Henri Georges BOULAY DE LA MEURTHE

[ Nancy (54), 15/07/1797 – Paris (75), 24/11/1858 ]

avocat

Député des Vosges (1842-1849). Vice-président de la République (1848-1851). Officier de la Légion d’Honneur (1837).

Biographie vosgienne

1859 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1859 / Charles Charton

BOULAY DE LA MEURTHE Henri Georges, comte de, sénateur.- M. Boulay de la Meurthe est mort le 26 novembre dernier [1858], à Paris, à la suite d’une maladie qui datait du mois de septembre précédent, mais qui cependant ne semblait pas incurable. La France a perdu en lui un de ses meilleurs citoyens.

M. Boulay de la Meurthe appartient au département des Vosges, qui est le berceau de sa famille, par son noble coeur, par ses nombreux amis et par le bien qu’il y a fait. Aussi la nouvelle de sa mort s’y est-elle répandue avec la rapidité de la foudre, et y a-t-elle causé partout la plus vive douleur.

Né à Nancy le 15 juillet 1797, Boulay de la Meurthe, commandant de la Légion d’honneur, sénateur, était le fils aîné du comte Boulay, président au Conseil d’État et ministre sous Napoléon 1er. D’abord avocat au barreau de Paris, il se consacra bientôt exclusivement à l’exercice de fonctions gratuites et électives. Depuis 1830 jusqu’en 1848, il fut lieutenant-colonel d’abord, puis colonel de la 11e Légion de la garde nationale de Paris, membre du conseil municipal et général de la Seine.

Élu député en 1837 par le collège de Lunéville, il siégea à la Chambre sur les bancs de l’opposition dynastique, et il représenta ensuite, de 1842 à 1848, l’arrondissement de Mirecourt. Après la révolution de février, le département des Vosges l’envoya siéger à l’Assemblée constituante, qui le nomma vice-président de la République, sur la présentation de l’Élu du 10 décembre. En cette qualité, il présida le Conseil d’État jusqu’au 2 décembre 1851, époque à laquelle ce corps fut dissous. Il siégeait au Sénat depuis la mise en vigueur de la Constitution actuelle.

M. Boulay de la Meurthe était un homme de caractère ferme et modéré tout à la fois, plein de droiture et de loyauté, d’un désintéressement et d’une probité politique analogues. Infatigable au travail, il s’était voué principalement à la propagation de l’instruction primaire. Longtemps secrétaire général de la Société pour l’enseignement élémentaire de Paris, il a publié des rapports sur les travaux de cette Société, et diverses brochures relatives à l’instruction publique en France.

De plus, il a fondé un prix annuel pour l’élève le plus méritant dans un certain nombre d’écoles, notamment dans celles d’Épinal, de Mirecourt et de Chaumousey.

Il était dévoué de coeur, et par tradition de famille, aux institutions impériales. En 1844, lorsqu’il était député des Vosges, il appuyait de sa parole, à la Chambre des députés, des pétitions demandant le rappel en France de la famille Bonaparte.

Il avait conservé aussi un vif attachement pour le département des Vosges, où il comptait de nombreux amis. Au mois de septembre 1857, il assistait encore à la fête du Comice agricole de Mirecourt, et rien ne pouvait faire pressentir alors qu’une constitution aussi robuste que la sienne dût s’éteindre si prématurément.

1866 — Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien

BOULAY DE LA MEURTHE, sénateur (Henry-Georges, le comte de) est né à Nancy le 15 juillet 1797, et mort à Paris le 26 novembre 1858.

Boulay de la Meurthe appartenait au département des Vosges, berceau de sa famille, par le cœur, par ses nombreux amis. Dans toutes les réunions politiques et agricoles, il se faisait un plaisir d’exprimer son amour pour les Vosges par des toasts pleins d’enthousiasme pour le pays de ses pères, pays qui l’avait adopté : Je suis né dans la Meurthe, mais je suis Vosgien de cœur et d’âme.

Avocat au barreau de Paris, lieutenant-colonel d’abord, puis colonel de la 11e légion de la garde nationale de Paris, membre du conseil municipal et général de la Seine, député en 1837 à Lunéville, et de Mirecourt de 1842 à 1848. Après la révolution de Juillet, où il prit une part active en payant de sa personne au Panthéon, le département des Vosges l’envoya siéger à l’assemblée constituante, qui le nomma vice-président de la République sur la présentation de l’Élu du dix décembre. Il présida le conseil d’État jusqu’en 1851.

