

Lecteur, sur des conseils avisés, de Cocteau et de Mallarmé, le jeune Claude Lehmann lit également Audiberti remarqué avec l’attribution du 1er prix Mallarmé en 1938. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il doit fuir Remiremont, en zone rouge, avec sa mère, et se réfugie à Antibes... Au lycée de la ville, il rencontre d’abord les deux filles de Jacques Audiberti, avant de faire connaissance avec le père : naissance d’une amitié qui durera jusqu’au décès de l’écrivain. Après la guerre, et quelques périples qui mènent Claude Lehmann à Paris, puis en Allemagne, avant de le ramener à Remiremont, Jacques Audiberti vient plusieurs fois lui rendre visite dans la cité des chanoinesses.

Au cours de l’un de ces séjours, ils font tous deux, de Remiremont à Plombières, une promenade de nuit dont Audiberti parlera longtemps ! Et lors d’un autre, ils visitent la ville, la mairie, l’église : l’abbé qui leur sert de guide à la collégiale intrigue l’écrivain, par sa manière d’en dénigrer les décors saint-sulpiciens et de vanter la petite chapelle des chanoinesses... Il demande à Claude Lehmann de rassembler une documentation sur les moniales : "Regardez à la bibliothèque ce qu’il peut y avoir là-dessus...".

De son côté, Audiberti fait des recherches à la Bibliothèque Nationale, rue de Richelieu. Trois mois plus tard, à l’aide de ses trouvailles, des mémoires du R.P. Vuillemin et de l’abbé Didelot (1887), et des renseignements rassemblés par Claude Lehmann, il rédige trois ou quatre pages de script, avant de revenir à Remiremont et d’y écrire in situ une toute première version de La Fourmi dans le corps des abeilles (il y aura jusqu’à sept états du manuscrit !), pendant un mois, entre mai et juin 1960. Il travaille sans arrêt, couché à deux heures du matin, levé à dix heures. Un état sérieux sera terminé début 1961.

Dans cette pièce, comme dans Le Cavalier seul, Audiberti part d’une réalité historique : là les croisades, ici la vie quotidienne des chanoinesses et la guerre de Turenne. Nantie d’un caractère très autoritaire, la 49ème abbesse de Remiremont, élue à l’âge de dix ans, intronisée à quinze, tient tête à Turenne, avec les 240 occupantes de l’abbaye, dont 53 chanoinesses... Un Turenne seulement intéressé par le pouvoir et la gloire, qui passe vite d’un camp à l’autre, se convertit quand il faut ("né protestant, il tourna catholique"), et sous lequel il faut savoir reconnaître un Pétain d’opérette... Claude Lehmann, qui nous donne ces renseignements lors d’une rencontre en septembre 2004, regrette qu’on tire habituellement les pièces d’Audiberti vers le Boulevard, alors que son travail est infiniment plus sérieux.

Cette pièce n’a jamais été représentée à Remiremont.

Lire aussi : La Fourmi dans le corps, résumé par Jacques Audiberti.
Quelle Histoire..., article de Claude Lehmann, président de l’Association des Amis de Jacques Audiberti.
Revue de presse vosgienne, à propos de La Fourmi dans le corps.
1962
Un film adapté de son roman La Poupée est tourné par Jacques Baratier. La Fourmi dans le corps entre au répertoire de la Comédie Française.

Deux autres pièces sont montées au théâtre La Bruyère (Pomme, pomme, pomme) et à l’Athénée (La Brigitta).
1964
Grand prix national des Lettres.
1965
Décès à Paris le samedi 10 juillet.

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