1846 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1846 / Charles Charton
LALLEMAND Alexis.- Maître de forges, et membre du conseil général. La ville de Plombières est celle où M. Lallemand (Alexis) reçut le jour, le 11 novembre 1771. Sa famille jouissait, dans le pays, d’une considération justement méritée. Son père avait exercé longtemps les fonctions de maire de Plombières, il s’y était distingué par une grande capacité, un jugement sain, un dévouement entier aux intérêts de ses concitoyens, qui plus d’une fois l’avaient chargé de défendre leurs droits auprès de l’intendant de Lorraine. M. Lallemand commença ses études au collège d’Épinal, mais, malgré son désir, il ne put les achever. La Révolution française renversa cet établissement et en dispersa les maîtres et les élèves. Sa vocation le lança dans la carrière du commerce et de l’industrie.
Dès l’âge de 16 ans, il fut appelé à remplir un emploi de commis dans les forges du Blanc-Murger, dont un de ses oncles était le régisseur. Son intelligence et son énergie y furent tout d’abord mises à l’épreuve. Il était à peine installé dans sa modeste place que son oncle se vit obligé de quitter les forges après de vifs débats avec les propriétaires qui, sur la foi d’un compte inexact, bien que dressé par un des meilleurs comptables de la Franche-Comté, réclamaient injustement de lui le remboursement d’une somme considérable. Le jeune Lallemand résolut de réparer l’outrage ainsi fait à l’honneur et à la probité de son oncle ; il révisa le compte, avec la plus sérieuse attention et l’impartialité la plus scrupuleuse, il y découvrit de nombreuses erreurs, et il finit par prouver, d’une manière irrécusable, que son oncle, au lieu d’être le débiteur des forges du Blanc-Murger, était au contraire leur créancier pour une somme de 10 000 francs qui fut aussitôt versée entre ses mains. M. Lallemand eut ainsi le bonheur de sauver la réputation et la fortune de son parent.
Un honorable fabricant du pays, M. Colombier père, qui possédait les forges de Mortagne, d’Autrey, de Génavois, de Rambervillers, du Quénot et de la Hutte s’attacha ensuite le jeune Lallemand, l’employa comme son principal commis et lui remit, quoiqu’il fût seulement âgé de 23 ans, la direction des forges importantes de la Hutte.
Dans ce poste difficile qu’il occupa longtemps, M. Lallemand eut à déployer toute l’activité de son esprit, à dépenser toutes les ressources de son intelligence, et à se servir de toute la puissance de sa vigoureuse constitution. Les écritures, la comptabilité, la fabrication, les commandes, les expéditions, les approvisionnements, ses soins embrassaient tout ; sa surveillance s’exerçait la nuit comme le jour. Les intérêts du propriétaire des usines ne pouvaient trouver un représentant plus zélé, un soutien plus dévoué. M. Lallemand acquit, dès ce moment, une telle réputation de probité et de capacité qu’un des maîtres de forges voisins lui offrit une place beaucoup plus lucrative, mais il la refusa pour ne point se séparer de M. Colombier, à qui il était sincèrement attaché.
Quelques années après, en 1803, M. Lallemand, marié et père de famille, dut songer à élever à son tour un établissement métallurgique où il pût à la fois se créer une position indépendante et assurer son avenir et celui de ses enfants. Il se décida à prendre à bail la forge d’Uzemain et il fallait pour cela qu’il comptât beaucoup sur ses moyens personnels, sur son expérience et son amour du travail. Car la forge d’Uzemain était arrêtée depuis plus de 15 ans ; elle était dépourvue de ses moteurs, de ses marteaux, de ses soufflets, de ses cheminées : elle était complètement abandonnée et tombée dans l’oubli. M. Lallemand redonna la vie à ce corps inanimé. Ses ressources pécuniaires étaient bornées ; elles ne lui auraient certainement pas permis de relever cette usine et d’en entreprendre l’exploitation, mais son excellente réputation lui vint en aide, lui gagna la confiance des capitalistes et lui ouvrit chez eux un crédit illimité, dont il se garda toutefois d’abuser.
