Notices documentaires
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
GOUJON (Julien Jules Joseph).- Né à Épinal, le 24 mai 1854, il s’établit avocat au barreau de Rouen. Neveu d’Ambroise Doyen, conseiller général des Vosges, à la mort de son oncle, il se présenta comme candidat radical aux électeurs du canton de Xertigny pour lui succéder à l’assemblée départementale. Le 18 janvier 1885, il obtint 1 669 voix, contre 1 114 à M. Petitjean et 591 à M. Thuriot, il y eut ballottage ; au second tour de scrutin, le 25 janvier, il fut élu conseiller général des Vosges par 1 878 voix contre 1 400 à M. Thuriot.
Aux élections générales du 4 octobre 1885, il se présenta à la députation sur la liste républicaine radicale et échoua, le premier de cette liste, avec 7 502 voix. En avril 1886, il donna sa démission de conseiller général et ne se représenta pas aux élections suivantes.
[
Félix BOUVIER
, Biographie générale vosgienne ]
1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges / Henri Jouve
GOUJON Joseph Jules Julien.- Né à Épinal le 22 mai 1854.
Député de le 3e circonscription de Rouen.
Président d’honneur de la Société des anciens militaires et marins vétérans.
Membre de l’Association vosgienne de Paris.
M. Goujon, avocat de talent, s’est créé un nom au barreau de la cour d’appel de Rouen, où il a été chargé de défendre la plupart des grands procès de la région.
Ancien conseiller général des Vosges, élu par le canton de Xertigny le 8 janvier 1885, en remplacement de M. Ambroise Doyen, son oncle, décédé, il donna sa démission en avril 1886, et en 1885, il obtint 7 502 voix, mais il échoua, ainsi que toute la liste radicale. Il se présenta pour la première fois comme candidat à la députation lors de l’élection partielle qui eut lieu dans cette même circonscription de Rouen, en 1892. Réélu le 3 septembre 1893, au second tour par 5 841 voix contre 5 229 données à M. David Dautresme, radical, directeur du Petit Rouennais. M. Goujon a adopté dans son programme des idées républicaines ; il se déclare partisan d’une politique de paix, de concorde et de travail ; il veut le maintien du Concordat et il admet la révision de la Constitution dans un sens exclusivement républicain. A la Chambre, il s’occupe surtout des questions judiciaires et de législation industrielle et ouvrière et prend quelque fois la parole pour revendiquer les droits et soutenir les intérêts de la classe ouvrière.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de droit et de jurisprudence, parmi lesquels nous citerons :
- le Code annoté des limonadiers, cabaretiers, cafetiers, etc. ;
- L’Engagement théâtral, code manuel à l’usage des directeurs, entrepreneurs de spectacles, artistes, etc. ;
- le Code rural, des animaux employés à l’exploitation des propriétés rurales (loi du 4 avril 1889), en collaboration avec M. Henri Dubosc ;
- le Code maritime portugais, traduit, annoté et mis en concordance avec les législations françaises et italiennes.
On doit également à M. Goujon une Histoire du théâtre en France de l’origine au Cid, deux volumes, 1879, en collaboration avec M. Benjamin Pifteau ; et des pièces de théâtre :
- La Fortune d’un autre, joué à Paris en 1879 ;
- Éros, opéra créé à Rouen ;
- Le Jour de marché ;
- Hermann et Dorothée ;
- Marie Stuart ;
- et une traduction de Juvénal.
[
Henri JOUVE
, Dictionnaire biographique des Vosges ]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GOUJON (Joseph Jules Julien), avocat, homme politique
Épinal, 22 mai 1854 - Paris, 18 mars 1912
Bien qu’il soit né à Épinal d’un père médecin, c’est en Normandie que se déroule sa carrière. A l’issue de ses études de droit, il s’inscrit au barreau à Rouen et plaide dans les grands procès criminels et politiques. Le 8 janvier 1885, il se fait élire conseiller général du canton de Xertigny, en remplacement de son oncle décédé, mais démissionne l’année suivante. En 1891, il se présente aux élections législatives à Rouen et il devient député jusqu’en 1906 où il est battu, mais en 1909 il entre au Sénat. Dans les assemblées, il se préoccupe des questions juridiques et sociales : problème de la sécurité, du travail des femmes et des enfants, de la durée du travail.
Il rédige plusieurs ouvrages de droit : Code annoté des limonadiers, cafetiers, cabaretiers (1886), Code de commerce portugais traduit et annoté (1889), L’Engagement théâtral, code manuel à l’usage des directeurs-artistes (1889), Le Code rural (1890).
Son goût le portant aussi vers le théâtre, il rédige non seulement une Histoire du théâtre en France des origines au Cid (2 vol., 1879), mais il compose également des pièces qui sont jouées à Rouen : Un jour de marché (1877), Eros, opéra comique (1878), La Fortune d’un autre (1879), Hermann et Dorothée, opéra en 3 actes (1894), Marie Stuart, drame lyrique en 5 actes (1895).
Bibl. : Jouve (H.).- Dictionnaire biographique des Vosges.
Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris : Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XVI, col. 729.
[
Albert RONSIN
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
GOUJON Julien (Joseph Jules)
(22 mai 1854, Epinal - 18 mars 1912, Paris)
• Conseiller général du canton de Xertigny de 1885 à 1886
• Député de la Seine-Inférieure de 1891 à 1906
• Sénateur de la Seine-Inférieure de 1909 à 1912
• Avocat
• Marié
Julien Goujon est né en 1854 à Epinal. Suite à de sérieuses études juridiques, il exerce la profession d'avocat à la cour d'appel de Rouen. Sa carrière politique débute à Xertigny, aux élections cantonales partielles du 18 juin 1885. Maître Goujon est sollicité afin de succéder à son oncle
Ambroise Doyen, notaire au chef-lieu de la Vôge, décédé le 23 octobre 1884. En face de lui se présente l'ancien maire et directeur d'école de Xertigny, Jacques Petitjean. Malgré un excellent score de l'élu certiniacien, Julien Goujon remplace son parent à l'assemblée départementale. En revanche, il est battu en 1886 par l'industriel de Semouse,
Albert de Pruines. Parallèlement à son mandat cantonal, aspirant à la députation, le conseiller général échoue le 4 octobre 1885.
En 1891, c'est dans l'ancien département de la Seine-Inférieure qu'il
rebondit et siège pour la première fois, dans le fauteuil de député. Le Spinalien est de nouveau réélu en 1893, face une seconde fois à David Dautresme, directeur du Petit Rouennais, puis toujours devant le même adversaire en 1898 et 1902. Par contre, quatre années plus tard, la victoire lui échappe. Julien Goujon ne siège plus à l'Assemblée nationale. Après une éclipse momentanée de la vie politique, il est élu en 1909 sénateur de la Seine-Inférieure.
Brillant avocat, Julien Goujon plaide dans la plupart des grands procès politiques et criminels de la région normande. Enfin, il délaisse ses affaires et ses préoccupations politiques en écrivant pour le théâtre. Atteint d'une impitoyable maladie, ce dramaturge aux multiples facettes ne reste que trois ans au Sénat et s'éteint à Paris au cours de son mandat électoral, le 18 mars 1912.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]
Sources structurées
-
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
1889 — Félix BOUVIER — Biographie générale vosgienne
-
Dictionnaire biographique des Vosges / Henri Jouve
1897 — Henri JOUVE — Dictionnaire biographique des Vosges
-
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
1990 — Albert RONSIN — Les Vosgiens célèbres
-
Le Grand livre des élus vosgiens
2003 — Bertrand MUNIER