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Louis Eugène Marie GAILLEMIN

[ Vagney (88) , 03/08/1880 – Vagney (88) , 15/11/1960 (80 ans) ]

médecin , maire , conseiller général , député , sénateur

Officier de la Légion d’Honneur (1950).

Biographie vosgienne

Notices documentaires

1960 — La Liberté de l'Est

Vice-Président du Conseil général
Ancien député et sénateur des Vosges
M. le Dr Louis GAILLEMIN n’est plus

Une terrible nouvelle nous parvenait hier matin : celle de la mort de M. le docteur Louis Gaillemin, vice-président du conseil général, ancien député et sénateur des Vosges.

Bien qu’ayant été déporté en juin 1944 au camp de la mort lente de Neuenganne où il fut délivré en 1945 par les troupes alliées, le Dr Louis Gaillemin avait surmonté ces épreuves et poursuivi ses innombrables activités, trouvant dans son tempérament de lutteur assez de forces et de ressources pour parachever sa tâche.

Dès son adolescence, Louis Gaillemin s’était senti attiré par la forêt dont il devait devenir l’un des plus ardents défenseurs. Alors qu’il était encore étudiant en médecine à la Faculté de Nancy, après de solides études secondaires à la Malgrange, il avait fait l’acquisition de ses premiers bois sur le territoire de Vagney où son père avait acquis une sérieuse réputation de praticien.

Cet amour de la forêt avait amené le docteur Louis Gaillemin à prendre la tête d’une croisade pour la sauvegarde de ce qu’il considérait comme le meilleur du patrimoine du département. En même temps qu’il était devenu président du Syndicat des Propriétaires Forestiers, il était appelé à présider aux destinées de l’Association vosgienne des maires des communes forestières qui eut, au lendemain de la Libération, à lutter pour la reconstitution des plantations dévastées par les obus et la mitraille et en corollaire par le bostryche.

La compétence du Dr Gaillemin en ce domaine l’amena d’ailleurs à siéger au fauteuil de vice-président de la Fédération Nationale. Tout récemment encore, c’était le 16 octobre dernier, M. Louis Gaillemin participait à Épinal à la réunion constitutive de l’Association d’Économie Montagnarde au cours de laquelle il brossa un vigoureux exposé des raisons fondamentales de l’exode montagnard.

Ce fut en 1906 que le jeune médecin s’installa à Cornimont où il allait donner la mesure de ses qualités de praticien et d’homme. Le docteur Louis Gaillemin fut le médecin des humbles et son désintéressement était loué de tous. Depuis de longues années, il était médecin des pèlerins vosgiens à Lourdes.

Outre les décorations militaires : Croix de guerre, croix du Combattant, rosette de la Légion d’Honneur qui attestaient de la valeur et du courage du patriote qu’il fut, de nombreuses distinctions récompensèrent le citoyen : officier de l’ordre de la Santé publique, officier du Mérite agricole, Médaille de vermeil départementale et communale, médaille des Épidémies ou encore médaille de la Reconnaissance française.

[ La Liberté de l'Est , novembre 1960 ]

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

GAILLEMIN (Eugène Marie Louis), médecin, député des Vosges
Vagney, 3 août 1880 - Vagney, 15 novembre 1960

Louis Gaillemin.
© Les Vosgiens célèbres, 1990
Après des études de médecine à Nancy, il exerce comme médecin d’entreprise pour le compte des Héritiers Georges Perrin à Cornimont à partir de 1905. Pendant la première guerre mondiale, il est médecin militaire au 152° R.I. ; il fait la campagne d’Alsace en août 1914 et participe à la bataille de l’Ourcq en septembre. En 1916, il est sur la Somme où il dirige une ambulance et termine la guerre comme médecin-chef de l’hôpital complémentaire de Besançon puis du centre hospitalier de Bussang. En 1919, il entre au conseil municipal de Cornimont et devient conseiller général, fonction qu’il conserve jusqu’à sa mort. Dans les années 20, il milite dans de nombreuses organisations catholiques à préoccupations sociales. Élu maire de Cornimont en 1929, il préside la Société d’Agriculture Jules-Méline et, à partir de 1954 l’Association des propriétaires forestiers. Président de l’Association des communes forestières des Vosges, il joue un rôle important après la 2° guerre mondiale dans la reconstitution de la forêt vosgienne dévastée sur des milliers d’hectares par la mitraille et le bostryche.

Élu le 3 juin 1934 député de l’arrondissement de Remiremont, il remplace au Parlement Camille Amet, décédé. Dans sa profession de foi, il affirme des opinions républicaines, nationales et sociales, mais il reste résolument hostile à la gauche socialo-communiste. Il préconise le corporatisme, une plus grande protection de l’économie, un exécutif plus fort, une politique plus favorable aux familles nombreuses et aux anciens combattants. Sur le plan local, il souhaite vivement la réalisation des percées ferroviaires de la chaîne des Vosges par des tunnels entre Cornimont et Metzeral, et Saint-Maurice et Wesserling, projets pour lesquels il ne cessera d’intervenir. A la Chambre des députés, il siège tout naturellement à droite et intervient dans de nombreux domaines allant du vote familial à un projet de loi en faveur des handicapés.

