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Jean Thiébaut GÉHIN

[ Ventron (88) , 03/02/1796 – Saulxures-sur-Moselotte (88) , 05/01/1843 (46 ans) ]

manufacturier , maire , conseiller général

Biographie vosgienne Sur Wikidata ↗

Notices documentaires

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

GÉHIN (Jean Thiébaut), manufacturier
Ventron, 1796 - Saulxures-sur-Moselotte, 5 janvier 1843

Jean Thiébaut Géhin montre de bonne heure qu’il est un habile mécanicien. Il est en effet âgé d’une trentaine d’années quand, en 1825 il fonde à Saulxures la première filature mécanique à moteur hydraulique de l’arrondissement de Remiremont. Cette usine est gérée par une société de personnes dont il est le principal actionnaire. Elle alimente bientôt les deux tissages qui sont édifiés suivant ses plans dans la même localité, en 1828 et 1835. Trois ans plus tard, il s’associe avec M. B. Laurent et Georges Perrin pour créer un nouveau groupe textile. Le grand tissage qu’ils font construire est situé au Daval, à Cornimont.

Jean Thiébaut Géhin se lance dans la politique à cette époque. Il devient conseiller général du canton de Saulxures de 1836 à 1839 et maire de cette commune durant les douze dernières années de sa vie.

Quand il disparaît prématurément au début de 1843, Elisa Mathieu sa veuve, prend en mains l’administration de ses manufactures qui sont agrandies au fil de ses rentrées d’argent. Elle prend pour raison sociale Veuve J. Th. Géhin. En 1845, elle se retire de la société fondée en 1838 à Cornimont. Elle possède alors 20.000 broches et 350 métiers mécaniques. Quinze ans plus tard, son entreprise est une des plus importantes de la région vosgienne, avec 28692 broches, 501 métiers et 810 ouvriers. Elle est redevable de cette ascension à Nicolas Claude, son associé, qui a été autrefois le précepteur de ses deux fils. Durant la grande crise cotonnière occasionnée par la guerre de Sécession américaine, elle perd 1.000.000 de francs à la suite de la mise en faillite d’un de ses commissionnaires parisiens. Elle meurt, âgée de 80 ans, le 26 novembre 1876.

Durant sa longue existence, elle fait terminer le grand château de style Louis XV que son mari avait entrepris de faire construire. Elle y réside jusqu’à sa disparition. Elle lègue à la commune de Saulxures 150.000 francs pour la création d’un hôpital et 200.000 francs pour que l’église paroissiale soit reconstruite. Elle fait de Nicolas Claude son légataire presque universel, aux dires de ses détracteurs, en raison de la mort prématurée de ses enfants. Elle repose près de son mari dans la chapelle funéraire qu’elle a fait construire dans le cimetière de Saulxures.

Bibl. : Poull. (G.).- L’Industrie textile vosgienne 1765-1981, p. 256 à 259 et 381 à 383.

[ Georges POULL , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

GÉHIN Jean (Thiébaut)
(3 février 1796, Ventron - 5 janvier 1843, Saulxures-sur-Moselotte)

• Maire de Saulxures-sur-Moselotte
• Conseiller général du canton de Saulxures-sur-Moselotte de 1836 à 1839
• Manufacturier
• Marié, deux enfants

C'est à Ventron, terre d'adoption de l'ermite Frère Joseph, que naît en février 1796 Jean-Thiébaut Géhin, fils de Jean-Jacques et de Marie-Anne Valdenaire. Peu de choix pour les jeunes gens de sa génération, Jean Géhin entre rapidement dans le monde du travail. À l'âge de trente ans, il devient propriétaire de sa propre usine textile, fondée à Saulxures-sur-Moselotte. Une situation qui le conduit, à l'instar d'autres industriels de la région, à franchir le pas en politique. Ses concitoyens l'installent au fauteuil de premier magistrat de sa commune et les électeurs du canton de Saulxures-sur-Moselotte au conseil général des Vosges.

Succédant en 1836 à Claude Valdenaire, il reste en poste jusqu'en juillet 1839, date à laquelle il donne sa démission pour raisons personnelles... mais réellement pour raisons familiales. Son prédécesseur à l'assemblée départementale est tout simplement son oncle, qui était au renouvellement cantonal, inéligible. Par suite d'une réduction de cens électoral (quotité d’impôt dû pour être éligible avant 1848), Claude Valdenaire ne pouvait plus assurer sa propre succession. Trois ans plus tard, ce dernier réunit de nouveau toutes les conditions d’éligibilité voulues et désire reprendre sa place au sein des membres du conseil général. Son neveu ne le contrarie point dans sa démarche. Marié, le 31 mai 1831, à Elisabeth Mathieu, Jean Géhin a deux fils, Auguste, futur conseiller général, et Ernest. Ses deux enfants disparaissent à l'âge de trente-trois ans. Lui-même décède également prématurément à l'âge de quarante-six ans, le 5 janvier 1843, dans sa demeure de la Poirie, située sur la commune de Saulxures-sur-Moselotte. Son épouse administre l'entreprise Géhin qui devient l'une des plus florissante de la région. Aussi doit-elle cette réussite sociale à Nicolas Claude, natif de Celles-sur-Plaine, précepteur de ses deux enfants et parent de l'illustre historien raonnais, Charles Sadoul. La réussite sociale a quelque peu grisé madame veuve Géhin. Dans son somptueux château, elle reçoit de nombreuses notabilités, telles l'épouse et la fille du président de la République Adolphe Thiers. Elisabeth Géhin s'éteint le 26 novembre 1876 dans sa propriété grandiose. Elle repose auprès de son époux et de ses enfants dans la chapelle familiale qu'elle a fait édifiée au cimetière de Saulxures-sur-Moselotte.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Dictionnaire des Vosgiens célèbres 1990 — Georges POULL — Les Vosgiens célèbres
  2. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Jean Thiébaut GÉHIN », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4315 (consultée le 16 octobre 2026).

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