2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
GAILLEMIN Georges (Jean-Marie)
(9 décembre 1919, Cornimont - 17 mai 1958, Paris)
• Conseiller municipal de Cornimont de 1945 à 1947 et de 1953 à 1956 • Adjoint au maire de Cornimont de 1956 à 1958
• Député des Vosges de 1952 à 1958
• Médecin
• Marié, quatre enfants
Né à Cornimont, Georges Gaillemin, très tôt orphelin de mère, le 3 janvier 1920, est le quatrième enfant du couple Gigout-Gaillemin. Fréquentant la faculté de médecine de Paris, il présente devant celle-ci, en 1946, sa thèse
Leptospirose à leptospira canicola pour le doctorat en médecine. Devenu médecin, Georges Gaillemin prend pour épouse en 1944 Jeanine Payelle. De cette union naissent quatre enfants, Jean-Louis (1944), Claude (1946), François (1949) et Sabine (1953).
Durant
la drôle de guerre, son père Louis est déporté en Allemagne. Aussi se présente-il aux élections municipales de Cornimont en candidat libre. Elu au premier tour de scrutin, Georges représente la famille Gaillemin au sein de l'assemblée municipale. Deux ans plus tard, son père revenu des camps de concentration redevient premier magistrat de Cornimont. Evidemment, le père et le fils ne peuvent siéger en même temps. Georges Gaillemin s'efface au profit du patriarche de la famille. Puis arrive l'année 1952 et le décès accidentel du député vosgien de Wisembach. La place est vacante. Les 23 mars et 6 avril, tous les électeurs vosgiens sont de nouveaux convoqués aux urnes pour élire un remplaçant à
Jacques Ducreux-Tacnet , député spectaculaire dont le curriculum-vitae a défrayé scandaleusement la chronique politique française des années 1950.
C'est un record impressionnant de candidats, quatorze pour seulement un siège, qui se présentent à ces élections législatives partielles. Au second tour de scrutin, Georges Gaillemin est élu député des Vosges, devenant à l'Assemblée nationale le plus jeune député. Il est également le premier élu dont on exige un casier judiciaire vierge. L'élection, puis la disparition, sous une double identité de son prédécesseur, ne sont pas étrangères à cette procédure. La politique l'emporte bientôt sur sa profession. Réélu en 1956, le docteur Gaillemin mène une vie trépidante et on songe à lui afin d'occuper un poste de sous-secrétaire d'Etat.
Au lendemain de la communion solennelle de son fils Claude, il regagne Paris. Georges Gaillemin fait partie de la délégation du groupe Amitié France-Chine de l'Assemblée nationale qui, sur l'invitation du gouvernement Tchang-Kaï Chek, doit partir par avion pour Formose. Au bar de l'aéroport parisien, victime d'un malaise, le député vosgien s'écroule. Son état étant jugé extrêmement sérieux, il est transporté à l'hôpital américain de Neuilly où il s'éteint le samedi 17 mai 1958. Georges Gaillemin repose au cimetière de Vagney dans la sépulture familiale.