Le 21 juillet 1862, Napoléon Forel est nommé maire de Rupt par décret. Il effectue dès lors un travail considérable dans cette commune très industrialisée. La chute de l’Empire le plonge dans l’embarras. Le 1er décembre 1870, le conseil municipal ruppéen refuse d’accepter sa démission. A l’automne de 1871, il a de fréquents contacts avec Jules Ferry, qui prépare au Thillot son élection au Conseil général, ainsi qu’avec Jules Méline. Au début de mars 1874, 1e préfet des Vosges lui retire sa charge de maire au nom de l’Ordre moral, parce qu’il milite dans les rangs républicains. Il est réélu triomphalement à l’issue du scrutin du 8 octobre 1876. Il conserve son mandat jusqu’au 18 mai 1884.
Pendant ce temps, il est élu président de la Chambre consultative des Arts et Manufactures de Remiremont le 8 mars 1873. Le bureau de cet organisme est composé de manufacturiers qui soutiennent généralement le parti républicain. Ils constituent un groupe de pression qui pousse le gouvernement français à réviser sa politique douanière. Leur action est exploitée sur le plan national par Jules Méline, député de leur circonscription. Leurs interventions auprès des parlementaires vosgiens, des ministres et même du président de la République se succèdent de 1873 à 1890. Ils ne cachent pas leur satisfaction quand la loi Méline est votée le 7 janvier 1892.
Napoléon Forel propose également à ses collègues de la Chambre consultative de créer dans les Vosges une école de filature et de tissage analogue à celle de Mulhouse, le 7 septembre 1883. Quand il décède, Jules Méline et de nombreux parlementaires vosgiens assistent à ses obsèques célébrées dans l’église de Rupt. Il repose depuis cette époque dans le cimetière de cette localité.
Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur le 26 juillet 1879 et Officier d’académie le 4 mars de la même année.
Clémence Surleau son épouse est la fille du pasteur de Saint-Julien, village proche de Montbéliard. Elle lui a donné trois fils : Georges Forel et Paul Forel, dont les descendants sont relativement nombreux de nos jours, ainsi que Louis Forel, mort à Rupt en octobre 1864 à l’âge de 29 ans.
Bibl. : Poull (G.).- Georges Napoléon Forel, sa famille et sa descendance, in Le Pays de Remiremont, N° 4, pages 28 à 37.
Poull (G.).- L’industrie textile à Rupt-sur-Moselle, 1837-1919, in Annales de l’Est, N°3, 1980, pages 215 et suiv.
Poull (G.).- L’Industrie textile vosgienne, 1765-1981, pages 131 à 134, 146 à 148, 383 à 384.
[Georges Poull].
Sources structurées
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
1990
Référence suggérée : ecriVOSGES, « Georges Joseph Jean Napoléon FOREL dit FOREL-SURLEAU », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4289 (consultée le 1 septembre 2026).