1845 —
Le Département des Vosges / Henri Lepage, Charles Charton
Nicolas—Sylvestre BERGIER, né le 31 décembre 1718, décédé à Paris le 9 avril 1790, devint, de simple curé de campagne, principal du collège de Besançon, chanoine de l’église de Paris, confesseur de mesdames de France, tantes de Louis XVI. Il est auteur d’un Traité historique et dogmatique de la vraie religion, du Dictionnaire théologique, de l’Encyclopédie méthodique et du Tableau de la Miséricorde divine, précédé d’une notice biographique.
Claude—François BERGIER, son frère, aussi né à Darney, où il est mort en 1784, est auteur de plusieurs ouvrages de circonstance et d’un Essai sur l’histoire de la société civile, traduit de l’anglais de Ferguson.
[Tome 2, page 152].
1847 —
Annuaire administratif et statistique des Vosges 1847 / Charles Charton
BERGIER Nicolas Sylvestre.- Célèbre théologien, l’un des adversaires les plus redoutables des philosophes du siècle dernier, était né à Darney, le 31 décembre 1718.
Son père, homme instruit et religieux, fut son premier maître ; il développa de bonne heure en lui les qualités du coeur et les germes du bon goût qui devait un jour le rendre si remarquable. M. Bergier fit ses études à Besançon, embrassa l’état ecclésiastique et, à peine ordonné prêtre, se mit sur les rangs pour disputer dans un concours public la chaire de philosophie de l’université de Besançon. Il sortit vainqueur de la lutte ; mais il quitta bientôt l’enseignement pour aller continuer et compléter à Paris ses études théologiques et philosophiques. Nommé à la cure de Flange-Bouche en Franche-Comté, il s’y fit remarquer, pendant seize ans, par la pratique de toutes les vertus chrétiennes, ainsi que par l’étendue de son savoir que mirent en relief des mémoires publiés à des intervalles rapprochés. Il possédait, non seulement les langues mortes et la langue anglaise, mais encore les langues orientales qu’il avait longtemps étudiées et qui lui furent d’une grande utilité.
Vers cette époque, le philosophisme du XVIIIe siècle était arrivé à son apogée : le culte était attaqué par des sarcasmes, et le dogme par des sophismes. Les études spéciales, les profondes méditations, l’éloquence naturelle de l’abbé Bergier lui fournissaient des armes pour combattre avec succès dans cette guerre déclarée en France aux principes de la religion catholique. Il entra un des premiers dans la lice. Il s’opposa à l’envahissement des idées nouvelles par l’autorité des exemples, des raisonnements et des faits, et fit paraître à cette occasion plusieurs mémoires, qui furent couronnés successivement par l’académie de Besançon. Cette compagnie savante ne se contenta pas d’applaudir à ses efforts, elle lui ouvrit ses portes et le reçut au nombre de ses membres. Le clergé, de son côté, lui sut gré de ses courageuses tentatives ; il voulut à son tour honorer son talent et récompenser son dévouement à la cause qu’il défendait avec tant de persévérance, et le promut à un canonicat de Notre-Dame de Paris. Cette nouvelle position lui laissant plus de moments libres, l’abbé Bergier en usa pour composer et mettre au jour :
- Les Éléments primitifs des langues, découverts par la comparaison des racines de l’hébreu avec celles du grec, du latin, et du français, Paris, 1764, in-12 ;
- Le Déisme réfuté par lui-même, Paris 1765 et 1768, 2 vol. in-12 ;
- L’Origine des dieux du paganisme, et le sens des fables découverts par une explication suivie des poésies d’Hésiode, Paris, 1767, 2 vol. in-12 ;
- Apologie de la religion chrétienne, Paris, 1769, 2 vol. in-12 ;
- Examen du matérialisme, ou réfutation du système de la nature, Paris, 1771, 2 vol. in-12 ;
- Réfutation du fameux examen critique des apologistes de la religion chrétienne, publiée sous le pseudonyme de Burigny, ouvrage attribué à tort à Fréret, puis à Morellet, et que Voltaire trouva assez important pour y répondre par ses conseils raisonnables à un théologien ;
- Traité historique et dogmatique de la vraie religion, Paris, 1780, 12 vol. in-12 ;
- Discours sur le mariage des protestants ;
- Dictionnaire théologique, 3 vol. in-4°, ouvrage souvent réimprimé depuis la mort de l’auteur ;
- Certitude des preuves du christianisme, Paris, 1798, 2 vol. in-12 : le succès de cet ouvrage fut tel qu’il en parut trois éditions dans la même année et qu’il fut traduit en espagnol et en italien.
