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Marguerite POIROT

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domestique

Prix de vertu Montyon 1840.

Biographie vosgienne

1841 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1841 / Charles Charton

POIROT Marguerite.- A 3 kilomètres et sur le territoire de la ville de Bains, il existe une chaumière, bâtie en bois et en terre, et que les pluies du mois de septembre dernier ont presque entièrement détruite. Là, vit une famille digne du plus vif intérêt et une fille douée des plus honorables vertus.

Marguerite Poirot, c'est le nom de cette vertueuse fille, après avoir, pendant 22 ans qu'elle a été en condition, consacré le fruit de ses épargnes au soulagement de ses parents infirmes, s'est décidée, il y a 12 ans, à quitter le service pour venir elle-même soigner sa mère et ses deux soeurs, dont la situation malheureuse réclamait ses soins. Depuis cette époque, elle ne cesse de travailler sans relâche, le jour et une partie des nuits, pour pourvoir à tous leurs besoins.

Jamais Marguerite ne s'est adressée à la charité publique ni au bureau de bienfaisance de sa commune pour demander des secours ; elle seule suffit à tout : la religion soutient cet étonnant courage. Elle rougit de voir sa charité découverte et les éloges qu'elle reçoit l'étonnent ; car elle considère sa conduite comme un devoir, une obligation que le ciel lui impose. Elle est éminemment religieuse, mais sans ostentation ; ses moeurs ont toujours été pures et sa conduite irréprochable ; elle termine une belle vie par la plus sainte des actions, en se vouant sans réserve au soulagement de ses deux malheureuses soeurs, dont l’une est idiote et l'autre continuellement alitée.

Marguerite Poirot, étant déjà avancée en âge, et ses forces commençant à s'épuiser par l'excès du travail, M. de la Bergerie, Préfet des Vosges, s'est empressé de la proposer à l'académie française, pour la faire concourir au prix de vertu fondé par M. de Montyon.

 

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