2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
GAILLEMIN Louis (Eugène Marie)
(3 août 1880, Vagney - 15 novembre 1960, Vagney)
• Conseiller municipal de Cornimont de 1919 à 1929
• Maire de Cornimont de 1929 à 1944 et de 1947 à 1953
• Conseiller général du canton de Saulxures-sur-Moselotte de 1919 à 1942 et de 1944 à 1960
• Conseiller départemental des Vosges de 1942 à 1944
• Député des Vosges de 1934 à 1939
• Sénateur des Vosges de 1939 à 1944
• Médecin. Marié, quatre enfants
C'est à Vagney, où son père exerce la profession de médecin, que voit le jour en 1880 Louis Gaillemin. Après une enfance studieuse, il décide de suivre les traces de ce père. Il fait ses premières études à l'école publique de Vagney et les poursuit à Nancy. Inscrit à la faculté de médecine de cette ville, il s'adonne régulièrement à ses cours et conquiert rapidement son doctorat, le 23 décembre 1905, en soutenant sa thèse :
Lymphadémie à forme médiastine chez l'enfant (étude clinique).
Le 1er janvier 1906, Louis Gaillemin s'installe médecin à Cornimont aux usines des Héritiers Georges Perrin. Il succède au docteur Larché, conseiller municipal counehet et conseiller général du canton. Deux ans plus tard, le docteur Louis Gaillemin prend pour épouse à Toul, Marie-Thérèse Gigout qui lui donne quatre enfants, Marguerite (1909, célibataire), Henri (1911, architecte), André (1913, prêtre) et
Georges (1919, médecin et député des Vosges). Le 3 janvier 1920, le docteur Gaillemin a la grande douleur de perdre son épouse à l'âge de trente-trois ans. Il épousera en secondes noces à Strasbourg, Germaine Merklen.
Le jeune docteur, bien installé en 1905, se présente sept années après aux élections municipales de Cornimont. Le résultat est plutôt négatif. La Grande Guerre survient... Le docteur Gaillemin est affecté au 352e d'infanterie, et le 12 novembre 1914, sa brillante conduite lui vaut une élogieuse citation. Il reste près de deux ans au sein de ce régiment, après quoi il devient médecin-chef d'une des ambulances avec laquelle il fait la campagne de la Somme. Renvoyé à l'intérieur en février 1917, Louis Gaillemin prend la direction de l'hôpital des Sources de Bussang, ensuite de l'aménagement de l'hôpital d'évacuation de Saint-Maurice-sur-Moselle.
Titulaire de la croix guerre, il reçoit le grade de chevalier de la Légion d'honneur. Démobilisé, il tente une seconde fois sa chance aux municipales, puis aux cantonales avec succès. Il demeure constamment membre de ces deux assemblées. Le conseiller général est même élu vice-président de la chambre départementale des Vosges en 1928, et maire de Cornimont en 1929. Cependant, ses responsabilités publiques deviennent de plus en plus importantes. Le 3 juin 1934, l'édile counehet est élu député des Vosges comme candidat d'
Union républicaine nationale et sociale. Puis, à la fin de ce mandat en 1939, il gagne la Haute-Assemblée... quand la Seconde Guerre mondiale arrive. Une période extrêmement douloureuse pour Louis Gaillemin.
Le 10 juillet 1940, parmi les 850 parlementaires français, il est appelé à se rendre à Vichy pour voter la loi constitutionnelle afin de donner ou pas les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Figurant parmi les 569 députés et sénateurs répondant positivement au vainqueur de Verdun, il va comprendre rapidement son erreur de jugement envers ce maréchal admiré pourtant par la plupart des Français. Au-delà de sa difficile épreuve morale, il va subir une terrible épreuve physique. Arrêté par la Gestapo, il est déporté au camp de concentration de Neuengamme. Très affaibli, Louis Gaillemin est libéré définitivement par les Russes le 18 mai 1945. À cette période commence pour lui un nouveau combat. Blessé dans sa chair, le docteur Gaillemin est également blessé dans son amour propre. Il attendra les élections municipales de 1947 pour retrouver son fauteuil de maire counehet mais abandonne toutes ambitions politiques au plan national.
Fatigué par de nombreuses années de lutte, l'ancien parlementaire vosgien se retire à Vagney où il a élu domicile. L'année 1958 lui apporte de cruelles épreuves. Son fils Georges, médecin et député, décède subitement à Paris et, lui-même tombe gravement malade. Le docteur Gaillemin s'éteint le 15 novembre 1960 à son domicile voinraud et repose au cimetière communal.