Bernard LE BEGUE DE GIRMONT

[ Mirecourt (88), 26/06/1758 – , 00/08/1834 ]

trappiste

Abbé du Port-du-Salut, abbaye de trappistes près de Laval (Mayenne).

Biographie vosgienne

1837 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1837 / Charles Charton

LE BÈGUE DE GIRMONT Dom Bernard, trappiste.- Dom Bernard le Bègue de Girmont, ancien abbé du Port-du-Salut, abbaye de trappistes près de Laval (Mayenne), naquit à Mirecourt, le 26 juin 1758, d’une famille noble, et fit profession dans l’abbaye de Morimont, de l’ordre de Saint-Benoît, au diocèse de Langres.

La révolution l’ayant chassé de son monastère, il entra dans un ordre plus austère, et se joignit en 1798 aux trappistes qui s’étaient établis à Darsfeld en Westphalie. Bernard de Girmont y fit profession, le 1er octobre 1799, sous le supérieur du couvent dom Eugène (l’abbé Bonhomme de la Prade). Cette maison fut érigée en abbaye en 1808 ; mais les décrets de Napoléon troublèrent bientôt le calme et la prospérité dont elle jouissait. Dom Bernard avait été envoyé en France à une époque où l’empereur paraissait mieux disposé envers les établissements religieux. Après avoir été quelque temps à la tête de la communauté formée dans la forêt de Senard, et qui ne put se soutenir dans ces temps de persécutions, dom Bernard se retira au château de la Doyère, près de Laval, chez son ami, M. Le Clerc de la Roussière, qu’il avait connu durant l’émigration.

En 1814, il fut chargé par dom Eugène de fonder dans ce pays un monastère ; M. Le Clerc de la Roussière lui en fournit les moyens. Un ancien prieuré de génovéfains, appelé le Port-Ringeard, situé sur la rive gauche de la Mayenne, fut acheté ; les trappistes, qui vivaient depuis six mois chez M. de la Roussière, prirent possession, le 21 février 1815, de leur nouveau monastère, auquel on a donné le nom de Port-du-Salut. Dom Bernard en fut le premier supérieur. Il n’avait encore avec lui que quatre pères et dix convers ; mais le nombre des religieux augmenta bientôt. Cette maison a été érigée depuis en abbaye, et dom Bernard fut élu abbé. On sait que le général baron de Géramb, chambellan de l’empereur d’Autriche, qui a publié son Pèlerinage d’Orient, y fit son noviciat et sa profession sous le nom de Marie-Joseph. Là s’est aussi retiré dom Fructueux, abbé démissionnaire de Sainte-Suzanne, ce monastère d’Aragon dont il est longuement parlé dans Le Génie du Christianisme.

Jusqu’en 1811, on avait observé à Darsfeld des austérités plus grandes que celles des anciens trappistes ; mais lorsqu’on rétablit cette maison en 1814, dom Eugène conseilla de s’en tenir aux observances prescrites par la réforme de l’abbé de Rance. Plusieurs personnes sages furent du même avis, et le pape Pie VII, par un rescrit du 10 octobre 1818, adressé à dom Bernard, autorisa les religieux du Port-du-Salut à se borner aux règles de l’abbé de Rance, comme étant plus compatibles avec la faiblesse humaine que ce qui avait été établi à la Val-Sainte, dans un premier mouvement de ferveur.

Dom Bernard contribua beaucoup à l’érection du monastère de Sainte-Catherine, à l’extrémité d’un faubourg de Laval, dont M. de la Roussière fit encore les frais. Cet établissement est dirigé depuis 1816 par la mère Marie Elisabeth (Piette, de Liége) qui avait fait ses voeux à Darsfeld. En 1827, cette maison fut érigée en abbaye régulière ; la supérieure fut élue abbesse et reçut la bénédiction abbatiale des mains du père Bernard le 24 août 1827, en présence d’une foule de spectateurs que cette cérémonie avait attirée. Les religieux de Sainte-Catherine sont du même ordre que les trappistes et pratiquent une règle adaptée à leur sexe. Dom Bernard rebâtit en 1827 l’église de son monastère au moyen d’une quête qu’il fit faire dans tout le pays. La maison de Bricquebec, en Normandie, a été formée par une colonie sortie de chez lui. Ce pieux abbé a été emporté subitement au mois d’août 1834, à l’âge de 76 ans. Il avait donné sa démission depuis plusieurs années, et eut pour successeur, dom François-d’Assise (M. l’abbé Couturier de Saint-Sulpice).

1845 — Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton

Dom Bernard Le Bègue De Girmont, ancien abbé du Port—du—Salut, abbaye de Trappistes près de Laval (Mayenne), né en 1758 [à Mirecourt], mort en 1834.

(Sa biographie est dans l’Annuaire de 1837.)


[Tome 2, page 335].

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

GIRMONT (Dom Bernard le Bègue), abbé du Port-du-Salut, abbaye de trappistes, né à Mirecourt le 16 juin 1758, mort en 1834.

