1829 —
Biographie historique et généalogique / Louis Antoine Michel
MENONVILLE François Louis THIBEAUT de.- Chevalier de Saint-Louis, et de l’ordre de Cincinnatus d’Amérique, écuyer, etc., né au château de Villé, commune de Nossoncourt (Vosges), en 1740 ; est entré au service de S.M. Stanislas en qualité de cadet ; passa capitaine dans le corps royal du génie militaire, et successivement lieutenant-colonel, major, brigadier des armées royales, et maréchal de camp en 1788 : il fit les campagnes de Corse, et de l’indépendance des États-Unis d’Amérique, fut chargé d’une mission diplomatique en Pologne ; puis nommé en 1789, député de la noblesse du bailliage de Mirecourt aux États généraux : là, il s’opposa au système de ceux qui voulaient enlever au roi le droit de faire grâce ; et signa les protestations des 12 et 15 septembre contre les opérations de l’assemblée.
De retour dans ses foyers, après la session, M. de Menonville fut appelé au conseil général du département de la Meurthe, fonctions qu’il exerçait en 1816, lorsque la mort vint l’enlever dans sa terre de Deneuvre. Très certainement, M. le comte de Menonville avait les vues les plus pures, et un dévouement très prononcé à son prince et à son pays.
1847 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges / 1847 / Charles Charton
MÉNONVILLE François Louis Thibaut de.- Naquit le 2 juillet 1740 ; il entra au service dès le 1er janvier 1706, après avoir terminé ses études d’une manière extrêmement brillante. Doué de connaissances peu communes chez les jeunes officiers de ce temps, il ne pouvait manquer de parvenir rapidement aux grades supérieurs. En 1757, il fut nommé lieutenant dans le corps royal de l’artillerie et du génie, et trois ans après, il reçut le brevet d’ingénieur ordinaire du Roi, emploi très envié et qui n’était accordé qu’aux officiers les plus capables de l’artillerie et du génie ; il servit avec ce grade sur les côtes de la Méditerranée et à l’île de Minorque, pendant les années 1760, 1761 et 1762.
Nommé capitaine d’infanterie le 24 mars 1769, il fut compris au nombre des officiers envoyés au secours des Polonais confédérés à Bar en 1770 et 1771 ; les talents militaires qu’il déploya lui valurent d’être recommandé spécialement au Roi, qui le nomma lieutenant-colonel d’infanterie le 24 mars 1772.
Le 2 janvier précédent, il avait été nommé chevalier de Saint-Louis et attaché à l’état-major général de l’armée. Il prit part à l’expédition d’Amérique en qualité de major-général de l’armée française. Pendant son séjour dans les États-Unis, il se lia d’amitié avec Washington et Lafayette, et conserva avec eux, après son retour en France, une correspondance très intime.
Le 1er mai 1784, il fut nommé brigadier des armées du Roi et élevé au grade de maréchal de camp le 21 septembre 1788.
La part qu’il avait prise à la guerre d’Amérique lui valut le brevet de chevalier de l’ordre de Cincinnatus ; il avait reçu une pension de 800 livres pour la manière dont il s’était distingué au siége d’York.
En 1788, il fut chargé d’une mission diplomatique en Pologne, et à son retour la noblesse du bailliage de Mirecourt l’envoya aux États généraux ; il signa les protestations des 12 et 15 septembre contre les opérations de l’assemblée, et combattit avec force le parti qui voulait enlever au Roi le droit de grâce. Il était très attaché à Louis XVI qui lui avait promis de ne pas l’éloigner de sa personne. Après le 10 août, il refusa de suivre l’émigration et revint dans les Vosges où l’appelaient ses intérêts.
Se trouvant à Saint-Dié, chez son ami, M. de Spitzemberg vers la fin de 1792, il fut poursuivi par une bande de fanatiques et obligé de se cacher ; il eut le bonheur de n’être point découvert : M. de Spitzemberg, moins heureux, fut massacré et sa maison livrée au pillage. Mis en arrestation, il fut conduit à Épinal et détenu pendant quatre ans. Il se retira ensuite à Deneuvre-Baccarat qu’il habita jusqu’en 1816, époque de sa mort ; il était membre du conseil général de la Meurthe, et, par un décret de 1808, Napoléon l’avait nommé président de l’assemblée du canton de Baccarat.
