Jean Baptiste THIRIAT

[ Deyvillers (88), 01/07/1768 – Epinal (88), 30/10/1827 ]

médecin

Biographie vosgienne

1832 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1832 / Charles Charton

THIRIAT Jean-Baptiste.- Naquit le 1er juillet 1768, à Deyvillers, village situé dans les environs d’Épinal. Dès ses premières années, il manifesta le goût le plus prononcé pour l’étude.

Ses parents peu riches, mais appréciant les avantages si essentiels d’une solide instruction, s’empressèrent de seconder les excellentes dispositions de leur fils. A peine eut-il recueilli, sur les bancs de l’école primaire de Deyvillers, les connaissances préliminaires que l’enfance doit posséder, qu’il fut admis au collège d’Épinal. Alors cet établissement ne renfermait point les moyens d’instruction qui s’y trouvent aujourd’hui réunis, et qui en ont singulièrement augmenté l’importance et l’utilité : la langue latine était la principale chose que l’on y enseignât sérieusement ; on la préférait à la langue française, par l’effet de ce singulier système qui faisait négliger dans nos institutions l’étude des langues vivantes, comme s’il n’était pas aussi et même plus nécessaire de comprendre ses compatriotes, ou des étrangers, avec lesquels des relations doivent s’établir, que d’expliquer des auteurs anciens, que l’on oublie presque aussitôt qu’on est sorti du collège. Quoique le jeune Thiriat n’habitât pas à Épinal, il n’en était pas moins un des élèves les plus assidus du collège. La distance qui l’en séparait et les intempéries des saisons étaient loin de ralentir son zèle. Tous les matins il venait à Épinal et tous les soirs il retournait à Deyvillers : il faisait ainsi chaque jour plus de deux lieues, pour profiter des leçons de ses professeurs. Lorsqu’il eut parcouru les diverses classes par lesquelles il devait passer, lorsqu’il eut à choisir un état, il ne prit d’autre conseil que celui de son coeur naturellement porté à la bonté, et il se décida pour la profession de médecin.

Le jeune élève ne se dissimula point toutes les difficultés qu’il rencontrerait dans la carrière qu’il allait embrasser. L’exiguïté des ressources pécuniaires de sa famille n’était pas ce qui l’embarrassait le plus ; il savait se contenter de peu, s’imposer des privations, et il espérait que les sacrifices consentis par ses parents lui fourniraient les moyens de subvenir à ses dépenses obligées. Mais il envisageait des études longues et pénibles, surtout pour celui qui veut ne rien ignorer de l’art de guérir ; il envisageait aussi cette responsabilité morale qui pèse sur le médecin, l’inquiétude dont il est souvent tourmenté, les regrets amers qu’il éprouve quand, par une erreur involontaire, il n’a pu sauver des jours confiés à ses soins. Toutefois, la résolution du nouveau disciple triompha des craintes qu’il avait d’abord conçues : l’idée de pouvoir soulager ses semblables, ses parents, ses amis, et aider la nature à vaincre les maux qui attaquent l’homme, devint désormais la règle de sa conduite.

Il se rendit à Strasbourg pour suivre les cours de la faculté de médecine. Après y avoir passé quelques années, la réputation des écoles élevées en Allemagne le détermina à faire un assez long séjour dans ce pays, où il compléta la série des connaissances qu’il voulait acquérir. Heureux d’avoir terminé ses études, comme il le désirait, il se hâta d’en apporter le fruit dans sa patrie, il repassa le Rhin ; mais au moment où il allait rentrer sous le toit paternel, il se vit, sans s’y attendre, exposé au plus grand danger.

