HINGRAY (Charles).- Né à Remiremont le 24 octobre 1795, il s’établit libraire-éditeur à Paris et y devint colonel de la 10e légion de garde nationale, le 5 avril 1848. Sous le règne de Louis-Philippe, il se présenta plusieurs fois, sans succès, comme candidat de l’opposition à la députation contre Didelot.
Le 23 avril 1848, il fut élu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Constituante, le 5e sur 11, par 64 063 voix, et vota avec le parti républicain modéré. Il ne fut pas réélu à ]’Assemblée Législative.
Sous la monarchie de Juillet, il s’associe à tous les efforts du parti radical et contribue par là, pour sa modeste part, au triomphe de la République en 1848. Élu colonel de la 10° Légion de la Garde Nationale, il est en effet cité, en tant que tel, pour sa conduite exemplaire lors des journées des 22, 23 et 24 février qui renversèrent Louis-Philippe.
Au même moment, il fonde à Paris le premier groupement spécifiquement vosgien, le Club démocratique des Vosges, dont il est le président. Autour de lui se réunissent, deux fois par semaine, Boulay de la Meurthe fils, Albert Montémont, Victor Pégrou, Vadet, frère de l’imagier, Ballon, Guilgot, etc... En tant que libraire, il édite le Catéchisme de l’homme libre de son compatriote Prosper Thomas.
Fort de sa réputation de démocrate, il se présente dans les Vosges aux élections pour l’Assemblée constituante et est élu représentant du peuple avec 66 977 voix. Dès lors, il siège parmi les modérés, vote en faveur de l’amendement Grévy, dénonçant l’institution d’un président de la République au suffrage universel, et généralement pour toutes les propositions démocratiques non socialistes. Il fait en 1849 une opposition vigoureuse à la politique de Louis-Napoléon, dont il signe la mise en accusation à propos de la campagne de Rome. Non réélu sous la Législative, il vit ensuite dans une retraite absolue, ne s’occupant plus que de ses affaires commerciales, ce qui lui vaut de ne pas être compris dans les proscriptions consécutives au coup d’état du 2 décembre 1851.
Cependant, fidèle à ses idées politiques et philosophiques, il sort de sa réserve en 1870 au moment du référendum sur l’Empire libéral. Alors qu’il était mortellement malade, il se fait porter au bureau de vote pour déposer un non dans l’urne. Sur son lit de mort, il ordonne que ses funérailles soient purement civiles refusant ce qu’il appelait, aux dires de Pierre Larousse, les hypocrisies de la dernière heure.
Bibl. :Larousse du XIX° siècle. La Liberté de l’Est, juin 1950.
HINGRAY Charles (Joseph)
(24 octobre 1796, Epinal - 7 juin 1870, Paris)
• Député des Vosges de 1848 à 1849
• Libraire
Charles Hingray, né à Épinal en 1796 (et non pas à Remiremont comme rapporté par les registres officiels) est reçu avocat en 1820 et prend part aux luttes du libéralisme sous la Restauration. Le calme revenu, il ouvre une importante librairie à Paris. Toujours militant, il s'associe sous le règne de Louis-Philippe à tous les efforts du parti radical. Après la proclamation de la République, il est élu colonel de la Xe légion de la garde nationale. Cette élection a une certaine importance politique car, dans l'ancien dixième arrondissement qui comprend le faubourg Saint-Germain, quartier aristocratique et clérical, craignant que les épaulettes ne soient données à un légitimiste, les démocrates et les libéraux de toutes nuances s'unissent pour faire passer Charles Hingray.
Le retentissement de son procès dû à son refus de se soumettre au péage du pont des Arts, n'est pas un obstacle pour lui. Le colonel de la garde est élu représentant des Vosges à l'assemblée constituante le 23 avril 1848. Il prend place à gauche, fait partie du comité de la justice, vote pour le bannissement de la famille d'Orléans, contre l'impôt progressif, pour la demande de mise en accusation du président et des ministres... Après la session, il reprend son métier de libraire. Bien qu'éloigné de sa région, il demeure toujours attentif aux événements de la cité spinalienne.
En 1845, il adresse au maire d’Épinal un exemplaire en trois volumes du Liber Veritatis (le livre de la vérité) de Claude Gellée dit Le Lorrain (né à Chamagne près de Charmes en 1600), contenant toutes ses œuvres reproduites d'après l'album sur lequel il représente lui-même en croquis tous ses tableaux avec l'indication des noms de leurs possesseurs. C'est un livre très rare et qui ne se trouve pas même complet à Paris.
Deux ans plus tard, afin de prouver son attachement à sa terre natale, il fonde le Club démocratique des Vosges, le premier groupement vosgien de Paris.
Resté ferme dans ses opinions politiques et philosophiques, il se fait porter malade à sa section électorale, pour déposer un non dans l'urne, lors du vote sur le plébiscite de 1870. Il ordonne même sur son lit de mort que ses funérailles soient purement civiles. J'ai toujours vécu en honnête homme, dit-il, je ne veux pas des hypocrisies de la dernière heure. Charles Hingray s'éteint à Paris le 7 juin 1870.
Référence suggérée : ecriVOSGES, « Charles Joseph HINGRAY », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=2632 (consultée le 16 octobre 2026).