François Nicolas Benoît HAXO

[ Lunéville (54), 24/06/1774 – , 25/06/1838 ]

lieutenant général

Grand Officier de la Légion d’Honneur (1821).

Biographie vosgienne

1839 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1839 / Charles Charton

HAXO François Nicolas Benoît.- Lieutenant général. La famille du général Haxo, que l’armée a perdu en 1838, étant originaire d’Étival, cette circonstance nous autorise à le compter parmi les hommes célèbres de notre département, et à mettre sous les yeux de nos lecteurs sa biographie, dont nous avons puisé les éléments dans la notice que M. le commandant du génie Mengin lui a consacrée.

Haxo (François-Nicolas-Benoît), lieutenant général, pair de France, conseiller d’état, inspecteur général des fortifications, grand cordon de l’ordre de la légion d’honneur, commandeur de Saint-Louis, grand cordon de l’ordre de Léopold de Belgique, etc., naquit le 24 juin 1774 à Lunéville, où son père exerçait les fonctions de maître des eaux et forêts. Il fit ses études avec distinction au collège de Navarre à Paris, et entra le 1er septembre 1797, en qualité d’élève sous-lieutenant, à l’école d’artillerie de Chalons. Lieutenant de mineurs le 1er juin 1793, il fut en 1794 promu au grade de capitaine du génie et assista au siége de la tête de pont de Mannheim, au blocus de Mayence et a toutes les opérations militaires qui eurent lieu sur les bords du Rhin en 1794 et 1795.

De retour à Paris en 1796, il suivit le cours de l’école polytechnique, et l’année suivante, il fut envoyé à Bitche, ensuite à Genève, où il fit exécuter des travaux importants. En 1800, il traversa, avec l’armée de réserve, le mont Saint-Bernard, dirigea le siége du fort de Bard, prit part aux combats de Monzonbano et de Caldiero, et reçut, le 5 mars 1801, le brevet de chef de bataillon.

Employé pendant six années en Italie, il s’y fit remarquer var une rare habileté et une entente parfaite de son art. Les fortifications de la Rocca d’Anfo et de Peschiera furent élevées par ses soins. Les ouvrages de cette dernière place, trouvés d’abord trop considérables par l’empereur qui les approuva ensuite, déterminèrent le commandant Haxo à écrire un mémoire militaire, où il démontra toute l’importance de la position de Peschiera pour la défense de l’Italie, et que Napoléon envoya plus tard, en 1813, au prince Eugène, chargé de cette défense. Au mois d’avril 1807, le chef de bataillon Haxo partit pour la Turquie avec quelques officiers d’élite, chargé de la mission d’aider le sultan à mettre Constantinople à l’abri des attaques des flottes anglaises. Il revint la même année à Peschiera et fut attaché au général Chasseloup comme sous-chef d’état-major.

Il fut envoyé, au mois de septembre 1808, en Espagne, assista au siége de Saragosse, fut chargé de la principale attaque et contribua puissamment à la prise de cette ville, défendue par 30 000 hommes des meilleures troupes d’Espagne et un pareil nombre d’habitant, contre un corps d’environ 16 000 Français et Polonais. La brillante conduite et les succès du chef de bataillon Haxo lui valurent le grade de colonel, auquel il fut nommé le 2 mars 1809.

Il prit part, en 1809 au combat de Belchite, et en mai 1810, le général Suchet lui confia la direction du siége de Lérida, dont les Français s’emparèrent au bout de 15 jours.

Dans le cours de la même année 1810, le colonel Haxo fut employé au siége de Méquinenza, qui capitula après 6 jours de tranchée : c’est à l’issue de ce siége qu’il fut élevé au grade de maréchal de camp. Il fit ensuite partie des troupes qui bloquèrent la place de Tortose et conçut le projet d’attaque de cette place, projet dont l’exécution eut lieu en décembre 1810.

Le général Haxo fut en 1811 appelé au comité des fortifications, dont il partagea les travaux avec une activité et un zèle remarquables, et où il donna de nouvelles preuves de sa haute capacité, à l’occasion surtout des ouvrages à exécuter pour garantir le port de Cherbourg contre les entreprises des Anglais. Dans la discussion qui s’ouvrit relativement à ces ouvrages, il eut à combattre l’opinion de l’empereur et il le fit avec indépendance et avec succès.

Devenu inspecteur des forteresses de la Pologne, il s’acquitta de cette mission, comme de toutes celles qu’il eut à remplir, de la manière la plus distinguée.

En 1812, commandant le génie du 1er corps de la grande armée, il prit part aux affaires de Smolensk, de la Moskova et aux divers combats qui signalèrent la malheureuse campagne de Russie. Partout il montra qu’il unissait l’intrépidité du général à l’habileté de l’ingénieur. A l’issue de cette campagne, l’empereur le promut au grade de lieutenant général, dont une maladie grave, qui l’atteignit presque aussitôt, faillit l’empêcher de prendre possession.

