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André Marie Alfred BARBIER

[ Darney (88) , 03/03/1885 Darney (88) , 07/04/1962 (77 ans) ]

vétérinaire , conseiller général , député , sénateur , maire

Biographie vosgienne

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ecriVOSGES, « André Marie Alfred BARBIER », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4032 (consultée le 6 septembre 2026).

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Bibliographie et sources

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Notices documentaires

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BARBIER (André Marie Alfred), vétérinaire, député, puis sénateur des Vosges
(Darney, 3 mars 1885 - Darney, 7 avril 1962)

André Barbier.
© Les Vosgiens célèbres, 1990
Après ses études à Maisons-Alfort, André Barbier s’installe dans sa commune natale comme vétérinaire. Plongé dans le milieu agricole, il s’intéresse de très près à la formation des jeunes paysans et aux problèmes sociaux. En 1919 il est élu au conseil municipal et en 1930, il devient maire ; il conservera son siège jusqu’à son décès. La même année 1919, il est élu conseiller général des Vosges pour le canton de Darney et il siègera au conseil général de 1919 à 1940, puis de 1945 à 1958.

De 1937 à 1940 et de 1945 à 1953, il est président du conseil général des Vosges. Lors de l’élection législative partielle du 28 novembre 1926, consécutive au décès d’Édouard Mathis, il est élu député. Il est réélu dans la circonscription de Neufchâteau le 29 avril 1928. Inscrit au groupe d’action démocratique et sociale avec André Maginot et Paul Reynaud, il est membre de la commission des régions libérées et de celle des douanes, mais il suit également les problèmes relatifs à l’agriculture. Il est battu en 1932 par Camille Picard dont il avait triomphé lors du scrutin de 1928. Le 13 mai 1934, il est élu sénateur à la place du comte d’Alsace décédé et est réélu aux élections du 20 octobre 1935. Inscrit au groupe de l’Union Républicaine, il siège dans les commissions de l’armée et de l’agriculture. Il est sénateur en titre jusqu’en 1944.

De 1940 à 1944, il reste à Darney. Son attitude courageuse durant l’occupation lui permet de se représenter à la députation sur la liste gaulliste d’union républicaine et de gagner un siège de député dans la première assemblée nationale constituante le 21 octobre 1945.

Il n’est pas candidat aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde assemblée constituante mais, sur la même liste, il est élu à l’Assemblée Nationale le 10 novembre 1946 et réélu le 17 juin 1951. Il est membre de la commission des moyens de communication et de celle de la famille. En 1956, il ne sollicite pas le renouvellement de son mandat parlementaire.

Son oeuvre sociale est aussi importante que sa vie politique. Vice-président puis, à partir de 1934, président de la Chambre d’Agriculture des Vosges, il préside également l’Union des syndicats agricoles, les caisses mutuelles d’assurances sociales et d’allocations familiales agricoles, la Caisse régionale agricole de l’Est, l’Association vosgienne de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, le Comité départemental de l’habitat, le Syndicat d’électrification de la plaine des Vosges.

C’est à Darney que le 30 juin 1918 a été proclamée la reconnaissance officielle de la Tchécoslovaquie comme état indépendant. André Barbier a pérennisé l’évènement en élevant dans sa ville un monument franco-tchécoslovaque, qui sera détruit par les Allemands en 1940.

Il est l’auteur d’un ouvrage important sur la prophylaxie des maladies contagieuses des bovins, publié en 1937.

Il était titulaire de très nombreuses décorations dont le mérite agricole, la médaille d’or du travail, l’ordre national du Lion blanc (de Tchécoslovaquie).

Bibl. : Jolly.- Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, p. 452-453.

[ Albert RONSIN , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

BARBIER André (Marie Alfred)
(3 mars 1885, Darney - 7 avril 1962 à Darney)

© Le Grand Livre des élus vosgiens, éd. Gérard Louis, 2003
• Conseiller municipal de Darney de 1919 à 1930.
• Maire de Darney de 1930 à 1959.
• Conseiller général du canton de Darney de 1919 à 1942 et de 1944 à 1958.
• Conseiller départemental des Vosges de 1942 à 1944.
• Président du conseil général des Vosges de 1937 à 1940 et de 1945 à 1953.
• Député des Vosges de 1926 à 1932 et de 1945 à 1956.
• Sénateur des Vosges de 1934 à 1945.
• Docteur-vétérinaire.
• Marié, un enfant.

André Barbier, né à Darney en 1885, ne cache pas ses origines plébéiennes : son père est un modeste cantonnier-chef, son grand-père paternel était lui-même cantonnier, et son grand-père branche maternel, un simple brigadier forestier. Vosgien, profondément attaché à son pays natal, André Barbier s’installe dans son village comme docteur-vétérinaire, dès qu’il termine ses études.

