Sierra brûlante

 
 
 

Date et lieu

1867, au Nouveau-Mexique.

Sujet

Dylan, toujours solitaire, connaît une chasse aussi injuste, mais plus tragique, que celle qui visait un Noir un an plus tôt. Cette fois, c'est en pleine sierra brûlante que s'est réfugié un Indien Navajo échappé de sa réserve, avec sa femme et son enfant, en volant un cheval dans un ranch. Mais Walker, le propriétaire, se tue accidentellement en poursuivant l'Indien et, aussitôt, son fils organise la poursuite pour retrouver celui qu'il croit être l'assassin de son père.

Des poursuivants rivaux sont prêts à tout pour toucher mille dollars, même à tuer lâchement l'Indien Oola, incapable de se défendre par les mots ou par les armes devant l'inexorable pouvoir blanc. Après la traversée tragique d'un désert torride, Dylan se retrouve avec un enfant sur les bras, dans le soleil mourant, sur la place de Jarales. (Raymond Perrin, Dylan Stark 2, Lefrancq, 1998).

 

La petite histoire... Le titre de travail de ce roman écrit pendant l'été 1970 était : La Chasse. Il fut mentionné en 1988 dans La Bibliothèque idéale (Albin-Michel, coll. La Pochothèque), comme devant faire partie des 49 livres à figurer dans une bibliothèque idéale en rayon "Jeunesse".
L'auteur de la jaquette de la 4° édition, Jame’s Prunier, illustrateur et écrivain, né à Oran, a fait ses études artistiques à l'École de l'Image, à Épinal, puis aux Beaux-Arts de Nancy.

 

Éditions

Couverture de Jean-Olivier Héron.

  • 1ère édition, 1971
  • Paris : Robert Laffont, II/1971 [impr. : 17/05/1971].
  • 21 cm, 236 p.
  • Illustration : Jean-Olivier Héron (couverture).
  • (Plein vent ; 76). Collection dirigée par André Massepain.
  • 4ème de couv. : Un indien Navajo, sa femme et son petit garçon se sont échappés de la réserve où ils étaient parqués avec leurs frères de race. Pour traverser le désert, l'Indien vole des chevaux à un grand propriétaire américain de la région, qui trouve la mort en cette occasion. Persuadé que le Navajo a tué son père, le jeune Walker organise une chasse à l'homme dotée d'un prix de mille dollars. Participent à cette chasse, outre le gringo et ses deux acolytes, le métis Dylan et le Mexicain Belito. D'extraordinaires aventures commencent qui, peu à peu, opposeront les chasseurs entre eux et les conduiront vers un retournement de situation absolument inattendu. Par ses péripéties, la qualité de l'écriture et son humanité profonde, Sierra brûlante est l'un des plus beaux romans de Far West qu'in ait jamais écrits.
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    Couverture skivertex.

  • 2ème édition, 1977
  • Paris : Robert Laffont, I/1977 [impr. : 15/02/1977].
  • 21 cm, 236 p.
  • (Plein vent).
  • Il s'agit d'une réimpression de l'édition précédente, sous reliure rouge, avec au dos un logo : "LA, Libralfa". Non illustrée, sans couv.-jaquette, mais avec un bandeau : "Lauréat 1976 du Prix européen pour la jeunesse - Robert Laffont".
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    Couverture de Philippe Collier.

  • 3ème édition, 1980
  • Paris : Gallimard/Robert Laffont, I/1980 [impr. : 15/01/1980].
  • 18 cm, 236 p.
  • Illustration : Philippe Collier (couverture).
  • (Folio junior ; 110).
  • 4ème de couv. : Un indien Navajo, sa femme et son petit garçon se sont échappés de la réserve où ils étaient parqués avec leurs frères de race. Pour traverser le désert, l'Indien vole des chevaux à un grand propriétaire de la région, qui trouve la mort en cette occasion. Persuadé que le Navajo a tué son père, le jeune Walker organise une chasse à l'homme. A cette chasse participent également deux hommes de Walker, le métis Dylan et le Mexicain Belito. Début d'une extraordinaire aventure aux rebondissements inattendus.
  • Réimpressions : 1982 ; 04/1985 [impr. : 15/04/1985], ISBN : 2-07-033110-5 ; 11/1986.
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  • 4ème édition, 1988
  • Paris : Gallimard/Robert Laffont, IV/1988 [impr. : 10/1988].
  • 18 cm, 236 p.
  • Illustrations : Jame's Prunier (couverture), Philippe Collier (intérieures).
  • (Folio junior ; 110).
  • Réimpressions : 03/1991 ; 02/92, ISBN : 2-221-03449-X.
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    Couverture de Christophe Kro.

