ecriVOSGES — Émile Charles Martin GALLÉ Aller au contenu
Accueil
 

Émile Charles Martin GALLÉ

[ Nancy (54) , 04/05/1846 Nancy (54) , 23/09/1904 (58 ans) ]

maître verrier

Biographie vosgienne Passage vosgien

Outils pour la recherche Citer, imprimer et exporter cette fiche

Référence suggérée

ecriVOSGES, « Émile Charles Martin GALLÉ », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5143 (consultée le 6 septembre 2026).

Imprimer la fiche complète / PDF

Bibliographie et sources

Pas de bibliographie structurée Voir les sources présentes

Notices documentaires

1891

À propos de la végétation dans les Hautes-Vosges

XLIV
NEIGES DE PENTECÔTE

Excursion du Club alpin français, section vosgienne, les 17 et 18 mai 1891 :
Valtin, Tanneck, Hohneck, Rothenbach, cols du Marchais et de Bramont, lac des Corbeaux, Cornimont

Vous souvient-il de ces Javanaises qui, à l’exposition de 1889, dansèrent et plurent durant un été ? Ces hirondelles, à la première neige, regagnèrent les tropiques. Ce voile blanc, ce froid jeté un matin sur la tête de Paris firent peut-être leur plus grand étonnement. Cette année-ci, c’est en plein cœur de mai, sous les marronniers de Tortoni et les Paulownia en fleurs, que nos hôtes exotiques ont pu, de leurs doigts dégantés, toucher le duvet polaire, le manteau de notre climat dit tempéré.

Avec non moins de surprise, la caravane partie de Nancy un jour de Pentecôte saluait, à peine en vue des Vosges, le paradoxe blanc de la folle neige qui, sur une hauteur moyenne de trente centimètres, couvrait monts et vallées des prairies de Raon aux forêts du Donon. Aubaine inespérée. Temps exceptionnel , s’écriait notre Président.

En effet, il semblait que la promenade se hissât, du coup, à quelques mille mètres d’altitude de plus. Vite, au débarqué, l’on fait faire à qui de droit un rapide noviciat : graissage des souliers, ficelage des pantalons dépourvus de guêtres et autres exercices destinés à briser la glace.

À Fraize, un Nancéien demande : « Y a-t-il souvent de si belle neige dans vos montagnes, la mère ? » Et voyez combien, au contact des citadins, est fragile la naïveté des champs : « De la neige, mon bon monsieur ? Pour le sûr qu’il y en a chez nous et, tojo, à vos souhaits ! »

La bonne femme a flairé des décadents, menant plaisirs, sentiments et saisons à rebours ; des hommes « qui ne mangent pas la cerise avec les pauvres gens », des Anglais peut-être, de ces mylords qui suent sang et eau pour aller voir un peu de neige sur le Vésuve et payent, l’été, chaque flocon son pesant d’or ; ou bien de ces seigneurs russes qui, pour tromper le froid dans leurs palais d’hiver, y répandent des papillons et achètent pour cela très cher ses mouches au Grand Turc.

Elle ne sait pas que nous sommes de modestes vignerons de la ville, que nos cultures, à nous, ont aussi leurs étés déçus et stériles ; qu’alors cette incartade du ciel nous plaît : au seuil de juin, elle nous rend vos sources d’illusions, neiges d’antan… « Fins d’automne, hivers, printemps trempés de boue : endormeuses saisons ! »

Fraise (1ᵉʳ effet de neige). Et, de fait, elle tombe à miracle et non pas comme un banal mars en carême. Que ce temps est une aimable boutade ! Qu’au sortir de chaleurs anormales cela prépare une fraîche course en montagne. C’est une gageure de jeune Pentecôte à vieux Noël, un défi du nuage au pommier. Vite, vite, elle déboule à toutes giboulées. Gaiement, elle poudre en carnaval toutes les bonnes petites gens qui s’en viennent, des Adelins, de la Rochière, de Clairegoutte, par les sentes, à la grand’messe, en traditionnel bazin, et de sucre en poudre elle saupoudre les jolies paroissiennes de Fraize. Celles-ci, en dépit des frimas, donnent raison au dicton vosgien : A Pen’cote fraises roses, à Trinité bènes à meinger, à Fête-Dieu sans airrêté.

