Notices documentaires
1890 —
Annuaire des Vosges /Léon Louis
BOULOUMIÉ Ambroise Joseph.- Né à Toulouse le 25 novembre 1843.
Licencié en droit, administrateur de la société des eaux minérales de Vittel, à Vittel.
Conseiller général du canton de Vittel.
[Annuaire 1890, p. 170].
[
Léon LOUIS
, Annuaire des Vosges, 1890 ]
1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve
BOULOUMIE Ambroise Joseph.- Né à Toulouse le 25 novembre 1843.
Propriétaire au château de Gérémoy.
Licencié en droit de la Faculté de Toulouse.
Maire de Vittel. Conseiller général.
Administrateur de la Société des Eaux minérales, à Vittel.
[
Henri JOUVE
, Dictionnaire biographique des Vosges, 1897 ]
1904 —
Annuaire des Vosges 1904 / J. François
BOULOUMIÉ (Joseph-Ambroise) 1843-1903.- Le 27 juin 1903, disparaissait une grande figure vosgienne, Ambroise Bouloumié, maire de Vittel et conseiller général du canton, venait de succomber après une longue et douloureuse maladie.
Né à Toulouse le 25 novembre 1843, où son père était avocat, il fit de brillantes études au lycée de cette ville, puis les continua à Sainte-Barbe où il se prépara à l’École polytechnique.
Abandonnant cette première vocation, il fit son droit et après avoir obtenu sa licence, il devint pendant deux ans le secrétaire de M. Émile Ollivier. Il se fixa ensuite comme avocat à la Cour d’appel de Montpellier où il résida pendant six ans.
Il commençait à y acquérir la réputation et s’y serait fait certainement une situation très brillante, car il était magnifiquement doué, lorsqu’un évènement imprévu l’obligea à quitter une carrière qu’il avait embrassée par goût et par tempérament pour venir habiter définitivement les Vosges.
Son père qui avait été déporté au coup d’état de 1852, avait obtenu pour raisons de santé de fixer sa résidence à Vittel. Il y jeta les fondements de l’établissement aujourd’hui si prospère et connu dans le monde entier.
Sa mort imprévue, en 1869, laissait une oeuvre à peine ébauchée. Pour ne pas la laisser passer â d’autres mains, ses deux fils Ambroise et Pierre (ce dernier chirurgien-major) abandonnèrent, sans hésiter, leur carrière pour continuer et développer l’oeuvre paternelle.
C’est à partir de cette époque que commence, pour M. Bouloumié, cette vie si étonnante de travail, d’activité et de lutte ; si féconde en résultats, et qui ne devait s’arrêter qu’à sa mort.
Son oeuvre personnelle n’est plus à louer. Vittel lui doit sa prospérité. Ses succès, il les dut à ses qualités éminemment supérieures, sa rare intelligence, son activité infatigable, sa volonté inflexible.
A ces qualités de son tempérament méridional : imagination vive, décision prompte, hardiesse enjouée, il ajoutait les qualités du vrai lorrain : réflexion, prudence, ténacité, dévouement.
Ses deux ma[…] :
[…] appartient aux vigilants
L’honneur en haut, l’argent en bas.
La presse de tous les partis lui a rendu justement hommage parce que c’était un homme qu’on pouvait combattre, mais dont on s’honore de reconnaître les brillantes qualités.
S’il s’attaquait avec ardeur aux idées, s’il avait la plume un peu mordante, il apportait une si exquise urbanité envers les personnes qu’il était impossible de ne pas estimer l’homme à convictions réfléchies dont le libéralisme et la sincérité ne pouvaient être suspectés.
Il eut des adversaires, nous ne croyons pas qu’il eut des ennemis. Si, au premier abord, il paraissait un peu froid, imposant, combien on était vite conquis par sa bienveillance, sa politesse exquise, sa conversation si spirituelle, si intelligente !
Combien il était au-dessus de ces querelles mesquines qui divisent les hommes !
S’il combattit le gouvernement, jamais un fonctionnaire n’eut à souffrir de ses idées. Il savait distinguer dans l’individu, l’homme et le fonctionnaire. S’il recherchait l’attachement de ceux avec qui il était en rapport, il ne leur demandait pas d’abdiquer leurs opinions et montrait à cet égard la plus grande délicatesse.
Quand des qualités semblables sont servies par une intelligence aussi élevée, aussi affinée, une bonté de coeur qui ne connut jamais la haine, une charité si aimable, si discrète, si prévoyante, elles en font un des hommes vers lesquels vont instinctivement la confiance et l’affection de ses compatriotes.
Cette confiance et cette affection ne lui firent jamais défaut et allèrent toujours en croissant.