On a encore de Bergier des discours sur les sujets suivants :
- Combien les mœurs donnent de lustre aux arts et aux talents ;
- Quelle est la source de toute autorité : Observations sur le divorce, 1792 ;
- enfin ses Principes de métaphysique, qui font partie du cours d’étude à l’usage de l’école militaire.
Les articles théologiques de l’Encyclopédie du 18e siècle sont de Bergier. Plusieurs personnes lui ont en quelque sorte fait un crime de son association avec les encyclopédistes, mais en cette circonstance, comme en bien d’autres, l’abbé Bergier aima mieux suivre l’impulsion de la raison et de la conscience, que de satisfaire à de vaines exigences. Il était certain que l’encyclopédie se publierait avec ou sans son concours ; il avait à choisir entre faire beaucoup de bien et laisser faire peut-être beaucoup de mal ; il n’hésita point et, pour être impartial, il faut dire qu’en surmontant une répugnance naturelle pour traiter, dans ce recueil célèbre, tous les articles de théologie, il a rendu à son époque un incontestable service.
La réputation de l’abbé Bergier s’étendit dans toute l’Europe ; deux papes lui adressèrent des lettres de congratulation et plusieurs souverains lui firent remettre leurs portraits en miniature, avec des boites ou des médailles en or. La modestie de l’abbé Bergier était si grande qu’il ne comprît jamais ces témoignages publics de satisfaction et de reconnaissance.
Malgré son titre de chanoine et de confesseur de la maison du Roi, il resta pauvre, et un jour que l’un des frères de Louis XVI (depuis Louis XVIII) lui offrit une abbaye sur son apanage ; il refusa, en répondant à ce prince : « Je suis assez riche ». Il n’accepta qu’à regret une pension de 2 000 francs que le clergé avait fondée pour lui. Son zèle ne se ralentit pas un seul instant, et il lutta contre les ennemis du catholicisme jusqu’au moment de sa mort, arrivée le 9 avril 1790.
[Notice signée : F. V.].
1848 —
Biographie vosgienne / François Vuillemin
BERGIER Nicolas Sylvestre.- Théologien fameux, naquit à Darney, le 31 décembre 1718. Son père, homme instruit et religieux, fut son premier maître et développa de bonne heure en lui les qualités du coeur et les germes du bon goût qui devait un jour le rendre si remarquable. Après avoir terminé ses études à Besançon, il embrassa l’état ecclésiastique, et, à peine ordonné prêtre, se mit sur les rangs pour disputer, dans un concours public, la chaire de philosophie de l’université de Besançon. Il sortit vainqueur de la lutte, mais il quitta bientôt l’enseignement pour aller continuer et compléter, à Paris, ses études théologiques et philosophiques.
Nommé à la cure de Flanche-Bouche, en Franche-Comté, il s’y fit remarquer, pendant seize ans, par la pratique de toutes les vertus chrétiennes, ainsi que par son savoir, que des mémoires, publiés à des intervalles rapprochés, rendirent incontestable. Il possédait non seulement les langues mortes et la langue anglaise, mais encore les langues orientales, qu’il avait longtemps étudiées et qui lui furent d’une grande utilité.
Vers cette époque, le philosophisme du dix-huitième siècle était arrivé à son apogée : le culte était attaqué par des sarcasmes, le dogme par des sophismes. Plus que tout autre, l’abbé Bergier était à même, par ses études spéciales, de défendre la religion catholique, si vivement attaquée, aussi entra-t-il un des premiers dans la lice. Il s’opposa à l’envahissement des idées nouvelles par l’autorité des exemples, des raisonnements et des faits, et publia, à cette occasion, plusieurs mémoires qui furent couronnés successivement par l’académie de Besançon. Cette compagnie savante ne se contenta pas d’applaudir à ses efforts, elle lui ouvrit ses portes et le reçut au nombre de ses membres. Le clergé voulant à son tour honorer son talent et récompenser son dévouement à la cause qu’il défendait avec tant de persévérance, le promut à un canonicat de Notre-Dame de Paris.
Cette nouvelle position lui laissant plus de moments libres, l’abbé Bergier en usa pour composer et mettre au jour les ouvrages suivants, aussi remarquables par la pureté du style que par la force des raisonnements :
1°- Les Éléments primitifs des langues, découverts par la comparaison des racines de l’hébreu avec celles du grec, du latin et du français ; Paris, 1764, in-12.