Alors la tourmente révolutionnaire agitait la France ; le peuple, qui venait de recouvrer la liberté, craignait trop de la perdre, et, pour qu’elle ne lui échappât pas, non plus que son indépendance, les gouvernants de l’époque recoururent à des mesures d’une rigueur excessive, et quelquefois même cruelles. C’est ainsi qu’un décret de mort fut rendu contre les Français émigrés, qui osaient remettre le pied sur le sol de la patrie. Le jeune médecin, qui avait applaudi au renversement d’un régime à la fois onéreux et humiliant pour la France, n’avait jamais songé à s’éloigner d’elle. Cependant, il fut arrêté, comme soupçonné d’émigration, dans une ville du département du Bas-Rhin, où il n’était connu de personne. En vain il objecta qu’il avait quitté le territoire français avant que la révolution éclatât, qu’il ne s’était rendu en Allemagne que pour étudier la médecine ; que ses cours étant finis, il revenait dans ses foyers, qu’enfin personne plus que lui ne détestait l’ancien régime ; il ne put obtenir d’être mis en liberté et il fut conduit, sous bonne escorte, dans les prisons de la ville de Mirecourt, siège de l’un de ces tribunaux révolutionnaires dont l’existence à coûté tant de larmes à la France.

Thiriat avait l’espoir qu’il lui serait facile, dans son propre département, avec le témoignage de ses parents et de ses amis, de détruire les soupçons qui planaient sur sa tête ; mais il en fut autrement. Une procédure aussi régulière que les temps le comportaient fut instruite contre lui ; bien qu’on ne recueillit point de preuves, on ne l’accusa pas moins d’avoir émigré et entretenu des relations avec les Français réfugiés en Allemagne. On ne se hâta pas toutefois de prononcer sa condamnation ; on paraissait plutôt disposé à le traduire, avec d’autres prisonniers renfermés avec lui, devant le tribunal révolutionnaire de Paris. Sa perte alors aurait été inévitable ; enfin, après l’avoir longtemps détenu, le tribunal de Mirecourt se laissa convaincre de l’innocence du jeune médecin, et ordonna son élargissement.

M. Thiriat vint aussitôt se fixer à Épinal et s’y maria en 1797. C’est de cette époque que datent les services qu’il s’est toujours empressé de rendre à l’humanité! Il fut un des premiers médecins qui répandirent les bienfaits de la vaccine dans le département des Vosges. On sait quels obstacles a rencontrés, dès son début, et rencontre encore de nos jours cette précieuse méthode, que l’on devrait au contraire se plaire à favoriser, puisqu’elle tend a nous préserver d’une des plus horribles maladies. Dès l’année 1801, M. Thiriat reçut, en même temps que quelques-uns de ses confrères, du vaccin envoyé de Nancy, et se mit en mesure d’en faire usage le plus largement possible. Il fallait, pour engager les familles à se prêter à l’application de la découverte de Jenner [Note 1], que l’exemple leur en fut donné par les citoyens notables : M. Thiriat s’attacha donc à vacciner d’abord les enfants dont les parents étaient distingués par leurs fonctions, leur fortune, leur position sociale, et ce moyen lui réussit parfaitement.

De nombreuses vaccinations furent opérées par lui chaque année, et le firent appeler par l’administration au sein du comité central de santé du département des Vosges, dont la tâche était principalement de propager la vaccine.

En qualité de membre de ce comité, il publia d excellentes notices sur le mode d’employer le vaccin ; il éclaira la population en même temps qu’il s’efforça de la garantir des funestes effets de la petite vérole. Pendant plus de vingt années, il remplit, avec le zèle le plus désintéressé, les fonctions de vaccinateur ; et la reconnaissance de ses compatriotes le paya de son dévouement, que le gouvernement voulût aussi récompenser, en lui décernant à plusieurs reprises des médailles d’honneur.

M. Thiriat fut reçu docteur en médecine par la faculté de Strasbourg le 13 fructidor an XI. Lorsque le cours d’accouchement, établi en l’an 9 au chef-lieu du département, fut réorganisé en 1808, l’administration en remit la direction au docteur Thiriat, que des opérations difficiles et couronnées de succès avaient fait avantageusement connaître, sous le rapport du traitement des maladies des femmes. (Dans cette partie de son art, il acquit tant de réputation que le célèbre chirurgien, M. Dupuytren, en apprenant la mort de M. le docteur Thiriat, ne put s’empêcher de dire : C’est dommage, les femmes des Vosges y perdent beaucoup).

