1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
FOREL (Adolphe), manufacturier et homme politique
Nancy, 15 février 1797 - Malzéville, 28 avril 1862
Adolphe Forel est le fils de Joseph Forel, négociant et de Catherine Mouton. A l’issue de ses études, il embrasse tout d’abord la carrière militaire. Il est successivement lieutenant, puis capitaine au 26° régiment de ligne. Il quitte l’armée le 16 juillet 1837 afin d’aider Napoléon Forel, son frère, à gérer la filature et le tissage qu’il vient de créer à Rupt. Ils administrent en commun la société Forel Frères jusqu’au moment où elle est dissoute le 23 avril 1857. Adolphe Forel obtient alors la filature du Pont-de-Lette, son annexe du Dessus-de-Rupt et plusieurs domaines. Un peu plus tard, il entre en possession du tissage de la Longine, situé en Haute-Saône. En 1847, il figure sur la liste des contribuables les plus imposés du canton de Ramonchamp.
Sur le plan politique, Adolphe Forel est élu conseiller général du canton de Saulxures. A ce titre, il siège à Épinal de 1843 à 1844. Quelques années plus tard, il aide Carlos Forel son frère à devenir représentant du peuple. A l’issue du Coup d’État du 2 décembre 1851, la Commission mixte du département des Vosges, créée afin d’éliminer les Républicains, décrète que Carlos Forel et son frère Adolphe doivent être expulsés du territoire français. Le premier d’entre eux est effectivement proscrit. Adolphe Forel reste à la tête de ses manufactures textiles. La fermeture de ses usines risque en effet de provoquer la mise en chômage de plusieurs centaines d’ouvriers. Depuis de nombreux mois, leur patron pousse ces derniers à s’associer aux manifestations hostiles au gouvernement qui se déroulent dans la région de Remiremont. Agitateur consommé, il est dangereux par l’importance de ses établissements industriels, par son caractère remuant, par une certaine facilité d’élocution dans les réunions populaires et par l’opiniâtreté de son opposition, si l’on en croit les rapports des autorités de l’époque.
Adolphe Forel est par ailleurs un collectionneur averti. Il est parvenu à rassembler une collection de tableaux de maîtres, dont certains ont une grande valeur. Il fait don de l’un d’entre eux à la ville de Nancy. Cette oeuvre est actuellement visible dans la galerie-escalier des archives de Meurthe-et-Moselle.
Adolphe Forel tombe malade au cours de 1861. Sa santé s’altère au cours des mois suivants et il meurt dans sa propriété de Malzéville. Suivant contrat passé à Dornach, en Alsace le 20 avril 1834, il a épousé Marie Louise Rieff née en 1801 et fille de Pierre Louis Rieff et d’Hortense Walburge de Zurheim.
Arthur Forel, leur fils unique, vient au monde à Rupt le 31 août 1838. Il assure avec sa mère l’administration des usines textiles familiales, qui périclitent durant la crise cotonnière provoquée par la guerre de Sécession américaine. Pour apaiser les réclamations des créanciers, Marie Louise Rieff met en vente la collection de tableaux de son mari. Trois d’entre eux sont achetés par le Musée d’Épinal, où ils se trouvent toujours.
Elle meurt à Rupt le 17 février 1873.
Bibl. : Poull (G.).- Georges Napoléon Forel, sa famille et sa descendance, in Le Pays de Remiremont, N° 4, pages 23 et 24.
Poull. (G.).- L’industrie textile à Rupt-sur-Moselle 1837-1919, in Annales de l’Est, N°3, 1980, pages 215 à 241.
[
Georges POULL
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
FOREL Adolphe (Claude Catherine Michel)
(15 février 1797, Nancy, Meurthe-et-Moselle – 28 avril 1862, Malzéville, Meurthe-et-Moselle)
• Conseiller général du canton de Ramonchamp de 1843 à 1848
• Manufacturier
• Marié, deux enfants
Second enfant de Joseph Forel et de Catherine Mouton, Adolphe Forel naît à Nancy en 1797. Une famille qui contribue à la renommée du textile vosgien, notamment dans la vallée de Rupt-sur-Moselle et du Thillot, et qui s’investit totalement dans la vie politique française.
Pierre, le premier fils (biographie suivante), après avoir épousé la fille de l’industriel alsacien Nicolas Kœchlin, devient conseiller municipal, puis adjoint au maire de Mulhouse, avant d’être élu représentant du peuple dans la circonscription de Remiremont. Quant au quatrième enfant, Georges-Napoléon Forel, également manufacturier à Rupt-sur-Moselle, il est porté par ses administrés en 1862 et en 1876, à la tête de cette commune industrielle. De son côté, Adolphe Forel se dirige vers une carrière militaire, lorsqu’en juillet 1837 il abandonne l’armée afin d’épauler son frère Georges-Napoléon dans son entreprise vosgienne. Pendant vingt ans, ils dirigent en commun la société Forel Frères avant sa dissolution en avril 1857.
Entre temps, Adolphe Forel épouse en Alsace, le 20 avril 1834, Marie-Louise Rieff, qui lui donne deux enfants, dont Arthur né à Rupt-sur-Moselle le 31 août 1838. Une mère et un fils, qui gèrent avec beaucoup de difficultés la maison Forel après la disparition du père. Ils vendent à grand regret, la prestigieuse collection de tableaux de maîtres d’Adolphe Forel, afin de subvenir à leurs besoins suite à la crise cotonnière occasionnée outre-Atlantique par la guerre de Sécession.
Si Adolphe Forel réussit au plan professionnel, il réussit également au plan politique. Aux élections cantonales partielles du 9 juillet 1843, il succède comme conseiller général du canton de Ramonchamp, au Romarimontain Hector Bresson, décédé deux mois plus tôt. Il y reste jusqu’en 1848 avant d’être remplacé par l’ancien maire de Rambervillers, Félix Robillot. Comme beaucoup d’hommes politiques français, le coup d’État du 2 décembre 1851 assombrit sa carrière. La commission mixte du département des Vosges, créée dans le but d’éliminer les républicains hostiles au nouveau régime, stipule que les frères Forel sont indésirables sur le sol de l’Hexagone. Si Pierre est proscrit et se réfugie en Belgique, par contre Adolphe demeure aux rênes de ses entreprises textiles. Il s’éteint le 28 avril 1862 dans sa propriété de Malzéville en Meurthe-et-Moselle.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]