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Sophie SAUCEROTTE, dite RAUCOURT

[ Dombasle-sur-Meurthe (54) , 1753 Paris (75) , 1815 ]

actrice

Biographie vosgienne

1829 — Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel

SAUCEROTE Sophie, dite RAUCOURT.- Actrice célèbre du théâtre français, née à Dombasle en 1756, morte à Paris en 1815 ; elle était la fille d’un pauvre comédien, et l’élève de Brizard et de Mlle Clairon.

Mlle Raucourt débuta à Paris, en 1772, dans l’emploi des reines, par le rôle de Didon ; elle n’avait alors que 17 ans : grande, belle, douée d’une physionomie noble et de beaucoup d’intelligence, elle obtint un succès prodigieux et a conservé la réputation d’une des plus grandes actrices tragiques. Ses rôles favoris, et dans lesquels elle faisait preuve d’un vrai talent, étaient : Didon, Athalie, Mérope, Cléopâtre, Léontine, Sémiramis, et surtout dans Ève et Médée. On dit qu’elle était du petit nombre des acteurs qui trouvèrent grâce devant l’impitoyable Geoffroy : Chénier en pensait moins favorablement.

Voici un quatrain qu’il composa en sortant d’une représentation de Phèdre, où Mlle Raucourt avait joué :

O Phèdre! en tes amours que de vérité brille !
Oui, de Pasiphaé je reconnais la fille,
Les fureurs de sa mère et son tempérament,
Et l’organe de son amant.


Cette actrice ne fut pas en tous temps pudique, car les acteurs du théâtre Français l’expulsèrent de leur société en 1776 : pour échapper aux enquêtes, et surtout à ses créanciers, cette reine détrônée se sauva à franc étrier en uniforme de dragon. Elle fut rappelée à Paris en 1779.

Cependant, Mlle Raucourt jouissait d’une haute réputation de sagesse lorsqu’elle débuta en 1772 : Voltaire nous l’apprend par sa lettre au maréchal de Richelieu, et dans laquelle il dit : comme sa beauté et ses succès la mettaient en butte à des importunités très multipliées, son père faisait autour de cette vertu le guet le plus sévère, armé d’un pistolet, qu’il ne quittait ni jour ni nuit. Ses obsèques furent l’occasion d’un grand scandale : la porte de sa paroisse fut fermée à son cercueil, quoiqu’elle eût donné, dit-on, beaucoup à l’église.


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