2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
AYMÉ Eugène (Marie Rénal)
(25 mai 1872 à Châtenois - 1er décembre 1908, Châtenois)
• Maire de Châtenois de 1904 à 1906.
• Conseiller général du canton de Châtenois de 1904 à 1908.
• Médecin.
• Marié, deux enfants.
Pendant plus d’un siècle, la famille Aymé a marqué de son sceau, la vie publique et politique des Vosges et la circonscription de Neufchâteau. Toutefois, ce nom va disparaître tragiquement avec le décès subit de Jean-Noël Aymé et l’incendie de la magnifique demeure castinienne.
Eugène Aymé, fils de Jules-Alfred et de Julie-Émilie Merlin, et qui naît à Châtenois le 25 mai 1872, participe activement à la renommée de cette dynastie familiale. Neveu de Jules-Gabriel Aymé, député sous l’Empire (biographie suivante), il se marie, le 20 décembre 1898, à Claire-Marie Humbert, native de Saint-Dié, qui lui donne deux enfants, Jean, médecin à Châtenois et François, licencié en droit et aussi sculpteur sur bois. Auparavant, Eugène Aymé finit dans la capitale le cycle de ses études. Il présente et soutient le 23 juillet 1896 à la faculté de médecine de Paris, sa thèse pour le doctorat en médecine s’intitulant Contribution à l’étude de l’hypertrophie de l’amygdale linguale.
Installé comme médecin à Châtenois, il s’investit rapidement dans la vie publique locale. Le docteur Aymé est élu aussitôt maire de la ville, le 15 mai 1904, à la place de Joseph Henry. Cette même année, il défait son confrère de Vicherey, le docteur Charles Soyer au scrutin de ballottage par 1087 voix contre 872, pour le poste de conseiller général. Malheureusement, il succombe le 1er décembre 1908 à l’âge de 36 ans, aux suites d’un érysipèle phlegmoneux.
Eugène Aymé jouissait d’une grande considération dans les campagnes où il se mettait gracieusement à la disposition de beaucoup de personnes, sans jamais demander la moindre rémunération. Plus de mille personnes assistent à ses obsèques que conduit son parent le docteur carpinien Nestor Fury, vice-président du conseil général des Vosges. Son poste de maire revient à Jules Brenel, son premier adjoint, et celui de représentant à l’assemblée départementale, au docteur-vétérinaire Henri Camus.
Ce décès va plonger la famille dans un tourbillon d’événements parfois douloureux. Veuve, Claire-Marie Aymé se remarie avec son beau-frère et demeure dans la propriété familiale avec ses deux enfants restés célibataires. Enfin presque ! Le docteur Jean Aymé décide d’unir sa destinée à une dame de Domrémy-la-Pucelle, obligeant son frère, artiste-avocat, à prendre résidence dans leur propriété de Gironcourt-sur-Vraine. Jean Aymé, père d’un garçon et de deux filles, voit en son fils Jean-Noël, son digne héritier dans sa charge médicale. Hélas ! La grande saga de la famille Aymé prend fin avec simultanément l’incendie de la propriété de Châtenois et le décès de Jean-Noël Aymé.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]