Biographie
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1804
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Naissance à Châtenois (Vosges).
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1828
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Ordonné prêtre le 31 mai 1828, il est d’abord nommé vicaire à Neufchâteau puis, quelques mois plus tard, professeur de rhétorique au lycée de Châtel-sur-Moselle (Vosges).
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1837
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Il est nommé curé de Monthureux-sur-Saône (Vosges).
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1838
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Il fonde un collège à Lamarche (Vosges), avec les abbés Thiébaut, curé de Docelles, et Trompette, curé de Lamarche : ils sont tous trois disciples de Lacordaire et de Lamennais.
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1847
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Il devient le directeur du collège de Lamarche jusqu’en 1864, date de la fermeture de l’établissement.
Il est ensuite nommé chanoine honoraire de Saint-Dié.
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1881
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Décès à Lamarche (Vosges).
Notices documentaires
1878 —
Biographie nationale des contemporains
HENRY (Augustin-Charles), né à Châtenois (Vosges), le 31 août 1804. Obéissant à sa vocation pour l’état ecclésiastique et à son goût pour les travaux de cabinet, il fit ses études théologiques au séminaire de Saint-Dié, reçut la prêtrise le 31 mai 1828, et fut attaché, comme vicaire, à la paroisse de Saint-Nicolas de Neufchâteau. Il n’y resta que peu de mois, ayant été appelé à la chaire de rhétorique au petit séminaire de Châtel-sur-Moselle. Nommé curé-doyen de Monthureux-sur-Saône, à la fin de 1836, il donna sa démission, au commencement de mai 1838, pour fonder l’institution de la Trinité à la Marche (Vosges). A la même époque, il reçut le titre de chanoine honoraire de Saint-Dié. Les fatigues amassées dans sa longue et laborieuse carrière l’obligèrent, en 1864, à fermer son institution, établissement de plein exercice qui avait fonctionné pendant 26 ans. Mais, après trois ans de repos, il céda de nouveau à son activité naturelle, à ses instincts charitables, et entreprit de ressusciter l’institution de la Trinité sous une autre forme, celle d’un orphelinat agricole pour les enfants pauvres et abandonnés. On doit à M. l’abbé Henry les ouvrages suivants :
— Précis de l’histoire de l’éloquence (1834-1835, 2 vol., 5ᵉ édit., 1859) ;
— Histoire de l’éloquence, avec des jugements critiques sur les plus célèbres orateurs, et des extraits nombreux et étendus de leurs ouvrages (2ᵉ édit., 1848-1858, 6 vol.) ;
— Éloquence et poésie des livres saints (1849, 2ᵉ édit., 1854) ;
— Le Calvaire, ou dévotion à Jésus-Christ souffrant (1854) ;
— Histoire de la poésie, avec des jugements critiques sur les plus célèbres poëtes et des extraits nombreux et étendus de leurs chefs-d’œuvre (1854-1858, 11 vol.) ;
— Précis de l’histoire de la poésie (1856) ;
— Le chrétien sanctifié par l’Eucharistie (3ᵉ édit., 1856) ;
— Le choix de dévotions en faveur de la très-sainte Vierge (1857) ;
— Le chef-d’œuvre de la miséricorde divine, ou Instructions et pratiques sur le sacrement de la pénitence (1859) ;
— Les magnificences de la religion, ou Recueil de ce qui a été écrit de plus remarquable sur le dogme, sur la morale, sur le culte divin, etc., ouvrage dont 36 volumes ont déjà paru (1859-1873).
Biographie nationale des contemporains, rédigée par une société de gens de lettres sous la direction d’Ernest Glaeser, Paris, Glaeser et Cie, 1878, p. 341-342.
1879 —
Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim
HENRY Al.- Ecclésiastique, né vers 1810, reçut les ordres après 1830 et fit partie du clergé de Saint-Dié ; il y fut nommé chanoine et chargé de la direction de l’institution de la Trinité à Lamarche (Vosges).
Il a publié un certain nombre de livres d’éducation morale et une histoire de la poésie.
1881 —
La Semaine religieuse de Saint-Dié
Encore un nouveau deuil pour le clergé vosgien. M. l’abbé Charles-Augustin Henry, chanoine honoraire, ancien directeur du collège de Lamarche, s’est éteint subitement samedi dernier, 19 février, à neuf heures du soir, sans que rien eût fait prévoir une pareille catastrophe.