[Notice signée : Vuillemin, membre de la Société d’émulation des Vosges].
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
MÉNONVILLE François Louis Thibaut de.- Naquit au château de Villers, commune de Nossoncourt (Vosges) le 2 juillet 1740 ; il entra au service dès le 1er janvier 1756, après avoir terminé ses études d’une manière extrêmement brillante. Doué de connaissances peu communes chez les jeunes officiers de ce temps, il ne pouvait manquer de parvenir rapidement aux grades supérieurs. En 1757, il fut nommé lieutenant dans le corps royal de l’artillerie et du génie, et trois ans après il reçut le brevet d’ingénieur ordinaire du roi, emploi très envié et qui n’était accordé qu’aux officiers les plus capables de l’artillerie et du génie ; il servit avec ce grade sur les côtes de la Méditerranée et à l’île de Minorque pendant les années 1760, 1761 et 1762.
Nommé capitaine d’infanterie le 24 mars 1769, il fut compris au nombre des officiers envoyés au secours des Polonais, confédérés à Bar, en 1770 et 1771 ; les talents militaires qu’il déploya lui valurent d’être recommandé spécialement au roi, qui le nomma lieutenant-colonel d’infanterie, le 24 mars 1772.
Le 2 janvier précédent, il avait été nommé chevalier de Saint-Louis et attaché à l’état-major général de l’armée.
Il prit part à l’expédition d’Amérique en qualité de major-général de l’armée française. Pendant son séjour dans les États-Unis, il se lia d’amitié avec Washington et Lafayette, et conserva avec eux, après son retour en France, une correspondance très intime.
Le 1er mai 1784, il fut nommé brigadier des armées du roi, et élevé au grade de maréchal de camp le 21 septembre 1788.
La part qu’il avait prise à la guerre d’Amérique lui valut le brevet de chevalier de l’ordre de Cincinnatus ; il avait reçu une pension de 800 livres pour ]a manière dont il s’était distingué au siége d’York.
En 1788, il fut chargé d’une mission diplomatique en Pologne, et à son retour, la noblesse du baillage de Mirecourt l’envoya aux états généraux ; il signa les protestations des 12 et 15 septembre contre ]es opérations de l’assemblée, et combattit avec force le parti qui voulait enlever au roi le droit de grâce. Il était très attaché à Louis XVI, qui lui avait promis de ne pas l’éloigner de sa personne.
Après le 10 août, il refusa de suivre l’émigration et revint dans les Vosges, où l’appelaient ses intérêts. Se trouvant à Saint-Dié, chez son ami, M. de Spitzemberg, vers la fin de 1792, il fut poursuivi par une bande de fanatiques, et obligé de se cacher ; il eut le bonheur de n’être point découvert. M. de Spitzemberg, moins heureux, fut massacré, et sa maison livrée au pillage. Mis en arrestation, il fut conduit à Épinal et détenu pendant quatre ans. Il se retira ensuite à Deneuvre-Baccarat, qu’il habita jusqu’en 1816, époque de sa mort ; il était membre du conseil général de la Meurthe, et, par un décret de 1808, Napoléon l’avait nommé président de l’assemblée électorale du canton de Baccarat.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
MENONVILLE (François-Louis-Thibaut de), naquit le 2 juillet 1740, à Villers, ancien château situé dans le ban de Nossoncourt, canton de Rambervillers ; il entra au service dès le 1er janvier 1756. Doué d’un esprit vif et de connaissances peu communes chez les militaires de cette époque, il ne pouvait manquer de parvenir aux grades supérieurs. Lieutenant, en 1757, dans le corps royal de l’artillerie et du génie ; trois ans après, il reçut le brevet d’ingénieur ordinaire du roi, emploi qui n’était accordé qu’aux officiers les plus capables de l’artillerie et du génie.
Nommé capitaine d’infanterie, le 24 mars 1769, il fut compris au nombre des officiers envoyés au secours des Polonais confédérés à Bar en 1770 et 1771 ; ses talents militaires lui valurent, de la part du roi, le brevet de lieutenant-colonel, le 24 mars 1772.
Le 2 janvier précédent, il avait été nommé chevalier de Saint-Louis, et attaché à l’état-major de l’armée.
