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Abel Jules Édouard FERRY

[ Paris (16e) , 26/05/1881 – Vauxaillon (02) , 15/09/1918 (37 ans) ]

avocat , conseiller général , député , ministre

Biographie vosgienne

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ecriVOSGES, « Abel Jules Édouard FERRY », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4274 (consultée le 16 octobre 2026).

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Bibliographie et sources

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Notices documentaires

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

FERRY (Abel Jules Édouard), homme politique
Paris, 26 mai 1881 - Jaulzy (Oise), 15 septembre 1918

Abel Ferry.
© Les Vosgiens célèbres, 1990
Fils de Charles Émile Ferry et de Geneviève Allain-Targé, il est le neveu de Jules Ferry. Orphelin de sa mère à l’âge de 2 ans, il est élevé par sa tante Eugénie Jules-Ferry et son oncle Jules Ferry le considère comme son fils spirituel. Il grandit dans ce milieu parlementaire républicain et est éduqué en vue d’une carrière politique.

Licencié en droit et ès lettres, diplômé d’études supérieures d’histoire, il s’inscrit comme avocat au barreau de Paris mais dès 1909, celui dont son oncle disait qu’il était l’enfant de la République, se présente à la députation dans la 2ème circonscription d’Épinal. Il est élu le 4 avril 1909, dans cette circonscription que son père avait représentée à la Chambre des députés de 1881 à 1885. Réélu le 24 avril 1910, puis le 10 mai 1914, il siège sur les bancs du groupe de la gauche radicale, intervient à la tribune de la chambre sur les questions de politique étrangère. En 1913, il vote le projet de loi portant à 3 ans le service militaire.

En juin 1914, Viviani lui confie dans son cabinet le sous-secrétariat d’État aux Affaires étrangères. Lors de la déclaration de la guerre en août 1914, il fait annuler la décision de réforme militaire prise à son encontre en 1903 et s’engage dans le 166° R.I. Nommé sergent puis sous-lieutenant, il est dans la Woëvre jusqu’en janvier 1915 puis est affecté à divers états-majors. Ayant conservé sa fonction ministérielle, il est alternativement au front et au conseil du gouvernement. Lors de la chute du cabinet Viviani, Abel Ferry devient officier à part entière, versé de l’état-major d’une brigade d’infanterie au commandement d’une compagnie de mitrailleurs du 91° R.I.

Le 29 juin 1916, Viviani devenu ministre de la Justice, fait nommer Abel Ferry commissaire aux armées, délégué au contrôle parlementaire. A ce titre, il assiste à la bataille du Chemin des Dames, l’offensive de Mengin en juillet 1918. Dans le même temps, il plaide à la chambre pour l’unité de commandement, pour l’engagement des troupes marocaines au front.

Le 8 septembre 1918, il examine avec d’autres parlementaires, à Vauxaillon, les essais du nouveau fusil mitrailleur lorsqu’il est grièvement blessé par un obus allemand. Transporté à l’ambulance de Jaulzy, il décède le 15 septembre. Aux deux citations obtenues en 1914 et 1916, Clemenceau, président du Conseil, ajoute la Légion d’honneur. De 1910 à 1918, il est également conseiller général du canton de Bruyères.

Il avait épousé en 1912 Hélène Berger dont il eut, en 1914, une fille, Fresnette. En 1918, il demande, avant de mourir, à son épouse de publier les notes et les rapports qu’il avait rédigés durant ses quatre années de vie militaire et parlementaire. Hélène Abel-Ferry fit éditer :
- La Guerre vue d’en haut et d’en bas, Paris 1919 (2° éd., 1920)
- Lettres du front (août 1914-mars 1916),
- et beaucoup plus tard Les Carnets secrets (1914-1918), Paris, 1957.

Héritière après le décès de Eugénie Jules Ferry, en 1920, de l’ensemble des archives non déposées à la Sorbonne, Hélène Abel-Ferry les fait reclasser et ranger dans le chalet qu’Abel Ferry, à Saint-Dié, avait hérité de son père. En 1932, elle est l’instigatrice de l’érection à Saint-Dié, en annexe de la bibliothèque municipale, d’un Foyer des Ferry destiné à conserver vivace le souvenir de Jules Ferry, devenu le symbole de l’école publique, et de sa famille. A cet effet, elle y dépose des souvenirs provenant des résidences de Paris et de Saint-Dié : tableaux, sculptures, diplômes, photographies, documents relatifs à la vie politique de Jules, Charles et Abel. Cet ensemble, transporté en 1966 dans un local spécial de la nouvelle bibliothèque, constitue, réaménagé et enrichi en 1977, une importante section du musée de Saint-Dié.

De 1945 à 1948, Hélène Abel-Ferry, émue du triste sort de Saint-Dié détruite à 75% en novembre 1944 par l’armée allemande, consacre son énergie à adoucir le sort de la population sinistrée. Grâce à ses relations, elle réussit à intéresser les pouvoirs publics à la reconstruction de la ville ; elle obtient même que des organisations américaines contribuent par des dons à soulager la misère qui règne dans la ville. Elle entreprend avec succès un voyage officiel aux États-Unis pour faire connaître la situation de Saint-Dié en rappelant son titre de marraine de l’Amérique.