Il était né à Châtenois le 31 août 1804, et avait été ordonné prêtre le 31 mai 1828. D’abord professeur au séminaire de Châtel, puis curé de Monthureux, il fonda le collège de la Trinité à Lamarche, avec le concours de M. Trompette, curé de cette ville, et de M. l’abbé Thiébaut. Depuis la transformation de son établissement, il était resté à Lamarche, où il s’occupait de la publication de ses nombreux ouvrages. Nous espérons que l’un ou l’autre de ses anciens collaborateurs retracera pour la Semaine le tableau d’une vie si laborieuse et si méritoire.
Il était membre de l’Association de prières pour les confrères défunts.
1881 —
La Semaine religieuse de Saint-Dié
L’ABBÉ HENRY. — Une belle intelligence vient de s’éteindre ; un grand cœur surtout vient de nous quitter. Nous aurions aimé qu’un autre vînt nous parler de cet ami ; notre vie a été trop mêlée à la sienne ; mais puisque personne ne parle et qu’on nous demande de parler, nous dirons avec le poète :
Oh ! non, je ne veux pas, voix qu’il a si connue,
Qu’on mette mon ami dans une bière nue,
Et qu’on demande en vain à ma pensée en deuil
Un lambeau de velours pour couvrir son cercueil.
L’abbé Charles-Augustin HENRY, mort subitement, comme on sait, à Lamarche le 19 février, était né à Châtenois, au berceau de notre vieille dynastie lorraine, en 1804. Élevé au sein d’une famille chrétienne ; instruit par les soins d’un confesseur de la foi, d’un ancien capucin, du vénéré P. Sigisbert Girod, il passa son adolescence dans la pratique de la religion, comme toute la jeunesse de ces temps, plus heureux que les nôtres. Cependant nulle idée de se vouer entièrement à Dieu ne s’était présentée à son esprit. Fils d’un négociant, il semblait destiné à suivre la carrière paternelle, dans laquelle il aurait pu sûrement s’enrichir. En ces temps, où les moyens d’éducation étaient rares, il fut confié à un bon curé de village, à l’abbé Bois, de Gironcourt, jusqu’à l’âge de dix-neuf ans.
Ce fut seulement alors que Dieu le toucha de son doigt suprême, et qu’il lui inspira le désir d’être tout-à-fait sien. Il ne balança pas, et il vint au petit séminaire de Senaide faire sa rhétorique en 1823. Il y entrait avec un autre plus jeune que lui, qui devait être un ami de sa vie entière. Sortis tous les deux des mains d’un curé de campagne, ils eurent à lutter avec des condisciples mieux et plus instruits ; mais grâce à leur amour du travail et à l’ardeur que savaient si bien inspirer à leurs élèves le vénérable M. Ayotte, fondateur et supérieur de l’établissement, et son digne émule, M. Sergent, leur aimé professeur, ils purent suivre le cours avec succès. Aussi conservèrent-ils toute leur vie un souvenir impérissable de leur séjour à Senaide. Ils entrèrent au grand séminaire de Saint-Dié, au moment même de sa fondation, sous l’autorité du grave et austère M. Munier, la direction du doux et aimable M. Micard, et la protection du saint et savant M. Coly. Ils se trouvèrent soixante en philosophie, sous l’enseignement d’un jeune professeur chéri, M. Werlhe, à qui sa santé, hélas ! n’a point permis de développer son beau talent ; et à la fin de l’année ils furent choisis comme répétiteurs de philosophie pour l’année suivante, tout en suivant les cours de théologie. Plus jeune de trois années, l’ami dut se séparer de son ami pour retourner à Senaide, et quand après trois ans il revint à Saint-Dié, son condisciple s’en était envolé. Il était devenu prêtre et vicaire de Neufchâteau, où il ne devait rester qu’un instant, étant appelé au petit séminaire de Châtel pour y professer la rhétorique. Il eut dans sa classe une pleine réussite ; il fut chéri de ses élèves, dont il ne fut pas un qui, dans la suite, ne lui eût conservé un bon et reconnaissant souvenir ; il était leur ami plus encore que leur maître.
