Joseph Honoré REMY

[ Remiremont (88), 02/10/1738 – Paris, 12/07/1782 ]

ecclésiastique

Biographie vosgienne

1841 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1841 / Charles Charton

REMY Joseph Honoré.- Prêtre, avocat au parlement de Paris, membre de plusieurs académies, né à Remiremont le 2 octobre 1738, décédé à Paris le 12 juillet 1782 : montra de bonne heure d’heureuses dispositions pour les sciences et la littérature.

Privé de la vue depuis l’âge de 8 ans jusqu’à celui de 14, par suite d’une petite vérole rentrée, il employa ce temps d’une triste cécité à étudier la musique pour laquelle il avait un goût prononcé, et après avoir fait son cours d’humanité dans sa ville natale, sa philosophie à Épinal et à Toul, il se rendit à Paris, où il rechercha particulièrement la société des savants et des hommes de lettres, qui lui rendirent cette justice qu’il parlait de chaque science avec autant d’instruction que de modestie. Ce fut dans cette ville que commença la carrière littéraire de M. Remy, et qu’il publia :

- L’Éloge de Molière, sujet proposé par l’académie française au concours en 1769, satire fine et délicate qui aurait vraisemblablement obtenu le prix accordé à Champfort, si elle eût mieux fait apprécier le rare mérite du célèbre auteur de Tartuffe ;
- Le Cosmopolite ou l’Anglais à Paris, in-8°, Paris, Valade, 1770, qu’il dédia à son frère alors curé de Remiremont, ecclésiastique d’une piété éclairée ;
- Les Jours, pour servir de correctif aux Nuits d’Young, badinage destiné à tourner en ridicule l’anglomanie qui commençait à faire de rapides progrès en France ;
- Le Code des Français, ou Recueil de toutes les pièces intéressantes publiées en France, sur les troubles des parlements, avec des observations critiques et historiques, 2 volumes in-12, Bruxelles (Paris), 1771 ;
- Éloge de Colbert, qui a concouru pour le prix de l’académie française, in-8°, Paris, Valade, 1773 ;
- Éloge de Michel de l’Hospital, chancelier de France ; discours qui a remporté le prix de l’académie en 1777, 1 volume in-8°, Paris, 1777. On a imprimé à la suite de ce discours deux autres éloges, et la censure que la Sorbonne avait faite de celui que l’académie venait de couronner.

M. l’abbé Remy coopéra, depuis l’année 1778 jusqu’à l’époque de sa mort, à la rédaction du Mercure de France, dans lequel on remarque un grand nombre d’articles d’une critique pleine de bienveillance ; au Répertoire de jurisprudence, et avec Boislon, avocat, à la même partie de jurisprudence de l’Encyclopédie par ordre de matières.

Au nombre des ouvrages qu’il laissa manuscrits existait un dictionnaire de physique et de chimie ; une continuation des synonymes de Gérard ; un traité des communes et une vie de Charlemagne. On doit d’autant plus regretter la perte de ce dernier ouvrage, qu’il contenait, nous a-t-on assuré, des notes très curieuses sur l’emplacement, à Remiremont, d’un château où ce prince et Louis le Débonnaire, son fils, vinrent, suivant Eginhard et l’Astronome, passer l’automne des années 805, 825, 831 et 835, afin d’y prendre le divertissement de la chasse et de la pêche.

L’abbé Remy était, dans la société, doux et affable, d’une candeur et d’une bonhomie véritablement vosgiennes ; il fut aimé et chéri de tous ceux qui eurent le bonheur de le connaître.

[Notice signée : Richard, bibliothécaire de la ville de Remiremont].

1845 — Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton

Joseph-Honoré REMY, prêtre, avocat au parlement de Paris, membre de plusieurs académies, né le 2 octobre 1738, mort en 1782.

On doit a ce littérateur les ouvrages suivants :
- Eloge de Molière ;
- Le Cosmopolite ou l’Anglais à Paris ;
- Les Jours, pour servir de correctif aux Nuits d’Young ;
- le Code des Français, ou Recueil de toutes les pièces intéressantes publiées en France, sur les troubles des parlements, etc. ;
- Eloge de Colbert ;
- Eloge de Michel de l’Hospital, qui a remporté le prix de l’Académie en 1777.

L’abbé Remy a travaillé, en outre, à la rédaction du Mercure de France, au Répertoire de Jurisprudence, etc., etc.

Il a laissé, parmi plusieurs ouvrages manuscrits, un Traité des communes et une Vie de Charlemagne.


[Tome 2, p. 423].

1848 — Biographie vosgienne / François Vuillemin

REMY Joseph Honoré.- Prêtre, avocat au parlement de Paris, né à Remiremont, le 2 octobre 1738, mort à Paris, le 12 juillet 1782, fit ses études à Remiremont, à Épinal et à Toul, puis se fixa à Paris, et consacra tout son temps à la littérature.

Il a publié :
- Le Cosmopolite, ou l’Anglais à Paris ; 1770.
- Les Jours, pour servir de correctif aux Nuits d’Iung.
- Le Code des français, ou Recueil de toutes les pièces intéressantes publiées en France sur les troubles des parlements, avec des observations critiques et historiques ; 2 volumes in-12, 1771.
- Éloge de Molière, qui a concouru pour le prix donné par l’Académie française, en 1769.
- Éloge de Colbert, qui a concouru pour le prix de la même Académie, en 1773.
- Enfin, Éloge de Michel de l’Hospital, chancelier de France, qui a remporté le prix de l’ Académie française, en 1777.