Cependant, aux prés de Xéfosse les coucous sont changés en perce-neige. Au lieu de pelotes jaunes, des pelotes blanches, c’est plus frais et cela tape plus dur. Les Thyrses blancs des Tussilages paraissent gris dans la neige, jaune l’écume de la petite Meurthe qui bondit en torrent. Les Cardamines lilas et les Trimazos dégouttent d’eau froide, une rafale ironique apporte de Noiregoutte la chanson du trimazos :

« Trimazas délia les biès,
Trimazos, ô mi mai,
Le joli moué de mai,
O trimazos ! »


À la chapelle du Rudlin, des coups d’un soleil momentané font éclater sur la montagne (violette !) la frondaison jaune colza des hêtres de la Gregoutte, tout effrâlée sous la neige. L’argent écrase l’or vierge. Mais voyez donc ce jaune ! On demande un peintre à l’huile. De fait, c’est un jaune provocant, aux aguets de quelque artiste en mal de salon, un jaune affolant – quos vult perdere Jupiter… –, un safran jaloux du « vent de la montagne », le jaune enfin d’une forêt qui en veut au bourgeois comme le rouge au taureau. Et il semble qu’elle (la neige), au lieu de rabattre comme il faut l’insolent, l’exalte encore de son hermine, en un contraste éblouissant, en une gloire de résurrection pascale. Elle bouscule le calendrier.

Mais Dame Nature change brusquement le verre de sa lanterne multicolore. Voici novembre. Adieu, ravissant paysage mouillé, printemps de Norwège transi, lointain fjord de rêve et de buée.

Le Valtin (2ᵉ effet de neige). Et la neige tombait, tombait toujours ! Seulement, au Valtin, quand elle tombe à Pen’cote, elle ne se contente pas de jouer la Fille de l’air, défriser le nez des passants et de filer son chemin. Elle tombe, inépuisable et drue, se promettant d’ainsi faire à Trinité et à Fête-Dieu sans airrêter : « La bise noire se déchaîne, la neige aux branches va tenir. » Ce qu’elle y tient déjà ! On n’est pas plus collant ; et aux habits, et par-devant, et puis de profil.

La céleste manne emplit le dog-cart. Le noble équipage n’est bientôt plus qu’un seau à rafraîchir, une sabotière à conserver les viandes. En vain l’on arbore le riflard que contemplèrent les Alpes, l’oriflamme présidentielle, palladium de la section, verdoyant comme l’étendard de Mahomet, verdoyant aussi comme notre jeune Président. Mais la Gregoutte répète par trois fois la prophétique parole : « De la neige, mes bons Messieurs ? Pour le sûr qu’il y en a chez nous, et tojo, à vos souhaits ! »

Quelque chose, évidemment, nous porte malheur. Il conviendra de remplacer à l’avenir par un timbre sec le timbre humide, estampille de la section vosgienne. Mais, comme à Caton, il nous plaît, ce parti maudit des dieux. Sac au dos ! À 11 heures on passe la Meurthe, l’on traverse fièrement le Valtin, sous l’œil narquois des indigènes confinés derrière leurs vitres.

Japoneries… de Pen’cote. La forêt est calme. C’est un asile. Parfois le craquement d’un baliveau trop chargé rompt au loin le silence. Les beaux sapins de Noël ! Que cette blanche parure sied bien à leurs verticilles ! L’air obscur est presque tiède.

Après ces douches bruyantes, le cerveau s’engourdit à la montée. Lentement, paisiblement, tout au fond, tout autour, surgissent et s’imposent les réminiscences du lointain Orient tant rêvé avec ses hivers de paravent, sa neige de duvet de cygne, piétinée par les hauts sabots des mousmés.

