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Pierre BASTIEN

[ Ban-de-Laveline , 13/04/ 1924 Remiremont , 21/05/ 2006 ]

médecin

Biographie vosgienne

2014 — Épinal Infos

Vosges – Le saviez-vous ? Épinal précurseur mondial en matière de mycologie
Épinal ville sportive et ville de spores


29 septembre 2014

C’est l’automne….
Ok, ce n’est pas un scoop et bien que ce soit l’époque des marrons, l’article qui suit n’est pas ce que l’on appelle en jargon journalistique à proprement parler un marronnier.

Pourtant, le sujet dont il traite pourrait le laisser penser, car s’agit des champignons, un thème éminemment récurrent puisqu’il est d’actualité tous les ans !

Donc, comme annoncé, pas de marronnier, le sujet qui nous intéresse étant plus précisément la SMF et jusqu’à preuve du contraire, on ne lit pas un article sur la SMF tous les ans, encore moins tous les jours. Mais ce temps là est terminé et dorénavant Épinal Infos publiera tous les ans (tous les jours nous semble excessif) un article sur la SMF. Nous comptons bien évidemment sur nos lecteurs pour nous rappeler à l’ordre en cas d’oubli.

Cela étant dit, pour ceux qui assimileraient la SMF à la Société Mathématique de France ou encore aux Scoots Musulmans de France, qu’ils sachent qu’ils s’égarent et sont peu attentifs à notre propos qui rappelons-le traite de… Qui a dit des marrons?… qui rappelons-le donc, traite des CHAM-PI-GNONS et de la S-M-F., la Société Mycologique de France. Voilà, c’est dit.

Hé bien, figurez-vous que la première société mycologique au MONNNNNNDE est…. SPI-NA-LIENNE. On y est !

Peu s’en souviennent (et pour cause…), mais c’est il y a 130 ans, en 1884 que naissait à Épinal l’association SMF. Et là, on ne rigole plus.

Lucien Quélet

À son origine, trois médecins, Lucien Quélet (1832-1889), Antoine Mougeot (1815-1889) et René Joseph Justin Ferry (1845-1924), rejoints par deux pharmaciens, Émile Boudier (1828-1920) et Narcisse Théophile Patrouillard (1854-1926), qui tous souhaitent établir des relations entre les botanistes mycologues épars sur divers points du territoire français, centraliser leurs recherches et arriver ainsi à jeter les bases d’une flore cryptogamique complète de la France. Vaste programme qui se poursuit encore de nos jours.

La Société mycologique de France représente plus de 10 000 personnes, promeneurs, naturalistes, gestionnaires, toxicologues, scientifiques, biologistes, tous intéressés à différents titres par la mycologie, et entretient des relations avec les grandes sociétés mycologiques étrangères.

Elle développe de nombreuses actions pour l’accroissement des connaissances sur la biodiversité fongique, comme des programmes d’inventaire, de cartographie, des interactions avec les organismes de gestion des milieux naturels et avec les instances officielles à l’échelle nationale (ministères, muséum, etc.).

Déjà là, ça appelle au respect, mais ce n’est pas tout… Elle est aussi susceptible de répondre à des commandes d’études sur le terrain, ponctuelles ou de grande envergure (éventuellement en collaboration avec des structures régionales ou locales adhérentes à la société).

Son domaine de compétence couvre le territoire métropolitain, mais aussi l’outre-mer français (DOM-TOM).

Ses objectifs fondamentaux consistent à accroitre et à diffuser les connaissances relatives aux champignons, et à prévenir les intoxications de type mycétisme, les intoxications par consommation de champignons supérieurs.

Hé oui ! Hé oui, Madame, Monsieur. Et tout cela c’est du Vosgien de souche, du Spinalien ! En fait, je m’emballe parce que je découvre tout cela en même temps que vous ou presque…

Mais aussi, la SMF a développé un fichier informatisé de plus de 16000 espèces ! Fruit de 15 années de travail accompli par Gérard Martin, il est mis à disposition de tout adhérent qui en fait la demande.

Si les champignons régalent nos palais, ils sont aussi à l’origine de nombreuses intoxications plus ou moins graves : troubles digestifs sévères, complications rénales, atteintes du foie pouvant mener à une greffe. Ces intoxications peuvent nécessiter une hospitalisation et conduisent malheureusement parfois au décès.