Il contribua pour une large part à la création du monastère de Sainte-Catherine à Laval.

1881 — Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat

GIRMONT Dom Bernard Lebègue DE.- Abbé des Trappistes de Pont-du-Salut, près de Laval, né en 1758 à Mirecourt, mort en 1834.

[.......]

LE BÈGUE DE GIRMONT Dom Bernard.- Mais non, Morimond n’est point mort tout entier, il revit dans les monastères de la Trappe ; c’est un religieux de cet antique monastère, c’est le maître des novices de la vieille abbaye, Dom Bernard Le Bègue de Girmont, né à Mirecourt, qui, après avoir mangé le pain de l’exil, où il avait porté l’héritage des traditions monastiques, en rapporta le feu sacré qui devait se rallumer parmi nous.

Le 21 février 1815, Dom Bernard prenait possession, près de Laval, sur la rive gauche de la Mayenne, d’un vieux monastère demi-ruiné, que lui avait donné un riche seigneur breton, Leclerc de La Roussière, qui, en émigration, avait promis à Dieu, s’il le ramenait dans sa patrie, d’employer une part de sa fortune à fonder un couvent cistercien. Le nouveau monastère fut érigé en abbaye par une bulle de Pie VII, en 1816.

Dom Bernard avait obtenu de la bibliothèque de Chaumont qu’on lui rendît les livres liturgiques enlevés à Morimond ; le dernier abbé de Morimond, Dom Chautan, originaire de Metz, mourant en 1828, léguait par testament à l’abbaye de Port-du-Salut sa chapelle, ses livres et d’autres objets provenant de son abbaye, et quelques ossements de saint Bernard.

Dom Bernard de Girmont, vers la fin de sa vie, voulant tourner vers le ciel toutes ses pensées et s’occuper uniquement du soin de son âme, se déchargea du fardeau de l’autorité, en 1830, laissant à son successeur 70 cénobites, tant profès que novices, et il mourut saintement, en 1834, à l’âge de soixante-seize ans.

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

GIRMONT (Bernard Le Bègue).- Dom Le Bègue de Girmont, né à Mirecourt le 26 juin 1758, se voua à la vie monastique à l’abbaye de bénédictins de Morimont, près Langres. Émigré en Allemagne en 1791, il se retira au monastère de Darsfeld, en Westphalie.

Il devint en 1815 abbé du Port-du-Salut, abbaye de l’ordre de la Trappe, dans le département de la Mayenne, et construisit l’abbaye do Ste-Catherine, dans un des faubourgs de Laval (Mayenne).

Il est mort subitement en août 1834.

1948 — La Liberté de l’Est

Hommes célèbres de Mirecourt


Une remarque que fera toute personne qui s’occupera des hommes de Mirecourt qui ont acquis de la célébrité, c’est qu’ils n’ont commencé à se produire pour la première fois qu’en 1564. Cela se comprend facilement. Les habitants n’étant sortis du servage qu’en 1234, ils n’ont pu être complètement organisés que longtemps après.

Il n’y avait un peu d’instruction que chez les membres du clergé qui habitaient la ville. La masse du peuple était encore dans l’ignorance la plus crasse. Si les difficultés furent grandes pour propager l’instruction primaire, elles durent l’être bien davantage lorsqu’il fut question de créer des établissements d’instruction supérieure.

C’est de là que sont sortis en majeure partie les hommes supérieurs dont notre ville s’honore.

Le premier qui a paru est Pierre Fourier, qui naquit le 30 novembre 1565, moment où l’ignorance dominait. Ses parents habitaient dans une petite maison, qui porte encore son nom aujourd’hui, rue Brisgaine. Il fut nommé curé de Mattaincourt en 1597 ; il trouva ce petit village dans le plus grand désordre. En peu de temps, par son exemple et ses prédications, il parvint à y établir l’ordre et à s’y faire aimer et honorer. En 1636, il fut nommé curé de Gray où il mourut en 1640.

Nous trouvons parmi les célébrités mirecurtiennes :

- Garizot Jean, célèbre chirurgien,

- Perthemin Dominique, savant médecin né en 1580, mort en 1665,

- Collin Dominique, graveur, né le 30 mai 1625, décédé en 1681,

- Canon Pierre, avocat à Mirecourt, puis procureur général à la cour souveraine (pour rendre honneur à ses hauts mérites, le conseil municipal a donné son nom, en 1858, à une des rues de la ville),

- Lupot Jean-François, né le 25 juillet 1685, mort en 1749, qui sculptait avec un talent supérieur des Vierges et des Christ en bois (la ville, pour perpétuer sa mémoire, a donné son nom à la rue qu’il habitait),

- Parizot Nicolas, professeur à l’école de médecine, médecin du roi Stanislas,

- Lebèque de Girmont, supérieur de l’abbaye des trappistes, né en 1758, mort en 1834.

Mirecourt a produit beaucoup d’autres sujets distingués, mais qui sont inférieurs en mérite à ceux cités plus haut.


[Anonyme, La Liberté de l’Est, 18 août 1948]

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