Surgirent alors malheureusement les affaires La Mennais. Son beau livre de l’Essai sur l’Indifférence, avait fait pousser des cris d’admiration dans toute l’Europe, et ce maître avait entraîné à sa suite toutes les âmes ardentes, surtout parmi les jeunes gens. Les deux amis furent du nombre : ils n’aperçurent pas un poison caché sous les fleurs. Il y avait dans ce livre une idée, grandiose en apparence, mais qui menait droit à la suprématie de la raison collective de l’humanité et à l’anéantissement de la foi chrétienne avec la raison individuelle. Logicien inexorable, il devait en pousser plus tard les conséquences jusqu’aux dernières extrémités, et venir expirer dans le vide. Condamné par l’Église, il se révolta ; mais chose inouïe jusqu’alors dans le cours des siècles ! pas un de ses disciples ne le suivit dans l’abîme où il alla se précipiter : tous se soumirent humblement au jugement de l’Église. La soumission, nous osons le dire, fut pleine et entière ; nous étions heureux de la lumière qui s’était faite, et nous pouvons dire que nul ne fut plus ardent que l’abbé Henry à combattre la théorie du maître. Nos prudents supérieurs, surtout le si grave et si digne M. Munier, redoutant les conséquences d’une guerre ouverte dans les idées religieuses, avaient pris des précautions qu’on trouva peut-être excessives ; — mais rien peut-il être excessif quand il s’agit de conserver la pureté de la foi ? — L’abbé Henry fut enlevé au petit séminaire de Châtel, à cause de ses idées mennaisiennes, et envoyé comme curé à Monthureux-sur-Saône, où il ne tarda pas à se conquérir les cœurs, et où il devait laisser aussi un long souvenir.
Notre évêque, Mgr Du Pont, étant devenu archevêque d’Avignon, nous eûmes pour lui succéder Mgr de Jerphanion, prélat rempli de zèle et de piété. Frappé des dangers que courait la jeunesse en des collèges où ne régnait plus la foi, ce généreux pontife conçut le dessein de fonder un collège chrétien, et il fit choix pour le diriger de trois prêtres qu’il crut dévoués. Ces prêtres étaient l’abbé Henry, l’abbé Thiébaut, curé de Docelles et un de leurs amis ; ils furent annoncés au clergé en pleine retraite sacerdotale. Les trois avaient été des mennaisiens avoués ; de là un discrédit dans une portion du clergé, qui s’éleva hautement contre eux. Ce que voyant, ils dirent sans balancer à leur évêque : Monseigneur, une seule chose importe, c’est de fonder le collège ; n’hésitez pas ; sacrifiez-nous ; remettez la chose à nos adversaires, et nous vous jurons de travailler de toutes nos forces pour la faire réussir en leurs mains. L’évêque répondit : C’est trop de générosité : ou la chose ne sera pas, ou elle sera par vous. Et la chose ne fut pas. Cependant, comme elle était de toute nécessité, elle devait se réaliser en 1838.
Il y a des âmes qui ont soif de dévouement et de sacrifices, comme d’autres ont soif de sacrifier tout à elles seules. Les premières sont les émules de Dieu même, dont saint Grégoire de Nazianze a dit ce beau mot : Deus sitit sitiri, Dieu a soif qu’on ait soif de lui ; c’est une source immense qui n’aspire qu’à répandre ses eaux vives. L’abbé Henry était une de ces âmes ; il était chéri à Monthureux ; mais il lui fallait un calvaire, un lieu d’immolation ; il aspirait au sacrifice de tout lui-même. Il sacrifia toute sa fortune, et il acheta la Trinité, pour y fonder le collège désiré, avec le concours de l’abbé Thiébaut et celui de M. Trompette, curé de Lamarche, qui avait été principal du collège d’Épinal, et qui avait les diplômes nécessaires pour la fondation d’un établissement. Le collège réussit, et l’abbé Henri put se dépenser à souhait pour le bien de la jeunesse. Mgr de Jerphanion, avant de partir pour Alby, dont il devenait l’archevêque, voulut lui témoigner sa gratitude, en le nommant chanoine honoraire.
Ce collège en appelait un autre. Le diocèse est vaste, et Lamarche est à l’une des extrémités. De là l’idée d’un nouvel établissement. L’abbé Thiébaut se détacha de Lamarche et il vint fonder à Bruyères, lieu de sa naissance, un collège, transféré depuis à Rambervillers, ce qui mit l’instruction et l’éducation religieuse à la portée de toutes les familles chrétiennes.