La tueuse Amanite phalloïde

Chaque année, plusieurs centaines d’intoxications sont signalées en France. L’année dernière avait vu une augmentation des cas d’intoxication significative, selon l'ARS Lorraine. Une Vosgienne en est d’ailleurs morte. En 2014, entre le 30 juin et le 16 août, 33 cas d’intoxications ont été constatées dans notre région, dont 2 cas graves et 1 décès.

Aussi la règle d’or lorsque l’on cueille des champignons reste de Ne cueillir que des champignons dont on est absolument sûr de connaître l’espèce, car comme le dit la maxime : Tous les champignons sont comestibles au moins une fois !

Des chiffres et une maxime qui nous rappellent une autre histoire de champignons, le combat d’un homme, le Docteur Bastien, que les Vosgiens ont surnommé le Docteur Courage. Vosges – Par trois fois il s’était volontairement empoisonné aux amanites mortelles
Protocole Bastien : le combat d'une vie


3 octobre 2014
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Il y a 90 ans, le 13 avril 1924 naissait Pierre Bastien, à Ban-de-Laveline. Pierre Bastien a marqué notre département, et bien au delà, par ses recherches sur l’intoxication par les champignons amanites.

C’est en 1952, qu’il s’installe en tant que médecin généraliste à Remiremont.

Amanite vireuse

L’année 1957 marque une étape décisive dans sa vie avec un protocole qu’il fait paraître (le protocole Bastien), concernant le traitement de l’intoxication alimentaire par trois amanites mortelles : phalloïde, vireuse et printanière.

Dans l’hôpital de Remiremont, où il officie alors, il applique avec réussite son protocole sur des patients ayant consommé des amanites phalloïdes.

Entre 1957 et 1969, il aurait sauvé une quinzaine de personnes. Mais il ne convainc pas le milieu médical et ses confrères auront parfois des mots très durs et peu révérencieux à son encontre.

Qu’à cela ne tienne, il est, lui, convaincu de l’efficacité de son traitement et décide de s’empoisonner avec des amanites mortelles afin de le prouver.

Par trois fois, il ingère des amanites en quantité suffisante pour risquer sa vie et s’applique ensuite son traitement, la première fois en 1971, puis en 1974 devant huissiers. Lors de cette deuxième expérience, il reste entre la vie et la mort pendant 5 jours mais ne parvient toujours pas à faire reconnaître son protocole. Il vit alors très mal le décès de patients dans la Région empoisonnés aux amanites qui n'ont pas bénéficié de son protocole.

En 1975, son traitement est diffusé en Europe, dans les Documents Scientifiques Guigoz à Lausanne, et en 1981, il décide de frapper fort.

C’est à Genève devant la presse internationale et notamment les journalistes de The Lancet (leader de la communication médicale internationale), qu’il s’empoisonne volontairement pour la troisième fois. The Lancet publie et reconnait le protocole Bastien et en 1983, ce dernier est confirmé par une thèse médico-légale de G. Perrin à Strasbourg.

1985 marque la parution de son livre J’ai dû manger des amanites mortelles, qui retrace son combat. Cinq ans plus tard, en 2000, son protocole est officialisé par l’Ordre des médecins et mis à disposition du public dans le QUID.

Le Docteur Pierre Bastien est décédé le 21 mai 2006 d’un infarctus à Remiremont. Il a eu 6 enfants dont Bruno Bastien qui a ouvert fin 2012, un projet Wikipédia pour informer les lecteurs du site sur le protocole de son père.

Rien de magique, rien de frauduleux, rien de dangereux dans sa démarche ; rien de miraculeux non plus, précise-t-il. Mon père n’a jamais eu la prétention d’expliquer pourquoi ou comment ce traitement pouvait être efficace. Il l’a simplement constaté au niveau de son service hospitalier, sur quelques cas. C’est à la recherche médicale qu’appartient cette responsabilité, avec les budgets appropriés. Cela n’a toujours pas été fait à ce jour, et le peu de personnes concernées fait que cela n’est pas un sujet prioritaire de dépense pour la santé humaine.

Le débat reste donc ouvert.

Seule certitude, notre département a abrité, en la personne du Docteur Bastien, un personnage atypique et haut en couleurs qui fut et restera pour tous les Vosgiens celui qu restera à jamais le Docteur courage.
 

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