M. Lallemand monta d’abord un feu de forge et un martinet, mais comme l’exercice de cette industrie était loin d’occuper tous ses moments et de satisfaire son infatigable activité, il ne tarda pas à fonder sur une grande échelle un commerce de bois, de planches et de merrains. Ses relations s’étendirent au loin, ses entreprises prospérèrent ; son crédit jeta de profondes racines et ses spéculations eurent tant de succès que, en 1816, il conçut l’idée de devenir propriétaire de la forge d’Uzemain et de la transformer en une vaste fabrique. Il acheta donc cette usine, où il établit aussitôt un second feu : il fit en outre construire un laminoir, creuser des canaux, agrandir le réservoir, bâtir des logements de maîtres et d’ouvriers ; des jardins, des plantations, des promenades embellirent en même temps les lieux et leur ôtèrent ce qu’ils avaient de sauvage dans leur aspect.
M. Lallemand se livra avec une nouvelle ardeur à l’industrie des fers, il s’entoura de bons ouvriers ; il les dirigea, les aida de ses conseils, les encouragea et les amena à réaliser son espoir de porter les forges d’Uzemain au nombre des usines les plus recommandables de la contrée. Ses produits se firent bientôt remarquer par la perfection de leurs qualités : ils furent incontestablement jugés propres, sous tous les rapports, à la fabrication des armes de guerre et des armes de luxe ; les manufactures royales de Saint-Étienne, Mutzig, Maubeuge et Charleville les recherchèrent ; l’usage qu’elles en firent leur prouva qu’ils l’emportaient sur ceux d’un grand nombre de forges et mit M. Lallemand en possession du privilège presque exclusif d’approvisionner ces manufactures de ses fers, qui les alimentent encore aujourd’hui. Les établissements industriels de l’Alsace et de Paris voulurent également s’en servir ; des commandes nombreuses arrivèrent de ces deux points au maître de forges d’Uzemain ; sollicité d’une manière aussi pressante, il se vit obligé en 1834 de doubler sa fabrication par la construction de nouvelles usines, et cependant il lui fut encore impossible d’accueillir toutes les demandes qui lui étaient adressées. La supériorité de ses fers, secondée du reste par son exactitude à remplir ses engagements, le mit à même de faire rouler ses usines en tout temps, tandis que d’autres forges moins heureuses chômaient ou s’effaçaient.
L’activité de M. Lallemand ne connaissait pas de bornes : ce n’était pas assez pour lui de fonder des usines, de les surveiller, de les diriger, de placer leurs produits ; il lui fallait encore d’autres occupations non moins sérieuses, non moins utiles. Artisan de sa fortune, il voulut en employer une partie à fertiliser les terres stériles qui l’environnaient ; ces terres ne produisaient rien en quelque sorte ni pour la nourriture de l’homme ni pour celle du bétail : le froment, les plantes sarclées, les fourrages nourrissants y étaient pour ainsi dire inconnus.
M. Lallemand acheta la plus grande quantité possible de ces terrains ingrats ; il y fit exécuter des travaux de nivellement, de défrichement et de dessèchement ; il les amenda, les arrosa, les purgea de toutes les plantes parasites et inutiles qui s’y étaient multipliées ; il en changea en un mot la nature et l’aspect. Des uns, il fit des champs où il sema des blés, des betteraves, des pommes de terre ; il convertit les autres en prairies soumises à un système d’irrigation bien entendu et fécondes en produits. Ailleurs, sur des coteaux rebelles à la culture, il fit effectuer des plantations d’essences diverses, et bientôt il n’apparut plus dans les environs de ses forges aucun coin de terre qui ne fût cultivé et productif. Il était heureux de porter ses regards sur ces créations de tout genre et fier de les montrer aux voyageurs qui venaient le visiter fréquemment et qui étaient toujours certains de trouver chez lui un accueil affectueux et une large hospitalité.