Boulay de la Meurthe était un homme de caractère ferme et modéré tout à la fois, plein de droiture et de loyauté, et d’une probité politique analogue. Voué à la propagation de l’enseignement primaire, il fut longtemps secrétaire général de la Société pour l’enseignement élémentaire de Paris. Il a publié plusieurs ouvrages.

La France a perdu en lui un bon citoyen ; il était dévoué de cœur et par tradition aux institutions impériales. Il a demandé plusieurs fois à la Chambre le rappel de la famille Bonaparte. Il a fondé un prix annuel pour l’élève le plus méritant dans un certain nombre d’écoles, notamment à Épinal, Mirecourt et Chaumousey. On lui a reproché une note insérée dans le Moniteur lors de sa nomination à la vice-présidence.

En 1848, lors des néfastes journées de juin, il accueillit avec une grande joie les volontaires vosgiens accourus à Paris pour maintenir l’ordre. MM. Boulay et L. Buffet, vinrent les recevoir au pont d’Austerlitz, et c’est avec leurs députés marchant en tête de la colonne que les vosgiens firent leur entrée dans la capitale.

1879 — Biographie alsacienne-lorraine / A. Cerfberr de Médelsheim

BOULAY DE LA MEURTHE Henri.- Fils aîné du précédent [Antoine BOULAY DE LA MEURTHE], vice-président de la République en 1848 (1797-1858).

1889 — Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier

BOULAY de la Meurthe (Henry Georges, comte).- Fils aîné du précédent [Antoine Jacques Claude Joseph BOULAY DE LA MEURTHE]. Il est né à Nancy le 15 juillet 1797, et devint avocat au barreau de Paris sous la Restauration, le 27 mars 1820. La Révolution de juillet 1830 lui ouvrit les carrières publiques.

Il fut d’abord membre du Conseil municipal de Paris et du conseil général de la Seine. En même temps, il était lieutenant-colonel de la 11e légion de la garde nationale de la Seine d’août 1830 à avril 1837, puis colonel chef de cette légion jusqu’en 1848. En novembre 1837, il était élu député de la Meurthe par l’arrondissement de Lunéville, mais il échoua en 1839. En 1842, il devenait député des Vosges, élu dans l’arrondissement de Mirecourt par 213 voix contre 193 à Daullé et réélu en 1846. Il siégea dans les rangs de l’opposition libérale.

Élu représentant du peuple des Vosges à l’Assemblée Constituante, le 4e sur 11, par 65 277 voix, le 27 avril 1848, il vota généralement avec la droite. Vice-président de la République le 19 janvier 1849, par 417 voix contre 277 à Vivien, il fait, en cette qualité, président du conseil d’État jusqu’en 1859. Le rétablissement de l’Empire supprima sa fonction. Il fut aussitôt après nommé sénateur et devint grand-croix de la Légion d’honneur. Il s’est beaucoup occupé du développement de l’instruction primaire. Il est mort à Paris le 24 novembre 1858.

1910 — Dictionnaire biographique illustré Meurthe-et-Moselle / R. Wagner

BOULAY DE LA MEURTHE Henri George, comte.- Né à Nancy le 15 juillet 1797, mort à Paris le 24 novembre 1858.

Vice-président de la République (1849).

Sénateur du Second Empire.

Il venait à peine de terminer son cours de droit lorsque son père, placé après les Cent-Jours sous la surveillance du ministre de la police générale, se vit momentanément forcé de quitter la capitale. A son retour (1820), le jeune Boulay se fit inscrire sur le tableau de l’ordre des avocats du barreau de Paris. « Élevé dans l’amour de la liberté et dans le respect des lois constitutionnelles, dit un de ses biographes, il reçut de son père la tradition d’un culte sincère au souvenir de Napoléon, et y resta fidèle ». Toutefois il demeura éloigné du barreau, consacra particulièrement ses loisirs à des questions d’économie sociale, et à tout ce qui pouvait contribuer à l’amélioration du sort des agriculteurs et des classes ouvrières. Homme intelligent et progressif, il combattit avec chaleur les tendances absolutistes de la Restauration, et prit une part active à la révolution de 1830, qui lui mérita la décoration de Juillet et sa nomination au grade de colonel de la onzième légion de la garde nationale parisienne. En 1832, au moment où le choléra vint décimer la population de la capitale, M. Boulay publia une Histoire du choléra-morbus dans le quartier du Luxembourg, qu’il habitait depuis son enfance, et affecta le produit de cet ouvrage au soulagement des orphelins des victimes de cette maladie épidémique. En 1837, il fut nommé membre de la Chambre des députés par le département de la Meurthe, et alla siéger sur les bancs de l’extrême gauche, où il votait habituellement avec l’opposition.

