ecriVOSGES — Chrétien Henry, dit Christian KIENER Aller au contenu
Accueil
 

Chrétien Henry, dit Christian KIENER

[ Hunawihr (68) , 16/11/1807 – Paris (75) , 23/03/1896 (88 ans) ]

manufacturier , maire , maire d'Epinal , conseiller général , sénateur

Chevalier de la Légion d’Honneur (1868).

Biographie vosgienne Sur Wikidata ↗

Notices documentaires

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

KIENER (Christian Henri).- Né à Uhnawirth (Haut-Rhin) le 16 novembre 1807, il vint fort jeune dans les Vosges et entra dans la carrière industrielle. Il devint chef d’une importante filature à Monthureux-sur-Saône, puis manufacturier à Eloyes, et créa une maison à Épinal.

Adjoint au maire de Monthureux jusqu’en 1858, il fut maire d’Eloyes de 1861 à 1866, et devint, en janvier 1867, maire d’Épinal ; il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 12 août 1868. Il était encore maire d’Épinal pendant l’invasion prussienne de 1870 et présida à l’administration municipale de la ville avec une fermeté et une prévoyance rares ; il sut tenir tête aux exigences des Allemands avec une noblesse, une résolution et une vigueur à laquelle chacun rendit hommage.

Aussi, le 12 février 1871, 12 255 voix se portèrent sur son nom pour l’élire député. Aux élections du 8 octobre 1871, M. Kiener fut élu conseiller général des Vosges pour le canton de Monthureux ; il échoua au renouvellement partiel de 1874, mais l’élection de son concurrent ayant été annulée, il fut réélu conseiller général en 1875 et devint président de la commission départementale, poste qu’il conserva pendant plusieurs années et où il fit preuve de qualités d’énergie et de travail. Il a été réélu conseiller général en août 1880, mais en 1886 il ne se représenta pas et céda son siège à son petit-fils, M. André Bresson.

Le 8 janvier 1882, il fut élu sénateur des Vosges, le 3e sur 3, par 309 voix contre M. Adrien Tanant. M. Kiener vota au Sénat avec le parti républicain.

Il a un fils, associé à ses entreprises, et deux gendres, M. Édouard Bresson, député, et M. le général de brigade Martin.

[ Félix BOUVIER , Biographie générale vosgienne ]

1894 — Annuaire des Vosges / Léon Louis

KIENER Christian.- Né à Hunahwihr (Haut-Rhin), le 16 novembre 1807, manufacturier, ex-maire d’Épinal, ancien conseiller général, ancien président de la Commission départementale, élu sénateur le 8 janvier 1882 par 309 voix, et le 4 janvier 1891 par 658 voix.
A Paris, 5 rue Gay-Lussac.

[ Léon LOUIS , Annuaire des Vosges, 1894, p. 150. ]

1897 — Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve

KIENER Chrétien Henry.- Né à Hunawihr (Haut-Rhin) le 16 novembre 1807.
Sénateur des Vosges.
Propriétaire d’importantes filatures à Eloyes (Vosges) et à Fellering (Alsace).
Chevalier de la Légion d’honneur depuis le 6 août 1868.
Officier d’Académie.
Titulaire d’une médaille d’argent (Exposition universelle, Paris, 1878).
Maire d’Épinal de 1867 à 1870, membre et ancien président de la chambre de commerce de cette ville ; ancien président de la commission départementale ; ancien membre du conseil général des Vosges où il représentait le canton de Monthureux, M. Kiener fut élu pour la première fois sénateur des Vosges le 8 janvier 1882, en remplacement de M. Claudot, démissionnaire depuis le 28 juin 1879. Il fut réélu le 4 janvier 1891 par 658 voix contre 146 attribuées à M. Champy. A la Chambre Haute, M. Kiener siège à la gauche. Il est un des doyens d’âge de cette assemblée et a été appelé plusieurs fois en cette qualité à occuper le siège de la présidence.

