André HILDEBRAND

[ Issenheim (67), 27/07/1787 – Xertigny (88), 09/05/1862 ]

maître de forges

Biographie vosgienne

1863 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1863 / Charles Charton

HILDEBRAND André.- Maître de forges à Semouse, commune de Xertigny, est mort le 9 mai 1862 à l’âge de 75 ans.

Il avait débuté fort jeune dans les établissements importants de la compagnie des forges d’Audincourt, où son aptitude le fit remarquer. Mme de Buyer l’appela à la direction de la manufacture de la Chaudeau ; il y a laissé des souvenirs honorables pour ses patrons et pour lui. Devenu propriétaire par acquisition, de la petite usine de Semouse, on vit bientôt cette usine se transformer et s’agrandir sous la main créatrice de M. Hildebrand.

Sa rare intelligence lui fit pressentir les moments critiques que la métallurgie devait traverser : à la production du fer brut, il joignit des laminoirs, créa l’importante manufacture de Plombières, organisa la fabrication des fers blancs, des outils aratoires, des couverts étamés, des ustensiles de ménage ; c’est ainsi qu’il prévint la crise et assura le travail de 700 ouvriers. Le jury de l’exposition universelle de Paris le désigna en 1855 pour la croix de la Légion d’Honneur. Tous ses confrères des Vosges et de la Haute-Saône applaudirent à cette distinction qui vint le surprendre à Semouse. C’est aussi là que l’Empereur est allé visiter l’homme qui s’illustrait par ses travaux et par sa bienfaisance.

Il y a fondé une caisse d’épargne, une école gratuite, une chapelle, des pensions aux veuves et des secours aux orphelins de ses ouvriers. Sa carrière a été une longue suite d’actes de modestie et d’abnégation.

Ses derniers moments ont été marqués par la plus édifiante résignation aux décrets de la Providence. Sa mort a été celle d’un parfait chrétien. 1500 personnes assistaient à son enterrement.

M. de Pruines, son gendre et son successeur, après avoir été pendant 20 ans son collaborateur, marche sur ses traces, dignement secondé par Mme de Pruines. Leur générosité et leur dévouement consolent les habitants du pays de la perte de M. Hildebrand.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

HILDEBRAND (André), maître de forges Issenheim (Haut-Rhin), 27 juillet 1787 - Xertigny-Sémouse, 9 mai 1862 D’abord établi à Fontenoy-le-Château, il se rend acquéreur des forges de Sémouse, déclinantes, en 1833 et leur donne un nouvel essor. A partir de 1837, il entreprend la construction de la Forge Neuve à 1 km en aval de Sémouse, sur la même rivière.

En 1842, il se rend acquéreur des ruines de la faïencerie de Plombières, qui venait de brûler, et la transforme en une manufacture de taillanderie qui emploie très vite un grand nombre d’ouvriers.

Dans chacune de ses usines, il adopte des procédés nouveaux : laminoirs à cylindres, machines à vapeur, récupération de l’air chaud des feux d’affinerie, remplacement progressif du charbon de bois dans ces feux d’affinerie par de la houille, essais d’utilisation de la tourbe, etc... Il fait reconstruire à neuf les ateliers de Sémouse dans une belle architecture qui allie la pierre de taille, la charpente métallique et de grandes verrières ; il leur adjoint des cités pour les ouvriers.

En 1861, un an avant sa mort, les usines de Sémouse et de la Forge Neuve valent 200 000 francs, font travailler 150 personnes, disposent d’une force hydraulique de 160 chevaux mettant en mouvement 7 martinets et laminoirs. Elles produisent 600 tonnes de tôles par an pour une valeur de 300 000 francs. La même année, la manufacture de Plombières emploie 263 ouvriers dont 60 femmes et 72 enfants, dispose d’une machine à vapeur de 35 CV et 80 machines diverses et produit 550 tonnes d’objets divers en fer battu pour une valeur de 550 000 francs. C’est alors la plus grosse entreprise métallurgique du département.


[Pierre Heili]

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