E. LEBON

[ Epinal (88), 1804 – Beauvais (60), 18/09/1851 ]

chef d'escadron

Biographie vosgienne

1852 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1852 / Charles Charton

LEBON E.- Originaire d’Épinal, chef d’escadron au 1er régiment de dragons, mort à Beauvais le 18 septembre 1851, à l’âge de 47 ans.

A peine sorti du lycée de Strasbourg, et dès l’âge de 17 ans, il entra dans les rangs du 1er de dragons, commandé alors par le brave colonel Dérivaux ; sous l’empire de la loi Gouvion-Saint-Cyr, il obtint de passer dans la maison du Roi, en qualité de garde du corps, compagnie de Grammont. C’est dans cette position, où il avait su se faire aimer de tous ses camarades, non seulement de cette compagnie, mais même des trois autres compagnies, que le trouva la révolution de 1830.

Licencié à cette époque et à peine convalescent d’une maladie grave qui avait failli l’enlever dans le courant de juin, il passa dix-huit mois au sein de sa famille, impatient d’être rendu à la vie active, et brûlant du désir de consacrer à son pays l’ardeur de sa jeunesse et son expérience militaire. Enfin ses désirs furent satisfaits, et, en 1832, il reçut son brevet de lieutenant au 12e de dragons.

Après plusieurs années passées dans les rangs de ce régiment, où il sut se faire autant d’amis qu’il y avait d’officiers et de soldats, et après deux cours complets à l’école de cavalerie de Saumur, il fut promu au grade de capitaine instructeur au 7e régiment de cuirassiers. Il occupait ce poste si important et où il servait avec tant de distinction, lorsque ce beau corps vint prendre garnison à Épinal. Tout le monde s’y souvient d’avoir vu Lebon, de 1845 à 1847, uniquement occupé des devoirs de son état, se distinguant parmi tous les officiers par sa belle tenue, par son attitude martiale et imposante, se faisant un plaisir de guider, par ses conseils et ses exemples, tous les jeunes officiers, qui le respectaient comme un guide éclairé et l’aimaient comme un ami plein de sollicitude et de bienveillance. C’est à Épinal, son lieu natal, qu’il reçut la croix de chevalier de la Légion d’Honneur, méritée par vingt-cinq années de bons et loyaux services, et jamais le signe de l’honneur ne recouvrit une poitrine plus digne de le porter, un coeur plus noble, plus dévoué à son pays et à ses devoirs.

Enfin, l’épaulette de chef d’escadron lui fut accordée, et le sort voulut que ce fût dans le régiment où il avait fait son apprentissage de l’art militaire, dans le 1er régiment de dragons, qu’un commandement lui fût donné. Dans ce grade supérieur, comme dans tous ceux qu’il avait successivement occupés, Lebon se fit aimer et considérer de tous. Il y avait deux mois à peine qu’il avait reçu, des mains du Président de la République, la croix d’officier de la Légion d’Honneur, et personne ne doutait qu’il ne dût bientôt obtenir un avancement qui l’acheminât vers le but que l’on se proposait au ministère de la guerre, désireux d’en faire le plus tôt possible un chef de corps, lorsque la mort est venue mettre fin à une si noble vie, à une carrière si honorablement parcourue ; elle n’a pas voulu que Lebon pût servir son pays dans un grade où un soldat peut rendre de plus signalés services, et c’est au moment où la patrie allait avoir le plus besoin de son coeur, de son bras, de son expérience, qu’il lui fut à jamais ravi, plongeant dans l’affliction sa mère, sa femme, son fils et ses nombreux parents et amis.

Nous finirons par un mot qui peint d’un trait ce qu’était Lebon et à quel point il était aimé. Le jour de sa mort, et d’un mouvement spontané, le corps d’officiers du 1er de dragons a solennellement adopté le jeune fils qu’il a laissé. On ne saurait faire un plus bel éloge d’un officier de l’armée.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

LEBON, originaire d’Épinal, chef d’escadron au 1er régiment de dragons, mort à Beauvais le 18 septembre 1851, à l’âge de 47 ans, fut un des meilleurs et des plus beaux soldats de son époque, et c’est au moment où la France allait avoir le plus besoin de son cœur, de son bras et de son expérience, que la mort impitoyable vint l’arracher à sa femme, à son fils et à ses nombreux amis.

Ce brave militaire était tellement aimé, que le jour même de sa mort, le corps d’officiers adopta solennellement son jeune fils.

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