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Louis Eugène Marie GAILLEMIN

[ Vagney (88) , 03/08/1880 Vagney (88) , 15/11/1960 (80 ans) ]

médecin

Maire de Cornimont. Vice-Président du Conseil Général des Vosges. Député des Vosges. Sénateur. Officier de la Légion d’Honneur (1950).

Biographie vosgienne

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ecriVOSGES, « Louis Eugène Marie GAILLEMIN », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4299 (consultée le 1 septembre 2026).

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Bibliographie et sources

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Notices documentaires

1960 — La Liberté de l'Est

Vice-Président du Conseil général
Ancien député et sénateur des Vosges
M. le Dr Louis GAILLEMIN n’est plus

Une terrible nouvelle nous parvenait hier matin : celle de la mort de M. le docteur Louis Gaillemin, vice-président du conseil général, ancien député et sénateur des Vosges.

Bien qu’ayant été déporté en juin 1944 au camp de la mort lente de Neuenganne où il fut délivré en 1945 par les troupes alliées, le Dr Louis Gaillemin avait surmonté ces épreuves et poursuivi ses innombrables activités, trouvant dans son tempérament de lutteur assez de forces et de ressources pour parachever sa tâche.

Dès son adolescence, Louis Gaillemin s’était senti attiré par la forêt dont il devait devenir l’un des plus ardents défenseurs. Alors qu’il était encore étudiant en médecine à la Faculté de Nancy, après de solides études secondaires à la Malgrange, il avait fait l’acquisition de ses premiers bois sur le territoire de Vagney où son père avait acquis une sérieuse réputation de praticien.

Cet amour de la forêt avait amené le docteur Louis Gaillemin à prendre la tête d’une croisade pour la sauvegarde de ce qu’il considérait comme le meilleur du patrimoine du département. En même temps qu’il était devenu président du Syndicat des Propriétaires Forestiers, il était appelé à présider aux destinées de l’Association vosgienne des maires des communes forestières qui eut, au lendemain de la Libération, à lutter pour la reconstitution des plantations dévastées par les obus et la mitraille et en corollaire par le bostryche.

La compétence du Dr Gaillemin en ce domaine l’amena d’ailleurs à siéger au fauteuil de vice-président de la Fédération Nationale. Tout récemment encore, c’était le 16 octobre dernier, M. Louis Gaillemin participait à Épinal à la réunion constitutive de l’Association d’Économie Montagnarde au cours de laquelle il brossa un vigoureux exposé des raisons fondamentales de l’exode montagnard.

Ce fut en 1906 que le jeune médecin s’installa à Cornimont où il allait donner la mesure de ses qualités de praticien et d’homme. Le docteur Louis Gaillemin fut le médecin des humbles et son désintéressement était loué de tous. Depuis de longues années, il était médecin des pèlerins vosgiens à Lourdes.

Outre les décorations militaires : Croix de guerre, croix du Combattant, rosette de la Légion d’Honneur qui attestaient de la valeur et du courage du patriote qu’il fut, de nombreuses distinctions récompensèrent le citoyen : officier de l’ordre de la Santé publique, officier du Mérite agricole, Médaille de vermeil départementale et communale, médaille des Épidémies ou encore médaille de la Reconnaissance française.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

GAILLEMIN (Eugène Marie Louis), médecin, député des Vosges

Vagney, 3 août 1880 - Vagney, 15 novembre 1960


Louis Gaillemin.
© Les Vosgiens célèbres, 1990
Après des études de médecine à Nancy, il exerce comme médecin d’entreprise pour le compte des Héritiers Georges Perrin à Cornimont à partir de 1905. Pendant la première guerre mondiale, il est médecin militaire au 152° R.I. ; il fait la campagne d’Alsace en août 1914 et participe à la bataille de l’Ourcq en septembre. En 1916, il est sur la Somme où il dirige une ambulance et termine la guerre comme médecin-chef de l’hôpital complémentaire de Besançon puis du centre hospitalier de Bussang. En 1919, il entre au conseil municipal de Cornimont et devient conseiller général, fonction qu’il conserve jusqu’à sa mort. Dans les années 20, il milite dans de nombreuses organisations catholiques à préoccupations sociales. Élu maire de Cornimont en 1929, il préside la Société d’Agriculture Jules-Méline et, à partir de 1954 l’Association des propriétaires forestiers. Président de l’Association des communes forestières des Vosges, il joue un rôle important après la 2° guerre mondiale dans la reconstitution de la forêt vosgienne dévastée sur des milliers d’hectares par la mitraille et le bostryche.

Élu le 3 juin 1934 député de l’arrondissement de Remiremont, il remplace au Parlement Camille Amet, décédé. Dans sa profession de foi, il affirme des opinions républicaines, nationales et sociales, mais il reste résolument hostile à la gauche socialo-communiste. Il préconise le corporatisme, une plus grande protection de l’économie, un exécutif plus fort, une politique plus favorable aux familles nombreuses et aux anciens combattants. Sur le plan local, il souhaite vivement la réalisation des percées ferroviaires de la chaîne des Vosges par des tunnels entre Cornimont et Metzeral, et Saint-Maurice et Wesserling, projets pour lesquels il ne cessera d’intervenir. A la Chambre des députés, il siège tout naturellement à droite et intervient dans de nombreux domaines allant du vote familial à un projet de loi en faveur des handicapés.

Sénateur en 1939, il vote pour le maréchal Pétain au Congrès de Vichy ; en 1940, cependant, dès son retour dans sa mairie de Cornimont, il favorise de nombreux passages vers la zone libre et apporte son aide en 1944 au maquis de la Piquante Pierre. Arrêté le 9 juin 1944 par la Gestapo, il est déporté à Neuengamme dans le petit camp où sont rassemblées 800 personnalités politiques. Il est libéré définitivement le 18 mal 1945 par les Russes. De retour en France, il est momentanément inquiété en raison de son vote au Congrès de Vichy, mais il est bien vite blanchi par un jury d’honneur et retrouve son éligibilité, ses sièges de conseiller général et de maire de Cornimont.


Bibl. : Jolly.- Dictionnaire des parlementaires, tome V, page 1782.
Renseignements fournis par la famille.


[Pierre Heili].
 

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