2°- Le Déisme réfuté par lui-même ; Paris, 1765 et 1768, 2 volumes in-12.
3°- L’Origine des dieux du paganisme et le sens des fables, découverts par une explication suivie des poésies d’Hésiode ; Paris, 1767, 2 vol. in-12.
4°- Apologie de la religion chrétienne ; Paris, 1769, 2 vol.
5°- Examen du matérialisme, ou Réfutation du système de la nature ; Paris, 1771, 2 vol. in-12.
6°- Réfutation du fameux examen critique des apologistes de la religion chrétienne, publiée sous le pseudonyme de Burigny, ouvrage attribué à tort à Fréret, puis à Morellet, et que Voltaire trouva assez important pour y répondre par les Conseils raisonnables à un théologien.
7°- Traité historique et dogmatique de la vraie religion ; Paris, 1780, 12 vol. in-12.
8°- Discours sur le mariage des protestants.
9°- Dictionnaire théologique, 3 volumes in-4°, ouvrage extrêmement remarquable sous tous les rapports, et qui a eu un très grand nombre d’éditions.
10°- Certitude des preuves du christianisme ; Paris, 1798, 2 volumes in-12. Le succès de cet ouvrage fut tel, qu’il en parut trois éditions dans la même année, et qu’il fut traduit en espagnol et en italien.
On a encore de Bergier des discours sur les sujets suivants :
- Combien les moeurs donnent de lustre aux arts et aux talents ;
- quelle est la source de toute autorité ;
- Observations sur le divorce, 1792 ;
- enfin, ses Principes de métaphysique, qui font partie du cours d’études à l’usage de l’École militaire.
Les articles théologiques de l’Encyclopédie du dix-huitième siècle sont de Bergier. Plusieurs personnes lui ont en quelque sorte fait un crime de son association avec les encyclopédistes ; mais en cette circonstance comme en bien d’autres, l’abbé Bergier aima mieux suivre l’impulsion de sa conscience que de donner raison à de mauvaises exigences. Il était certain que l’Encyclopédie se publierait avec ou sans son concours ; il avait à choisir entre faire beaucoup de bien et laisser faire peut-être beaucoup de mal : il n’hésita point ; et, pour être impartial, il faut dire qu’en surmontant une répugnance naturelle pour traiter, dans ce recueil célèbre, tous les articles de théologie, il a rendu à son époque un incontestable service.
La réputation de l’abbé Bergier s’étendit dans toute l’Europe ; deux papes lui adressèrent des lettres de congratulation, et plusieurs souverains lui firent remettre leurs portraits en miniature, avec des boites ou des médailles en or. La modestie de l’abbé Bergier était si grande, qu’il ne comprit jamais ces témoignages publics de satisfaction et de reconnaissance. Malgré son titre de chanoine et de confesseur de la maison du roi, il resta pauvre, et un jour que l’un des frères de Louis XVI (depuis Louis XVIII) lui offrait une abbaye sur son apanage, il refusa en répondant à ce prince : Je suis assez riche ; désintéressement admirable, mais malheureusement trop rare. Il n’accepta qu’à regret une pension de 2 000 fr. que le clergé avait fondée en sa faveur. Son zèle ne se ralentit pas un seul instant, et il lutta contre les ennemis du catholicisme jusqu’au moment de sa mort, arrivée le 9 avril 1790.
1866 —
Notices biographiques des célébrités vosgiennes / Humbert le Vosgien
BERGIER (Nicolas-Sylvestre), naquit à Darney, le 31 décembre 1718, et mourut à Paris le 9 avril 1790.
Littérateur et fameux théologien, il fut successivement professeur de théologie, curé de Planche-Bouche, en Franche-Comté, pendant seize ans, principal du collège de Besançon, chanoine de l’église de Paris, et enfin confesseur du roi ; il obtint plusieurs prix à l’académie de Besançon, où il fut admis, pour d’excellents mémoires et des dissertations savantes, devint bientôt aussi membre associé des inscriptions et belles-lettres de Paris. Un assez grand nombre d’ouvrages ont été publiés par l’abbé Bergier.
L’abbé Bergier avait obtenu du clergé une pension de 2000 francs et un canonicat à l’église Notre-Dame de Paris ; il était aussi confesseur de Mesdames, tantes de Louis XVI. Ennemi de toute espèce d’intrigues, naturellement modeste et simple, son caractère lui faisait aimer la retraite ; et à Paris il vécut, comme dans sa province, au milieu de ses livres.
