Georges GARILLON

[ Saint-Baslemont (88) , 03/03/ 1935 – , // ]

Auteur vosgien

1935
Naissance le 3 mars à Saint-Baslemont (Vosges), dans une famille de cinq enfants dont le père est bûcheron.

Après son baccalauréat, il est d’abord instituteur : il exerce une année dans les Vosges, puis en Algérie pendant trois ans.
1961
Il quitte l’Algérie une année avant l’Indépendance pour entrer dans la police : il s’inscrit à l’École Nationale Supérieure de Police de St-Cyr au Mont d’Or (Rhône).
1966
Son premier recueil de poèmes paraît à compte d’auteur.
1968
Il réussit le concours de commissaire de police. Désormais, l’essentiel de sa carrière se déroule à Paris et dans la région parisienne.
1990
La retraite venue, il revient s’installer dans les Vosges de son enfance.

Poète ? Vos papiers !

Ancien commissaire principal de police à Paris, Georges Garillon évoque son enfance dans les Vosges où il est revenu habiter. Mais il aime surtout taquiner la Muse.

Georges Garillon a vécu toute sa vie professionnelle loin de son département d’origine qu’il a rejoint en 1990, après une carrière bien remplie : "En 1985, je me suis fait construire une maison à Provenchères-lès-Darney, le berceau de la famille. C’était pour moi une simple résidence secondaire quand je travaillais à Paris, mais depuis dix ans j’y habite toute l’année".

Fils de bûcheron, issu d’une famille de cinq enfants, il a connu une enfance modeste dans un univers simple et rude, dont il a pourtant conservé un souvenir nostalgique, dépeint dans Vosges de mon enfance et Le Temps des fenaisons. "Ces livres sont un peu un accident. Je suis avant tout poète. Ca n’a rien d’incompatible avec le métier que j’exerçais". Quatre recueils publiés sont venus en attester, avec à la clef déjà plusieurs prix littéraires.

Au début de sa vie active, Georges Garillon se destinait à l’enseignement. Après une année dans les Vosges, il a été muté en Algérie, alors département français : "Mais j’ai vite arrêté parce que j’étais toujours remplaçant, faute de n’avoir pas fait l’École Normale Supérieure. Cela m’aurait intéressé, mais mes parents n’avaient pas les moyens de me payer les études".

Changement radical. Il dit adieu à l’Éducation Nationale et entre dans la police. "Cela m’a permis une ouverture extraordinaire sur le monde et sur les gens. C’est Camus dans L’Étranger qui dit : Je me suis fait commissaire pour être au fond des choses". Licence en droit, examens internes, il grimpe les échelons hiérarchiques. En 61, un an avant l’indépendance, il quitte l’Algérie et décroche le concours de commissaire ... en 1968 ! "L’écrit était corrigé par des profs de fac. Il y a eu un véritable massacre. La moitié des candidats ont été sabrés !"

Brigade des mineurs, brigade des stups, police judiciaire, Georges Garillon a dirigé les services les plus exposés dans les endroits les plus chauds de la région parisienne, notamment en Seine-Saint-Denis. "Des horreurs, j’en ai vu beaucoup. On reçoit parfois de plein fouet ce qu’il y a de pire dans l’être humain. C’est impossible de rester complètement insensible".

Pourtant, l’ex-commissaire principal est resté amoureux de Paris et des quartiers populaires où il a parfois été confronté à l’indicible : la Goutte d’Or, Barbès, Clignancourt. Il avoue aussi un faible pour la Sorbonne et le Quartier Latin.

Si l’écriture est pour lui "une bouffée d’oxygène", son enfance reste "la meilleure période de sa vie". Il va d’ailleurs récidiver en évoquant cette fois ses années de collège à Mirecourt de la sixième à la troisième. Mais jamais il ne couchera sur le papier ses années d’ex-flic : "Ca n’a aucun intérêt !"

Didier PLANADEVAL, L’Est Républicain du samedi 1er décembre 2001.



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