2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
GODEFROY Louis (Charles)
(13 août 1740, Nonville - 13 mars 1822, Paris)
• Député des Vosges de 1789 à 1791
• Prêtre
Deux ecclésiastiques vosgiens,
Joseph-Nicolas Galland, curé de Charmes-sur-Moselle et Louis Godefroy, curé de Nonville, sont élus députés aux états généraux, dans l'assemblée d'arrondissement à Mirecourt, le 30 mars 1789. Fils de Jean-Pierre et de Marie Pierrefitte, son épouse, Louis Godefroy naît à Nonville le 13 août 1740, au sein d'une famille très à l'aise pour l'époque. Il commence de bonne heure, en 1751, à Darney dans les Vosges, ses études grammaticales et classiques.
Le jeune homme, guidé sans doute par son oncle, François-Sulpice Godefroy, curé de Nonville, se destine à l'état ecclésiastique. Aussi l'envoie-t-on, après ses études classiques, suivre, à l'académie de Besançon, les cours de philosophie et de théologie. Louis Godefroy quitte la cité bisontine en 1761. Que devient-il ? Nul document n'éclaire ni ne précise cette période de sa vie. Les biographes savent seulement qu'il séjourne plusieurs années à Paris, fréquente la Sorbonne et y conquiert le bonnet de docteur en théologie. Quoiqu'il en soit, il est ordonné prêtre à Toul le 21 septembre 1765, et revient immédiatement au pays natal, vicaire chez son oncle dont l'âge et les infirmités réclament un actif auxiliaire. Quant sa mort intervient en 1778, il lui succède à la cure de Nonville. Le bénéfice qui lui échoit n'est pas sans prix, c'est un des plus fructueux de la contrée.
L'activité de Louis Godefroy ne se borne pas aux devoirs ecclésiastiques, aux fonctions curiales ; il entoure sa famille de sollicitude et procure à ses neveux une instruction qui les classe aux premiers rangs. En 1789, le clergé accueille avec joie l'annonce des états généraux et se présente aux élections, avec la ferme résolution de travailler en union avec la Noblesse et le Tiers à la réforme de l'Etat. Le 31 mars de cette même année, dans la salle d'audience du bailliage de Mirecourt, Joseph-Nicolas Galland et Louis Godefroy sont élus députés. Ce dernier, qui n'est pourtant pas le premier venu, ne laisse de souvenir ni comme penseur, ni comme orateur, ni comme écrivain, ni comme savant.
Aux états généraux, le curé de Nonville siège à droite, vote avec les partisans de l'ancien régime et ne se rallie ni aux révolutionnaires ni aux idées libérales qui soufflent alors parmi le clergé. Il repousse le serment constitutionnel et se prépare ainsi une existence tourmentée. Louis Godefroy siège à l'Assemblée jusqu'à la fin de la Constituante. Rendu à la vie privée, il reconnaît bientôt, à de sûrs indices, qu'on ne lui pardonne ni son indépendance, ni son refus de serment ; qu'il est surveillé par la police et doit craindre pour sa vie. Il s'enfuit ! L'administration vosgienne avertie de sa disparition l'inscrit sur la listes des émigrés et séquestre ses biens. Mais il l'apprend et revient.
Quand survient la Terreur avec le sanglant tribunal révolutionnaire (août 1793 - juillet 1794), Louis Godefroy harcelé par la police s'entoure de mystère, change fréquemment de domicile, use de circonspection pour sauvegarder sa vie. Il déjoue donc habilement l'inquisition policière qui finit par le laisser en paix. Au Concordat en 1802, Louis Godefroy rentre dans les Vosges mais retourne bientôt à Paris, puis se fixe définitivement à Versailles. Les derniers jours de sa vie s'écoulent dans le calme et la paix succède à la tempête. Celui qui fut prêtre député meurt pieusement le 13 mars 1822.