1881 —
Voyages dans les Vosges / Charles Chapiat
BERGIER Nicolas Silvestre.- [Darney] avait vu les Récollets fonder, en 1735, dans un de ses faubourgs, un superbe couvent, qui subsista jusqu’aux jours désastreux de la Révolution. Une partie de leur maison est encore debout, changée en habitation particulière ; mais leur église et leurs beaux cloîtres ont complètement disparu. Les vertus et les travaux de ces bons moines, racontés par nos mères, à nous enfants d’un nouveau siècle, semblaient être de la bien vieille histoire, et cependant c’était l’histoire de la veille ! ... Tout, hélas ! était si changé, que nos jeunes esprits n’y pouvaient rien comprendre. Et qu’a donc gagné le pays ; qu’a gagné le peuple, qu’ont gagné les pauvres, à la suppression de ce monastère, asile de piété, centre d’action religieuse et morale ?
Les bons pères avaient soigné l’adolescence d’un homme qui devait être la gloire de la religion et de sa patrie : tous les hommes marquants de l’ancienne France avaient été élevés par des religieux. Les cités sont fières des artistes distingués, des orateurs éloquents, des guerriers fameux, qu’elles ont vus naître dans leurs murailles ; mais quel artiste, quel poète, quel héros, est comparable à un savant de premier ordre, qui a usé sa vie et ses forces à la défense de la vérité ? Il n’a point, celui-ci, cherché la gloire ni la fortune, qui avaient déserté le camp où il combattait ; il ne comprit qu’une grande chose, demeurer fidèle à son Dieu qu’on reniait, à l’Église qu’on renversait, à la vertu que l’on conspuait ; et cet homme, si digne d’honneur ! il n’a pas même, dans sa patrie, un buste qui rappelle son souvenir. Il est vrai qu’il a sa place dans le monde catholique, au sanctuaire de tous les coeurs qui s’intéressent à la cause de la Religion, qu’il a si glorieusement défendue.
Nicolas Silvestre Bergier naquit le 31 décembre 1718, au sein d’une religieuse famille qui tenait un rang distingué dans sa petite ville. Doué de talents peu communs, il fut, comme le jeune Brunet de Vittel, confié pour ses premières études aux soins des Récollets, et il y fit des progrès rapides. Darney appartenait alors au diocèse de Besançon, et ce fut là que le jeune Bergier alla continuer ses études classiques, faire sa philosophie et sa théologie ; ce fut là qu’il reçut les ordres sacrés ; mais, avide d’une science sérieuse et complète, devenu prêtre, il partit pour Paris, afin d’y achever et d’y fortifier ses études.
Au retour il fut pourvu de la modeste cure de Flangebouche, au sein des montagnes du Doubs, et y il exerça, pendant seize ans,le ministère pastoral. Le savant mais modeste prêtre ne s’y crut point déplacé, et, au milieu des soins du ministère pastoral, il employa ses loisirs et ses veilles à se rendre digne de la grande lutte qu’il allait soutenir contre les ennemis de l’Église et de la Société. Ce ne sont pas les places qui honorent les hommes, mais les hommes qui honorent les places.
Du fond de ses montagnes, un mérite éminent le mit en lumière : il fut nommé principal du collège de Besançon. Il se consacra dès lors tout entier à la défense de la foi. Le philosophisme avait levé hautement l’étendard de l’impiété ; l’abbé Bergier entra résolument dans l’arène pour en repousser les attaques sacrilèges. Il publia plusieurs ouvrages, qui révélèrent un vaillant champion de la vérité, indignement trahie, et qui portèrent son nom à tous les coins de l’Europe.
Devenu chanoine de Paris en 1769, il mit la main à son grand ouvrage du Traité de la vraie Religion, qui parut, au bout de onze ans, en 1780 - 8 vol. in-4° ; il y confondit, avec une science profonde et sûre, les impies, prétendus philosophes, qui s’acharnaient à en saper les fondements. Ce traité, riche d’érudition, fort de raisonnement, d’une clarté limpide, est une réponse solide à tous les sophismes de l’incrédulité. Il n’a manqué à ce grand ouvrage, pour être un chef-d’oeuvre hors ligne, que la magie du style et les mouvements de l’éloquence : deux choses qui, malheureusement, se trouvaient alors au service de l’erreur. Ce traité n’en restera pas moins, par la force et l’enchaînement de ses preuves, une défense sans réplique du christianisme, une oeuvre théologique de premier ordre, qui a placé son auteur à la tête des apologistes du XVIIIe siècle.