Nous-mêmes, nous semblons des apparences d’êtres, en harmonie avec les choses endormies à l’entour. Dans les étages de la forêt, ascendent et tournent, les unes sur les autres, et sans bruit, nos caricatures japonisantes, nos parasols et nos dos neigeux de portefaix aux jambes ficelées. Ainsi les pèlerinages d’Hokou-Saï, sur le pelucheux des albums, gravissent des Fusi-Yama bleutés.

Mais, à nos Vosges aussi, les conifères douillettement ensevelis ! Au Japon laissons les bizarres encres de Chine des plantes givrées, l’enfarinage des pins, l’effilement confit des saules pleureurs. N’avons-nous pas le déplorant mélèze, le merveilleux bouleau, tout l’hiver les familles d’Oxalis, dans des nids de ronces écarlates les polypodes dorés, les dryoptères de velours, et surtout notre sapin des Vosges, le géant à barbe grise ?

Le Tanet (3ᵉ effet de neige). Tout à coup, une grande lumière : les hêtres sans feuilles se tassent au sol, la température s’abaisse. Sous le verglas les branches craquent et se raidissent congelées. C’est la sortie sur les chaumes.

En quelques enjambées, tout éblouis et voyant rouge, nous nous réfugions à la métairie du Tanet (midi dix). Dans l’obscurité les yeux se reposent. Feu de joie, victuailles, confection de lunettes noircies et de calembours. Départ à 1 h 15. Courte grimpade au soleil, dans la neige jusqu’aux genoux. Les souvenirs alpestres nous assaillent. Seuls, les voiles, les alpenstöcke et la corde obligatoire manquent à la couleur locale. Aussi l’on entend le bruit mou des chutes. Les rocs entassés pêle-mêle font sous la neige des pièges à entorses. À cet agréable signalement l’on reconnaît le point culminant (1 292 mètres). Une bourrasque de grésil fouette et disperse nos ombres.

Le froid, est d’au moins 5 degrés ; de lointains appels de trompe se croisent en vain dans la brume avec des coups de sifflet diaboliques. Les traces d’une caravane venue de Munster s’effacent. Pas d’horizon. Tableau polaire. Sommes-nous dans les Vosges ? Qu’elles sont farouches à leur heure, les vieilles celtiques !

Notre guide, par son calme, sa connaissance des localités, mérite notre gratitude pour la seconde fois. Il dirige au plus court, sur les moutonnements des sphaignes bosselant la neige, notre file indienne qui paraît et disparaît dans le brouillard. Çà et là, aux abrupts de gauche, quelques brèves et fumeuses trouées se font à nos pieds, corniches, îlots émergeant du vague et, dans des cadres mouvants et sans couleur, des mirages : une lame d’acier bleu, le lac de Daren, des forêts noires, des lambeaux de carte-relief, pâturages ensoleillés, Stosswihr, La Baroche, là-bas, les Trois-Épis, Munster, Saint-Gilles et le Plixbourg, le doux Colmar. Ce sont moins vues que visions et poignants souvenirs.

Entrée à l’hôtel de la Schlucht à 3 heures. Nuit tumultueuse ; représentation nocturne d’un sport nancéien débarqué au couvre-feu.

La catastrophe du Hohneck (effet de grésil). Réveil à 3 heures du matin. Départ pour le Hohneck à 4 heures par un temps découvert et 4 degrés de froid. Des cristaux étoilés se balancent dans l’air calme… « L’azur tout frileux encore est de neige éparse mêlé. »

La caravane est gratifiée, constellée de tous les ordres célestes. (Attends un peu !) Vers le sommet, le vent d’ouest – le vent de Fâcheprémont – s’élève puis se déchaîne avec une rage froide. Le Hohneck arbore son panache. Le vent rase les champs de neige, les laboure, les sculpte de minces sillons parallèles où sifflent et glissent avec rapidité des ruisselets de névé en poussière bruissante. Il semble planer sur une blanche moisson, ondulant comme mer à la bise. Le givre se plaque en aiguilles sur les perches d’indication.

