1831 —
Dictionnaire des artistes de l’Ecole française au XIXe siècle
DUTAC Jeune, peintre de paysages, né à Epinal.
A exposé, en 1817, La cascade de Tendon, dans les Vosges.
En 1819, La cascade de Richembach, au canton de Berne ; La vallée d’Oberhasli ; trois autres paysages.
En 1822, Le pont des chèvres dans la vallée de Lauterbrunn, canton de Berne ; Une chute d’eau sur les bords de la Moselle ; plusieurs études.
En 1824, L’ermite de St-Michel, près d’Epinal ; Vue de Schirmeck (Vosges) ; Paysage, effet de givre ; plusieurs autres.
En 1827, Une tour en ruines par un temps nébuleux.
M. Dutac a aussi exposé, en 1826, à la galerie Lebrun, Vue prise sur les hauteurs de Gérard-Mer (Vosges), et Vue d’une marée basse près de Honfleur, et en 1827, Un effet de givre et Un site des Vosges. Cet artiste a obtenu une médaille en 1817.
in Dictionnaire des artistes de l’Ecole française au XIXe siècle : peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin, lithographie et composition musicale. Par Ch. GABET, peintre.- Paris : chez Madame Vergne, libraire, 1831.
1858 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1858 / Charles Charton
DUTAC Antoine.- On sait que MM. Dutac frères, d’Épinal, ont exécuté sur les rives de la Moselle, depuis Épinal jusqu’au delà de Charmes, des travaux immenses qui ont converti en belles et riches prairies des terrains perdus pour l’agriculture. Ces travaux, aussi ingénieux que hardis, ont triomphé de tous les obstacles et n’ont pas duré moins de 25 ans. Le pays en profite largement aujourd’hui. Il en retire surtout le précieux avantage de ne plus redouter les débordements de la Moselle et d’élever un nombreux bétail. Le Gouvernement et les sociétés d’Agriculture se sont fait un devoir d’accorder à MM. Dutac les plus nobles encouragements.
L’aîné des deux frères, M. Pierre Dutac, a même reçu la croix de la Légion d’honneur ; il est mort à Paris, il y a déjà quelques années.
Le second, M. Antoine Dutac, vient à son tour de descendre dans la tombe à l’âge de 70 ans. Peintre paysagiste dans sa jeunesse, M. Antoine Dutac s’était inspiré des oeuvres de son compatriote Claude Gelée, dit Lorrain, dont il était un des admirateurs les plus enthousiastes ; comme lui, il étudiait la nature dans ses créations les plus remarquables et il a laissé des tableaux pleins de charme et de vérité. Il en est un surtout, la Cascade de Tendon, qui a fait sa réputation, et qui, si nous sommes bien informé, a mérité dans le temps les honneurs de l’exposition. Sans renoncer entièrement à un art qui faisait ses délices et qu’il cultivait avec un éclatant succès, M. Antoine Dutac s’est joint à son frère pour la création des fécondes prairies de la Moselle et a travaillé à cette glorieuse et pénible entreprise avec un zèle infatigable. Les efforts réunis des deux frères ont obtenu les plus heureux elles plus brillants résultats ; il est facile de s’en convaincre en parcourant le théâtre de leurs longs travaux où se développe, sur une vaste étendue de prés toujours verts et au milieu de belles plantations, le système d’irrigation le mieux entendu. C’est ainsi que MM. Dutac frères se sont acquis des droits incontestables à l’estime et à la reconnaissance publiques.
Les obsèques de M. Antoine Dutac ont été célébrées le 12 mai 1857, à Épinal. Ses nombreux amis ont voulu l’accompagner à sa dernière demeure. Parmi eux, on remarquait ces laborieux hommes des champs, justes appréciateurs de ses travaux. Sur sa tombe, M. Claudel, ancien maire d’Épinal, vice-président de la Société d’Émulation des Vosges, dont le défunt était membre honoraire, a prononcé une touchante allocution, où il a retracé les éminents services des deux frères et qui a vivement ému l’assistance : Chers concitoyens, a-t-il dit en terminant, les frères Dutac ont pris rang parmi les bienfaiteurs de l’humanité. S’il ne nous est pas donné d’élever à leur mémoire un somptueux monument, que, du moins, à la tête de la plaine de Chavelot, en face de leurs prairies et de notre belle Moselle, on pose une simple pierre, sur laquelle on inscrive leur nom, et l’aspect de cette pierre suffira pour rappeler à tout jamais leurs nobles et utiles travaux.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
DUTAC (Antoine), frère du précédent [
Pierre Nicolas DUTAC], peintre paysagiste, dans sa jeunesse s’était inspiré des oeuvres de son compatriote Claude Gelée, dit le Lorrain, dont il était l’admirateur le plus enthousiaste. Comme lui, il étudiait la nature dans ses créations les plus remarquables. Il a laissé des tableaux très estimés ; l’un deux,
la Cascade de Tendon, a fait sa réputation.