Cependant les travaux industriels, les améliorations agricoles, les relations commerciales de M. Lallemand ne lui suffisaient pas encore. Il entra dans la carrière administrative. La confiance de l’autorité l’appela aux fonctions de maire d’Uzemain, la confiance des électeurs, ses compatriotes, lui assigna un siége au conseil général du département. Il administra sa commune pendant 13 ans ; il en resta 12 au conseil général. Lorsqu’il prit les rênes de l’administration municipale, les ressources financières étaient obérées et la commune endettée. M. Lallemand parvint non seulement à éteindre la dette dans quelques années, mais encore à pourvoir aux besoins les plus urgents.
Grâce à la constance de ses efforts et à leur sage direction, il dota le village d’une nouvelle maison d’école ; il mit en état de viabilité les chemins vicinaux et il satisfit à toutes les exigences de la situation d’une commune populeuse et étendue, mais dénuée de revenus.
Comme membre du conseil général, il se fit remarquer par son exactitude rigoureuse à assister à toutes ses réunions. Il s’associa à toutes les mesures utiles, à tous les voeux inspirés par les sentiments les plus généreux, à toutes les délibérations qui avaient en vue le bien-être des populations, la protection des intérêts de l’agriculture, de l’industrie et du commerce ; son dernier voeu, celui qu’il aurait voulu voir s’accomplir avant sa mort, était pour l’établissement d’un impôt sur les chiens, au profit des classes pauvres, dans l’intérêt de l’humanité, et pour éloigner de nous les horribles effets de la rage.
Électeur politique, M. Lallemand, ennemi des idées rétrogrades, se montra toujours partisan des principes d’une liberté sans licence et d’un progrès sans secousses.
Sa carrière fut longue et remplie : M. Lallemand travailla jusqu’au bout. Atteint d’une maladie mortelle, il vit sans aucune inquiétude arriver le terme de ses jours et, après avoir vécu en honnête homme, il mourut en chrétien à Épinal, le 14 décembre 1845. Sa perte fut vivement sentie par sa famille et ses amis ; elle ne le fut pas moins par ses ouvriers, dont il était à la fois le père et le maître. Ses forgerons lui donnèrent une dernière preuve de leur attachement et de leur reconnaissance, en se rendant tous à Épinal, malgré une longue distance et une affreuse journée d’hiver, pour assister, avec les notabilités de la ville, à la célébration de ses funérailles, et en se faisant un devoir de porter eux-mêmes ses dépouilles mortelles à l’église. Le corps de M. Lallemand repose dans le cimetière d’Uzemain.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
LALLEMAND (Alexis), naquit à Plombières le 11 novembre 1771. Sa famille jouissait dans le pays d’une considération justement méritée. Son père avait exercé longtemps les fonctions de maire de Plombières : il s’y était distingué par une grande capacité, un jugement sain, un dévouement entier aux intérêts de ses concitoyens, qui, plus d’une fois, l’avaient chargé de défendre leurs droits auprès de l’intendant de Lorraine.
Dès l’âge de 16 ans, il entra en qualité de commis dans les forges de Blanc-Murger, dont un de ses oncles était régisseur. Son intelligence et son énergie y furent tout d’abord mises à l’épreuve. Il était à peine installé dans sa modeste place que son oncle se vit obligé de quitter les forges.
Après de vifs débats avec les propriétaires qui, sur la foi d’un compte inexact, bien que dressé par un des meilleurs comptables de la Franche-Comté, réclamaient injustement de lui le remboursement d’une somme considérable, le jeune Lallemand résolut de réparer l’outrage ainsi fait à l’honneur et à la probité de son oncle ; il revisa le compte, avec la plus sérieuse attention et l’impartialité la plus scrupuleuse, et y découvrit de nombreuses erreurs ; il finit par prouver, d’une manière irrécusable, que son oncle, au lieu d’être le débiteur des forges de Blanc-Murger, était au contraire leur créancier pour une somme de dix mille francs, qui fut aussitôt versée entre ses mains.
Lallemand eut ainsi le bonheur de sauver la réputation et la fortune de son parent.
