1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
PILLARD Laurent.- Chanoine de Saint-Dié, connu en littérature sous le nom de PILLADIUS, naquit près de Pont-à-Mousson, en 1503 [
Note 1]. Il se fit remarquer dans la poésie latine, et célébra dans son
Rusticiados, publié en 1548, la guerre des paysans d’Allemagne. Dom Calmet, tout en l’honorant comme historien, lui donne peu d’éloges comme poète ; mais Chevrier, qui a réfuté la
Bibliothèque Lorraine, soutient avec raison qu’il était très avancé pour son siècle. Son ouvrage est dédié à Charles III , duc de Lorraine ; l’auteur dit, dans sa dédicace, que son ami Christemane a poli son ouvrage, et que Herculanus [
Note 2], son confrère à Saint-Dié, a souvent redressé les vers et corrigé son langage. Ce poème a été traduit en français par Brayé, avocat à Nancy, et publié en 1733.
Pillard avait été curé de Corcieux avant d’être chanoine à Saint-Dié ; quelques-uns prétendent même que ce dernier titre ne l’empêcha pas de rester en possession de cette cure, ce qui est douteux. Quoi qu’il en soit, il contribua beaucoup à enrichir l’église de Corcieux, qui lui en témoigna sa reconnaissance en faisant faire son portrait sur verre, qu’elle conserve encore précieusement aujourd’hui. Pillard est mort en 1562, à Saint-Dié, suivant quelques-uns ; à Corcieux, suivant d’autres, et à Sélestat selon M. Gravier [
Note 3].
Note 1 : Quelques biographes font naître Pilladius à Saint-Dié, et M. Gravier, dans son
Histoire de l’arrondissement de Saint-Dié, dit qu’il a vu le jour près de l’abbaye de Pairis, en 1482 ; mais Pilladius lui-même, dans une des six pièces de vers qui suivent son poème, donne quelques renseignements sur sa vie et nous apprend qu’il naquit dans un village près de Pont-à-Mousson. Il ajoute que son père le laissa orphelin à l’âge de deux ans, et qu’il fut élevé par sa mère à Pont-à-Mousson. Il déclare encore qu’il embrassa la prêtrise, mais que, n’y ayant pas fait son devoir comme il le devait, il espère tout de la miséricorde de Dieu.
Note 2 : Jean Herquel, chanoine de Saint-Dié (
voir ce nom).
Note 3 : Histoire de Saint-Dié. M. Gravier commet ici une, erreur : il veut que Pillard soit mort en 1521, et il est certain que celui-ci écrivait encore, en 1545, une épître dédicatoire au duc Charles III. D’un autre côté, Pillard annonce que son ouvrage a été corrigé par Herquel, son, collègue à Saint-Dié, et celui-ci n’étant mort qu’en 1572, il y aurait eu entre eux une trop forte disproportion d’âge, pour qu’ils pussent exercer en même temps les fonctions de chanoine à Saint-Dié.