Il était membre de la société d’Émulation des Vosges et de l’Association vosgienne de Paris.
M. Kiener est décédé en 1896.

[ Henri JOUVE , Dictionnaire biographique des Vosges ]

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

KIENER (Chrétien-Henry, dit Christian), industriel et homme politique
Hunawihr, 16 novembre 1807 - Paris, 23 mars 1896

Christian Kiener.
© Les Vosgiens célèbres, 1990
Fils d’un instituteur alsacien, il se lança très tôt dans l’activité textile, associé à son frère Jean Kiener, en se faisant courtier entre les tisserands de la montagne et les négociants de la plaine. En 1837, il racheta la filature moribonde de Monthureux-sur-Saône, qu’il dirigea avec poigne et intelligence.

Cinq ans plus tôt, il avait épousé Louise Decker, de Montbéliard, dont il eut 3 enfants, Juliette, future épouse d’Édouard Bresson (voir ce nom), Georgina, et enfin Christian-Roger, qui continua la tradition familiale en dirigeant l’usine textile fondée par son père à Éloyes (1856).

Chrétien-Henry Kiener, devenu adjoint au maire de Monthureux, apporta dans le bourg vosgien bien des nouveautés, dont la moindre ne fut pas son appartenance au calvinisme. Après un court séjour à Éloyes (1858-1867) dont il devint maire, il habita à Épinal dont il devint aussi premier magistrat (1867-1871) ; c’est à ce titre qu’il affronta la tourmente de la guerre de 1870, tentant d’atténuer les rigueurs de l’occupation pour sa cité. A l’instar de son gendre Édouard Bresson, il se rallia facilement a la III° République, et siégea, comme député, parmi les Opportunistes, groupe politique fortement alimenté par les Vosgiens de sa profession et de son caractère. De 1871 à 1886, il fut régulièrement réélu conseiller général du canton de Monthureux, et il finit sa carrière politique et sa vie bien remplie en tant que sénateur des Vosges (1882-1896). A la Chambre de Commerce des Vosges, dont il fut président, il défendit avec efficacité les intérêts des manufacturiers vosgiens.

Selon sa volonté, son corps fut ramené au cimetière de Monthureux, où il fut inhumé le 26 mars 1896.

Bibl. : Michel (M.-F. et J.-F.).- Monthureux-sur-Saône, 1789-1914, entre la terre et la fabrique, 1981.
Michel (M.-F. et J.-F.).- La Guerre de 1870 à Épinal vue par son maire, in Annales de la Société d’Émulation des Vosges, 1983.
Robert.- Dictionnaire des parlementaires, tome III, p. 464.
Jolly.- Dictionnaire des parlementaires, tome VI, p. 2055.
Poull (G.).- L’Industrie textile vosgienne, p. 177-180 et 384-385.

[ Jean-François MICHEL , Les Vosgiens célèbres ]

2003 — Le Grand livre des élus vosgiens

KIENER Henri (Chrétien)
(16 novembre 1807, Hunawihr, Haut-Rhin - 23 mars 1896, Paris)

• Maire d'Eloyes de 1861 à 1866
• Maire d'Epinal de 1867 à 1871
• Conseiller général du canton de Monthureux-sur-Saône de 1870 à 1874 et de 1877 à 1886
• Sénateur des Vosges de 1882 à 1896
• Manufacturier
• Marié, six enfants

Henri Kiener appartient à une famille d'instituteurs originaire de Riquewhir dans le Haut-Rhin. Très jeune, il s'associe avec Jean-André Kiener, son frère, afin d'exploiter une centaine de métiers à bras disséminés dans les fermes de la région. En 1837, il s'entend avec le Mulhousien Grimm pour racheter la filature vosgienne de Monthureux-sur-Saône. Henri Kiener est manufacturier à Monthureux-sur-Saône quand il épouse Louise Deckherr, originaire de Montbéliard dans le département du Doubs. De leur mariage naissent six enfants, dont trois décèdent en bas-âge.

