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HUMBERT

[ ?? , ?? Rome (Italie) , 00/05/ 1061 ]

ecclésiastique

Moine de Moyenmoutier, cardinal.

Biographie vosgienne

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

HUMBERT.- Moine de Moyenmoutier, entra dans cette abbaye vers 1028. On ignore le lieu et la date de sa naissance. Il était l’un des hommes les plus savants de son siècle ; il savait le grec, chose prodigieuse pour ce temps ; quelques-uns ont même affirmé que l’hébreu ne lui était pas étranger. Les abbés Norbert et Lambert ayant favorisé ses goûts pour l’étude, il rassembla nombre de manuscrits rares et précieux, manuscrits qu’il était presque impossible de trouver ailleurs, puisqu’en 1049, au concile de Reims, Halinard, archevêque de Lyon, ayant manifesté quelques doutes sur la découverte des reliques de saint Étienne, Humbert, qui était d’un avis contraire, vint exprès à Moyenmoutier pour y prendre les livres de saint Augustin, qu’on n’avait trouvés nulle part, et qui pouvaient seuls convaincre Halinard.

Le pape Léon IX, qui affectionnait beaucoup les savants, vint à Moyenmoutier à son retour du concile de Reims en 1049, et nomma Humbert archevêque de toute la Sicile, l’emmena avec lui et l’éleva, peu de temps après, au cardinalat. En 1053, il fut choisi pour aller remplir à Constantinople une mission qui avait pour objet de fondre l’Église grecque dans l’Église romaine.

Il resta dans cette ville jusqu’à la mort de Léon IX, et revint en France sans avoir pu atteindre le but qu’on s’était proposé. Après la mort du pape Étienne IX, plusieurs cardinaux l’avaient fait vivement prier de se rendre au désir d’une partie du sacré collège et d’accepter le saint-siège ; mais il déclina cet honneur et assura l’élection du pape Benoît X. Il occupait les fonctions de bibliothécaire et de chancelier de l’Église romaine, et était, selon l’expression de Pierre Damien, comme les yeux du pape. On n’est pas d’accord sur l’époque de sa mort ; elle arriva de 1061 à 1063 ; le pape Nicolas II présida lui-même à ses funérailles, et lui fit rendre de grands honneurs.

Le cardinal Humbert est auteur des ouvrages suivants :
- Une Réponse à la lettre de Michel Céralarius, archevêque de Constantinople, adressée à l’évêque de Trans.
- Une Réfutation de Nicetas Pectorat.
- L’Historique de ce qu’il a fait dans sa légation à Constantinople.
- Une Épître à tous les Catholiques.
- Une Réfutation des écrits de Léon, archevêque de Bulgarie.
- Trois livres contre les Simoniaques.
- Des Offices et des Répons pour les fêtes de S. S. Cyriaque, Grégoire, Hydulphe, Dieudonné, Colomban et Odile.

On lui attribue en outre nombre d’autres ouvrages, mais comme il n’est pas certain qu’il en soit l’auteur, je n’en donnerai pas la liste.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

HUMBERT (moine de l’abbaye de Moyenmoutier), est devenu célèbre par des connaissances approfondies dans les langues. Il fut l’homme le plus savant de son siècle ; il parlait et écrivait le latin, le grec, l’hébreu et pouvait facilement traduire toutes les langues.

Léon IX le nomma archevêque de toute la Sicile, vint le chercher dans les Vosges et l’emmena avec lui, et ensuite le nomma cardinal. Humbert fut chargé d’une grande mission à Constantinople, celle de fondre l’Église grecque dans l’Église romaine ; mais il ne put réussir et rentra en France. Après la mort de Léon IX, le sacré Collège força Humbert d’accepter le Saint-Siège. Il n’accepta point et fit nommer Benoît X.

Le cardinal Humbert fut nommé bibliothécaire et chancelier de l’Église romaine, et selon l’expression de Pierre Damien, il devint les yeux du pape. On ignore la date de sa naissance, mais d’après quelques écrits, il serait de noble origine. Il est mort à Rome en 1062, dans un âge très avancé. Le pape Nicolas II, qui présida en personne à ses funérailles lui fit rendre les plus grands honneurs.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

HUMBERT, moine de Moyenmoutier et cardinal

...1028 + - mai 1061


L’origine d’Humbert est incertaine. Destiné à l’Église, il fait profession en l’abbaye de Moyenmoutier en 1028. Il révèle bientôt qu’il possède de merveilleuses aptitudes pour l’étude et pour le chant ecclésiastique. Il fait de rapides progrès dans les sciences divines et dans les lettres. Il apprend facilement le grec. En 1044, il compose et chante en vers, sous forme de répons liturgiques, les louanges de plusieurs saints et notamment des saints Cyriaque, Hydulphe, Dié ou Déodat, Odile, Grégoire le Grand et Colomban. Ces répons sont mis en musique par Brunon de Dabo, le futur pape Léon IX, gui se rend fréquemment à Moyenmoutier où sa mère passe les dernières années de son existence.