Il existait alors, dans les communes rurales, un nombre trop considérable de personnes qui pratiquaient des accouchements sans aucune instruction, et gui compromettaient la vie des malades qu’on osait leur confier. Les lois leur interdisaient, il est vrai, l’exercice d’une profession soumise a des études spéciales, mais elles étaient impuissantes et il valait mieux que la connaissance des règles de l’art s’introduisît dans les campagnes. Le cours d’accouchement fut bientôt fréquenté par des élèves venues de tous les points du département ; le professeur rencontra bien des obstacles pour instruire des femmes qui généralement savaient à peine lire et écrire, et ne pouvaient se familiariser avec les termes obligés de la science. Mais il adopta une méthode qui lui permit d’aplanir toutes ces difficultés et parvint à procurer aux communes des sages-femmes en état de s’acquitter des devoirs de leur état.

La grande habileté dont il donnait des preuves si fréquentes le fit nommer inspecteur des eaux minérales de Bains, sur lesquelles il a publié un traité fort estimé. Il fut ensuite appelé aux fonctions d’inspecteur adjoint de celles de Plombières ; il devint aussi membre du jury médical du département, de l’académie royale de médecine, de la société d’émulation des Vosges et d’autres sociétés savantes.

Nous avons dit que c’était pour satisfaire un besoin de son coeur qu’il avait embrassé la carrière médicale ; sa vie le prouva constamment. Dans aucune circonstance, il ne refusa les secours de son art au malade, riche ou pauvre, qui les réclamait. Il bravait les rigueurs du temps pour voler à son aide. Quand, fatigué d’une longue course, il revenait chercher le repos au sein de sa famille, quand le sommeil réparait ses forces épuisées, quand une maladie grave devenait l’objet de ses méditations, il s’arrachait au repos, au sommeil, aux méditations, aussitôt que la voix d’un malheureux frappait ses oreilles et bientôt il était auprès de lui.

Sa bienfaisance s’exerçait en même temps que son art. M. Thiriat procurait aux indigents les secours en argent ou en nature que leur position réclamait, et lorsqu’il n’avait pas auprès de lui les moyens d’améliorer leur sort, il se faisait un devoir de les recommander aux personnes riches, qui l’aidaient à accomplir ses oeuvres de charité. Sa vie offre un grand nombre d’exemples de ces traits d’humanité.

En 1813 et en 1814, nos soldats, accablés de maux, abandonnés par la victoire, quittèrent le sol étranger et rentrèrent dans leur patrie ; une ambulance fut établie à Épinal pour recevoir ceux d’entre eux qui passaient par cette ville. M. Thiriat s’y transportait tous les jours et prodiguait ses soins aux militaires que le typhus poursuivait. Ce fut alors qu’il devint victime de son dévouement, puisqu’il contracta la maladie à laquelle il devait succomber treize ans après. Nous remarquerons qu’il inspirait une confiance entière à ses malades ; il relevait leur courage abattu et il dissipait leurs inquiétudes ; ses conseils, ses exhortations, où la douceur dominait toujours, produisaient souvent plus d’effet que les ressources de la médecine.

M. Thiriat offrit, dans sa longue et terrible maladie, l’exemple d’une philosophie admirable, d’une patience que rien ne pouvait lasser. Il souffrait beaucoup et pourtant il ne laissait échapper aucune plainte. Sa vie devint en quelque sorte artificielle ; le mal en avait tari les sources, le docteur le savait, et pourtant il conserva sa gaîté naturelle, à laquelle il donnait un libre cours, lorsque ses douleurs moins vives le lui permettaient. Durant les dernières années de son existence, il ne lui était plus possible de marcher, de visiter ses malades ; il réunissait parfois quelques amis et se plaisait à amener les conversations les plus amusantes ; il y ajoutait par le récit d’une foule d’anecdotes que son heureuse mémoire avait conservées. Ce ne fut pas seulement contre les maux du corps qu’il se montra fort, mais encore contre les revers qui anéantirent le peu de bien qu’il avait amassé.

Les excellentes qualités qui distinguaient le docteur Thiriat se manifestèrent surtout dans sa famille. Il fut moins le père que l’ami de ses cinq enfants, dont il dirigea l’éducation qu’il voulait rendre complète, quoiqu’il eût à supporter des charges disproportionnées à ses revenus. Aussi leur attachement pour lui n’eut-il point de bornes. Mais il eut le malheur de perdre ses deux fils aînés qui suivaient la même carrière, et dont l’un, privilégié par la nature, promettait de devenir un jour un médecin célèbre et aurait hérité des talents de son père.

