1879 —
Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim
CLAUDE Nicolas.- Sénateur, né en 1823 à Celles-sur-Plaine (Vosges).
Manufacturier, député en 1871, il fut élu sénateur par le département des Vosges en 1876. Il professe des opinions républicaines avancées. Il est un des fondateurs du Temps, auquel il a fourni de nombreux articles ; c’est un industriel s’occupant des questions économiques et commerciales. Il a fait partie du comité consultatif des arts et manufactures.
CLAUDE (DES VOSGES) Nicolas.- Né à Celles-sur-Plaine, le 11 novembre 1821, manufacturier à Saulxures-sur-Moselotte, ancien député, ancien président du Conseil général des Vosges, membre du Conseil supérieur des voies de communication, du commerce, de l’agriculture et de l’industrie, des caisses de retraite pour la vieillesse ; élu sénateur par 428 voix [le 8 janvier 1882, pour 9 ans].
Paris, boulevard Malesherbes, 11.
M. Claude des Vosges est inscrit à la gauche républicaine.
CLAUDE (Nicolas).- Né à Celles-sur-Plaine le 11 novembre 1821, N. Claude entra jeune dans les établissements Géhin, à Saulxures-sur-Moselotte et s’éleva par son mérite ; il devint directeur, puis associé, puis propriétaire de cette importante manufacture.
Un des fondateurs du Temps avec Nefftzer et Seinguerlet, en 1861, il donna de nombreux articles industriels et économiques à ce journal, ainsi qu’à d’autres publications.
Ce n’est qu’au lendemain de la guerre contre l’Allemagne qu’il entra dans la vie politique. Maire de Saulxures, il fut élu, le 8 février 1871, député des Vosges à l’Assemblée nationale, le 3e sur 8, par 20 505 voix ; à Bordeaux, il vota contre la paix et donna sa démission avec les autres députés des Vosges ; il la reprît sur les instances de ses collègues. Il conquit bien vite une place à part dans l’Assemblée. Son jugement droit, son ferme bon sens, sa parole claire, chaleureuse, et son inaltérable bonne humeur lui concilièrent beaucoup de sympathies. Siégeant au centre-gauche, il fut, à l’Assemblée de Versailles, un des plus solides appuis des idées républicaines et soutint la politique de M. Thiers.
Conseiller général des Vosges pour le canton de Saulxures, le 8 octobre 1871, il fut constamment réélu, le 4 octobre 1874, le 1er août 1880, et le 1er août 1886. Il fut président du Conseil général en 1877 et en 1881.
Aux élections générales, il fut élu, le 30 janvier 1876, sénateur des Vosges le 1er sur 3, par 329 voix contre 294 à M. Buffet. Au Sénat, il suivit la même ligne politique ferme et modérée et joua un rôle important dans les discussions de la haute Assemblée. Réélu sénateur des Vosges, le 1er sur 3, par 428 voix contre 173 à M. Charles de Ravinel, le 8 janvier 1882, il consacra son activité à combattre le fléau de l’alcoolisme par une propagande incessante et éclairée, par des brochures, des conférences ; c’est une oeuvre qui restera.
Elle fut malheureusement interrompue par sa maladie. N. Claude est mort à Paris, dans la nuit du 27 au 28 février 1888. L’école de laiterie et de fromagerie de Saulxures, dite École Claude (des Vosges) est due à sa générosité.
Son frère, M. Joseph Claude, a écrit un livre estimé sur les finances de l’Égypte, où il a longtemps résidé ; il a été quelque temps directeur du journal Le Télégraphe.
Nicolas Claude est également le fondateur de la première école d’agriculture pratique de France. Établie à Saulxures, elle est spécialisée dans l’enseignement de la laiterie et de la fromagerie. Jules Méline s’associe comme ministre à sa création.
Nicolas Claude repose dans la chapelle funéraire de la famille Géhin édifiée dans le cimetière de Saulxures, auprès de Jean Thiébaut Géhin, fondateur en 1825 de la première filature à moteur hydraulique de l’arrondissement de Remiremont, de son épouse et de leurs parents et successeurs.