L’abbé Henry continua ses travaux à Lamarche, avec l’aide de confrères dévoués, surtout de M. Angevel, curé actuel de Bulgnéville, et il les continua jusqu’en 1866. Épuisé alors de ressources, il sentit qu’il ne pouvait plus marcher sans l’appui d’une aide plus puissante. Il songea, pour ne pas laisser périr un établissement si utile, à en faire don au diocèse ; il en fit la proposition à son évêque, Mgr Caverot, depuis archevêque de Lyon et cardinal. Ce prélat éminent crut ne pouvoir pas accepter, pour des raisons que nous n’avons pas à juger, et le collège de Lamarche, en pleine floraison, dut tomber. Ce qui était d’autant plus triste que le petit séminaire de Senaide était abandonné, et qu’ainsi la partie du diocèse dite la Plaine, allait se trouver sans aucun établissement d’éducation chrétienne.
On a beaucoup dit sur l’abandon de Senaide et de Lamarche : une seule chose est vraie. Tout centre tend à s’attirer tout. Du jour où l’on établissait comme centre du diocèse la ville de Saint-Dié, située à l’extrémité d’un département beaucoup plus long que large, sans moyen facile de communication, ce qui est arrivé était fatal : les meilleures volontés ne peuvent rien contre la force des choses ; aussi tout et tous ont contribué, malgré tout, au résultat final, et nul n’a le droit de s’en prendre aux hommes. Au moment de l’érection de Saint-Dié en 1777, Toul nous était resté, et Saint-Dié avait sa raison d’être ; mais Toul aboli, Saint-Dié devenait évidemment trop excentrique. Aujourd’hui que nous avons des voies d’une communication si facile, les inconvénients disparaissent : pourquoi n’a-ce pas été plus tôt ?
La ligne de Mirecourt à Lamarche avait fait concevoir à notre cher abbé Henry, qui se croyait encore des jours à vivre, un doux espoir de voir ressusciter son établissement, sous une forme ou sous une autre. Combien il regrettait d’avoir vendu sa Trinité. Dans sa soif de dévouement il avait fait de sérieuses démarches pour la racheter ; il se croyait sur le point d’aboutir, et il mourait à la veille de l’inauguration de cette voie, qui avait fait renaître dans son cœur de nouvelles espérances. Pauvre et saint ami, vous aviez assez travaillé, et Dieu vous appelait à la récompense.
L’abbé Henry était en effet un travailleur infatigable, un travailleur du bon Dieu. Son travail eut toujours pour but l’amour du prochain plus que de lui-même, et il fut toujours pour l’amour de Dieu ; sa vie, sa personne, ses biens, tout a toujours été pour lui matière et moyen de sacrifice. Au profit de ses élèves et de ceux de tous les établissements d’éducation religieuse, maître, il a rédigé un grand cours de poésie hébraïque, grecque, latine et française ; puis un grand cours d’éloquence des mêmes littératures. D’un goût large et pur, ces cours, choisis dans tout ce que la critique a publié de plus sérieux, ont eu un grand succès. Au profit des âmes chrétiennes, prêtre, il a publié des œuvres de piété d’une utilité parfaite et d’un choix merveilleux ; ces œuvres, répandues dans toute la France, y ont produit le plus grand bien. Pour venir en aide à ses confrères dans l’instruction et l’éducation des peuples, il a édité, sous le nom, peut-être un peu trop pompeux, de Magnificence de la Religion, un cours complet d’instruction, de sermons et d’homélies, tirés des meilleurs prédicateurs, en une série de plus de 60 volumes, qui n’est pas encore terminé. On peut lui reprocher de n’avoir pas su se borner et d’avoir trop étendu sa publication ; il le sentait lui-même, et il se proposait d’en donner une édition beaucoup plus restreinte. Il eût fallu à ce travailleur une nouvelle vie d’homme pour venir à bout de ses projets ; parvenu à l’âge de soixante-quinze ans, il avait conservé toute l’ardeur de la jeunesse. Cependant la vieillesse s’est un peu fait sentir dans sa dernière œuvre ; il n’y a pas montré un goût aussi pur que dans ses autres compilations.
Nous employons ce terme à dessein, pour ne pas outrer l’éloge que nous faisons de ses œuvres, dont le vrai mérite est dans la rectitude du jugement qui a dirigé le choix de ses matériaux. Ouvrier diligent, utile et fidèle, il n’a voulu nulle part afficher de prétention au titre d’auteur ; il s’est contenté du rôle de l’abeille qui va puiser sur les plantes et les fleurs le doux miel dont elle enrichit sa ruche bienfaisante.