Le 30 octobre 1827 était le terme marqué à la vie du docteur Thiriat. Dès la naissance du jour qu’il ne devait pas voir finir, il fut en proie aux douleurs les plus cruelles. A tous les maux qui le tourmentaient se joignit l’hydropisie qui en combla la mesure. Vers cinq heures du soir, pendant l’absence de ceux de ses confrères qui lui donnaient des soins, ses souffrances s’accrurent à un tel point qu’il se fit lui-même la ponction avec un fuseau. Peu d’instants après, il dit un dernier adieu à ses enfants et aux amis dont il était entouré et cessa de vivre. Le 1er novembre, son corps fut transporté au cimetière d’Épinal et déposé dans la tombe qui renfermait les dépouilles mortelles de ses deux fils et sur laquelle on aurait pu écrire : Ici repose un homme de bien.

 

Note 1 : La petite vérole apportée en Espagne par les Maures, au commencement du 8e siècle, se répandit de là dans le reste de l’Europe. D’après un calcul approximatif modéré, elle enlève la dixième partie de ceux qu’elle attaque. Quelques épidémies varioliques sont bien plus meurtrières. L’homme en naissant n’apporte pas plus le germe de la petite vérole que celui des autres maladies, mais seulement il a une disposition à la contracter. Son germe gît dans le pus que contiennent les pustules. Il peut être transporté au loin dans les habillements, et surtout dans ceux de laine. Aucun âge ne met à l’abri de ce fléau, ce qui a fait dire à La Condamine qu’il n’y avait d’exempts de la petite vérole que ceux qui ne vivaient pas assez pour l’attendre. De temps immémorial, on inoculait cette maladie en Afrique, dans plusieurs contrées de l’Asie, et en général dans toute la Turquie. Lady Wortley-Montage, à son retour de Constantinople où elle avait suivi son mari, alors ambassadeur près la Sublime-Porte, rapporta l’inoculation dans sa patrie. Elle fit inoculer la petite vérole à sa fille, en avril 1721, en présence des premiers médecins de Londres, et le succès de l’opération fut complet. L’inoculation passa de Londres et de l’Angleterre dans les différentes parties de l’Europe. L’observation a prouvé que ce moyen devenu général aurait sauvé les quatre cinquièmes de ceux qui meurent de la petite vérole naturelle.

Jenner, médecin anglais, découvrit sur la fin du siècle dernier, dans le Comté de Glocester, une éruption boutonneuse qui arrivait au pis des vaches du pays, dans certaines saisons de l’année. Depuis longtemps les métayers, en trayant ces vaches, s’inoculaient aux mains le fluide qui sortait du bouton et ils avaient un bouton absolument semblable à celui de la vache. La tradition était que ceux chez lesquels de tels boutons s’étaient développés, étaient pour toujours préservés de la petite vérole. L’expérience lui prouva la vérité de la tradition, et il s’empressa de communiquer cette découverte à la société des médecins de Londres. Les observations de la société répondirent parfaitement à celles de Jenner. Woodville, célèbre propagateur de cette découverte, obtint du gouvernement français un passeport pour l’apporter en France. M. La Rochefoucault-Liancourt avait proposé alors une souscription pour l’établissement d’un comité de vaccine à Paris. Les premières expériences de ce comité furent faites en présence de Woodville même et eurent un succès complet. A l’imitation de Paris, des comités furent établis dans les villes principales de la France. La vaccine se répandit avec une rapidité étonnante sur tous les points du royaume. Des faits nombreux attestent, et il est bon que, dans les campagnes, on soit convaincu, d’abord, que la vaccine préserve de la petite vérole ceux chez lesquels elle s’est développée régulièrement, et, en second lieu, que la vaccine n’introduit dans le corps humain aucun germe de destruction ni de maladie grave.


