1897 —
Dictionnaire biographique des Vosges / Henri Jouve
FLAYELLE Maurice.- Né à Saint-Nabord le 27 avril 1857.
Docteur en droit.
Avocat. Ancien président de la conférence de la Cour de cassation.
Membre de l’Association vosgienne.
[
Henri JOUVE
, Dictionnaire biographique des Vosges ]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
FLAYELLE (Maurice), avocat, parlementaire
Saint-Nabord, 27 avril 1857 - Paris,7 décembre 1938
Né au sein d’une famille de riches industriels, après ses études au collège de Remiremont, Maurice Flayelle obtient un doctorat en droit à Paris en 1884, devient avocat et fait carrière à Paris à la Cour de Cassation, puis revient dans les Vosges gérer les intérêts de diverses affaires industrielles qu’il vient d’acquérir. Il s’intéresse aussi au thermalisme.
Candidat de droite malheureux à la députation depuis 1889 face à Jules Méline, il entame progressivement le crédit électoral de ce dernier au point de le mettre en difficulté au scrutin de 1902 dans l’arrondissement de Remiremont. L’entrée de Méline au Sénat en 1903 lui ouvre les portes de la Chambre des Députés. Élu une première fois le 24 janvier 1904, puis en 1906, 1910 et 1914, le bilan de ses interventions se résume en un projet de loi visant à améliorer les conditions de retraites des anciens militaires de la Légion étrangère et de l’armée coloniale, la création du corps de vétérans dans les communes, la suppression de la peine d’emprisonnement prévue contre les pères et mères de famille accusés d’infraction à la loi sur l’obligation scolaire. Il conserve son siège de député pendant la 1° guerre mondiale et après celle-ci jusqu’en 1924. Il y ajoute la représentation du canton de Plombières au Conseil général de 1907 à 1937. De 1934 à 1937 il préside l’Assemblée départementale.
A chacune de ces élections, il représente l’opinion nationaliste et catholique soutenue par l’active Ligue des Patriotes de Remiremont et, du moins après la guerre, par le journal local l’Industriel vosgien. Il prend la place de Méline au Sénat en 1926 et cède son siège de député à Camille Amet... neveu de Méline. Il reste sénateur jusqu’à sa mort en 1938. Ses multiples interventions en faveur du tunnel de Bussang n’eurent jamais la chance d’aboutir.
Bibl. : Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris, Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XIII, col. 1516.
Jolly.- Dictionnaire des parlementaires, tome V, p. 1701.
Remiremont, histoire de la ville et de son abbaye, G. Louis éd., 1985.
[
Pierre HEILI
, Les Vosgiens célèbres ]
2003 —
Le Grand livre des élus vosgiens
FLAYELLE Maurice (Émile Marie)
(25 avril 1857, Saint-Nabord – 7 décembre 1938, Paris)
• Conseiller général du canton de Plombières-les-Bains de 1907 à 1937
• Président du conseil général des Vosges de 1934 à 1937
• Député des Vosges de 1904 à 1926
• Sénateur des Vosges de 1926 à 1938
• Avocat
• Marié, deux enfants
Maurice Flayelle est né, sinon de fait, du moins de droit, à Remiremont, puisque la parcelle de terre où s’élève sa demeure familiale, autrefois commune de Saint-Nabord, est rattachée à Remiremont en 1864. Il commence ses études au lycée Condorcet et les poursuit au collège Jules-Méline de Remiremont. Étudiant à l’institut catholique de Paris, il conquiert ses grades universitaires et effectue son droit qu’il mène jusqu’au doctorat.
À l’âge de quarante ans, l’avocat Flayelle fonde à Remiremont un journal s’intitulant La Volonté Nationale. Avocat à la cour de cassation, auditeur au Conseil d’État, son idéal social et politique l’incite à se consacrer aux affaires publiques. C’est en 1889 que Maurice Flayelle fait son entrée dans la vie politique en se présentant à la députation, candidat contre le Romarimontain Jules Méline, alors président à la Chambre. Bien que ce soit son premier acte de candidature et seulement âgé de 32 ans, il obtient 7 000 voix contre 8 200 à son concurrent.
En 1902, à la veille de nouvelles élections, il propose de retirer sa candidature devant celle de Jules Méline, mais au dernier moment il reste en lice sans plus de succès. Sa persévérance lui vaut, deux ans plus tard, de rejoindre enfin le Palais-Bourbon en remplacement de son ancien adversaire récemment nommé sénateur. Maurice Flayelle sort vainqueur de son duel face à Albert Desbleumortiers, avocat à Remiremont. Constamment réélu jusqu’en 1926, il siège à son tour, à la suite de Jules Méline décédé, à la Haute-Assemblée. Sur le plan départemental, il entre en 1907 au conseil général des Vosges, afin de représenter le canton de Plombières-les-Bains ; et en 1934, les élus départementaux le portent à la présidence du conseil général d’où il démissionne en 1937 pour raison de santé.
En juin 1886, Maurice Flayelle épouse Marie-Henriette-Hélène Marigues de Champ-Repus, dont le père colonel est conseiller général de l’Orne. De leur union naissent deux enfants, Marie-Thérèse et Robert. Son épouse décède à Remiremont le 11 août 1910. Le parlementaire vosgien se remarie à Paris le 7 janvier 1914, avec madame Bresson née Marthe Muel. Maurice Flayelle décède le mercredi 7 décembre 1938 en son domicile parisien au 46, avenue de Villiers. Un premier service religieux est célébré en l’église Saint-François de Sales, sa paroisse, en présence de très nombreux élus, dont le président du Sénat. À l’issue de l’office, devant un détachement militaire qui rend les honneurs, le cercueil est placé dans un fourgon funèbre qui gagne Remiremont. Le lendemain dimanche, les habitants de la cité des Chanoinesses viennent se recueillir devant Maurice Flayelle, dans sa propriété familiale La Joncherie dans les Vosges. Et le lundi 12 décembre a lieu en l’église abbatiale une nouvelle cérémonie religieuse présidée par monseigneur Marmottin, évêque du diocèse de Saint-Dié.
Le nom du sénateur Flayelle reste également associé à celui de son frère, le capitaine Louis Flayelle, qui se distingue pendant la campagne de Madagascar où il meurt pour sa patrie. La France crée, en souvenir du frère de Maurice Flayelle, la fondation Louis Flayelle, qui vint pendant de nombreuses années en aide aux anciens coloniaux nécessiteux.
[
Bertrand MUNIER
, Le Grand livre des élus vosgiens ]