Il reçut vers le même temps la décoration d’officier de la Légion d’honneur. L’année suivante, les électeurs du onzième arrondissement de Paris l’appelèrent aux fonctions de membre du Conseil général de la Seine, qu’il occupa en même temps que celles de membre du Comité central d’instruction primaire. En 1840, époque à laquelle il perdit son père, il fut réélu colonel de la onzième légion, et en 1842 président de la Société pour l’instruction élémentaire. Cette même année, les électeurs de Mirecourt (Vosges) le choisirent pour les représenter à la Chambre des députés. En 1843, il appuya vivement à la tribune une pétition tendant à faire cesser l’exil de la famille de Napoléon, et réclama chaleureusement l’abrogation de la loi de bannissement qui la concernait. Son discours fit un immense effet, mais n’entraîna pas la majorité. Cet échec ne le découragea pas, et il reproduisit la même proposition en 1847 ; mais ces nouveaux efforts n’eurent pas plus de succès que les premiers.

Après la révolution de février 1848, M. Boulay de la Meurthe accepta sans réserve le gouvernement républicain, et fut nommé représentant du peuple par le département des Vosges. M. Boulay de la Meurthe, qui avait pris une part active à la fondation des salles d’asile et à l’extension des écoles primaires, continua à remplir le même rôle à l’Assemblée constituante, et devint président de l’instruction publique. Il se fit particulièrement remarquer, le 24 Juin 1848, à la tête de la garde nationale, avec laquelle il pénétra dans le Panthéon, après en avoir chassé les insurgés. Il appuya la proposition de M. Pietri relative à la rentrée en France des membres de la famille Bonaparte. En possession, depuis longues années, de l’estime et de la confiance du prince Louis-Napoléon, M. Boulay de la Meurthe fut nommé, le 20 janvier 1849, vice-président de la République, sur une liste de trois candidats présentée par l’assemblée constituante, et il refusa les émoluments attachés à ce poste élevé. Il fut appelé à la dignité de sénateur par décret du 27 janvier 1852.

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BOULAY DE LA MEURTHE (Henri Georges), homme politique
(Nancy, 15 juillet 1797 - Paris, 24 novembre 1858)

Henri Boulay de la Meurthe est le fils aîné d’Antoine Boulay de la Meurthe, qui précède, et de Catherine Thiboust. Comte d’Empire, il effectue de bonnes études, puis il devient avocat au barreau de Paris le 27 mars 1820. La révolution de juillet 1830 lui permet de commencer une carrière politique. Il est élu membre du conseil municipal de Paris et du conseil général de la Seine. Il est aussi promu lieutenant colonel de la 11ème légion de la Garde nationale de la Seine (août 1830 à avril 1837), puis colonel de cette légion jusqu’en 1848.

En novembre 1837, il est élu député de la Meurthe par l’arrondissement de Lunéville. Battu en 1839, il se présente dans les Vosges en 1842. Les électeurs de l’arrondissement de Mirecourt lui permettent de revenir siéger à la Chambre, dans les rangs de l’opposition libérale. Le 27 avril 1848, il est élu représentant du peuple. Il devient encore vice-président de la République le 19 janvier 1849 et président du Conseil d’État jusqu’en 1852. Quand sa fonction est supprimée à la suite du rétablissement de l’Empire, il est nommé sénateur et promu Grand-Croix de la Légion d’honneur. Durant son existence, il s’attache à développer l’instruction primaire.

Louise Julie Michaud son épouse lui donne un fils mort jeune et une fille.


Bibl. : Georgel (Alcide).- Armorial des familles de Lorraine, Elbeuf, 1882, p. 214.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 359 et 360.


[Georges Poull].

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