Nommé maire de Vittel en 1875, il conserva ces fonctions jusqu’à sa mort.
A trois reprises, il fut honoré du mandat de conseiller général. Il apporta dans cette assemblée ses qualités natives, sa parole ardente, sa curiosité toujours en éveil, son activité que rien ne lassait. Aucune question ne lui était étrangère et lors même qu’il ne parvenait pas à entraîner les votes de ses collègues, il conquérait du moins leur respect par la conviction de ses sentiments, et leur estime par sa bonne grâce toujours souriante.
Aussi n’est-il pas étonnant qu’en souvenir de tant de services rendus à son pays, ses concitoyens lui érigent à Vittel une statue qui sera inaugurée au mois de juillet prochain. Cet homme d’élite a laissé une oeuvre durable et il vivra inoublié dans la reconnaissance émue et l’affection de ses concitoyens et amis.
[1904, notice signée A. R.].
[
A. R.
, Annuaire des Vosges, 1904 ]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BOULOUMIÉ (Ambroise), administrateur-directeur de Vittel
(Toulouse (Haute-Garonne), 25 novembre 1843 - Vittel, 27 juin 1903)
Fils aîné de Louis Bouloumié, il continue l’oeuvre thermale de son père et devient administrateur de la Société des eaux de Vittel constituée en 1882.
Sa profession (après avoir voulu faire Polytechnique puis Centrale, il se tourne vers le droit, et devient avocat) ne le porte, pas plus qu’autrefois son père, à cette fonction ; pourtant, doué d’une grande vivacité d’esprit et d’une forte personnalité, il assure la prospérité de la station de Vittel. Maire de la ville pendant 25 ans, il est conseiller général de 1889 à sa mort.
A son nom s’attachent le développement urbanistique de Vittel et son embellissement architectural (casino construit par Charles Garnier en 1884, hôtels, thermes, chapelles), ainsi que la lutte contre la concurrence pour faire de sa ville l’hydropole des Vosges.
[
Jean-François MICHEL
, Les Vosgiens célèbres, 1990 ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
BOULOUMIÉ Ambroise (Joseph)
(25 novembre 1843 à Toulouse, Haute-Garonne - 27 juin 1903, Vittel)
• Maire de Vittel de 1875 à 1903.
• Conseiller général du canton de Vittel de 1889 à 1903.
• Avocat.
• Marié, deux enfants.
Il est impossible de ne pas associer le nom de la famille Bouloumié à la ville de Vittel. Louis Bouloumié est le fondateur de la station thermale vittelloise et ses deux fils, Ambroise et Pierre, puis son petit-fils Jean et arrière-petit-fils, Guy de La Motte-Bouloumié sont ensuite ses dignes successeurs. Louis Bouloumié, fils de Joseph Bouloumié ingénieur-vérificateur en chef du cadastre de l’Aveyron, maire de Rodez, et de Marie Flaugergues, naît à Rodez le 5 février 1812.
Son père, ingénieur et fils d’ingénieur veut lui faire suivre la même carrière et le dirige vers l’École polytechnique mais du programme, les sciences naturelles seules l’attirent. Dès lors, arrivée à la fin de ses études scolaires, son père consent à ce qu’il aille faire son droit à Paris. Il rentre ensuite à Rodez où il se fait inscrire au barreau.
Le 17 janvier 1843, il se marie à Toulouse avec Marie Théron (1820-1892) et entre au barreau de cette ville. Cependant, il revient à Rodez où l’appellent sa famille, ses relations et ses amitiés politiques. Le jeune ménage est comblé par la naissance de deux fils, Ambroise, en novembre 1843 et Pierre, en décembre 1844, jusqu’au moment où surviennent les événements politiques de 1848 et 1851. Quand la République est proclamée, Louis Bouloumié se montre partisan convaincu de la nouvelle constitution et dès lors, la défend loyalement et activement. Mais lorsque le coup d’État intervient à Paris, les protestataires sont jetés en prison.
C’est là, que Louis Bouloumié pour la première fois et dans les plus mauvaises conditions d’installation et de soins, subit les atteintes de cruelles coliques néphrétiques qui lui vaut d’être envoyé en exil en Espagne au lieu d’être déporté en Algérie à Lambèze. Sa santé, qui ne s’est jamais entièrement rétablie depuis son séjour dans la prison de Rodez, périclite et l’oblige au repos. C’est alors que deux médecins français, l’un fixé à Barcelone, l’autre un camarade d’exil, lui donnent leurs soins et insistent sur la nécessité d’une cure à Contrexéville. C’est ainsi que l’on peut dire que le coup d’État est la cause de la fondation de Vittel. Après d’actives démarches, Louis Bouloumié y arrive à la fin de juillet 1852 et y reste un mois, pour reprendre ensuite le chemin de l’exil. Il est de nouveau autorisé à y revenir en 1853 et cette fois à rester en France. Dans les Vosges, il tente l’emploi de l’eau de la fontaine de Géremoy, émergeant dans la prairie vittelloise et qui jouit dans la région d’une ancienne et légitime réputation pour les maladies de l’estomac et des reins.