Celles-ci débutent au collège de Saint-Remy en Haute-Saône, puis à l’École vétérinaire de Maisons-Alfort. Il se marie, le 4 mai 1909, avec Jeanne Leclerc qui lui donne un fils, Pierre. Celui-ci deviendra le Très-Révérend-Père Jean-François, du Couvent des Franciscains de Paris.

Tout en s’adonnant sans répit à ses obligations professionnelles, André Barbier se passionne pour les questions agricoles. Élu conseiller municipal de Darney en 1919, constamment réélu, il est maire de Darney le 30 octobre 1930. André Barbier entre également au conseil général des Vosges, le 14 décembre 1919, et préside cette assemblée, dès octobre 1937, au départ du sénateur Maurice Flayelle. Les électeurs des Vosges l’envoient siéger aux côtés de Marcel Arnould, à la Chambre des députés, pour la première fois, lors de l’élection partielle qui a lieu en novembre 1926.

Aux élections générales de 1932, il est défait par le Lamarchois Camille Picard. Cependant, deux ans plus tard, il rejoint la Haute-Assemblée, en remplacement du comte d’Alsace, décédé. Au même moment, il lui succède également comme président de la chambre d’agriculture des Vosges. Pendant l’Occupation, maintenu dans ses fonctions de maire de Darney, André Barbier est nommé membre du Conseil national de Vichy et préside le conseil départemental des Vosges.

À la Libération, bien qu’il n’ait pas pris par au vote du 10 juillet 1940 à Vichy, il devient inéligible, pour ne pas avoir démissionné après avril 1942, du conseil national et du conseil départemental. Mais il présente sa candidature aux élections municipales de Darney, en avril 1945, et conserve son fauteuil de maire. Le jury d’honneur se saisit alors d’office et « considérant que l’intéressé a participé à la lutte contre l’ennemi et l’usurpateur et a été désigné comme membre du conseil départemental de la libération », le relève de son inéligibilité le 30 juin 1945.

Peu après, en septembre, André Barbier retrouve son siège de conseiller général du canton de Darney, puis la présidence du conseil général des Vosges. Il exerce cette fonction jusqu’en septembre 1953, avant de laisser la place à l’industriel rambuvetais Jean Vilmain. Réélu député des Vosges à la Première constituante en octobre 1945 et à l’Assemblée nationale un an plus tard, il reste à ce poste jusqu’aux législatives de 1956. Élu municipal pendant quarante ans, dont près de trente ans de maire, conseiller général durant trente neuf ans, dont seize à la présidence de l’assemblée départementale, compte tenu de la parenthèse de la guerre, il contribue largement au développement puis à la reconstruction de la commune de Darney et du département des Vosges. Enfin, fidèle à la mémoire des volontaires tchécoslovaques, stationnés à Darney durant la Grande guerre, il fait reconstruire le monument, détruit par les Allemands en 1940, qui leur est dédié. Qui plus est, en 1948, il institue la médaille de Darney en leur honneur.

Président de nombreuses commissions, titulaires de multiples décorations dont la Légion d’honneur, André Barbier s’éteint le 7 avril 1962 à Darney. Il repose dans sa terre natale qu’il a si ardemment défendue et sa propriété (selon ses vœux) abritera le Centre Départemental de l’Enfance.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

2008 — L’Est républicain

A la mémoire d’André Barbier

A l’occasion des journées européennes du Patrimoine, la direction de la communication externe du Conseil général des Vosges a pris l’initiative de présenter une exposition sur quelques figures de présidents de l’assemblée départementale, et André Barbier fut l’un d’entre eux. L’exposition vient de s’arrêter lundi 6 octobre pour que tous les conseillers généraux vosgiens réunis en session d’automne puissent découvrir la vie de ces grands noms qui ont œuvré pour le bien de leur département. Et pourtant, qui se souvient encore d’eux, même dans leur fief ? Il en va de même pour André Barbier.

Né ici [à Darney] le 3 mars 1885, il fit ses études à l’école nationale vétérinaire de Maisons-Alfort et en sortit diplômé en 1907. Il revient alors à Darney pour exercer sa profession et gagnant rapidement le coeur de tous les agriculteurs de la région. Mobilisé en août 1914 comme vétérinaire-major, il ne reviendra à la vie civile que le 2 mars 1919, et la même année, il est élu conseiller municipal, puis il sera maire en 1930 jusqu’en 1960. Toujours en 1919, le canton va le choisir comme conseiller général et il conservera ce titre jusqu’en 1958.

Porté par le monde rural à la tête de multiples organisations agricoles et sociales, il se montrera comme un guide particulièrement écouté, défendant avec ardeur tout ce qui touche aux problèmes de la terre et à l’amélioration des conditions de vie. Son œuvre sociale sera aussi importante que sa vie politique. C’est ainsi qu’on le choisira comme président des caisses mutuelles d’assurances sociales agricoles et d’allocations familiales, de l’association vosgienne de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence, de la Prévoyance sociale, du comité départemental de l’habitat, de l’office public des HLM, du tourisme vosgien.

