1861 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1846 / Charles Charton
LOYE Jean-Baptiste.- Le département des Vosges a perdu, en 1860, un homme qui, par ses éminentes qualités et les fonctions importantes dont il a été chargé dans l’armée et dans l’administration, mérite, à juste titre, les regrets et la reconnaissance de ses citoyens.
Loye (Jean-Baptiste), né à Bruyères le 17 septembre 1777, était le fils de Loye (Claude), huissier au bailliage, et de Moulin (Marie-Barbe). Ses heureuses dispositions le portèrent de bonne heure vers les travaux de l’intelligence. Dès l’âge de 12 ans, il était commis au greffe du tribunal du district de Bruyères. Il fut ensuite clerc de Me Claudel, notaire receveur du district, puis commis à l’administration municipale de Bruyères.
Conscrit en l’an VII, Loye entra au 1er bataillon auxiliaire des Vosges, qui fit plus tard partie du 29e régiment de ligne.
Il se distingua sous les drapeaux par sa soumission, son ardent amour de l’ordre et ses habitudes laborieuses. Il passa successivement par les grades de sergent, de sous-lieutenant, de quartier-maître sous-lieutenant, et de quartier-maître capitaine, dans l’espace de douze années.
Mis en non activité comme toute l’armée impériale, après les désastres de 1815, il n’y resta pas longtemps. Son aptitude bien connue le fit appeler au poste de capitaine-trésorier de la légion de la Haute-Saône, qu’il conserva jusqu’en 1820, époque à laquelle il fut retraité pour infirmités contractées au service. Après avoir fait les campagnes de 1800, 1801, 1802, 1806, 1807, 1808 et 1809 à l’armée d’Italie, celles de 1810, 1812, 1813 et 1814 à la grande armée, Loye rentra dans ses foyers avec les décorations des ordres de la Légion d’honneur et de Saint-Louis.
Nommé maire de la ville de Bruyères en 1820, il remplit ces fonctions avec un zèle et un dévouement tellement remarquables, qu’après les événements politiques de 1830, le chef de l’État le nomma sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Dié.
Il fut, dans ce poste important, ce qu’il avait été partout : administrateur bienveillant et actif, s’occupant des moindres détails comme des affaires les plus importantes.
Mais les infirmités de l’officier retraité n’avaient pas quitté le Maire ni le Sous-préfet ; elles s’aggravaient, au contraire, avec le temps. En 1837, le mauvais état de sa santé lui fit un devoir de solliciter sa retraite. Il l’obtint, au grand regret de tous ses administrés et de M. le Préfet, qui aurait voulu, disait-il, le voir garder toujours ses fonctions.
Revenu à Bruyères après sa retraite administrative, comme il y était rentré après sa retraite militaire, Loye fut de nouveau appelé aux fonctions de maire, qu’il exerça de 1841 à 1847. Pendant ces six années, il rendit d’éminents services à la ville.
Le conseil municipal a offert à M. Loye une médaille d’or, que, par suite d’une souscription, ses concitoyens lui ont fait frapper comme témoignage de reconnaissance.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
LOYE (Jean-Baptiste).- Né à Bruyères le 17 septembre 1777, il fut, dès l’âge de 12 ans, commis au greffe du tribunal du district de Bruyères, puis clerc de notaire et employé à la mairie. Conscrit en 1799, il fut incorporé au 1er bataillon auxiliaire des Vosges, puis versé dans le 29e de ligne, il passa par tous les grades jusqu’à celui de capitaine et fut mis en non-activité jusqu’en 1815.
Rappelé au service en 1816, comme capitaine-trésorier de la légion d’infanterie de la Haute-SaÔne, plus tard 16e léger, il fut retraité en 1820. Il était chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre de Saint-Louis. A peine rentré dans ses foyers, le 2 octobre 1820, il fut nommé maire de Bruyères et resta en fonctions jusqu’à la Révolution de juillet 1830. Il fut alors nommé, le 22 août 1830, sous-préfet de Saint-Dié et conserva ce poste jusqu’en juillet 1837. Du 28 août 1841 à juin 1847, il fut de nouveau maire de Bruyères.
Loye est mort à Bruyères le 6 novembre 1860.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
LOYE (Jean Baptiste), administrateur civil et sous-préfet
Bruyères, 17 septembre 1777 – Bruyères, 6 novembre 1860
Jean-Baptiste Loye est le fils de Claude Loye, huissier au bailliage de Bruyères, et de Marie Barbe Moulin. A l’issue de ses études, il est admis comme employé au greffe du tribunal de Bruyères. En 1794 il devient clerc dans l’étude de M° Claudel, notaire. Il est enfin nommé commis greffier de l’administration municipale de Bruyères en 1796. Lorsqu’il effectue son service militaire en 1798, il est versé au 1e bataillon en garnison à Epinal. Il sert ensuite à Chambéry, Turin, Magenta, Milan et dans une centaine d’autres villes italiennes, énumérées dans son journal. En 1807, alors qu’il séjourne à Ancône, il est envoyé en mission à Rome. Trois ans plus tard, quand l’officier-payeur du 29e régiment d’infanterie s’enfuit avec la caisse, il est désigné par le ministre de la Guerre pour aller en Istrie régler la comptabilité du déserteur. Il participe à toutes les campagnes de l’Armée d’Italie et plus tard de la Grande Armée. En 1815 à Valenciennes, il est promu chevalier de la Légion d’honneur.
Il quitte l’armée en avril 1816 et se retire à Bruyères. Il n’y reste pas bien longtemps. Le 9 octobre 1816 il est nommé capitaine-trésorier de la Légion de la Haute-Saône. Il accompagne celle-ci à Montbrizon, puis à Lyon et à Vesoul. Ses mérites lui valent d’être nommé chevalier de Saint-Louis en 1819. Il est admis à faire valoir ses droits à la retraite, en raison de sa mauvaise santé, le 14 juin 1820.
Revenu dans sa ville natale, il ne reste pas longtemps inactif. Il est nommé maire et dès lors il se passionne pour l’administration de cette petite cité et il améliore les routes et chemins qui la desservent. Ses qualités d’administrateur civil lui valent d’être nommé commissaire-voyer en mai 1829, puis sous-préfet de Saint-Dié à l’issue de la révolution de juillet 1830.
Il accompagne le roi Louis-Philippe quand il vient visiter cette ville et il préside le Comité d’arrondissement sur l’instruction primaire. A son arrivée à Saint-Dié, 26 communes de cette circonscription territoriale sont encore privées d’écoles. Il n’y en a plus que 16 deux ans plus tard. En 1835 on y dénombre 225 écoles, 189 instituteurs, 51 institutrices et 15.540 élèves. Jean Baptiste Loye donne sa démission et se retire le 3 octobre 1837. Il est réélu maire de Bruyères le 29 août 1841. Durant son nouveau mandat, il fait notamment reconstruire l’église paroissiale (1842 à 1845) et reboiser 180 hectares de terres incultes. Il est âgé de 70 ans quand il se retire le 18 mars 1847. Napoléon III lui attribue la médaille de Sainte-Hélène le 20 janvier 1858. Quand il disparaît il est inhumé au cimetière de Bruyères où sa tombe est toujours visible.
Bibl. : La Liberté de l’Est, 24 février au 10 mars 1961.
[Georges Poull]