Remy a écrit, en outre, dans le Mercure de France et dans le Répertoire de jurisprudence ; il a aussi laissé quelques manuscrits qui n’ont pas été publiés.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

REMY (Joseph-Honoré), prêtre, avocat au parlement de Paris, membre de plusieurs académies, né à Remiremont le 2 octobre 1738, décédé à Paris le 12 juillet 1782, montra de bonne heure d’heureuses dispositions pour les sciences et la littérature.

Privé de la vue depuis l’âge de 8 ans jusqu’à celui de 14, il employa ce temps à étudier la musique, pour laquelle il avait un goût prononcé, et après avoir fait son cours d’humanités dans sa ville natale, sa philosophie à Épinal et à Toul, il se rendit à Paris, où il rechercha particulièrement la société des savants et des hommes de lettres, qui lui rendirent cette justice qu’il parlait de chaque science avec autant d’instruction que de modestie. Ce fut dans cette ville que commença la carrière de l’abbé Remy, et qu’il publia plusieurs ouvrages.

L’abbé Remy coopéra, depuis l’année 1778 jusqu’à l’époque de sa mort, à la rédaction du Mercure de France, dans lequel on remarque un grand nombre d’articles d’une critique pleine de bienveillance. Au nombre des ouvrages qu’il laissa manuscrits, existaient un Traité des communes et une Vie de Charlemagne. On doit d’autant plus regretter la perte de ce dernier ouvrage, qu’il contenait des notes très curieuses sur l’emplacement, à Remiremont, d’un château où ce prince et Louis le Débonnaire, son fils, vinrent, suivant Eginhard et l’Astronome, passer l’automne des années 805, 825, 831 et 835, afin d’y prendre le divertissement de la chasse et de la pêche.

L’abbé Remy était, dans la société, doux et affable, d’une candeur et d’une bonhomie véritablement vosgiennes ; il fut aimé et chéri de tous ceux qui eurent des relations avec lui.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

REMY Joseph Honoré.- Prêtre, avocat au parlement de Paris, auteur d’un grand nombre d’ouvrages, imprimés ou manuscrits, né à Remiremont, 1738-1782.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

REMY (Joseph Honoré).- Né à Remiremont le 9 octobre 1738, il se fit prêtre, puis renonça à l’état ecclésiastique et devint avocat au Parlement de Paris ; il a écrit plusieurs ouvrages littéraires ou de jurisprudence, notamment une Vie de Charlemagne.

Il est mort à Paris, le 12 juillet 1782.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

REMY (Joseph-Honoré), prêtre, littérateur
Remiremont, 2 octobre 1738 – Paris, 12 juillet 1782


Fils de Pierre-Nicolas Rémy, ancien grand-échevin de cette ville, et d’Anne-Thérèse Demangeon, il montre de bonne heure d’heureuses dispositions pour les sciences et la littérature, mais privé de la vue depuis l’âge de 8 ans jusqu’à 14 ans des suites d’une variole, il emploie ce temps à l’étude de la musique. Après avoir fait ses humanités dans sa ville natale, sa philosophie à Epinal et à Toul, il est ordonné prêtre en septembre 1766 en même temps que son frère Nicolas-François, futur curé de Remiremont.

Il se rend à Paris où il devient avocat du Parlement. Il recherche particulièrement la société des savants et des hommes de lettres et se fait connaître en 1769 par un Eloge de Molière, sujet de concours proposé par l’Académie française. L’année suivante, il publie Le Cosmopolite ou l’Anglais à Paris et Les jours pour servir de correctif aux nuits d’Young, brochures destinées à tourner en dérision l’anglomanie qui commençait à faire de rapides progrès en France.

En 1771, il compose un Code des Français, ou recueil de toutes les pièces intéressantes publiées en France, sur les troubles des parlements. Il échoue encore en 1773 au concours de l’Académie avec un Eloge de Colbert, mais remporte enfin ce prix en 1777 avec l’Eloge de Michel de l’Hospital, chancelier de France. Il coopère depuis 1778 jusqu’au moment de sa mort, à la rédaction du Mercure de France dans lequel on remarque un grand nombre d’articles de sa plume.

Il n’hésite pas à prêter son nom à d’Alembert qui fait la critique acerbe en 1782 d’Adèle et Théodore, un des premiers succès de Madame de Genlis, qui se vengea dans ses Mémoires en qualifiant l’abbé Rémy de littérateur obscur et sans aucun talent. Grâce à d’Alembert, il est chargé de rédiger les articles de jurisprudence pour l’Encyclopédie. L’abbé Rémy laissa de nombreux ouvrages manuscrits, aujourd’hui perdus, dont une Vie de Charlemagne qui contenait – dit-on – d’intéressants détails sur l’emplacement du château que les Carolingiens possédaient à Remiremont.


Bibl. : Notice nécrologique dans le Mercure de France, 1782, p. 85-90.
Mémoires de Madame de Genlis, 1825, tome III, p. 172-173.
Richard.– Petite biographie…, 1841.
Buisson (E.).– L’abbé Rémy, sa vie et ses œuvres, in Bulletin de la Société philomatique vosgienne, 1891-1892.


[Pierre Heili]

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