1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BAUMANN (Jean Marcel), officier des Eaux et Forêts, député des Vosges
(Rambervillers, 5 mai 1914 - Épinal, 8 juillet 1975)
Fils de Marcel Joseph Baumann et de Suzanne Antoinette Jacquot, Jean Baumann entre à l’institut national agronomique de Nancy en 1936, puis en 1938 à l’École Nationale des Eaux et Forêts de Nancy dont il sort avec un diplôme d’ingénieur. Il effectue donc une carrière d’ingénieur, puis d’ingénieur en chef du génie rural.
Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier en juin 1940 à Toul et est interné à Nuremberg jusqu’en mai 1941. Libéré, il revient dans les Vosges et est affecté au service des Eaux et Forets. Il entre alors dans la Résistance, devient en 1941 chef du N.A.P. (Service du noyautage des administrations publiques) pour les Eaux et Forêts. Il collabore avec Georges Savouret et apporte son aide aux F.F.I. en 1944. Jean Baumann est désigné comme sous-préfet provisoire de Saint-Dié par le N.A.P., décision approuvée par le Comité départemental de Libération des Vosges le 28 septembre 1944. Dans la ville de Saint-Dié détruite, dont la gestion est difficile, il entre en conflit avec les élus locaux, notamment sur la question des projets de reconstruction de la cité.
Il quitte son poste le 28 mars 1946 et se présente le 2 juin 1946 en tête de la liste d’union des républicains indépendants aux élections pour la seconde assemblée nationale constituante. Élu, il s’inscrit à la commission de la presse, de la radio et du cinéma et intervient sur les problèmes de la Sécurité sociale, des dommages de guerre, et prend part aux discussions sur la préparation de la Constitution.
Non réélu aux élections du 10 novembre 1946 sur la liste conduite par André Barbier, il abandonne l’activité politique et est nommé directeur départemental de l’agriculture des Vosges. En 1947, il est appelé comme chef-adjoint du cabinet du ministre de l’agriculture.
Il avait épousé, à Épinal le 3 septembre 1952, Camille Ferrarini, dont il eut un fils, Maurice Baumann.
Bibl. : Dossier Baumann (Jean), Assemblée Nationale.
[
Albert RONSIN
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
BAUMANN Jean (Marcel)
(5 mai 1914, Rambervillers - 8 juillet 1975, Épinal)
• Député des Vosges de juin 1946 à novembre 1946.
• Sous-préfet de Saint-Dié de 1944 à 1946.
• Ingénieur des Eaux et Forêts.
• Marié.
Jean Baumann, après de solides études au lycée d’Épinal et au lycée Henri Poincaré de Nancy, entre à l’Institut agronomique au début de l’année scolaire 1934. Deux ans plus tard, il est admis à l’École nationale des Eaux et Forêts à Nancy. Appelé sous les drapeaux en octobre 1938, il est muté à l’École militaire du génie, d’où, après un stage de huit mois, il rejoint le premier régiment du génie à Strasbourg. Pendant la « drôle de guerre », il fait campagne dans une compagnie divisionnaire du 3e génie et participe aux batailles de Longwy et de Toul où sa conduite héroïque lui vaut l’attribution de la croix de guerre.
Fait prisonnier à Bicqueley en Meurthe-et-Moselle le 23 juin 1940, il est transféré dans la Meuse à Saint-Mihiel puis à l’oflag 13A à Nuremberg. Rapatrié en mai 1941, en qualité d’officier des Eaux et Forêts, il est affecté à Nantes, mais à cause de la zone interdite, il doit rester dans les Vosges et entre dans la Résistance. Le 1er janvier 1943, ses brillantes qualités lui valent sa nomination au poste d’inspecteur adjoint des Eaux et Forêts, chef des services des aménagements et des exploitations en régie.
Alors qu’il vient d’être nommé adjoint au commandant du B.S.M. d’Épinal, il est blessé en service commandé, le 9 septembre 1944. Vingt jours plus tard, ses élogieux états de service lui valent d’être nommé délégué dans les fonctions de sous-préfet de Saint-Dié ; décision ratifiée par le Comité départemental de Libération des Vosges, le 28 septembre 1944. Une tâche délicate l’attend, car la gestion de la cité est rendue d’autant plus difficile, qu’elle est entièrement détruite par la guerre.
À partir d’avril 1946, date à laquelle Jean Baumann reprend sa liberté. Aussitôt, il se présente aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale constituante et son élection est soutenue par l’hebdomadaire spinalien, L’Indépendant des Vosges, basé au 21, rue du Maréchal Lyautey. Il se présente devant les électeurs vosgiens aux côtés de Georges Chaix, industriel à Coussey, du docteur Jean Poirot, maire de Corcieux, du docteur Camille Méline, conseiller général à Gérardmer, et du commandant d’aviation Michel Madelin. De ces cinq candidats, Jean Baumann est le seul élu député des Vosges.
Le 10 novembre 1946, il abandonne alors la vie politique pour le poste d’adjoint au conservateur des Eaux et Forêts. Six ans plus tard, le 3 septembre 1952, il unit sa destinée à Camille Ferrarini qui a su le guider et l’épauler tout au long de sa carrière. Le long parcours professionnel de Jean Baumann est finalement couronné en 1965 avec la nomination d’ingénieur en chef, directeur départemental de l’agriculture. Il fut en outre, en 1947, chef-adjoint du cabinet du ministre de l’Agriculture.
Suite à une longue et douloureuse maladie, Jean Baumann décède à Épinal, le 8 juillet 1975. Il repose auprès des siens au cimetière vosgien de Bulgnéville.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]