2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
DÉGÉMARD Raymond (Francis Marcel)
(22 août 1936, Saint-Étienne, Loire)
• Septième adjoint au maire de Thaon-les-Vosges de 1989 à 1995.
• Maire de Thaon-les-Vosges depuis 1995.
• Conseiller général du canton de Châtel-sur-Moselle depuis 1998.
• Marié, trois enfants.
Adjoint au maire de la ville de Thaon-les-Vosges, Raymond Dégémard est révélé au grand public lors des élections municipales de mars 1995. Son succès est un véritable exploit alors qu’on lui prédisait peut-être une victoire par le chas de l’aiguille. Maire, conseiller général, vice-président de l’assemblée départementale vosgienne, Raymond Dégémard est né à Saint-Étienne, bien loin de ses futures terres électorales.
Fils unique d’un ouvrier stéphanois, bercé dans l’aventure industrielle de Manufrance, sa carrière professionnelle est en tout point atypique. Entré comme ouvrier spécialisé dans la célèbre manufacture d’armes de Saint-Étienne, il y gravit rapidement tous les échelons de cette société. Avec détermination, il suit des cours du soir au CNAM — Conservatoire national des arts et métiers —, épaulé par son épouse Josette Girodet, qui lui donne trois enfants : Jean-François, Gisèle et Marianne. Au final, en 1979, Raymond Dégémard quitte les bords de la Loire avec le titre de directeur du département armes et directeur du département central d’outillages. Son parcours à Saint-Étienne marque sans conteste le respect.
Les années 1980 le voient se fixer à Thaon-les-Vosges où, un siècle auparavant, Armand Lederlin quitte l’Alsace annexée pour implanter la B.T.T. — blanchisserie et teinturerie de Thaon. Sur le sol vosgien, ce Stéphanois participe à la naissance de la société Garett, usine spécialisée dans la construction de turbos. Tout comme à Manufrance, son art du management est mis en exergue et les résultats sont éloquents. Parcourant l’Europe et surtout les États-Unis — sa source de référence —, Raymond Dégémard est un véritable novateur. Sa probante expérience professionnelle attire naturellement l’attention de la classe politique vosgienne, surtout du côté de la majorité départementale.
Adjoint au maire de Thaon-les-Vosges en 1989, il reçoit le mandat suivant, la confiance de ses concitoyens qui lui donnent les clés de l'hôtel de ville.
Fort de son aura communale, il part à la conquête du canton châtellois en mars 1992… tout comme ses prédécesseurs à la mairie thaonnaise, Armand Lederlin, Louis Guillon et Victor Benoît. Défait de justesse par l'élu sortant, il repart en campagne six ans plus tard. Pour tous les observateurs, ces élections se résument à une bataille entre Raymond Dégémard et Robert Bresson, élu depuis vingt-cinq années. Rien de tout cela ! Le maire de Chavelot renonce à son siège pour celui de la Région. Le canton de Châtel-sur-Moselle se trouve donc orphelin et la succession de Robert Bresson aiguise six appétits. Le plus affûté est l'élu de Thaon-les-Vosges. Au cours d'une élection où la majorité départementale se trouve terriblement fissurée, cet éclatant succès rassure le président Poncelet, lequel par ce fait sera réélu pour la huitième fois consécutive depuis 1976, à la tête du conseil général des Vosges. Raymond Dégémard poursuit sa politique d'investissements et les électeurs thaonnais le confirment magistralement dans ses fonctions municipales en mars 2001. Plus qu'un plébiscite, c'est une véritable ovation que lui font ses administrés. En toute logique, il est élu vice-président du conseil général des Vosges lors de la première séance plénière du XXIᵉ siècle.
Apprécié, courtisé, parfois jalousé, Raymond Dégémard insuffle à Thaon-les-Vosges une dynamique de succès. La création d'infrastructures communales, l'implantation d'industries nouvelles, engendrent une importante explosion démographique. L'élu thaonnais rejoint dans la théorie et dans la pratique son illustre prédécesseur, Armand Lederlin, également manager hors pair.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]