Bibl. : Poull (G.).- L’Industrie textile vosgienne (1769-1987), 1982, p. 256 à 260 et 381 à 383 (Biographie de Nicolas Claude).
Barral (P.) et Henry (J.).- Le Parrain de Ferry et de Méline, Nicolas Claude, in Annales de l’Est, N° 1, 1987, p. 3 à 22.
CLAUDE (des Vosges) Nicolas
(11 novembre 1821, Celles-sur-Plaine – 27 février 1888, Paris)
• Conseiller général du canton de Saulxures-sur-Moselotte de 1871 à 1888.
• Président du conseil général des Vosges de 1872 à 1874 et de 1876 à 1879.
• Député des Vosges de 1871 à 1876.
• Sénateur inamovible des Vosges de 1876 à 1888.
• Manufacturier.
• Marié.
Nicolas Claude est né dans les Vosges à Celles-sur-Plaine, le 11 novembre 1821. Son père, Nicolas-François Claude, boulanger au centre du village cellois, donne son nom à Marie-Claire Valdenaire, une jeune fille de la région. Malheureusement le père de famille disparaît prématurément laissant son épouse élever ses quatre fils, Nicolas, Joseph, Jean-Baptiste et Charles. Elle envoie ses fils faire leurs études au petit séminaire de Senaide, moins coûteux qu’un collège ! Par contre, il lui faut l’un d’entre eux pour l’aider dans son commerce. Charles se dévoue et revient à Celles-sur-Plaine. Ses frères lui en ont toujours été reconnaissants.
À la boulangerie, madame Claude adjoint un hôtel et la besogne ne manque pas. Charles Claude épouse, en 1862, Delphine Mougeot qui est vaguement sa cousine et de cette union naît notamment Anna, future madame Charles Sadoul.
De son côté, Nicolas Claude, homme séduisant et intelligent, fait de bonnes études. Il entre comme précepteur d’Auguste et Ernest Géhin à Saulxures-sur-Moselotte. Madame Géhin est veuve du manufacturier Jean-Baptiste Géhin et dirige de son mieux une filature qui lui donne des bénéfices. Cet argent l’a un peu grisé avec la construction d’un important château, indispensable demeure industrielle, représentant la réussite sociale. Nicolas Claude accueille avec enthousiasme l’avènement de la seconde République et il sympathise avec les membres du Club des Travailleurs fondé dans cette localité en mars 1848 par des mécaniciens, des agents de maîtrise et des ouvriers de madame Géhin. Le coup d’État du 2 décembre 1851 brise ses espérances.
Après avoir accompagné ses deux élèves à Strasbourg où ils complètent leur instruction, Nicolas Claude devient directeur du groupe textile de Saulxures-sur-Moselotte. En 1861, il ressuscite le journal Le Temps qui a disparu en 1842. Après avoir refusé toutes les avances gouvernementales et les compromissions avec le régime impérial, il entre officiellement dans la vie politique en 1870, date à laquelle il est élu maire de Saulxures. Le 8 février 1871, il devient député des Vosges à l’Assemblée nationale. Nicolas Claude est également élu conseiller général du canton de Saulxures-sur-Moselotte, le 8 octobre 1871 et cette élection lui permet de présider à deux reprise le conseil général des Vosges.
Aux élections générales du 30 janvier 1876, il défait Louis-Joseph Buffet et entre ainsi au Sénat où il acquiert d’emblée une autorité incontestable. Il est l’un des fondateurs de la troisième République, reste l’ami d’Adolphe Thiers, de Jules Ferry, de Jules Méline.
