Marie Alphonse SONNOIS

[ Lamargelle (21) , 1828 – Cambrai (59) , 07/02/ 1913 ]

ecclésiastique

Evêque de Saint-Dié (1890-1893).

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

SONNOIS (Marie Alphonse), évêque de Saint-Dié de 1890 à 1893
Lamargelle (Côte-d’Or), 1828 - Cambrai, 7 février 1913


Né d’un père médecin à Saint-Seine-l’Abbaye (Côte-d’Or), dont plusieurs de ses enfants se consacreront à l’Eglise, Alphonse Sonnois appartient au clergé de la Côte-d’Or jusqu’à son arrivée à Saint-Dié. Il enseigne la philosophie au grand séminaire de Dijon, il est ensuite curé de Jouey, puis de Santenay, enfin d’Auxonne, où il est sacré évêque le 19 mars 1890.

Il fait son entrée à Saint-Dié le 16 avril 1890.

Homme discret et bienveillant, attentif à l’administration du diocèse et visitant les communautés et les paroisses, il a cependant quelques difficultés avec le gouvernement, car les vicaires généraux qu’il choisit, Sublon et Chapelier, qui avaient assuré la vacance du siège après le décès d’Albert de Briey, s’étaient montrés des adversaires résolus et actifs de Jules Ferry lors des élections de 1889. Alphonse Sonnois choisit donc ensuite pour vicaires généraux le curé de Neufchâteau Raison et son frère Albert Sonnois. Il préside le 14e pèlerinage alsacien-lorrain organisé par Monseigneur Noël, professeur au grand séminaire de Saint-Dié, qui regroupe, en 1890, 1178 pèlerins de Saint-Dié, Metz, Nancy, Strasbourg.

Dès son arrivée, il relance les travaux de la basilique du Bois-Chenu, fonde des comités de dame patronnesse, crée le bulletin La Voix de Jeanne d’Arc et, par mandement, fait rassembler un pèlerinage qui regroupe 20 000 fidèles à Domremy. Le 2 janvier 1891, il institue une confrérie de Notre-Dame des Armées, ayant son siège dans la crypte de la basilique est confiée aux Eudistes qui entrent en campagne et collectent partout en France l’argent nécessaire à l’achèvement de l’édifice, œuvre de longue haleine qui ne sera terminée qu’en 1947.

Par décret du 26 novembre 1892, il est nommé archevêque de Cambrai. Dans son nouveau diocèse, il doit être un médiateur entre un patronat puissant et dur et des abbés attentifs à la misère ouvrière, dont le plus célèbre est l’abbé Lemire, député d’Hazebrouck, l’un des premiers à adopter la politique de ralliement du clergé à la République et de justice sociale préconisée par Léon XIII.

En 1896, il revient dans les Vosges, au Bois-Chenu, à Domremy, avec 400 pèlerins. L’application de la loi de séparation de l’Église et de l’État en 1906 le perturbe profondément et il perd progressivement ses facultés intellectuelles, laissant l’administration de son diocèse à son vicaire général Monseigneur Delamaire.


Bibl. : Lévêque (L.).- Petite histoire religieuse des Vosges.- Mirecourt, 1949, p. 49, 121 et 149-150.


[ Albert Ronsin ]

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