Notices documentaires
1890 —
Annuaire des Vosges / Léon Louis
PICOT Charles Eusèbe Ernest.- Né à Saint-Dié le 9 avril 1848, chef de bataillon du génie en retraite.
Élu député de l’arrondissement de Saint-Dié (1ère circonscription composée des cantons de Provenchères, Raon-l’Etape, Senones et de la rive droite de Saint-Dié avec seize communes de ce canton).
Siège à droite.
[Annuaire 1890, p. 166].
Les opérations électorales de la 1re circonscription de Saint-Dié ayant été annulées par la Chambre des députés le 29 mai 1890, les électeurs ont été convoqués pour le 6 juillet suivant. M. Jules Ferry ne s’est pas présenté. M. Picot a eu pour concurrent M. Tricoche [qui a été élu].
[Annuaire 1892, p. 157].
[
Léon LOUIS
, Annuaire des Vosges ]
1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges / Henri Jouve
PICOT Charles Eusèbe Ernest.- Né à Raon-l’Étape le 9 avril 1848.
Entré à l’École polytechnique en 1867, sorti dans le génie.
Lieutenant au 3e régiment pour les campagnes de 1870 contre l’Allemagne et de 1871 contre la Commune ; capitaine commandant la 1re compagnie d’ouvriers militaires de chemins de fer pour la campagne de 1881 dans le sud oranais ; officier d’ordonnance du ministre de la Guerre de 1883 à 1886 et de 1887 à 1888 ; chef de bataillon en 1887, démissionnaire en 1889.
Député de la 1re circonscription de l’arrondissement de Saint-Dié du 22 septembre 1889 au 29 mai 1890, date du vote par lequel la Chambre a annulé les opérations électorales de la circonscription.
Membre du conseil municipal de Saint-Dié depuis le 23 février 1890.
Officier de la Légion d’honneur.
Décoré de la médaille coloniale.
Officier d’Académie.
Membre honoraire de l’Association vosgienne de Paris.
Son père, M. Picot Anne Louis André, né à Pau en 1820, élève de l’École forestière de Nancy, a été nommé en 1871, inspecteur des forêts à Saint-Dié ; il y est mort en 1886, membre du conseil municipal.
Son beau-père, M. Simon Félix, de Saint-Dié (1821-1885), constructeur de pompes et de chauffages à vapeur, a installé en 1854 la première machine à vapeur à Saint-Dié.
Capitaine commandant la compagnie des sapeurs-pompiers de 1849 à 1878.
Membre de la chambre consultative des arts et manufactures de 1852 à 1885.
Membre du conseil municipal de 1853 à 1874.
Chevalier de la Légion d’honneur en 1877.
[
Henri JOUVE
, Dictionnaire biographique des Vosges ]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
PICOT (Ernest Charles Eusèbe), officier, homme politique
Raon-l’Etape, 9 avril 1848 – Saint-Dié, avril 1918
Polytechnicien en 1867, fils d’André Picot (Pau, 1820 – Saint-Dié, 1886), inspecteur des forêts à Saint-Dié de 1871 à 1880, et de Joséphine Paillon, Ernest Picot choisit de faire carrière dans l’arme du génie. Durant la guerre de 1870-71, il est lieutenant au 3e régiment du génie. Il participe à la répression versaillaise en 1871 contre la Commune. En 1881, capitaine affecté dans le sud oranais, il y commande la 1ère compagnie d’ouvriers militaires de chemins de fer. De 1883 à 1886, puis de 1887 à 1888, il est officier d’ordonnance du ministre de la guerre. Nommé chef de bataillon en 1887, il démissionne en 1889 et se présente à la députation à Saint-Dié contre Jules Ferry comme candidat boulangiste.
Il est élu le 22 septembre 1889, mais le 29 mai 1890 la Chambre des Députés vote l’annulation des opérations électorales de 1889 pour fraudes. Il se représente aux élections complémentaires mais il est battu le 6 juillet 1890 par le général Tricoche.
Il est élu au conseil municipal de Saint-Dié le 23 février 1890. Délégué régional de Mgr le duc d’Orléans, prétendant au trône de France, il caresse l’espoir de l’accueillir dans le grand château de l’Ermitage qu’il a construit au pied de la côte Saint-Martin.
De son mariage avec Amélie Simon (1849-1923), fille de Félix Simon, constructeur de pompes à incendie et de machines à vapeur à Saint-Dié, il a trois enfants :
- André Picot de Persilhon, capitaine du génie tué à Verdun en 1916,
- François, sous-lieutenant au 8e régiment de dragons mort pour la France à Missy-aux-Bois en 1918,
- Elisabeth, épouse du baron François Lassus de Saint-Geniès, colonel d’artillerie mort pour la France à Noyon le 7 juin 1940.
