Notices documentaires
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
DAVID (Charles Marie).- Né à Remiremont, le 4 mai 1780, il était, à seize ans, attaché aux hôpitaux militaires de l’armée du Rhin commandée par le général Moreau.
En 1798, il devenait préposé des douanes à Mayence, premier commis en 1802, et était créé, en septembre 1806, administrateur-général des douanes et des contributions indirectes de Murat, grand-duc de Berg, à Düsseldorf. En 1815, au retour de Napoléon de l’île d’Elbe, il fut élu par les Vosges membre de la Chambre des représentants, mais ne siégea que quelques semaines. Directeur du tarif des douanes en 1816, puis secrétaire général de l’administration des douanes le 15 janvier 1817, et en 1821 administrateur des douanes, il fut aussi maître des requêtes au Conseil d’État en 1829.
Il devint en 1830 directeur du commerce extérieur au ministère de l’Agriculture et du Commerce et fut nommé Conseiller d’État en 1838. Le 30 mai 1837, il fut créé commandeur de la Légion d’honneur et officier de l’ordre de Léopold de Belgique ; il prit sa retraite le 14 octobre 1839.
C’est lui qui fit restaurer, en 1858, le Calvaire de Remiremont.
M. Charles David a laissé de nombreuses poésies, la plupart consacrées aux Vosges, et qui ne sont pas sans mérite.
David est mort à Paris, le 22 janvier 1868.
M. Alfred Puton a publié une excellente biographie de Charles David.
Son fils, M. Louis Charles David, né à Cologne le 9 novembre 1810, fut reçu en 1834 archiviste-paléographe, mais dès le 10 mai 1838 il devenait conseiller référendaire à la Cour des Comptes ; le 30 novembre 1858 il était élevé à la 1ère classe et le 22 juillet 1864 il était nommé conseiller-maître à la Cour des Comptes. Le 11 août 1866 il recevait la croix d’officier de la Légion d’honneur ; il a pris sa retraite comme doyen des conseillers maîtres en 1885.
[
Félix BOUVIER
, Biographie générale vosgienne ]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
DAVID (Charles Marie), administrateur et homme politique
(Remiremont, 4 mai 1780 - Paris, 22 janvier 1868)
D’abord attaché aux hôpitaux de l’armée de Rhin et Moselle sous l’Empire, il obtient une commission de préposé des douanes, administration dont il devient le directeur général à Düsseldorf en 1806.
Le 13 mai 1815, il est élu par l’arrondissement de Remiremont représentant à la Chambre des Cent-Jours. Il revient ensuite à l’administration des douanes avant de poursuivre une carrière de conseiller d’état et de chargé de missions commerciales à l’étranger.
En retraite en 1839, il consacre ses loisirs à des oeuvres littéraires dont les principales sont : Le Château de Lude, le drame Jean Daillon et une Vie de saint Romary en vers. Cette dernière est surtout pour lui, au-delà de toute prétention, une preuve d’attachement au pays natal dont il devient bienfaiteur en fondant, en 1821, un lit à l’hôpital Sainte-Béatrix. C’est lui qui offre en 1858 le monument en fonte bronzée représentant le Christ en croix entouré de la Vierge et de saint Jean, de Bouchardon, érigé sur la promenade du Calvaire à Remiremont.
Bibl. : Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 390-391.
D.B.F., tome X, p. 343.
[
Pierre HEILI
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
DAVID Charles (Marie)
(8 mai 1781, Remiremont – 22 janvier 1868, Paris)
• Député des Vosges de 1815 à 1815.
• Directeur des douanes.
• Marié.
Charles David, né à Remiremont à l’aube de la Révolution française, est le fils d’Augustin, marchand bourgeois de cette ville, et d’Anne Lambert. Pris par la levée en masse à seize ans, en 1796, il est attaché au service des hôpitaux aux armées. Sous Moreau, il fait la campagne d’Allemagne, après quoi il revient à ses études qu’il termine vaille que vaille. Le 10 septembre 1798, sa mère obtient pour lui, de la générale Bonaparte — qu’elle rencontre aux eaux thermales de Plombières-les-Bains —, une place de préposé aux douanes. Comme il n’a que dix-huit ans, Charles David fait d’abord son apprentissage dans les bureaux de la direction des douanes de Mayence. Il est premier commis puis directeur général des douanes du grand-duché de Berg à Düsseldorf. Ce valeureux fonctionnaire demeure en place jusqu’en 1814, avant d’être employé à Paris lors de la première Restauration.
Le 13 mai 1815, il est désigné par les électeurs de Remiremont député à la Chambre des Cent-Jours. Après la terrible bataille de Waterloo, Charles David est maintenu dans l’administration des douanes et nommé chef du Tarif en 1816. La révolution de 1830 ayant supprimé le service des douanes, il passe au ministère du Commerce comme secrétaire général du Conseil supérieur du commerce. Conseiller d’État en service extraordinaire en 1833, il accompagne la même année son ministre Thiers en Angleterre et devient directeur du commerce extérieur. À la suite de plusieurs missions outre-Manche et en Belgique, Charles David est élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur et le roi belge Léopold lui confère la croix d’officier de son ordre. À la suite de ces événements, il est mis à la retraite, le 14 octobre 1839. À cette date, le douanier David consacre ses loisirs à des études littéraires et historiques. Il compose notamment un petit poème intitulé Saint-Romaric, dans lequel il rappelle les vieux usages et les vieux souvenirs de Remiremont.
Charles David voyage également en Algérie et s’éteint à Paris le 22 janvier 1868. Son buste et celui de sa fille furent exposés à l’hôpital Sainte-Béatrix de Remiremont, dont il fut le bienfaiteur. C’est aussi lui qui offre, dix ans avant sa mort, le monument en fonte bronzée représentant le Christ en croix entouré de la Vierge et de Saint-Jean, du sculpteur Bouchardon, érigé sur la promenade du calvaire romarimontain. Il laisse une pléiade d’œuvres littéraires : L’Europomètre, La Marianne, Jeanne d’Arc, ainsi qu’une notice sur le château de Lude. Son souvenir se perpétue grâce à son fils Louis-Charles, archiviste-paléographe.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]