Son nom reste attaché au premier des ouvrages écrits sur l’alcoolisme et la population de Saulxures-sur-Moselotte lui doit l’existence des fontaines publiques, la construction de nouvelles cités ouvrières... Pendant ce temps, le manufacturier Nicolas Claude est devenu l’associé et l’époux de madame Géhin qui a perdu ses deux fils en 1868 et 1869. Cette dernière le choisit comme légataire universel lorsqu'elle rédige son testament. A la suite de sa disparition survenue le 26 novembre 1876, l'ancien précepteur hérite de la plus grande part de sa fortune et notamment des usines de Saulxures. Marie-Anne Géhin, nièce de la défunte et veuve de Charles Galtier, obtient son château et des revenus insuffisants pour assurer l'avenir de ses deux filles. Son mariage avec Nicolas Claude permet la reconstitution du patrimoine de la famille Géhin.
Née Valdenaire, madame Galtier a donc deux filles, Léonie et Marie. Nicolas Claude adore ses belles-filles. Également, il tient à faire profiter ses frères de sa fortune, Joseph et Jean-Baptiste viennent le seconder à Saulxures-sur-Moselotte. Mais Jean-Baptiste décède subitement à 25 ans et Joseph a un enfant avec une ouvrière de l'usine. On offre à cette dernière une forte somme pour l'éloigner. Joseph Claude reconnaît l'enfant : Valérie Claude. Seulement on envoie Joseph au Havre pour s'occuper des arrivages de cotons. Valérie est en quelque sorte adoptée par le couple Boulay, ancien inspecteur des chemins de fer, qui vient de faire construire au Perreux la villa Stella. Une demeure pour leur fille unique, Maria Boulay, qui est alors fêtée comme violoniste prodige. Premier prix de violon du conservatoire de Paris à treize ans, Maria est invitée à se produire à un concert aux Tuileries devant l'empereur et l'impératrice. Tant de jeune gloire ne l'a pas plus grisée que sa beauté qu'on célèbre un peu partout.
Le frère de Nicolas Claude, en allant voir sa fille Valérie, devient amoureux fou de Maria. Malgré une assez forte différence d'âge, il l'épouse. Il emmène sa jeune femme et habite d'abord au Havre, puis à Alexandrie, toujours pour l'achat des cotons pour les usines vosgiennes. Là, Maria contracte une grave typhoïde, et le médecin égyptien qui la soigne déclare que tout est fini. Il rabat déjà le drap mortuaire sur le joli visage de Maria quand Joseph Claude braque un révolver sur lui en disant : Si ma femme meurt, je te tue. Et le médecin arrive à sauver la malade qu'on envoie en cure de convalescence à Celles-sur-Plaine dans les Vosges. br>
De son côté, Nicolas Claude est également le fondateur de la première école d’agriculture pratique de France. Établie à Saulxures-sur-Moselotte, elle est spécialisée dans l’enseignement de la laiterie et de la fromagerie. Jules Méline s’associe comme ministre à sa création. Sur le plan local, le successeur de madame Géhin construit et meuble l’hôpital-hospice fondé par cette dernière dans la même commune ; il contribue aussi à la réédification de l’église et des écoles.
Nicolas Claude s’éteint à Paris à son domicile du boulevard Saint-Germain le lundi 27 février 1888, succombant aux suites d’une affection de la gorge dont il souffre depuis longtemps. Ses obsèques sont célébrées dans la même ville le jeudi suivant en présence d’une foule considérable. Son corps est ramené dans les Vosges où la population de Saulxures-sur-Moselotte se presse à la gare de la ville.
Les Saulxurons accompagnent leur bienfaiteur jusqu’au château familial où une chapelle ardente est dressée. Les obsèques du manufacturier sont célébrées une seconde fois. Après la cérémonie religieuse, le cortège se rend au cimetière envahi par la neige qui tombe en abondance. Nicolas Claude n'a pas d'enfant. Sa succession est partagée entre ses frères et son épouse qui hérite de l’ensemble de ses usines de Saulxures qu'elle administre jusqu'à sa disparition. Nicolas Claude ajoute à son nom les mots des Vosges sous l’Assemblée nationale de 1871, afin d’éviter la confusion qui existe avec un de ses collègues portant le même nom.
Référence suggérée : ecriVOSGES, « Nicolas CLAUDE », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=2546 (consultée le 16 octobre 2026).