En résumé, l’abbé Henry a passé sur la terre comme le divin Maître, en faisant le bien. Il a eu ses peines et ses déboires, — et cela devait être — il a eu même ses ennemis, mais aussi quel nombre d’amis ! Il avait si bon et si grand cœur ! Ce cœur n’a jamais su haïr personne, et toujours il a su pardonner. Aussi quel vide laisse-t-il autour de lui !
Quarante prêtres, des divers points du diocèse, sont accourus à ses funérailles ; la ville de Lamarche lui a fait un cortège de prince ; le Conseil municipal lui a voté une concession à perpétuité dans l’endroit le mieux en vue du champ des morts. M. le curé de Lamarche, au milieu d’un auditoire attentif, s’est attaché à faire ressortir les vertus de celui que tous proclamaient l’ami des jeunes gens et des saintes âmes. Sur la fosse qui allait recevoir ses dépouilles mortelles, M. le maire de Lamarche, un de ses anciens élèves, l’a remercié chaleureusement, au nom de tous ses camarades, de l’éducation qu’ils avaient reçue par ses soins, en faisant remarquer à son auditoire que l’abbé Henry n’avait pu avoir pour mobile ni l’intérêt matériel, puisqu’il y avait perdu sa fortune, ni la recherche de la gloire humaine, qui dédaigne les modestes fonctions d’instituteur, ni la reconnaissance des hommes, qui manque si ordinairement, mais un but plus élevé, qu’il n’a pas cru devoir indiquer. M. Barret, ancien juge de paix, dominé par l’émotion et les larmes dans la voix, a fait couler celles d’un grand nombre d’assistants, en énumérant les trésors de vertus que possédait son vieil ami, et les droits qu’il avait à la reconnaissance publique.
Et maintenant cet ami dort de son dernier sommeil, en attendant la résurrection glorieuse, qui aura vaincu la mort ; mais sa mémoire dira longtemps encore sur la terre qu’il fut une âme juste et dévouée.
CH. CH. CH.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
HENRY (Charles Augustin), directeur du pensionnat de Lamarche
Châtenois, 1804 - Lamarche, 1881
Ordonné prêtre le 31 mai 1828, Augustin Henry est d’abord vicaire à Neufchâteau puis, à la rentrée de 1828, il est nommé professeur de rhétorique au séminaire de Châtel. En 1837, il est désigné comme curé de Monthureux-sur-Saône et, l’année suivante, il fonde le collège de Lamarche avec les abbés Thiébaut, curé de Docelles, et Trompette, curé de Lamarche, disciples comme lui de Lacordaire et de Lamennais. Il en devient le directeur de 1847 à 1864, date de la fermeture de l’établissement.
Il est ensuite nommé chanoine honoraire de Saint-Dié.
Il publie un très grand nombre d’ouvrages à l’usage scolaire et des livres d’édification religieuse, soit à compte d’auteur, soit chez des éditeurs de Paris, de Tours, de Mirecourt ou à Cîteaux. Parmi les principaux :
- La Boussole de la vie ou l’obéissance (1855),
- Le Calvaire ou Dévotion à Jésus-Christ souffrant (1854),
- Le Chef-d’oeuvre de la miséricorde divine ou Instruction et pratique sur le sacrement de pénitence (1859),
- Choix de dévotions en l’honneur de la Très Sainte Vierge (1856),
- Le Chrétien sanctifié par l’eucharistie (1853),
- Éloquence et poésie des livres saints (1849),
- Histoire de l’éloquence (1848-1858, 6 vol. 4 éditions),
- Histoire de la poésie (1848-1858, 11 vol., 3 éditions),
- Nouveau cours de littérature, Poésie française (1886),
- Les Israélites convertis à la foi chrétienne (1866),
- Les Magnificences de la religion (72 vol. en 6 séries, 1865-1885),
- Précis de l’histoire de l’éloquence (1834-1835, 6 éd.),
- Précis de l’histoire de la poésie (1857),
- Les Protestants revenus à la foi catholique (1866, 2 vol.).
Bibl. : Martin.- Histoire des diocèses de Toul, Nancy, Saint-Dié, tome III, p 477 et suiv.
Liste des oeuvres : Catalogue des imprimés de la Bibliothèque Nationale, tome 70, col. 803-811.