  • 5ème édition, 1999
  • Paris : Robert Laffont / Pocket Jeunesse, janvier 1999 [impr. : 12/1998].
  • 18 cm, 240 p.
  • Illustration : Christophe Kro (couverture).
  • (Pocket junior ; J 450). Publié sous la direction de Claude Aziza.
  • ISBN : 2-266-07644-2.
  • Avec un "entracte" ("Des pages pour en savoir plus"), pp. I-XXV, imaginé par Françoise Gomez.
  • 4ème de couv. : Qu'est-ce qui porte le plus loin un homme, le désir d'être libre ou celui de faire fortune ?
    Dans ce western romanesque, rien n'est jamais vraiment établi : ni la culpabilité de l'Indien qui vole un cheval pour sauver sa femme et son fils, ni la motivation des cinq "loups" qui se lancent à sa poursuite. Tous portent un masque que la "sierra brûlante" fera tomber.
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  • 6ème édition, 2006
  • Saint-Hippolyte-du-Fort : Le Navire en pleine ville, 2006 [mai].
  • 20 cm, 220 p.
  • Illustration : Pierre Huber et Frank Vriens (couverture).
  • (Sous le vent Classiques).
  • ISBN : 2-916517-00-6.
  • 4ème de couv. : Parce qu'ils décident de s'échapper de la réserve d'indiens où la famine et le désespoir condamnent à une mort lente, ce jeune couple Navajo et leur enfant deviennent des criminels. Lorsqu'un homme est tué dans cette cavale, la vengeance, l'appât du gain deviennent les moteurs d'une chasse à l'homme où la pitié n'a aucune place. Les chiens sont lâchés sur leurs traces, et Dylan décide de se joindre à la meute pour sauver ce qui peut l'être. S'engage une course contre la montre en plein désert, un combat entre l'inhumanité du décor et des hommes, et une liberté qui doit être payée à son prix le plus fort. Pierre Pelot, dans un style incomparable, célèbre par l'épique la lutte douloureuse que mène l'homme juste face à la haine et nous offre un roman à la fois bouleversant et exaltant.
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    Première page

    Comme une lave, le soleil avait coulé derrière cette grande mesa qui bouche l'horizon à l'ouest. Alors, pour un court moment, la plaine était devenue tout à fait rouge. Et puis le soir s'était mis à descendre.

    C'était maintenant la nuit. Oola regardait la nuit.

    Oola était un homme maigre, comme une grande racine sèche. De corps, d'allure, Oola ressemblait presque à un vieux. Mais il n'était pas vieux. Simplement, il venait de vivre trois années dans la réserve de Bosque Redondo.

    Il était assis dans les caillasses rêches qui ourlent le pied de la mesa, au milieu d'un foisonnement sauvage d'épineux. Il ne bougeait pas. Il était assis, les bras sur ses genoux relevés, les mains pendantes et molles. Un petit vent de rien, levé avec la nuit, jouait dans les mèches de ses cheveux coupés court. Dans l'ombre dure du chapeau à bord plat, le regard de Oola brillait.

    Il regardait la nuit.

    Il regardait la masse sombre de la ferme, là, dans la vallée baignée d'une pénombre métallique.

    Oola ne connaissait pas cette ferme : c'était la première habitation de Blanc qu'il rencontrait depuis son départ de Bosque Redondo. Les bâtiments étaient trapus, comme écrasés. Ils étaient assez vastes, mais ne paraissaient guère plus confortables que les hogans de la réserve. Des murs de pierres sèches percés de minuscules lucarnes, un toit de cactus et de terre. Une véranda bancale, faite de branches d'épineux, courait au long de la façade principale. Les deux bâtisses formaient un angle, comme l'amorce d'un U auquel manquerait un jambage. A la place de ce jambage se trouvait le corral.

    Dans le corral, il y avait autant de chevaux que de doigts dans les mains de Oola.

    Depuis un long moment, le Navajo se tenait là, dans les rocailles chaudes, épiant la ferme et le corral. Il s'y trouvait déjà lorsque le soleil cognait fort. Il savait qu'un homme gardait les moutons très loin, sur la plaine bossuée. Dans la ferme, il y avait deux autres hommes. Rien que deux hommes. Oola avait d'abord vu le vieux qui travaillait dans la cour. Un peu avant le soir, le second était arrivé ; il venait de la plaine, à cheval.

    A présent, les deux hommes étaient dans la maison. Une pâle lueur tremblotait au carreau d'une fenêtre située tout à côté de la porte. Oola attendit longtemps encore, sans faire le moindre geste. La nuit, déjà, avait atteint l'âge d'un homme mûr.

     

    Prix littéraires

    Prix européen de littérature pour la jeunesse 1976.

     

    Revue de presse

    1971 - L'Ami des anciens - Feuille d'avis de Neuchâtel - Radio Suisse romande - J2 Magazine - La Vie catholique - Post-Scriptum - Les Étoiles Robert Laffont - Le Ligueur.