Un honorable fabricant du pays, M. Colombier, père, qui possédait les forges de Mortagne, d’Autrey, de Génauvois, de Rambervillers, du Quénot et de la Hutte, s’attacha ensuite le jeune Lallemand, l’employa comme son principal commis, et lui remit, quoiqu’il fut seulement âgé de 23 ans, la direction des forges importantes de la Hutte.
Dans ce poste difficile qu’il occupa longtemps, Lallemand eut à déployer toute l’activité de son esprit, à dépenser toutes les ressources de son intelligence, et à se servir de toute la puissance de sa vigoureuse constitution. Les écritures, la comptabilité, la fabrication, les commandes, les expéditions, les approvisionnements, ses soins embrassaient tout ; sa surveillance s’exerçait la nuit comme le jour. Les intérêts du propriétaire des usines ne pouvaient trouver un représentant plus zélé, un soutien plus dévoué. Lallemand acquit, dès ce moment, une telle réputation de probité et de capacité, qu’un des maîtres de forges voisin lui offrit une place beaucoup plus lucrative, mais il la refusa pour ne point se séparer de M. Colombier à qui il était sincèrement attaché.
En 1803, Lallemand marié et père de famille dut songer à élever à son tour un établissement métallurgique où il pût à la fois se créer une position indépendante et assurer son avenir et celui de ses enfants.
Il se décida à prendre à bail la forge d’Uzemain, et il fallait pour cela qu’il comptât sur ses moyens personnels, sur son expérience et son amour du travail, car la forge d’Uzemain était en ruines, complètement abandonnée. Lallemand redonna la vie à ce corps inanimé. Ses ressources pécuniaires ne lui auraient pas permis de relever cette usine et d’en entreprendre l’exploitation ; mais son excellente réputation lui vint en aide, lui gagna la confiance des capitalistes qui lui ouvrirent un crédit illimité.
Lallemand monta d’abord un feu de forge et un martinet, un commerce de bois, de planches et de merrains : ses spéculations eurent tant de succès, qu’en 1816, il devint propriétaire de la forge d’Uzemain et la transforma en une vaste fabrique ; il fit construire un laminoir, creuser des canaux, agrandir le réservoir, bâtir des logements de maître et d’ouvriers ; des jardins, des plantations, des promenades embellirent en même temps les lieux et leur ôtèrent ce qu’ils avaient de sauvage dans leur aspect. Lallemand se livra avec une nouvelle ardeur à l’industrie des fers ; les forges d’Uzemain furent placées au nombre des usines les plus recommandables de la contrée. Ses produits se firent bientôt remarquer par la perfection de leurs qualités ; ils furent incontestablement jugés, propres sous tous les rapports, à la fabrication des armes de guerre et des armes de luxe ; les manufactures royales de Saint-Étienne, Mutzig, Maubeuge et Charleville les recherchèrent, l’usage qu’elles en firent leur prouva qu’ils l’emportaient sur ceux d’un grand nombre de forges, et mit Lallemand en privilège presque exclusif d’approvisionner ces manufactures de ses fers, qui les alimentent encore aujourd’hui.
Les établissements industriels de l’Alsace et de Paris voulurent également s’en servir ; des commandes nombreuses arrivèrent de ces deux points au maître de forges d’Uzemain ; il se vit obligé, en 1834, de doubler sa fabrication par la construction de nouvelles usines.
L’activité de Lallemand ne connaissait pas de bornes : il lui fallait encore d’autres occupations non moins sérieuses, non moins utiles. Il acheta la plus grande quantité possible des terrains ingrats avoisinant son usine, il y fit exécuter des travaux de nivellement, de défrichement et de dessèchement ; il les amenda, les arrosa, les purgea de toutes les plantes parasites et inutiles qui s’y étaient multipliées ; il en changea la nature et l’aspect.
Sur les coteaux rebelles à la culture, il fit effectuer des plantations d’essences diverses, et bientôt il n’apparut plus dans les environs de ses forges, aucun coin de terre qui ne fût cultivé et productif. Il était heureux de porter ses regards sur ces créations de tout genre, et fier de les montrer à ses nombreux amis qui venaient le visiter fréquemment et qui étaient toujours certains de trouver chez lui un accueil affectueux et une large hospitalité.