Il fit partie de l’expédition d’Amérique en qualité de major-général de l’armée française. Pendant son séjour dans les États-Unis, il se lia d’amitié avec Washington et Lafayette ; il conserva avec ces deux grands personnages, après son retour en France, une correspondance des plus intimes.
Il fut appelé au grade de maréchal de camp, le 21 septembre 1788. Les services qu’il avait rendus pendant la guerre d’Amérique lui valurent le brevet de chevalier de l’ordre de Cincinnatus, avec une pension de 800 livres pour sa courageuse conduite au siége d’York.
En 1788, Menonville fut chargé d’une mission diplomatique en Pologne, et, à son retour, la noblesse du bailliage de Mirecourt l’envoya aux États-Généraux ; il signa les protestations des l2 et 15 septembre, contre les opérations de l’Assemblée, et combattit avec force le parti qui voulait enlever au roi le droit de grâce. Il était très attaché à la personne de Louis XVI. Après le 10 août, il refusa de suivre l’émigration. Il revint dans les Vosges où l’appelaient ses intérêts.
Vers la fin de 1792, se trouvant à Saint-Dié, chez M. de Spitzemberg, une bande de fanatiques cernèrent la maison ; obligé de se cacher, il eut le bonheur de n’être point découvert. M. de Spitzemberg fut massacré et sa maison livrée au pillage. Mis en arrestation on ne sait pourquoi, Menonville fut conduit à Épinal et détenu pendant quatre ans. A sa sortie de prison, il se retira à Denoeuvre-Baccarat, qu’il habita jusqu’en 1816, époque de sa mort. Napoléon l’avait nommé président de l’assemblée du canton de Baccarat en 1808, et ses concitoyens membre du Conseil général de la Meurthe.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
MÉNONVILLE Jean François Thibault DE.- Né au château de Villé à Nossoncourt, en 1740. Doué de talents peu communs, il entra au service militaire en 1756, et parvint rapidement aux grades supérieurs.
Dès l’année suivante, il fut nommé lieutenant de l’artillerie et du génie. Devenu capitaine d’infanterie en 1769, il fut compris au nombre des officiers envoyés au secours des Polonais, et obtint le grade de lieutenant-colonel en 1772, avec la croix de Saint-Louis. Il prit part à l’expédition d’Amérique, en qualité de major général de l’armée française, et il s’y lia d’amitié à Washington et à Lafayette, avec lesquels il garda plus tard une correspondance intime. Ses services lui avaient valu le brevet de chevalier de l’ordre de Cincinnatus et une pension de 800 livres.
Élevé au rang de maréchal de camp, il fut chargé, en 1788, d’une mission diplomatique en Pologne, et à son retour il fut député de la noblesse aux États généraux, où il se montra plein de loyauté et d’énergie. Il était très attaché au Roi, qui lui avait promis de ne pas l’éloigner de sa personne, comme un serviteur fidèle. Après le 10 août, ayant refusé de suivre l’émigration, il se retira dans les Vosges, croyant y trouver la paix dans l’isolement. Il se trompait : se trouvant à Saint-Dié, en 1792, chez son ami de Spitzemberg, il se vit assiégé par une foule de révolutionnaires fanatiques, et obligé de se cacher. Plus heureux que son malheureux hôte, qui fut massacré, il parvint à échapper à ces bourreaux populaires ; mais il fut poursuivi, arrêté et jeté dans les prisons d’Épinal, où il demeura quatre ans, oublié sans doute par les tigres qui régnaient alors. Au sortir du cachot, il alla se fixer à Deneuvre, qu’il habita jusqu’à sa mort, arrivée en 1816.
Son frère, Louis-Antoine, suivit également la carrière militaire, et parvint au grade de lieutenant-colonel. Ayant quitté l’armée, il se retira au château de Villé, où il s’occupa d’agriculture. A la Révolution, il ne voulut pas émigrer, protégé qu’il était par l’amour des paysans de tout le ban de Nossoncourt, qui lui portaient la plus vive affection, et qui s’offrirent spontanément à lui servir de sauvegarde. Cet homme de bien vécut paisiblement au milieu de ces populations jusqu’en 1823, époque de sa mort.