Malgré les difficiles moyens de communications entre Vittel et Contrexéville, tous les trois jours, Louis Bouloumié va à Vittel et boit son eau. La première, puis la deuxième cure, donnent un résultat satisfaisant. Aussi n’a-t-il plus qu’un désir, celui de devenir propriétaire de la précieuse source. Suite au décès de leur troisième fils à l’âge de 22 mois, né pendant l’exil, la famille Bouloumié gagne Vittel et s’installe définitivement après l’acquisition, le 25 novembre 1854, de la fontaine Géremoy, appelée aussi Grande Source. Le 17 octobre 1869, Louis Bouloumié succombe à la peine, mais ses efforts et ses sacrifices ne sont pas vains. Sa mort imprévue laisse une œuvre à peine ébauchée. Afin de ne pas la laisser passer à d’autres mains, ses deux fils abandonnent sans hésiter leur carrière pour continuer et développer le projet paternel.
Le continuateur immédiat est Ambroise, le fils aîné, né à Toulouse le 25 novembre 1843. Dès l’âge de seize ans, Ambroise Bouloumié est en possession de ses deux baccalauréats. Après avoir fréquenté éphémèrement l’École polytechnique, l’École centrale et Saint-Cyr, il décide comme son père de faire des études de droit. En 1865, il quitte Toulouse pour se rendre dans un cabinet notarial parisien et trois ans plus tard se fixe dans le Midi à Montpellier et s’y fait inscrire au barreau. Quand survient la mort de son père, il essaie de continuer sa profession, tout en s’occupant de Vittel conjointement avec sa mère et son frère Pierre. C’est alors que madame veuve Bouloumié, en vue de favoriser le mariage et l’avenir de ses enfants, consent spontanément à se démettre de tous ses droits sur ses propriétés de Vittel.
La station étend rapidement sa notoriété. La baronne de Rotschild est enchantée de son séjour vittellois, tout comme Eugène Labiche, Édouard Pailleron, José de Heredia ou l’architecte de l’Opéra de Paris, Charles Garnier. Ce dernier est le grand artisan du casino inauguré en 1884 et qui est reconnu comme incontestablement l’un des plus beaux et des plus artistiques casinos que possèdent les établissements thermaux de France. Aux jeux et théâtres succède le développement du sport vélocipédique ; aussitôt est créé un vélodrome. En 1904, ce site cède la place aux concours hippiques et les rendez-vous festivaliers sur le champ de courses de Vittel deviennent une institution. Ambroise Bouloumié réside désormais à part entière à Vittel et les électeurs le propulsent maire de la cité, en 1875. Une fonction qu’il occupe jusqu’à son décès.
À trois reprises, il est également honoré du mandat de conseiller général du canton de Vittel (1889-1903), succédant à Isidore Latosse médecin à Vittel et médecin-inspecteur des eaux de Vals-les-Bains en Ardèche. Au lendemain de son entrée à la mairie vittelloise, il donne son nom à Marie-Félicie Bonnet, le 23 octobre 1877. Son frère Pierre est l’un des témoins de cette cérémonie. Un mariage qui sera terni par le décès six jours plus tard de Jean Bonnet, ancien notaire et conseiller général du canton de Vittel de 1852 à 1858, père de son épouse. De leur union scellée à Remoncourt, naissent Jean (biographie suivante) et Germaine (1885-1981).
Jean étant célibataire et Germaine ayant perdu son unique enfant en bas âge, personne ne peut assurer la descendance de la famille Bouloumié. Aussi, Germaine adopte son neveu Guy de La Motte, futur élu de la cité thermale et président directeur général de la Société des Eaux de Vittel. Une grande dame pour tous les Vittellois, car son dévouement ne se limite pas aux seules affaires professionnelles. Elle crée notamment, en 1924, l’œuvre de La goutte de lait, en mémoire de son fils décédé, léguant par la suite l’immeuble à la ville de Vittel. Après une longue et douloureuse maladie, Ambroise Bouloumié ne peut contempler le fruit de ses efforts et s’éteint à Vittel, le 27 juin 1903. La station thermale lui doit beaucoup sa prospérité.
Ses deux maximes sont : Le monde appartient aux vigilants, l’honneur en haut, l’argent en bas.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens, 2003 ]