Il a quitté le pinceau pour seconder son frère dans les grands travaux que celui-ci a exécutés sur les bords de la Moselle. Le département des Vosges doit à ces deux hommes une marque de haute reconnaissance. En inscrivant leurs noms sur une pierre colossale de granit qu’on trouverait si facilement sur les bords arides de la Moselle, cet acte de reconnaissance suffirait pour rappeler à nos descendants que les vertes prairies d’Épinal à Charmes sont l’ouvrage de ces deux hommes utiles, estimés et tant regrettés.
Antoine Dutac est mort à Épinal, le 11 mai 1857.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
DUTAC Frères.- Créateurs des belles prairies de la Moselle, étaient nés aussi à Épinal.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
DUTAC (Antoine).- Frère du précédent [Pierre Nicolas DUTAC], il naquit aussi à Épinal.
Peintre paysagiste, il avait déjà produit des tableaux estimés, notamment une Vue de la cascade de Tendon, lorsque son frère l’associa à sa grande entreprise ; il abandonna ses pinceaux pour s’y consacrer tout entier.
Antoine Dutac est mort à Épinal le 11 mai 1857.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
DUTAC (Frères)
Pierre Nicolas Dutac (Épinal, 6 avril 1783 - Paris, 27 août 1849) est le fils de Pierre François Dutac et d’une demoiselle Herbit. Patriote républicain, il monte la garde dès l’âge de quatorze ans devant l’église des Annonciades où sont enfermés les prisonniers de guerre. En 1815, il combat comme franc-tireur contre les Kayserlicks.
Son frère cadet Antoine, né à Épinal le 9 septembre 1786, adopte la même conduite. A l’issue de leurs études, l’aîné devient négociant. Le second exerce la profession de géomètre-dessinateur au Cadastre. Tous deux sont reçus dans la bonne société. En 1812, ils sont inscrits sur le tableau de la Loge spinalienne La Parfaite Union. Ils deviennent également membres de la Société d’Émulation des Vosges fondée le 25 janvier 1825 à Épinal.
A cette époque, en aval de cette cité, la Moselle décrit de nombreux méandres. Ses crues désastreuses ont laissé aux Spinaliens de douloureux souvenirs. Pierre Nicolas Dutac estime qu’en régularisant le cours de cette rivière, de nombreux terrains pourraient être récupérés et en même temps, on mettrait un terme aux inondations. Il élabore des plans avec son frère. Leur avant-projet est soumis au Gouvernement, mais il dort durant plusieurs années dans les cartons du Ministère. Pendant ce temps, Pierre Nicolas et Antoine Dutac achètent la ferme de la Gosse, située à Golbey et entreprennent un premier travail. Le résultat se révèle encourageant. Pour poursuivre cette tâche, il leur faut maintenant vaincre la méfiance des conseils municipaux riverains et disposer de fonds considérables. Ils trouvent des bailleurs en Suisse. Les frères Naville acceptent de financer leur entreprise après avoir compris qu’elle était rentable. Les bénéfices qu’ils en retirent ne sont pas négligeables. Durant plusieurs années, grâce à eux, des nuées de jeunes ouvriers peuvent s’activer le long de la Moselle entre Épinal et Gripport. Ce travail dure vingt-cinq ans, il permet de récupérer plus de mille hectares de prairies.
Les deux frères fondent ensuite à Barbelouze une marbrerie dans laquelle est taillée une partie des pierres qui forment le sol du Panthéon. La Société d’agriculture décerne à Pierre Nicolas Dutac une grande médaille à titre de récompense. Il est nommé également chevalier de la Légion d’honneur.
Antoine Dutac, son frère, s’est fait aussi connaître comme artiste-peintre. En 1817, il obtient une médaille d’or au Salon de Paris pour sa Cascade de Tendon. A l’issue d’un séjour de quelques années dans la capitale, il revient à Épinal où il meurt célibataire le 11 mai 1857.
Bibl. : Bossu (Jean).- Chronique des rues d’Épinal, tome I, 1976, pages 68 et 69.
[Georges Poull].