Les travaux industriels, les améliorations agricoles, les relations commerciales de Lallemand ne lui suffisaient pas encore. Il entra dans la carrière administrative. Il fut nommé maire d’Uzemain et membre du conseil général des Vosges. Il administra sa commune pendant treize ans ; il en resta douze au conseil général. Grâce à la constance de ses efforts et à leur sage direction, il dota le village d’une nouvelle maison d’école, il mit en état de viabilité les chemins vicinaux, et il satisfit à toutes les exigences de la situation d’une commune populeuse et étendue, mais dénuée de revenus.
Comme membre du conseil général, il se fit remarquer par son exactitude rigoureuse à assister à toutes ses réunions. Il s’associa à toutes les mesures utiles, à tous les vœux inspirés par les sentiments les plus généreux, à toutes les délibérations qui avaient en vue le bien-être des populations, la protection des intérêts de l’agriculture, de l’industrie et du commerce; son dernier vœu, celui qu’il aurait voulu voir s’accomplir avant sa mort, était l’établissement d’un impôt sur les chiens, au profit des classes pauvres, dans l’intérêt de l’humanité, et pour éloigner de nous les funestes effets de la rage.
Atteint d’une maladie mortelle, il vit sans aucune inquiétude arriver le terme de ses jours, et, après avoir vécu en honnête homme, il mourut en chrétien, à Épinal, le 15 décembre 1845. Sa perte fut vivement sentie par sa famille et ses amis ; elle ne le fut pas moins par ses ouvriers dont il était à la fois le père et le maître. Ses forgerons lui donnèrent une dernière preuve de leur attachement et de leur reconnaissance, en se rendant tous à Épinal, malgré une longue distance et une affreuse journée d’hiver, pour assister avec les notabilités de la ville, à la célébration de ses funérailles, et en se faisant un devoir de porter eux-mêmes ses dépouilles mortelles à l’église. Il est enterré au cimetière d’Uzemain.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
LALLEMAND (Alexis), maître de forges
Plombières, 11 novembre 1771 – Epinal, 15 décembre 1846
Il entre à partir de 1787 en qualité de simple employé dans les forges du Blanc-Murger (commune de Bellefontaine) où son oncle Gabriel Mignard est régisseur. Malgré son âge, il lui rend de grands services. A 23 ans, il se voit confier par M. Colombier la direction de la forge de la Hutte (canton de Darney), après avoir été commis de celle de Mortagne à Brouvelieures. En 1803, il désire se créer une situation indépendante et se décide à prendre à bail la forge d’Uzemain. Bientôt il redonne vie à cet établissement languissant et ses affaires ont tant de succès qu’il se rend acquéreur de l’usine en 1816.
Pour pallier l’insuffisance du cours d’eau qui fournit l’énergie hydraulique nécessaire au roulement de ses ateliers, il achète en 1819 un moulin sur le ruisseau de Rasey et y construit l’année suivante un martinet secondaire. En 1831, il expose à Epinal une barre de fer forgée, échantillon de celles qui sont employées pour la fabrication des canons de fusils dans les manufactures d’armes de Saint-Etienne et de Mutzig, ses principaux clients. En 1833, il fait fonctionner 2 feux d’affinerie, une renardière, une platinerie, un martinet et un laminoir qui emploient en tout une trentaine d’ouvriers permanents. Il tire ses fontes de la Haute-Saône et produite des fers fins d’une qualité appréciée. Ne pouvant satisfaire la demande, il augmente le martinet de Rasey d’un feu de forge en 1836. Son chiffre d’affaire s’élève à 300 000 francs en 1844.
Pendant 13 ans il est à la tête de la municipalité d’Uzemain et de 1833 à sa mort, il représente le canton de Xertigny au conseil général.
Bibl. : Annuaire des Vosges, pages 169-173.
[Pierre Heili]