Son fils Félix François, né en 1786, officier dans la grande armée, trouva une mort glorieuse, en 1809, dans la guerre d’Allemagne.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
MÉNONVILLE (François Louis Thibaut de).- Né au château de Villé, commune de Nossoncourt, le 2 juillet 1740, il entra au service comme officier du génie le 1er janvier 1756, fut nommé lieutenant en 1757, ingénieur ordinaire du roi en 1760, et fit campagne dans l’île de Minorque en 1761. Capitaine d’infanterie le 24 mars 1769, il alla combattre en Pologne et fut nommé, à son retour, lieutenant-colonel d’infanterie, le 24 mars 1772, et chevalier de Saint-Louis. Major-général de l’armée envoyée au secours des États-Unis, il combattit avec La Fayette et Washington pour l’indépendance américaine. Brigadier d’infanterie le 1er mai 1784, il fut nommé maréchal des camps et armées du roi le 21 septembre 1788.
Député de la noblesse des bailliages des Vosges réunis à Mirecourt en mars 1789, il siégea à l’Assemblée Constituante et y soutint les prérogatives de l’autorité royale. Il refusa d’émigrer et resta dans les Vosges, mais il fut emprisonné à Saint-Dié et n’échappa que par la fuite aux scènes sanglantes du 1er septembre 1793. Après la Révolution, il se retira à Denoeuvre, près de Baccarat, et fut nommé conseiller général de la Meurthe.
Thibaut de Ménonville est mort à Denoeuvre en 1816.
Son frère, Louis Antoine Thibaut de Ménonville, né lui aussi au château de Villé, servit avec son frère dans l’armée d’Amérique et se retira du service militaire avec le grade de lieutenant-colonel ; il se livra aux travaux de l’agriculture et mourut à Villé le 7 août 1823 ; il avait eu un fils, Félix François Thibaut de Ménonville, né en 1786, qui, officier dans la Grande-Armée, fut tué à Wagram en 1809.
1969 —
L’Est républicain
Ces Vosgiens de l’indépendance... américaine
A l’occasion du voyage à Paris du président Nixon, nous avions consacré dans notre numéro du 2 mars dernier un court article à M. de Ménonville, un Vosgien de l’Indépendance américaine, un capitaine qui combattit aux côtés de Lafayette et de Washington et que l’Histoire oublia.
Grâce à des précisions importantes et d’un grand intérêt historique, que vient de nous fournir Mme M.-L. Fève, secrétaire de la Société d’archéologie et d’histoire locale du canton de Baccarat, nous pouvons aujourd’hui beaucoup mieux situer M. de Ménonville dans l’Histoire... et le suivre jusqu’à sa tombe.
Le château de Villé, commune de Nossoncourt (Vosges) où est né M. de Ménonville, faisait partie de la châtelletie de Baccarat, dont M. de Ménonville était voué.
Après avoir pris part à l’expédition d’Amérique en qualité de major général de l’armée française, se liant d’amitié avec Washington et Lafayette, avec lesquels il garda plus tard une correspondance intime, il avait été élevé au rang de maréchal des camps et chargé en 1788 d’une mission diplomatique en Pologne. Ses services en Amérique lui avaient valu, outre le titre de chevalier dans l’Ordre de Cincinnatus, une pension de 800 livres. En 1789, il était élu député de la noblesse aux Etats généraux.
Après le 10 août, il se retirait dans les Vosges, espérant y trouver la paix. Il était à Saint-Dié en 1793, chez M. le baron de Spitzemberg, commandant de la Garde nationale de cette ville, lorsque ce dernier, arraché de l’évêché de Saint-Dié, transformé en prison, et traîné à travers les rues de la ville par une bande de furieux, fut égorgé.
De Ménonville arrêté et jeté en prison à Epinal y demeura quatre ans. Il devait plus tard devenir maire de Deneuvre avant d’y décéder. Ainsi ce héros vosgien de l’Indépendance américaine repose-t-il tout près de la porte du petit cimetière de Deneuvre aux côtés de quelques membres de sa famille (sa femme, son fils, et la femme de celui-ci).
La tombe est simple, surmontée de trois croix de pierre. L’inscription de François-Louis de Ménonville ne porte comme titre que celui d’ancien maréchal de camp. Qui sait si cette modestie n’a pas permis l’oubli dans lequel est tombé un incontestable chef de l’armée des volontaires français pour l’Indépendance américaine.
Car en fait, si Ménonville fut oublié, il n’en fut pas de même d’un autre Vosgien, lui aussi combattant français en Amérique, Charles-Joseph-Hyacinthe du Houx, comte puis marquis de Vioménil, maréchal de France, né à Ruppes (Vosges) en 1734.