Au sommet (5 heures et demie, 1 361 mètres), l’installation est trouvée peu confortable. Qu’un passe-montagne est donc à recommander pour les oreilles et le bout du nez. Mais il n’y en a qu’un pour dix-sept personnes. Horizon trouble et maussade. La montagne a la migraine, elle est couchée. Par-dessus le ballon de Soultz, grognon, des fantômes indistincts, les Alpes en leur sommeil menaçant. Le séjour n’est pas tenable. En la Terre promise le peuple murmure. Un grand nombre regrettent les oignons d’Égypte. Le vent redouble. Scène de mutinerie sur le Pamir. On ne s’entend plus. Avant qu’on ait le temps de se mettre soit d’accord, soit à la corde, une saute de vent, ou plutôt un coup de typhon (5 h 45) jette les uns en Alsace et disperse plusieurs autres jusqu’à de prodigieuses distances : l’un ne devait être retrouvé qu’à 4 heures du soir à Cornimont, devant la gare à 16 kilomètres ; un autre au buffet d’Épinal, et deux encore vers 5 heures 30 sur la place Thiers, à Nancy, à jeun et quelque peu décoiffés, mais sans douleur, les ingrats ! La douleur fut pour les survivants. Inutile de dépeindre l’anxiété de la petite troupe, réduite à sa simple expression. C’est dans des circonstances pareilles que se complaît le sang-froid d’un Président, d’un guide impassible et à toute épreuve, de soldats confiants en leurs chefs.

Rheinkopf-Rothenbach (4ᵉ effet de neige). Au Hohneck, point de Hohneck ; au Wormspel, rien des fameux escarpements. Point d’herborisation. Plus rien de ce jardin botanique dans les airs, Hortus deliciarum des Mappus, des Kirschleger, des Mougeot et Nestler, des Godron. Là, en Pen’cote, pour le chasseur de plantes et d’insectes, les heures de toute une journée s’envolent enchantées. Mais, sous six pieds de neige, dorment la rare Corydalis fabacea, le « tabouret des Alpes », la « benoîte des ruisseaux », et la Sibbaldie, gloire alpestre des Vosges. Chaque pli de ce linceul recouvre sa florule et vos blancheurs, anémone, alpina, narcissiflora, bouquets tout faits, enveloppés de papier vert.

Un seul regard se rassasie de la monotone étendue ; preuve nouvelle que l’Alpe vaut bien la cime où nous ne sommes que des passants tolérés, et qu’après tout, pour nous, vivants, la vie est plus intéressante que la mort en sa parure lunaire et sa muette majesté !

Sur Schmargult, accalmie. Sur Ferschmuss et Rheinkopf, temps radieux. Nous atteignons à 7 h 50 le Rothenbach. Halte de 30 minutes à son escarpement, sur quelques roches découvertes, et avec le respect dû aux corniches. L’atmosphère est délicieusement sereine. La montagne toute blanche sourit. Ce sourire a la ravissante fraîcheur d’avril. La robe de neige chute à grands plis raides. L’oreille ne perçoit aucun bruit. Nul écho. L’œil, sans un détail qui l’arrête, se laisse sombrer jusqu’où l’attire, tout en bas, le scintillement d’un miroir violacé ; sous l’ombrelle d’un nuage, l’esprit savoure le vertige léger que donne au cerveau la perspective troublante des à-pics, l’ascension de la nue au zénith et la confusion de la falaise blanche avec la neige du cumulus roulant dans le ciel.