Le 6 mars 1813, il devint gouverneur de Magdebourg, qu’il mit promptement en état de défense ; vers la même époque, il refusa, comme n’entrant ni dans son caractère ni dans ses goûts, l’emploi d’aide de camp de l’empereur, qui l’attacha à sa garde en qualité de commandant du génie. Il se trouva à la bataille de Kulm, où il fut blessé et fait prisonnier. Emmené en Hongrie après cette malheureuse affaire, il ne rentra en France qu’à la paix de 1814.

Le gouvernement de la restauration s’empressa d’utiliser les talents du général Haxo dès son retour dans sa patrie. Il reprit sa place au comité des fortifications, et le ministre de la guerre le chargea d’une reconnaissance générale sur les frontières de la Suisse et de la Savoie. L’empereur ayant effectué, au mois de mars 1815, son débarquement en France, les Bourbons voulurent s’opposer à sa marche triomphale, et organisèrent contre lui une armée qui fut placée sous les ordres du duc de Berry, et où le général Haxo fut nommé commandant du génie ; mais cette armée n’agit point et le Roi fut obligé de quitter la France avec sa famille. Le général se crut dès lors libre de tout engagement envers les Bourbons et vint offrir ses services à l’empereur, qui les agréa et lui rendit ses fonctions de commandant du génie, dans la garde impériale.

Lors de la seconde invasion, en 1815, le général Haxo fit environner la capitale de fortifications de campagne, partit ensuite pour l’armée, assista, à côté de l"empereur, à la désastreuse bataille de Waterloo, suivit l’armée sur les bords de la Loire, et essaya, mais en vain, d’en prévenir le licenciement, que le nouveau gouvernement ne tarda pas à prononcer. Rétabli par le Roi dans ses fonctions d’inspecteur général des fortifications, il s’attacha à s’acquitter des devoirs de cette charge avec un dévouement toujours plus utile aux intérêts du pays. De concert avec les autres membres du comité des fortifications, il s’appliqua à relever de leurs ruines les places fortes du royaume. Belfort, Grenoble, Besançon, Dunkerque, Saint-Omer, Sedan, le fort l’Écluse virent successivement améliorer leurs remparts ; on évalue à 70 le nombre des places pour lesquelles il prépara des projets de reconstruction qui tous ont été exécutés ou sont en cours d’exécution, et il convient de dire, à la louange du général, qu’il sut économiser dans ces travaux, autant qu’il était possible, les deniers de l’État.

Comme on le voit, la paix, loin de le rendre au repos, imprima encore plus d’activité à sa vie. Non content de diriger les ouvrages multipliés qu’il avait conçus, il étudia les modifications que le système de fortifications pouvait recevoir, et composa, sous le titre d’Études, un traité qui renferme le fruit de ses méditations et de son expérience. Son attention se porta en outre sur un grand nombre de questions politiques et militaires, et il rédigea, sur ces questions, diverses notes qu’il présenta au Gouvernement, et qui toutes contiennent les vues les plus sages et les plus utiles.

La révolution de 1830 fut accueillie avec joie par le général Haxo, qui se montra l’un des plus zélés partisans du Gouvernement national qu’elle a produit, et qui, dans toutes les circonstances, témoigna de son attachement à la patrie.

Lors de la campagne de Belgique, en 1831, il commanda en chef l’arme du génie ; l’année suivante, en 1832, il acquit de nouveaux titres à la reconnaissance du pays, par le siége mémorable de la citadelle d’Anvers, dont les Français s’emparèrent au bout de 24 jours de tranchée, du 30 novembre au 23 décembre, malgré la force de la garnison, le feu continu des assiégés et les rigueurs de la saison.

Là se terminèrent les hauts faits d’armes du général Haxo. Appelé peu de temps auparavant à siéger à la chambre des pairs, il partagea son temps entre ces nouvelles fonctions, celles qu’il remplissait au conseil d’État, dont il était membre depuis 1830, et ses travaux d’ingénieur. Il mourut le 25 juin 1838, après avoir parcouru une longue et glorieuse carrière, et en laissant un fils qui, sans doute, s’efforcera d’imiter les nobles exemples de son père.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

HAXO (François-Nicolas-Benoît, baron), lieutenant-général, pair de France, inspecteur-général des fortifications, conseiller d’État, etc., né à Lunéville, le 24 juin 1774, mort à Paris, le 25 juin 1838, était de la même famille, mais d’une autre branche, originaire d’Etival, canton de Raon-l’Étape.

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