Sénateur en 1939, il vote pour le maréchal Pétain au Congrès de Vichy ; en 1940, cependant, dès son retour dans sa mairie de Cornimont, il favorise de nombreux passages vers la zone libre et apporte son aide en 1944 au maquis de la Piquante Pierre. Arrêté le 9 juin 1944 par la Gestapo, il est déporté à Neuengamme dans le petit camp où sont rassemblées 800 personnalités politiques. Il est libéré définitivement le 18 mal 1945 par les Russes. De retour en France, il est momentanément inquiété en raison de son vote au Congrès de Vichy, mais il est bien vite blanchi par un jury d’honneur et retrouve son éligibilité, ses sièges de conseiller général et de maire de Cornimont.

Bibl. : Jolly.- Dictionnaire des parlementaires, tome V, page 1782.
Renseignements fournis par la famille.

[ Pierre HEILI , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

GAILLEMIN Louis (Eugène Marie)
(3 août 1880, Vagney - 15 novembre 1960, Vagney)

• Conseiller municipal de Cornimont de 1919 à 1929
• Maire de Cornimont de 1929 à 1944 et de 1947 à 1953
• Conseiller général du canton de Saulxures-sur-Moselotte de 1919 à 1942 et de 1944 à 1960
• Conseiller départemental des Vosges de 1942 à 1944
• Député des Vosges de 1934 à 1939
• Sénateur des Vosges de 1939 à 1944
• Médecin. Marié, quatre enfants

C'est à Vagney, où son père exerce la profession de médecin, que voit le jour en 1880 Louis Gaillemin. Après une enfance studieuse, il décide de suivre les traces de ce père. Il fait ses premières études à l'école publique de Vagney et les poursuit à Nancy. Inscrit à la faculté de médecine de cette ville, il s'adonne régulièrement à ses cours et conquiert rapidement son doctorat, le 23 décembre 1905, en soutenant sa thèse : Lymphadémie à forme médiastine chez l'enfant (étude clinique).

Le 1er janvier 1906, Louis Gaillemin s'installe médecin à Cornimont aux usines des Héritiers Georges Perrin. Il succède au docteur Larché, conseiller municipal counehet et conseiller général du canton. Deux ans plus tard, le docteur Louis Gaillemin prend pour épouse à Toul, Marie-Thérèse Gigout qui lui donne quatre enfants, Marguerite (1909, célibataire), Henri (1911, architecte), André (1913, prêtre) et Georges (1919, médecin et député des Vosges). Le 3 janvier 1920, le docteur Gaillemin a la grande douleur de perdre son épouse à l'âge de trente-trois ans. Il épousera en secondes noces à Strasbourg, Germaine Merklen.

Le jeune docteur, bien installé en 1905, se présente sept années après aux élections municipales de Cornimont. Le résultat est plutôt négatif. La Grande Guerre survient... Le docteur Gaillemin est affecté au 352e d'infanterie, et le 12 novembre 1914, sa brillante conduite lui vaut une élogieuse citation. Il reste près de deux ans au sein de ce régiment, après quoi il devient médecin-chef d'une des ambulances avec laquelle il fait la campagne de la Somme. Renvoyé à l'intérieur en février 1917, Louis Gaillemin prend la direction de l'hôpital des Sources de Bussang, ensuite de l'aménagement de l'hôpital d'évacuation de Saint-Maurice-sur-Moselle.

Titulaire de la croix guerre, il reçoit le grade de chevalier de la Légion d'honneur. Démobilisé, il tente une seconde fois sa chance aux municipales, puis aux cantonales avec succès. Il demeure constamment membre de ces deux assemblées. Le conseiller général est même élu vice-président de la chambre départementale des Vosges en 1928, et maire de Cornimont en 1929. Cependant, ses responsabilités publiques deviennent de plus en plus importantes. Le 3 juin 1934, l'édile counehet est élu député des Vosges comme candidat d'Union républicaine nationale et sociale. Puis, à la fin de ce mandat en 1939, il gagne la Haute-Assemblée... quand la Seconde Guerre mondiale arrive. Une période extrêmement douloureuse pour Louis Gaillemin.

Le 10 juillet 1940, parmi les 850 parlementaires français, il est appelé à se rendre à Vichy pour voter la loi constitutionnelle afin de donner ou pas les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Figurant parmi les 569 députés et sénateurs répondant positivement au vainqueur de Verdun, il va comprendre rapidement son erreur de jugement envers ce maréchal admiré pourtant par la plupart des Français. Au-delà de sa difficile épreuve morale, il va subir une terrible épreuve physique. Arrêté par la Gestapo, il est déporté au camp de concentration de Neuengamme. Très affaibli, Louis Gaillemin est libéré définitivement par les Russes le 18 mai 1945. À cette période commence pour lui un nouveau combat. Blessé dans sa chair, le docteur Gaillemin est également blessé dans son amour propre. Il attendra les élections municipales de 1947 pour retrouver son fauteuil de maire counehet mais abandonne toutes ambitions politiques au plan national.

Fatigué par de nombreuses années de lutte, l'ancien parlementaire vosgien se retire à Vagney où il a élu domicile. L'année 1958 lui apporte de cruelles épreuves. Son fils Georges, médecin et député, décède subitement à Paris et, lui-même tombe gravement malade. Le docteur Gaillemin s'éteint le 15 novembre 1960 à son domicile voinraud et repose au cimetière communal.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. La Liberté de l'Est 1960 — novembre 1960
  2. Dictionnaire des Vosgiens célèbres 1990 — Pierre HEILI — Les Vosgiens célèbres
  3. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Louis Eugène Marie GAILLEMIN », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4299 (consultée le 16 octobre 2026).

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