[
Albert Ronsin
]
Sources structurées
-
Biographie nationale des contemporains
1878
-
Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim
1879
-
La Semaine religieuse de Saint-Dié
1881
-
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
1990 — Albert Ronsin
Bibliographie
Essais ↑ haut
Histoire de l’éloquence, avec des jugements critiques sur les plus célèbres orateurs et des extraits nombreux et étendus de leurs chefs-d’oeuvre
(
1848 )
1. 2. Paris : J. Lecoffre (A. Leclère), 1848-1858.- 6 vol. in-8°.
Comprend : I. Histoire de l’éloquence ancienne ; II. Histoire de l’éloquence des saints Pères ; III-VI. Éloquence moderne. Les tomes V et VI ne portent pas la mention : ″2e édition″.
2. 3. La Marche (Vosges) : l’auteur ; (Paris : A. Le Clère), 1855-1875.- In-8°.
Comprend : I. Histoire de l’éloquence ancienne ; II. Histoire de l’éloquence des saints Pères ; III-VI. Éloquence moderne.
3. 4. Paris : A. Le Clère, 1866.- In-8°.
Comprend : I. Histoire de l’éloquence ancienne ; II. Histoire de l’éloquence des saints Pères ; III-VI. Éloquence moderne.
Éloquence et poésie des Livres saints
(
1849 )
1. Paris : J. Lecoffre, 1849.- In-8°, VII-396 p.
2. La Marche (Vosges) : l’auteur, 1854.- In-8°, IX-430 p.
Le Chrétien sanctifié par l’eucharistie
(
1853 )
1. Mirecourt : Humbert, 1853.- In-18, 743 p., planche.
2. La Marche (Vosges) : l’auteur, 1854.- In-18, 696 p., planche.
3. Paris : A. Le Clère, 1856.- In-18, IV-718 p.
Histoire de la poésie, avec des jugements critiques sur les plus célèbres poètes et des extraits nombreux et étendus de leurs chefs-d’oeuvre
(
1854 )
1. Paris : J. Lecoffre ; Lamarche : l’auteur ; Paris : A. Le Clère, L. Vivès ; Mirecourt : Humbert, 1854-1858.- 11 vol. in-8°.
Comprend :
I-II. Poésie grecque ;
III-IV. Poésie latine ;
V. Poésie chrétienne, depuis l’origine jusqu’à la formation des langues modernes ;
VI. Poésie française au moyen âge ;
VII. Poésie française au XVIe siècle et dans la 1re partie du XVIIe ;
VIII. Poésie française dans la seconde partie du XVIIe siècle ;
IX. Poésie française au XVIIIe siècle. Poésies diverses ;
X. Poésie française au XVIIIe siècle. Poésie dramatique ;
XI. Poésie française au XVIIIe siècle. Voltaire.
L’adresse des tomes I-III porte : "Paris : J. Lecoffre", celle des tomes IV-VI porte : ″La Marche (Vosges), l’auteur″ ; celle des tomes VII-XI porte : ″Paris, A. Le Clère, L. Vivès ; Mirecourt, Humbert″.
2. Paris : L. Vivès, A. Leclère, Humbert, 1859-1862.- In-8°.
Même tomaison que première édition.
3. Paris : Poussielgue frères, [1877].- In-8°.
Même tomaison que 1ère édition.
Le Calvaire ou Dévotion à Jésus-Christ souffrant
(
1854 )
1. Mirecourt : Humbert, 1854.- In-18, 500 p., planche.
2. La Marche (Vosges) : l’auteur, 1855.- In-18, 648 p., planche.
La Boussole de la vie, ou L’obéissance...
(
1855 )
1. Tours : A. Mame, 1855.- In-12, 319 p.- (Bibliothèque catholique des familles et des écoles ; 1re série).
Choix de dévotions en l’honneur de la Très Sainte Vierge
(
1856 )
1. La Marche (Vosges) : l’auteur, 1856.- In-18, 704 p., planche.
Le Chef-d’oeuvre de la miséricorde divine ou Instruction et pratique sur le sacrement de pénitence
(
1859 )
1. Mirecourt : Humbert, 1859.- In-18, 584 p.
Les Israélites convertis à la foi chrétienne, avec l’exposé des motifs qui les ont déterminés
(
1866 )
1. Paris : A. Bray, 1866.- In-12, 384 p.
Nouveau cours de littérature, Poésie française
(
1866 )
1.
Les Magnificences de la religion : les faits de l’histoire
(
1880 )
1. Paris : Wattelier, [1880].- In-18.
Comprend : I. La Vie de Notre Seigneur Jésus-Christ et les preuves de sa divinité.