Ernest Picot, officier d’académie, officier de la Légion d’honneur et décoré de la médaille coloniale, a été inhumé le 25 avril 1918 à Saint-Dié.
Bibl. : Jouve (H.).– Dictionnaire biographique des Vosges.
Marande (G.).– Tablettes généalogiques de la région de Saint-Dié.
Bulletin de la Société philomatique vosgienne, 1960, tome LXIV, p. 161-162.
[
Albert RONSIN
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
PICOT Ernest (Charles Eusèbe)
(9 août 1848, Raon l'Etape - 19 avril 1919, Saint-Dié)
• Député des Vosges de 1889 à 1890
• Officier militaire
• Marié, trois enfants
Entré à l'Ecole polytechnique en 1867, sorti dans le génie, lieutenant au 3e régiment pour les campagnes de 1870 contre l'Allemagne et de 1871 contre la Commune, Ernest Picot est natif de Raon-l'Étape. Ancien attaché au cabinet du ministre de la Guerre, officier de la Légion d'honneur, il se présente aux élections générales du 22 septembre 1889, dans la première circonscription de Saint-Dié. Sa candidature, et son élection surprise, défraient la chronique politique de la fin du XIXe siècle. En effet, soutenu par les monarchistes, les radicalistes, les socialistes et surtout les boulangistes, il se présente contre l'enfant de la région, Jules Ferry.
Ernest Picot déclare dans sa profession de foi : Rappelez-vous qu'après avoir tout promis, Jules Ferry n'a rien tenu, qu'il a renié son programme de 1869, qu'après avoir affamé Paris pendant le siège, il est rentré à la Chambre, qu'il est responsable du misérable état de nos finances, de l'aventure tonkinoise qui nous coûte un milliard et 30 000 hommes. La campagne anti-Ferry porte ses fruits et Ernest Picot l'emporte par 6385 voix contre 6210 à son adversaire. Au lendemain de la défaite de l'ancien président du Conseil, Le Mémorial, journal de la politique, agriculture, industrie et commerce dont le siège est à Epinal au 9, rue Aubert rapporte : Tout l'effort des boulangistes s'est concentré contre Jules Ferry. Tous les moyens ont été employés contre lui. Quand la Chambre examinera cette élection, elle aura à se demander si le scrutin n'a pas été vicié par cette pluie d'or qu'ont versée les boulangistes pour vaincre Jules Ferry. Aussitôt, une commission d'enquête est diligentée. 380 dépositions sont entendues. Cette commission prend connaissance des pièces principales du dossier et, à l'unanimité, conclut à l'invalidation de l'élection d'Ernest Picot, le 28 mai 1890.
Les problèmes d'invalidation sont souvent délicats ; à lire les débats-séances du 13 février 1890, puis du 29 mai 1890, on ne peut pas être absolument convaincu que les faits de corruption électorale (par exemple avoir promis une somme d'argent à un cabaretier pour devenir agent électoral ou avoir payé à boire à des électeurs) aient dépassé ce qui était, si l'on peut dire, monnaie courante. La Chambre, il faut bien l'avouer, est politiquement hostile à Picot et veut à tout prix venger Jules Ferry. Selon les critères retenus contre Ernest Picot, la question se pose... combien de députés doivent être invalidés ? Il y a même dans la campagne contre Ernest Picot, un côté assez déplaisant : on l'accuse d'avoir acheté les dirigeants ouvriers de la fédération socialiste des Vosges (car il a obtenu les voix ouvrières) et d'autre part, d'avoir un cœur qui bat pour l'Allemagne.
Au grand désarroi de l'organe de presse Le Journal de Saint-Dié qui le soutient, Ernest Picot repart en campagne, le 6 juillet 1890. Jules Ferry décline une nouvelle confrontation laissant la place au général de division Tricoche. Celui-ci l'emporte, laissant à Ernest Picot, seulement un fauteuil de conseiller municipal à Saint-Dié. Ernest Picot décède dans cette ville le 19 avril 1919, à l'âge de soixante-et-onze ans. Marié à Amélie Simon, fille de Félix Simon, constructeur de machines à vapeur et de pompes à incendie à Saint-Dié, Ernest Picot est père de trois enfants : André, François et Elisabeth.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]
Sources structurées
-
Annuaire des Vosges / Léon Louis
1890 — Léon LOUIS — Annuaire des Vosges
-
Dictionnaire biographique des Vosges / Henri Jouve
1897 — Henri JOUVE — Dictionnaire biographique des Vosges
-
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
1990 — Albert RONSIN — Les Vosgiens célèbres
-
Le Grand livre des élus vosgiens
2003 — Bertrand MUNIER