Aide de camp de Chevert, croix de Saint-Louis à 26 ans, colonel à 27 et maréchal de camp à 46 ans, il fut lui aussi un étonnant combattant, aux côtés de Lafayette et Rochambeau.
Gouverneur de la Martinique et des Iles du Vent en 1789, il combattit avec acharnement les troupes de Napoléon et se réfugia en Angleterre.
A la Restauration, nommé pair et maréchal de France en 1816, il vécut à Paris jusqu’en 1827 et fut inhumé au cimetière du Calvaire.
Deux Vosgiens à l’état-major des troupes françaises qui combttirent pour l’Indépendance d l’Amérique... et une cité (Saint-Dié) qui fournit son nom au nouvel Etat, voilà de uoi nous valoir un jour une visitprésidentielle... si M.Nixon est attentif à l’Histoire.
[René Midon, L’Est républicain, 16 mars 1969]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
THIBAUT DE MÉNONVILLE (François Louis) , général, député des Vosges
Château de Villé à Nossoncourt, 2 juillet 1740 – Deneuvre (Meurthe-et-Moselle), 5 décembre 1816
Officier du génie à 16 ans, le 1er janvier 1756, ayant le grade de lieutenant en 1757, il devient en 1760 ingénieur du Roi et il sert en Méditerranée et à Minorque de 1760 à 1762. En 1769, nommé capitaine d’infanterie, il fait partie du corps expéditionnaire envoyé en Pologne sous les ordres de Dumouriez et du maréchal de camp Antoine Charles du Houx de Vioménil pour soutenir les Polonais contre l’invasion russe. Le traité de Saint-Pétersbourg (25 juillet 1772), qui entérine le partage de la Pologne entre la Russie et l’Autriche, met fin au conflit. Pour les mérites qu’il a déployés durant cette campagne, François Louis Thibaut de Ménonville reçoit, le 2 janvier 1772, la croix de chevalier de Saint-Louis et il est nommé, le 24 mars suivant, lieutenant-colonel et affecté à l’état-major général de l’armée.
Lorsque La Fayette s’embarque avec 5000 hommes pour aller soutenir, au nom de la France, les insurgents d’Amérique, il prend comme major général son ami Thibaut de Ménonville qui, sur place, sera honoré de l’amitié et de la confiance de George Washington. Il participe à la bataille de Yorktown, ce qui lui vaut une pension de 800 livres et le titre de chevalier de l’ordre de Cincinnatus.
Il est promu brigadier des armées du Roi le 1er mai 1784, et maréchal de camp le 21 septembre 1788.
L’année suivante, le 31 mars 1789, il est élu à Mirecourt député de la noblesse pour les Etats généraux convoqués à Versailles et il y défend les prérogatives royales. En 1791, ne pouvant être élu à l’Assemblée législative, il revient dans les Vosges et s’établit à Saint-Dié. Arrêté par la municipalité à l’annonce de la trahison de Dumouriez, il réussit à s’échapper de la prison. Après la Terreur, il s’installe à Deneuvre et devient membre du Conseil général de la Meurthe. Il est inhumé au cimetière de Deneuvre ainsi que son épouse, Charlotte Hélène Choisimont de Martimprey.
Son frère, Louis Antoine Thibaut de Ménonville, chevalier, seigneur de Villé et de Jambrot, né également au château de Villé, est aussi militaire.
Il est en Amérique avec son frère durant la guerre d’Indépendance, participe aux combats de Yorktown puis se retire, avec le grade de lieutenant-colonel, dans son domaine de Villé, où il n’est pas inquiété durant la période révolutionnaire. Marié à Charlotte Hélène Félix, comtesse de Pardieu, originaire d’Haïti, il meurt à Villé le 7 août 1823. De leur mariage naissent deux enfants : Félix François, né en 1786, officier tué à Wagram en 1809, et Félix Charlotte qui épousera en 1814 François Dieudonné, baron de Ravinel, officier, seigneur de Domjulien et Géroviller.
Bibl. : Bouvier (F.).- Biographie générale vosgienne, p. 473-474.
Saint-Dizier (Guy).- Le château de Villé.- Revue Au bord de la Mortagne, N° 13, mai 1985, p. 9-12.
[Albert Ronsin]