1845 — Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton

M. Jean—Baptiste THIRIAT, docteur en médecine, né le 1er juillet 1768, mort le 30 octobre 1827.

Nommé successivement inspecteur des eaux minérales de Bains, sur lesquelles il a publié un traité fort estimé, inspecteur adjoint de celles de Plombières, il devint aussi membre du jury médical du département, de l’Académie royale de médecine, de la Société d’Emulation, etc.

M. Thiriat s’est principalement distingué dans le traitement des maladies des femmes.

L’Annuaire des Vosges pour 1831 contient sa biographie.


[Tome 2, p. 161].

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

THIRIAT (Jean-Baptiste) né à Deyvillers le 1er juillet 1768, mort à Épinal le 30 octobre 1827, fut homme de bien, médecin d’un haut mérite.

Issu de parents peu riches, il reçut néanmoins une excellente éducation et une bonne et solide instruction. Chaque jour il se rendait de Deyvillers à Épinal, et s’en retournait le soir. Pour s’instruire, le jeune Thiriat aurait fait beaucoup plus, il avait le feu sacré des études. C’est Strasbourg que le jeune collégien choisit pour y faire ses études de médecine. Il passa ensuite en Allemagne, où il acheva de s’instruire dans l’art de guérir. Lorsqu’il voulut rentrer en France pour se fixer près de sa famille, il fut arrêté en Alsace et envoyé dans les prisons d’Épinal, puis dans celles de Mirecourt, comme émigré. Il faillit être envoyé à Paris, où il aurait été infailliblement perdu.

Après une longue et pénible détention, le tribunal de Mirecourt, convaincu de l’innocence du jeune médecin, et plus convaincu encore de ses opinions, ordonna sa mise en liberté. Thiriat se rendit immédiatement à Épinal. Il se maria en 1797, c’est à cette époque qu’il commença un service de dévouement et d’abnégation. Il fut un des premiers médecins qui répandirent la vaccine. Il fit cesser les abus qui avaient lieu dans la campagne, où on tolérait des accoucheurs et des accoucheuses sans études spéciales. Sa réputation, dans cette partie de son art devint si grande que Dupuytren, en apprenant sa mort, dit : C’est grand dommage pour la science, et plus encore pour les pauvres femmes des Vosges ; elles perdent beaucoup. Il fut nommé inspecteur des eaux de Bains et publia un traité fort estimé. Enfin, il fut aussi nommé inspecteur-adjoint des eaux de Plombières, membre du jury médical du département, de l’Académie royale de médecine et de la Société d’émulation des Vosges.

Sa bienfaisance s’exerçait en même temps que son art ; Thiriat procurait lui-même aux indigents les secours en argent, en habillements et en nourriture, que leur position réclamait. Il désignait aux riches la demeure des pauvres honteux, et tant que ce bon docteur vécut, bien des misères furent soulagées.

En 1813 et 1814, par les soins qu’il donna aux pauvres soldats ennemis qui se trouvaient en grande quantité à Épinal, il devint victime lui-même de l’épidémie, et le typhus s’emparant de lui, il fut, à la suite de cette terrible maladie, malade pendant douze ans.

Le docteur Thiriat offrit, dans sa longue et terrible maladie, l’exemple d’une philosophie admirable, d’une patience que rien ne pouvait lasser. Sa vie était en quelque sorte artificielle. Le 30 octobre 1827 était le terme marqué à la vie du docteur Thiriat. Dès la naissance du jour qu’il ne devait pas voir finir, il fut en proie aux douleurs les plus cruelles. A tous les maux qui le tourmentaient se joignit l’hydropisie qui en combla la mesure. Vers cinq heures du soir, pendant l’absence de ses confrères qui lui donnaient des soins, ses souffrances s’accrurent à un tel point qu’il se fit lui-même la ponction avec un fuseau. Peu d’instants après, il dit un dernier adieu à ses enfants et aux amis dont il était entouré, et cessa de vivre.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

THIRIAT (Jean-Baptiste).- Né à Deyvillers, le 1er juillet 1768, le docteur Thiriat, médecin à Épinal, puis médecin inspecteur des eaux de Bains et de Plombières, a laissé le souvenir d’un homme de bien et d’un savant de mérite.

Il mourut à Épinal le 30 octobre 1827.

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