Il semble que Brunon soit très lié avec Humbert et qu’il apprécie ses vastes connaissances. Lorsqu’il s’assied sur la chaire de Saint-Pierre, il se souvient de lui. Il profite d’un de ses passages à Moyenmoutier pour l’emmener avec lui et en faire son conseiller. Dès lors, Humbert s’élève dans la hiérarchie de l’Église. Léon IX le nomme archevêque de toute la Sicile. Comme les Normands qui occupent la Calabre et la Pouille l’empêchent de prendre possession de son siège, le pape le retient auprès de lui et le crée cardinal-évêque du titre de Blanche-Selve ou de Sainte-Ruffine en 1051. Humbert n’oublie pas la Lorraine. Il y revient en 1052 pour rendre visite à ses anciens collègues et célébrer la messe à Moyenmoutier en la fête de l’Épiphanie. Revenu à Rome, il aide puissamment Léon IX à combattre l’investiture laïque, responsable selon eux de la simonie et du nicolaïsme des clercs.

En 1053, il se trouve à Trani où l’évêque de cette ville lui communique une lettre adressée par Michel Cerularius, archevêque de Constantinople, à Léon évêque d’Acride. Ces derniers reprochent à l’Église de Rome de faire usage du pain azyme et d’obliger les fidèles à jeûner le samedi. Ils sont appuyés par tous les évêques d’Orient. Humbert en fait la lecture, la traduit en latin et la montre à Léon IX qui décide d’envoyer trois légats à Constantinople pour tenter de réunir l’Église grecque à celle de Rome. Cette ambassade comprend le cardinal Humbert, Frédéric archidiacre et chancelier de l’Église romaine, fils de Gozelon, duc de Haute et de Basse Lorraine et Pierre, évêque d’Amalfi. Ces grands personnages se mettent en route vers la fin de 1053. Arrivé à Constantinople, Humbert réfute les arguments contenus dans la lettre de Michel Cerularius, ainsi que les écrits du moine Nicetas Pectorat. Ce dernier fait amende honorable et se réconcilie avec l’église de Rome. Michel Cerularius au contraire refuse de recevoir le cardinal Humbert et ses compagnons, qui l’excommunient en présence d’un grand nombre d’évêques et de moines, le 16 juillet 1054. Ils reviennent à Rome sans attendre, en raison du décès de Léon IX survenu le 19 avril précédent.

Au cours des années suivantes, Humbert rend d’importants services aux successeurs de son ancien ami, c’est-à-dire les papes Victor II et Etienne IX, celui-ci n’est autre que Frédéric fils du duc Gozelon qui l’a accompagné à Constantinople. Avant son arrivée sur le trône de Saint-Pierre, il l’a fait élire abbé du Mont Cassin. Après le décès de ce pape, Humbert refuse de lui succéder. Il se retire a Bénévent, puis au Mont Cassin où il passe les fêtes de Pâques de 1058.

Au cours de l’année suivante, il assiste au concile de Rome assemblé pour réfuter les erreurs de Béranger. Il dresse lui-même la profession de foi que cet hérésiarque signe. Le chroniqueur Jean de Bayon, moine de Moyenmoutier affirme qu’il meurt en mai 1061. Le pape Nicolas II le fait inhumer dans la basilique de Constantin, à Latran.

Humbert est l’auteur de nombreux écrits. En dehors des réfutations de textes dont nous avons parlé, il a composé trois livres destinés à combattre les simoniaques, une épître aux catholiques, une relation de son voyage de Constantinople, des offices et des répons. Certains laissent entendrent qu’il serait également l’auteur de la Vie du pape Léon IX, attribuée généralement au moine Vibert.


Bibl. : Calmet (Dom).- Bibliothèque lorraine, col. 525 à 530.
Halfmann.- Cardinal Humbert, sein Leben und seine Werke, Goettingen, 1882.
Jérôme (Abbé Léon).- L’Abbaye de Moyenmoutier, in Bulletin de la Société Philomatique Vosgienne, 1899, p. 197 à 200.


[ Georges Poull ]

 

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