La famille Kiener, suite à l'incendie de leur entreprise, quitte Monthureux-sur-Saône et s’implante à Eloyes, localité située entre Remiremont et Epinal. Henri Kiener achète le tissage Lorger et Brueder, fondé au début de 1845. Outre le bâtiment industriel, il acquiert également les cités ouvrières, le logement du directeur et tous les terrains attenants. Quant à son ancienne usine, considérée comme ruines, il la cède à son gendre Edouard Bresson.

Dès 1858, l’industriel se consacre totalement à sa filature d'Eloyes et emploie près de 170 ouvriers. Le 24 janvier 1877, Henri Kiener et son fils Roger-Christian Kiener fondent la société en nom collectif Christian Kiener et fils dont le capital est de 200 000 francs. Ils s'engagent à fournir chacun la moitié de cette somme. Ils auront des droits égaux dans l'actif et le passif, comme dans les bénéfices et les pertes de la société.

Henri Kiener, industriel prospère, se lance dans la politique. Tout d'abord adjoint au maire de Monthureux-sur-Saône, il devient premier magistrat d'Eloyes de 1861 à 1866, puis d'Epinal à partir de janvier 1867. Il dirige toujours les affaires communales de la cité spinalienne au moment de l'invasion des armées prussiennes et tient tête aux exigences des occupants. Chevalier de la Légion d’honneur, l'industriel inscrit son nom sur les tablettes de la chambre départementale en tant que conseiller général du canton de Monthureux-sur-Saône. C’est en 1870. Quatre ans après, son principal adversaire est Joseph Thomas, premier magistrat monthurolais. Toutefois, cette élection est annulée par le conseil général dans sa première séance plénière. Ce succès est entaché par de nombreuses irrégularités. Pour Christian Kiener : Le sous-préfet de Mirecourt, Victor Legay, prépare contre moi une vengeance... Conforté à son poste, Joseph Thomas décède en 1877... et Christian Kiener regagne l’assemblée départementale.

Il cède en 1886 son siège cantonal à André Bresson, son petit-fils, mais préserve son poste de sénateur des Vosges. Ses connaissances en matière économique lui valent d’être choisi pour présider la chambre de commerce d'Epinal, créée par décret signé par Napoléon III, le 13 décembre 1866. Il est installé dans ses fonctions le 7 juillet 1867 par le préfet des Vosges. Son vice-président est Nicolas Géliot, manufacturier à Fraize. Chrétien dit Christian-Henri Kiener s‘éteint à Paris le 23 mars 1896. Les honneurs militaires lui sont rendus devant sa maison rue Gay-Lussac, puis ses obsèques sont célébrées au temple évangélique parisien du Luxembourg, rue Madame. A l'issue de la cérémonie, son corps gagne la gare de l'Est pour le département des Vosges. Selon son désir, l’ancien parlementaire est inhumé au cimetière de Monthureux-sur-Saône.

[ Bertrand MUNIER , Le Grand livre des élus vosgiens ]

Sources structurées

  1. Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier 1889 — Félix BOUVIER — Biographie générale vosgienne
  2. Annuaire des Vosges / Léon Louis 1894 — Léon LOUIS — Annuaire des Vosges — 1894, p. 150.
  3. Dictionnaire biographique des Vosges, Henri Jouve 1897 — Henri JOUVE — Dictionnaire biographique des Vosges
  4. Dictionnaire des Vosgiens célèbres 1990 — Jean-François MICHEL — Les Vosgiens célèbres
  5. Le Grand livre des élus vosgiens 2003 — Bertrand MUNIER
 

Référence suggérée : ecriVOSGES, « Chrétien Henry, dit Christian KIENER », fiche bio-bibliographique, https://www.ecrivosges.com/fiche.php?id=1460 (consultée le 16 octobre 2026).

Nouvelle recherche