     

    L'Ami des anciens

    Liège, juillet-août 1971

    Un indien Navajo, sa femme et son petit garçon se sont échappés de la réserve où ils étaient parqués avec leurs frères de race. Pour traverser le désert, l'indien vole des chevaux à un grand propriétaire qui trouve la mort en cette occasion. Persuadé que le Navajo a tué son père, le jeune Walker organise une chasse à l'homme dotée d'un prix de mille dollars. Participent à cette chasse, outre le gringo et ses deux acolytes, le métis Dylan et le Mexicain Belito. D'extraordinaires aventures commencent qui, peu a peu, opposeront les chasseurs entre eux et les conduiront vers un retournement de situation absolument inattendu. Par ses péripéties, la qualité de l'écriture et son humanité profonde, Sierra brûlante est l'un des plus beaux romans de Far-West qu'on ait jamais écrits.

     

    Feuille d'avis de Neuchâtel

    Suisse, 30 juillet 1971

    Un indien Navajo et sa famille s'échappent d'une réserve et volent des chevaux pour traverser le désert. Une chasse à l'homme s'engage. C'est le début d'extraordinaires aventures et d'un retournement de situation inattendu. Sierra brûlante, par ses péripéties et son humanité profonde, est un des plus attachants romans de Far-West.

     

    Radio Suisse romande

    Sélection Jeunesse, 27 octobre 1971. Claude BRON

    Roman du Far West.

    Roman très vivant, comme celui que nous citons précédemment, puissant, poignant, mais qu'il ne faut pas lire avant 13 ans si l'on veut en comprendre la portée. Pierre Pelot montre une fois de plus - voir ce que nous disons ci-dessus - qu'il a l'étoffe d'un grand écrivain et qu'il peut prendre une place de premier rang dans la littérature pour les jeunes s'il soigne mieux son style. Il a, par exemple, des expressions, des images, des tournures qui reviennent trop souvent et qui font, dans son oeuvre, déjà des clichés. Que ces remarques, cependant, n'empêchent pas nos auditrices de faire l'acquisition de ce roman. Si nous sommes sévère à l'égard de Pierre Pelot, c'est que nous ne voudrions pas qu'il tombe dans la facilité en "pondant" trop de livres. Il en est maintenant à la limite.

     

    J2 Magazine

    28 octobre 1971

    Avec sa femme et son petit garçon, un indien Navajo regagne son pays. Pour traverser le désert, il vole des chevaux à un propriétaire américain qui trouve la mort en cette occasion. Persuadé que le Navajo a tué son père, le jeune Walker organise une chasse à l'homme dotée d'un prix de mille dollars. Ils sont cinq à partir… Mais les aventures qu'ils vont rencontrer les opposeront peu à peu.

    Pierre Pelot, dont vous avez peut-être lu L'Unique rebelle, n'aime pas les histoires faciles… Ses personnages sont souvent violents, mais ils sont humains, vrais, et très attachants. Vous aimerez ce livre assez triste. A partir de 13 ans.

     

    La Vie catholique

    14 décembre 1971

    Signalons encore Sierra brûlante, par Pierre Pelot, un western où le but, la gloire, ne consiste pas à descendre "l'Indien". C'est un peu lent, mais plein d'humanité.

     

    Post-Scriptum

    Décembre 1971

    Pour rattraper un indien Navajo qui s'est enfui, avec sa jeune femme et son petit garçon, de la réserve dans laquelle ils étaient parqués, une impitoyable chasse à l'homme va commencer. Un grand roman, au style dépouillé, viril… Des sortes de silences ponctuent le récit, donnant une importance énorme aux gestes et aux regards ! Bref, un langage très cinématographique.

     

    Les Étoiles Robert Laffont

    Catalogue choisi : "un super-choix" !, p. 10

    Évadés d'une réserve, un indien Navajo, sa femme et son fils traversent le désert. Persuadé que le fuyard a tué son père, Walker organise une impitoyable chasse à l'homme.

    "Western d'une rare qualité où les personnages ne sont pas de pâles figurants, mais des hommes, des vrais", L'Essor).

     

    Le Ligueur

    Bruxelles, 26 décembre 1975. Monique BERMOND et Roger BOQUIé

    Un Indien Navajo s'est enfui avec sa femme et son petit garçon de la réserve dans laquelle il était parqué. Il est contraint de voler deux chevaux à un gros propriétaire que l'on retrouvera mort au matin. Le fils de celui-ci accuse l'Indien et une impitoyable chasse à l'homme va commencer.

    De roman en roman, le langage de Pelot s'affirme comme un langage indiscutablement cinématographique. Pas de mots inutiles, des images, un fourmillement de détails dans la description des gestes, des regards, des silences… Cette forme d'écriture donne un poids énorme au drame qui se déroule sous nos yeux. A proposer à partir de 13-14 ans.

     

    Page créée le samedi 20 avril 2002.