Elle est décédée à Saint-Dié le 22 février 1972.

Sa fille Fresnette (1914-1985) fut l’épouse de M. Edgar Pisani, préfet, sénateur, ministre. De leur union naquirent deux garçons. Fresnette Pisani-Ferry était docteur en droit. Elle a publié, en utilisant le fonds d’archives que lui avait légué sa mère :
- Jules Ferry et le partage du monde (Paris, 1962),
- Le coup d’état manqué du 16 mai 1877 (Paris, 1965),
- Le général Boulanger (Paris, 1969),
- Monsieur l’Instituteur (Paris, 1981).

Bibl. : Marande (G.).- Tablettes généalogiques. Famille Ferry, in Bulletin de la Société philomatique des Vosges, tome LXII, 1958.
Ronsin (A.) et Claudel (M.-C.).- Jules Ferry, sa vie son œuvre, Saint-Dié, 1981 (Les Guides du musée de Saint-Dié).
Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XIII, col. 1165. Fonds d’archives Foyer des Ferry. Saint-Dié.
Jolly.- Dictionnaire des parlementaires français, tome V, p. 1681-1682.

[ Albert RONSIN , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

FERRY Abel (Jules Edouard)
(26 mai 1881, Paris - 15 septembre 1918, Vauxaillon, Aisne)

• Conseiller général du canton de Bruyères de 1910 à 1918
• Député des Vosges de 1909 à 1918
• Sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères de 1914 à 1915
• Avocat
• Marié, un enfant
Abel Ferry appartient à une famille illustre de parlementaires. Dans son ascendance, il n’en compte pas moins de six et non des moindres. Fils de Charles Ferry, sénateur puis député des Vosges, il est aussi le neveu de Jules Ferry, organisateur de l’enseignement laïc. Son grand-père est François Allain-Targé, député de Paris et ministre dans les cabinets Gambetta et Brisson. Il compte aussi parmi ses arrière-grands-pères, Henri Allain-Targé, député sous la monarchie de Juillet, et Abel Vilmain, député, pair de France et secrétaire perpétuel de l’Académie française. Il est enfin le neveu d’Amédée de La Porte, député des Deux-Sèvres et sous-secrétaire d’Etat aux colonies.

Ses études terminées, Abel Ferry passe avec succès ses licences en droit et ès lettres et obtient le diplôme d’études supérieures d’histoire. Inscrit au barreau de Paris, il se lance dans la carrière politique. Suite à la démission de l’industriel et député vosgien Henry Boucher, devenu sénateur, il est élu député des Vosges en avril 1909. À cette même période, il est le successeur d’Henry Boucher au fauteuil de conseiller général du canton de Bruyères. Réélu sans interruption, Abel Ferry devient ministre à l’âge de trente-trois ans. Le 14 juin 1914, il est sous-secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères dans le cabinet Viviani. Le 3 août de cette même année, la guerre le pousse à démissionner afin de partir au front et rejoindre l’armée française comme caporal au 166e régiment d’infanterie de Verdun. Sa démission est refusée mais il s’engage tout de même. Combattant et ministre à la fois, Abel Ferry s’acquitte de ces deux tâches jusqu’à la clôture du cabinet de René Viviani.

Le capitaine Abel Ferry abandonne alors l’uniforme mais reprend inlassablement, en qualité de député membre de la commission des armées, ses inspections sur les différents fronts. Le 8 septembre 1918, il se rend à Vauxaillon dans l’Aisne, vérifier le fonctionnement du nouveau fusil mitrailleur. C’est au cours de cette inspection qu’il trouve la mort. Il est devant Vauxaillon au moment même où le régiment d’Epinal entre en action. Au poste de commandement du général Brissault-Desmaillet, il rencontre son ami, le capitaine Gaston Dusmenil, député de Maine-et-Loire, dont le régiment est au repos. Malgré l’opposition formelle du général, l’un et l’autre veulent prendre part à l’attaque. Ils sont accompagnés par le fils d’un ancien parlementaire, le lieutenant Goussot. Un même obus les frappe tous trois. Le lieutenant Goussot est tué sur le coup. Gaston Dusmenil expire peu après. Abel Ferry survit huit jours à ses blessures.

Le soir même, Georges Clémenceau lui apporte la Légion d’honneur. Abel Ferry lui répond respectueusement mais fermement qu’il ne veut la recevoir que de la commission de l’armée dont il est le délégué et dont il tient tous ses pouvoirs. Son vœu est exaucé. Le président René Renoult lui remet la prestigieuse décoration. Il a la force, avant de mourir, de dicter les observations qu’il a pu faire sur l’objet même de sa mission, le fonctionnement des mitrailleuses. Abel Ferry a donné son nom en 1912 à Hélène Berger, et de leur union naît en 1914 une fille, Fresnette. Elle devient madame Edgar Pisani (préfet, sénateur et ministre). L’épouse d’Abel Ferry décède à Saint-Dié le 22 février 1972 et sa fille en 1984.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Abel Jules Édouard FERRY », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=4274 (consultée le 16 octobre 2026).

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