Au niveau national

Lors d’une élection législative partielle en 1926, il devient député de la circonscription de Neufchâteau, puis en 1934, il se tourne vers le Sénat où il prend le place du défunt comte d’Alsace jusqu’en 1945. Cette année-là, il redevient député à la Première Constituante pendant un an, puis député à l’assemblée nationale en novembre 1946 jusqu’en 1956 (son décès surviendra en 1962 à son domicile). Il n’a jamais oublié durant ses années de lourdes responsabilités son bourg natal où il va créer : une maternité, un abri pré et postnatal, un centre de placement d’enfants pour de très nombreuses nourrices de la région, une pouponnière, un dispensaire, un centre de médecine du travail, une maison de retraite. Il fait encore construire 50 logements HLM, l’hôtel des PTT, une cité administrative, installe la Caisse d’Épargne et le Crédit agricole, mais aussi un centre routier unique dans le département, et puis le groupe scolaire orné d’une grande fresque réalisée par son ami André Jacquemin.

Est-il donc étonnant qu’une rue d’Épinal porte son nom ? Darney a également sa place André-Barbier, là où s’élève le château abritant le musée tchécoslovaque qu’il a créé en 1938-1939 en même temps que le mémorial sur l’emplacement du camp Kléber où vécurent 6 000 Légionnaires durant la 1ère Guerre mondiale. André Barbier sera à cette époque un ardent défenseur de la Tchécoslovaquie née à Darney.

[ L’Est républicain , lundi 13 octobre 2008 ]

2009 — Vosges Matin

Darney.- Un fondateur mémorable

Le président André Barbier. De nos jours, le monde bouge de plus en plus. Les circonstances de la vie actuelle l’imposent. La population darnéenne d’aujourd’hui s’est donc beaucoup renouvelée et elle ignore comment le chef-lieu s’est façonné depuis un siècle. Les aînés ne sont plus là pour en parler. Une rétrospective s’avère utile pour faire revivre une évolution exceptionnelle due à un homme qui a aimé et défendu sa terre natale jusqu’à sa mort en 1962. Cet homme, c’est André Barbier, né le 3 mars 1885. Il a suivi ses études à l’école nationale de Maisons-Alfort pour s’installer ensuite dans sa commune comme vétérinaire en 1907. Mobilisé d’août 1914 à mars 1919, il est entré, dès son retour, au conseil municipal et au Conseil général. Élu maire en 1930, il conservera ce mandat jusqu’en 1959 et la présidence du Conseil général jusqu’en 1953.

Plongé par son métier dans le monde agricole, il s’est intéressé de près à la formation des jeunes agriculteurs et aux problèmes sociaux les plus divers. C’est ainsi qu’à Darney, il a créé une maternité de 18 lits, un abri pré et post-maternel de vingt lits, un centre de placement d’enfants en bas âge dans des familles nourricières sélectionnées de Darney et sa région (plus de 500 enfants placés), une maison d’accueil pour une vingtaine d’enfants handicapés, un dispensaire d’hygiène sociale, un centre de médecine du travail s’étalant sur toute la Vôge, des bâtiments de retraite pour ménages âgés à l’arrière de l’hôpital et une pouponnière selon les techniques les plus modernes, abritant une quarantaine de bébés.

Dans le même temps, avec le même dynamisme et une énergie à toute épreuve, il a poursuivi inlassablement ses efforts pour équiper Darney d’une façon complète, avec un bâtiment des PTT, une cité administrative groupant la perception, les services des domaines et des contributions, des eaux et forêts, un bâtiment de Caisse d’Épargne et du Crédit agricole avec logements, un centre routier pour l’entretien des routes de tout le sud-ouest des Vosges, un groupe scolaire de 10 classes avec logements, et 50 appartements HLM.

Une éminente carrière politique

Dès 1926 il a été élu député puis sénateur en 1934 à la place du comte d’Alsace jusqu’en 1945. Son attitude courageuse durant l’occupation lui a permis de se présenter de nouveau à la députation en 1945 et ses mandats seront prolongés jusqu’en 1956. Son œuvre sociale a été aussi importante que sa vie politique : il a occupé les présidences des syndicats agricoles et de la Chambre d’agriculture, des CAF et de la Caisse régionale agricole de l’Est, mais aussi de l’association de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence. Il a fondé l’office public départemental des HLM.

La Tchécoslovaquie étant née officiellement dans sa cité le 30 juin 1918, il a fait élever en 1938 un monument commémoratif sur l’emplacement du camp Kléber et a créé la même année le musée militaire et historique du Château. Lors de son voyage à Prague, il a reçu la cravate de commandeur de l’ordre national du Lion Blanc.

[ Vosges Matin , vendredi 21 août 2009 ]

 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « André Marie Alfred BARBIER », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4032 (consultée le 6 septembre 2026).

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