8 h 20. Scabreuse descente sur le versant lorrain dans les murgers. Les lacs de Blanchemer et du Machais se parent au soleil de flottilles d’icebergs en miniature, à faire envie au Maërjelen-See. Le Rothenbach est notre Eggischhorn. Terre ! terre ! Entre les roches, le printemps montre un petit bout d’oreille velue. C’est la gaie verdure des grandes luzules aux longs cils. Dans les fonds, la griffe de la gelée a fait des hécatombes de fougères. Sur quoi coucheront cette année les poupons de la Bresse ? Car, tout le long du sentier créé si secourablement par le vieux garde Vaxeclaire, les agonies de leurs crossettes ont taché de noir la neige. Trois quarts d’heure de marche du col du Marchais au col de Bramont, où nous arrivons à 9 heures et quart. Déjeuner sur la frontière, jambe de ci, jambe de là, avec tout le respect, ma foi, qu’on lui doit. Échappée sur Wildenstein et la vallée de Messerling, paradis fermé, tiède nid de verdure. Le passage est fréquenté. On est sûr d’y rencontrer en tout temps des yeux francs ou vérons qui ne sont pas dans les poches, des képis et des casques, des compagnons verriers, ou quelque sous-officier français accompagnant nos douaniers dans leurs tournées. Et, même sans un retard de 50 minutes aux trains alsaciens, nous eussions rencontré une caravane de 27 personnes, arrivées au col de Bramont à 11 h 50, et que nous attendîmes vainement jusqu’à 11 heures, désireux que nous étions de les accompagner au lac des Corbeaux. Quel regret ! Mais elles ont trouvé au col notre salut tracé au crayon. Du col de Bramont au seuil de l’Altenberg (haut de la vallée du Rouge-Rupt), il suffit d’une demi-heure de marche. Le site est sauvage. Une poule de coq de bruyère couve ses œufs d’ivoire à deux pas du sentier. N’en dites rien. Le soleil qui transparaît au travers des fayants fait une aube verte. De là au triste lac des Corbeaux il faut trois quarts d’heure (midi). Nous le quittons sans regret à midi vingt. Un sentier assez raide, sous d’antiques sapins, gagne les pâturages de Macheramont (midi quinze). Les glaçons suintent, les ruisseaux gazouillent au soleil, bordés de populages et de boutons d’argent. Les pâles violettes de marais, à pétale veiné de pourpre, piquent de leurs longs pédoncules les mousses imbibées d’eau de neige. Sur la Charme et sur Gorni-mont, la végétation est moins tardive. Partout la pensée (Viola lutea). Dans un mur, vers la chapelle de Brabant, la doradille septentrionale (Acrostichum septentrionale L.), la Valeriana tripteris. Les prés de la vallée de la Moselotte sont fleuris, non de l’habituel Orchis morio, mais d’Orchis mascula, cet hôte de nos bois montagneux. Dans les escarpements sur Cornimont, une jolie variété de cet Orchis se montre, à longs éperons, à fleurs carnées et jaunes sureau. L’on serait tenté de la baptiser Cory-daliflora, tant elle ressemble, de loin, au Corydalis cava. À Cornimont à 2 heures et demie. La chaleur met en délire le sonneur et ses cloches. Nouvelle expression de gratitude à notre guide excellent, M. de C., à notre aimable Président, qui remplit en même temps au mieux de nos intérêts les fonctions d’économe. Ci, 24,70 francs ! C’est pour rien.

Et voilà le côté bienfaisant de ces excursions. Il semble que leur rapidité même ne laisse pas aux soucis le temps de sauter en croupe. Tout au moins a-t-on l’illusion de ne garder aux épaules que le léger bagage de l’alpiniste. Là-haut les ruisselets, dans la plaine la source cachée, ont une vertu. Elles ne donnent pas l’oubli, mais ce sont de divins cordiaux pour aborder au retour l’hôte assis à chaque foyer. Ces courses sont des haltes, quelque chose comme des soupirs que jettent les musiciens dans leurs fugues. Il est permis au montagnard, sur une côte roide, de se retourner de temps en temps et de soupirer : « Sans le soupir, disait Ampère, le monde étoufferait. »

Émile Gallé
Membre de la section vosgienne du Club alpin français

Corrections apportées à cette version
Deux coquilles manifestes de l’ouvrage ont été rétablies : « Viola lutca » → « Viola lutea » ; « Le Rolhenbach » → « Le Rothenbach » (nom correctement orthographié quelques lignes plus haut).
Ont en revanche été conservés tels quels, comme relevant du style de Gallé ou du parler vosgien : effrâlée, airrêter, tojo, ainsi que les dictons et la chanson du trimazos, et les noms latins de plantes.

[ Émile GALLÉ ]

 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Émile Charles Martin GALLÉ », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=5143 (consultée le 6 septembre 2026).

Nouvelle recherche