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Pierre JEANDIDIER

[ Épinal (88) , 18/06/1929 Golbey (88) , 03/05/2018 (88 ans) ]

/ pseudonyme s : CÉGESTE, Jean DIDIER

Journaliste, critique.

Auteur vosgien

?? — La Liberté de l'Est

Journaliste, critique musical et dramatique depuis 38 ans, chevalier des Arts et Lettres, Pierre Jeandidier avait convié tous ses amis à un pot de départ à la fois officiel et convivial où le mot retraite était un peu irréel tant P.J. ou Cégeste était plus que jamais présent. Près de 43 associations avaient tenu à participer à ce rendez-vous insolite, pour rendre hommage au talent de notre confrère que d'aucuns appelaient affectueusement le hérisson mais qu'au fond d'eux-mêmes ils appréciaient pleinement.

Spinalien de souche, très attaché à son terroir, Pierre ne cessa de participer à la promotion de la culture sous tous ses aspects dans le domaine du théâtre, de la musique et des beaux-arts. Infatigable festivalier, depuis 38 ans, il a rendu familière à nos lecteurs sa chronique estivale au fil des festivals européens. D'Aix à Salzbourg, de Bayreuth à Avignon, de Strasbourg à Mazamet, de Metz à Bregenz, partout où l'actualité avait une incidence lorraine il allait.

Proche des jeunes compagnies dramatiques, il a su déborder ses activités journalistiques dans plusieurs domaines. Conseiller artistique du festival de musique des années 56/57, auteur de deux recueils de poésie, chroniqueur des rues, places et impasses d'Épinal comme Jean Bossu (quand va-t-il enfin publier cette série si appréciée dans nos colonnes ?), conseiller musical du Cercle d'art lyrique, membre des Amis du musée, du comité socio-culturel, membre fondateur du comité de jumelage, Pierre Jeandidier, il faut bien le dire, et comme l'a d'ailleurs réaffirmé Jean-François Dupré hier, aux côtés de Jacques Grasser, est une institution.

À l'origine du pont des Quatre Nations !

Le parcours de P.J. est pour le moins original. Après des études de droit et à l'institut de mathématiques de la porte de la Craffe, il devient géomètre et rares doivent être les Spinaliens qui savent qu'il fut l'un des concepteurs de l'actuel pont des Quatre Nations ! Mais là n'était pas sa destinée, et parti à Dijon il fera sa première pige pour le Bien Public et sera même trois semaines… secrétaire de Charles Trenet ! C'est en novembre 1952 qu'il devient pigiste de La Liberté de l'Est. Sa première critique cinéma est pour Orphée, de Cocteau. Il devient journaliste le 1ᵉʳ mai 1953.

Prenant la parole hier devant ses invités, Pierre a su détendre immédiatement l'assistance. En évoquant tout d'abord Horace en lui empruntant l'une de ses citations Exegi monumentum aere perennius (j'ai achevé un monument plus durable que l'airain), clin d'œil à l'immortalité de l'écrit… Jeune fossile de la galaxie Gutenberg, comme il aime ironiquement à se définir, P.J a su garder le sens des formules en s'identifiant à la taupe qui a souvent bouleversé le champ culturel lorsqu'il y avait trop de navets. Et maniant le sens de l'humour jusqu'au bout de ses propos, Cégeste (le mauvais ange de Cocteau), en rendant hommage à sa famille qui a souffert 38 ans sans le voir le soir à la maison, ajouta avec malice : ils m'offrent les onze tomes des Hommes de bonne volonté, de Jules Romains - 3000 pages ! Et de conclure : J'espère avoir été l'un de ceux-là au service de la culture.

« P.J. s'évade »

Jean-François Dupré à son tour rendit hommage au hérisson, rappelant que notre ami fut aussi durant dix ans chroniqueur judiciaire et suivit le conseil municipal (plus remuant qu'aujourd'hui) durant 22 ans. Hommage aussi à la mère de Pierre Jeandidier, à son époux Paul disparu cette année, musicien dans l'âme qui transmit cette fibre à son fils mais aussi à ses petites-filles Cosima et Claire, sans oublier l'épouse de Pierre, Madeleine, professeur à l'école de musique.

Jean-François Dupré, au nom de Philippe Séguin, remettait enfin la médaille de la Ville d'Épinal à Cégeste dont la fin de geste était saluée avec humour par Jean-Paul Marchal, imagier de l'Atelier du Moulin, lequel offrait au critique une Une exclusive de La Liberté de l'Est avec un titre à vous couper le souffle : Dernière heure : fin de la geste à Cégeste.

Et en sous-titre : Pierre Jeandidier, dit P.J s'évade… Qu'adviendra-t-il de son vélomoteur et de son imperméable ?… On n'aurait pas fait mieux ! N'est-ce pas Robert Harrburger, René Grillot, Claude Vorms, Jean Montebello, Jean Bourg, autres jeunes retraités présents hier ?

Pierre a tourné la page, hier, sans déchirer le livre. Nos lecteurs le retrouveront car il restera intimement lié au monde musical parallèlement à ses activités au Concours international de piano et à la D.R.A.C. où il est depuis huit ans membre de la commission ministérielle du théâtre. À demain Pierre et merci…

Bruno THÉVENY

2018 — Vosges Matin - 6 mai 2018

Pierre Jeandidier nous a quittés

Pierre Jeandidier, dit Cegeste, journaliste, critique musical et dramatique à La Liberté de l’Est pendant 40 ans, s’est éteint dans sa 89e année.

Né le 18 juin 1929 à l’Imagerie Pellerin, il suivit sa scolarité à l’Institution Saint-Joseph, où il découvrit la musique comme soprano de la première Manécanterie spinalienne. Après des études de géomètre et de droit rural, il entreprit une carrière aux Pont et Chaussées et participa ainsi jusqu’en 1953 à la reconstruction de plusieurs ponts d’Épinal.

Parallèlement, il publie une plaquette de poème qui l’amène à correspondre avec Jean Cocteau et à adopter le pseudonyme de Cegeste. Il abandonne alors la trigonométrie et la résistance des matériaux pour devenir journaliste. Il tiendra successivement la chronique de la reconstruction d’Épinal, des affaires judiciaires et des spectacles, avant de devenir chef de service Locale d’Épinal. Enfin il est nommé chef du service culturel de La Liberté de l’Est.

Il fut très impliqué dans la création des six jumelages d’Épinal, en particulier celui avec Schwäbisch Hall. Une vie vouée à la culture qui lui valut d’être nommé Chevalier des Arts et Lettres.
 

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