Dans son Dictionnaire de théologie, publié en 1788 - 8 vol. in-4° - on retrouve la clarté, la force et l’abondance de ses autres ouvrages. Il y attaque, dans les plus petits détails, les sophismes des ennemis de la Religion, et il en montre la faiblesse avec une précision et une lucidité qui ne laissent subsister aucun nuage. Cette grande oeuvre est malheureusement empreinte des idées de ce Gallicanisme, qui était alors le triste apanage de presque tout le clergé de France.
Choisi pour confesseur par les princesses royales, Bergier vécut à Versailles comme à Flangebouche, en homme de cabinet, sans aucune prétention et loin de toute intrigue. Il lui eût été facile de parvenir ; mais il ne voulait rien des choses de ce monde. A l’offre qui lui fut faite d’une abbaye en commende, il répondit qu’il était assez riche, et il refusa. Cet homme admirable, par ses vertus et ses talents, au comble de la réputation, mourut en 1790 : Dieu lui épargna ainsi la douleur d’être le témoin des maux horribles qui allaient fondre sur la religion et sur la patrie.
1889 —
Biographie générale vosgienne / Félix Bouvier
BERGIER (Nicolas Sylvestre).- Né à Darney le 31 décembre 1718, il entra dans les ordres et s’est fait connaître comme littérateur et théologien.
L’abbé Bergier fut quelque temps professeur de philosophie à l’Université de Besançon, puis alla se perfectionner à Paris. Il fut ensuite pendant seize ans curé et combattit vivement les dogmes philosophiques du XVIIIe siècle. Devenu chanoine de Notre-Dame à Paris, il continua ses travaux philosophiques et collabora à l’Encyclopédie. Il a publié de nombreux ouvrages entre autres : Traité historique et dogmatique de la vraie religion en 12 volumes ; Dictionnaire théologique en 8 volumes ; Apologie de la religion chrétienne en 2 volumes ; Certitude des preuves du christianisme en 2 volumes, etc.
L’abbé Nicolas Bergier mourut à Paris le 9 avril 1790.
Son frère puîné, Claude-François Bergier, né à Darney en 1720, fut avocat au Parlement de Paris ; il a publié divers travaux littéraires et de jurisprudence.
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BERGIER (Nicolas Sylvestre), chanoine de Notre-Dame de Paris, théologien catholique
(Darney, 31 décembre 1718 - Paris, 9 avril 1790)
Après ses études de théologie à Besançon, puis à Paris, il est nommé curé de Flangebouche en 1748, puis principal du collège épiscopal de Besançon en 1764. En 1769, il devient chanoine de Notre-Dame de Paris, confesseur du roi, puis de Mesdames tantes de Louis XVI.
Commence alors sa carrière d’écrivain apologétique. Il est surtout connu pour ses ouvrages de défense du catholicisme, attaquant les libertins et les philosophes de son temps, faisant des concessions au gallicanisme. Parmi ses publications :
- Les Éléments primitifs des langues (1764).
- Certitude des preuves du christianisme (1767), 2 vol.
- L’Origine des dieux du paganisme (1767), 2 vol.
- Apologie de la religion chrétienne (1767), 2 vol. contre le baron d’Holbach.
- Réponse aux conseils raisonnables de Voltaire (1771).
- Examen du matérialisme (1771).
- Le Déisme réfuté par lui-même (1765), 2 vol. contre J.-J. Rousseau.
- Traité historique et dogmatique de la vraie religion (1780), 12 vol.
- Dictionnaire théologique (1788), 3 vol.
Ces ouvrages ont fait l’objet de fréquentes rééditions jusqu’au milieu du XIXe siècle, ses oeuvres complètes étant publiées par l’abbé Migne en 8 vol. grand in-8°, en 1855.
Depuis 1772, il est membre associé de l’Académie de Stanislas de Nancy et de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres de Paris.
Bibl. : Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastique, publié sous la dir. de Mgr A. Baudrillart, 1910… (parus en 1989 : tomes I à XXIII), tome VIII, col. 471.
Dictionnaire de théologie catholique, Paris : Letouzey et Ané, tome II, col. 742-745.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 354-355.
Le Vosgien.- Le Général Humbert... notices biographiques, p. 301-302.
Vuillemin.- Biographie vosgienne, p. 37-40.
[Albert Ronsin].